A l’attention de :
- M. Francis Esmenard, Président Directeur Général
- M. Olivier Bétourné, Directeur général
Editions Albin Michel
22, rue Huyghens
75014 Paris
Monsieur le Président Directeur Général,
Monsieur le Directeur Général,
Nous venons de prendre connaissance du livre de l’historienne franco-tunisienne Sophie Bessis, intitulé Les Arabes, les femmes, la liberté, que vous avez édité.
Nous, signataires de cette pétition, tenons à nous adresser à vous afin de vous faire remarquer que, en tant que Berbères, l’illustration choisie pour la première page de couverture du livre en question nous a profondément indignés.
La raison de notre indignation est la confusion que cette première page de la couverture du livre risque de susciter auprès des lecteurs et lectrices en associant le bijou berbère au titre de l’ouvrage qui traiterait, apparemment, de la situation des femmes arabes.
Qui sont ces femmes arabes ? Des Saoudiennes ou des Nord-africaines que certains intellectuels franco-arabo-musulmans assimilent délibérément à des Arabes ?
Après avoir tout volé aux Berbères (la terre, l’Histoire, la culture, la mémoire, voire même l’âme), ces mêmes intellectuels, encouragés par les impérialismes "arabo-islamiques" et l’Etat français, poussent l’indécence jusqu’à dépouiller ce peuple, plusieurs fois millénaire, y compris de ses signes d’identification et d’appartenance qui continuent de témoigner des origines berbères et méditerranéennes de l’Afrique du Nord.
Pourquoi le choix d’un bijou berbère pour illustrer un livre qui, a priori, parle de femmes arabes ? Est-il trop beau pour les Berbères ? Ce peuple primitif, selon certains intellectuels, dont les ancêtres vivaient dans les grottes et que les Arabo-musulmans ont tirés des ténèbres du paganisme, du polythéisme et du christianisme. Mais ils omettent de rappeler que ces ancêtres vivant dans les grottes s’appelaient Massinissa, Jugurtha, Juba II, Ptolémée, Apulée, Térence, Maxime de Madaure, Septime Sévère, Tertullien, Saint Cyprien, Saint Augustin...
Ces intellectuels arabophiles et islamophiles font tout pour faire disparaître les Berbères, peuple encombrant, et pour ce faire ils versent dans le mensonge, le négationnisme et le révisionnisme. Ils traitent les Historiens, soucieux de rétablir la vérité historique de l’Afrique, d’Africanistes et de Berbéristes. Leur objectif est de travestir la vérité afin que le monde ne sache surtout pas que, dans l’Antiquité, le peuple berbère a côtoyé les grands de ce monde : les Grecs, les Phéniciens, les Pharaons et les Romains,.... Et par la même, les exclure de l’Histoire universelle. Comme s’ils avaient pour mission de contraindre les Berbères à renoncer à leur langue, leur culture et leur identité. Pire, ils leur suggèrent d’intérioriser tout le mal que leurs adversaires pensent d’eux : des tribus et des peuplades, incapables de s’entendre, de s’organiser et de fonder des Etats,...
Aujourd’hui, ces intellectuels persistent dans l’éloge de l’Islam et de la culture arabe au détriment des Pharaons, des Perses, des Berbères et de tous les peuples que l’arabo-islamisme a asservis grâce à la pointe de l’épée. Et pour mieux mettre en valeur l’idéologie arabo-islamique, les voici qu’ils la parent de bijoux kabyles tout en dévalorisant les Kabyles dont ils feignent ignorer l’existence et la différence, et qu’ils présentent, à l’occasion, comme de braves Arabes des montagnes parlant le kabyle.
C’est de bonne politique et de bonne guerre que de récupérer ce qu’on ne peut faire disparaître. Madame Sophie Bessis a, vraisemblablement, tout compris et, comme ses compères, elle ne déroge pas à la règle.
Berbèrement vôtre.
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