Ce n’est pourtant pas la première fois que l’armée malienne ait commis ce genre d’acte criminel à l’égard des populations touarègues les plus vulnérables. Le MNLA a eu à dénoncer à plusieurs reprises des bombardements de campements touaregs ainsi que de multiples exactions visant des populations civiles, mais ce n’est que suite à ces bombardements du 22 février qui ont fait des morts et plusieurs blessés que les organisations Médecins sans frontières (MSF) et Amnesty International ont réagi et que la presse a timidement relayé l’information.
Amnesty International confirme dans son communiqué la décimation de cheptels qui constituent le moyen de subsistance des Touaregs dans les campements. Cela montre la barbarie de l’Etat malien qui use de sa force militaire pour s’attaquer aux femmes, aux enfants et vieillards et leur cheptel dans les campements, au lieu d’aller affronter les combattants du MNLA au front.
Comment envisager une quelconque cohabitation avec un Etat pareil ? Comment croire à la paix avec des individus aussi lâches ? Le MNLA doit être conforté dans sa détermination d’aller au bout de son combat ; celui de la libération, seul moyen de garantir la dignité au peuple de l’Azawad. Il est inadmissible que des énergumènes assoiffés de pouvoir décident du sort d’un peuple millénaire !
Ci-après le communiqué de presse d’Amnesty International.
La Rédaction.
AMNESTY INTERNATIONAL COMMUNIQUÉ DE PRESSE
23 février 2012
Le gouvernement malien doit cesser de bombarder la population civile dans le nord du pays, a dit Amnesty International aujourd’hui, après le mort d’une fillette de 4 ans atteinte par un obus.
Fata Walette Ahmedou a été blessée hier après-midi lorsqu’un hélicoptère de l’armée a bombardé le campement de Kel Essouck près de Kidal, une ville située à quelque 1 600 km au nord-est de Bamako, la capitale. La fillette est morte de ses blessures ce matin.
Au moins douze autres personnes ont été blessées dans l’attaque, y compris Khawlata Walette Alladi qui a subi de graves blessures pelviennes et a été amputée d’une jambe. Une autre femme qui avait récemment accouché a été blessée à la tête.
"Ce sont les civils qui sont les victimes principales de ces bombardements aveugles. Au-delà des pertes humaines, ces bombardements ont décimé des dizaines de bovins, de chameaux et de chèvres qui constituent le moyen de subsistance des populations nomades touarègues", a dit Gaëtan Mootoo, chercheur d’Amnesty International sur l’Afrique de l’Ouest.
"Ces bombardements violent le droit international humanitaire et le gouvernement doit y mettre fin immédiatement".
La région de Kidal est bombardée par des hélicoptères de l’armée depuis le 11 février 2012.
Un témoin a dit à Amnesty International : "Après l’attaque, quinze cartouches avec hélices ont été retrouvées."
Le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), un groupe d’opposition armé, a lancé une rébellion militaire le mois dernier dans le nord du pays.
Depuis lors, des dizaines de personnes ont été tuées et des milliers d’autres ont été déplacées suite aux affrontements qui opposent le MNLA et l’armée malienne. Beaucoup ont trouvé refuge dans les pays voisins, le Niger, le Burkina Faso et la Mauritanie.
Le 18 février 2012, le MNLA aurait tué Moussa Balobo Maïga, chef du village de Hombori, (environ 900 km nord-est de Bamako). Le MNLA a réfuté ces accusations et a accusé la gendarmerie malienne.
Amnesty International s’inquiète également des informations indiquant que, le 17 février 2012, deux Touaregs travaillant pour la Croix-Rouge ont été brièvement détenus et maltraités par l’armée à l’extérieur de la ville de Kidal.
"L’armée malienne et le MNLA doivent tout faire en leur pouvoir afin de protéger toute personne ne participant pas activement aux hostilités tels que cela est stipulé dans les Conventions de Genève", a dit Gaëtan Mootoo.



