Nous publions ci-après un article de Salem Chaker et Saïd Doumane qui traite de la Kabylie et de la question berbère. L’article est déjà publié dans Les Cahiers de l’Orient n° 84 daté de décembre 2006.
Les auteurs reviennent sur les différents évènements qui ont marqué la Kabylie depuis 1962 jusqu’à la fin des années 1990. Mais une bonne partie est consacrée au "Printemps noir" ainsi qu’à la situation de tension qui prévaut notamment en Kabylie et qui existe partout en Afrique du Nord autour de la question berbère de manière générale.
Nous tenons à remercier les auteurs, Salem Chaker et Saïd Doumane, ainsi que la direction de la revue Les Cahiers de l’Orient pour nous avoir accordé l’autorisation de rependre l’article sur notre site.
La Rédaction
3. "Le Printemps noir" et le mouvement des Aarchs
Les faits :
18 avril 2001 : un jeune lycéen, Massinissa Guermah, est assassiné dans les locaux d’une brigade de gendarmerie (Beni-Douala).
26 & 27 avril 2001 : première répression sanglante des manifestations de protestation en Kabylie.
Mai/juin 2001, structuration progressive du mouvement de protestation. Les coordinations locales propres à chaque wilaya (= département) mettent en place une coordination inter-wilayale, couvrant l’ensemble de la région berbérophone kabyle. Les manifestations vont s’enchaîner et prendre de l’ampleur jusqu’à la marche imposante du 14 juin 2001 à Alger (qui réunira plus d’un million de personnes) ; elle sera aussi réprimée dans le sang (6 morts).
11 juin 2001 : adoption de la plate-forme d’El-Kseur par un "conclave" réunissant les représentants des différentes structures locales du mouvement. Cette plate-forme, régulièrement présentée comme "scellée et non négociable" sera "explicitée" par une autre réunion du 31 octobre 2001 (Cf. documents annexes).
- En mai 2001, une mission d’enquête est confiée à une commission présidée par le juriste Mohand Issad ; en juillet, elle dépose la première partie de son rapport qui conclut à la responsabilité de la gendarmerie et donc de l’autorité militaire dans l’effusion de sang. Mais, résignation ou effet de pressions subies, le rapport constate que "le respect de la loi ne fait pas encore partie de la culture des responsables" et promet de continuer ses investigations quand "la peur aura disparu et les langues [...] déliées". La deuxième partie du rapport rendue en décembre 2001 n’apporte rien de nouveau sinon l’aveu que la commission d’enquête ne peut aller plus loin, les obstacles à ses investigations étant infranchissables.
A partir de septembre 2001 et jusqu’en 2006, sous les gouvernements successifs (Benflis, Ouyahia), vont alterner les phases de dialogue et les situations de blocage et d’affrontement. Très vite (dès octobre 2001), et de manière quasi récurrente, on voit apparaître au sein du mouvement des Aarchs deux lignes distinctes, qui vont se disputer la légitimité et la représentativité : d’un côté, un courant "dialoguiste" qui accepte le contact et les offres successives de négociations du gouvernement, de l’autre une aile radicale, "non-dialoguiste" qui dénonce les manœuvres du pouvoir et réaffirme le caractère non négociable de la plate-forme d’El-Kseur. Ce jeu et cette concurrence entre "dialoguistes" et "non-dialoguistes" va se poursuivre jusqu’en 2006 et sera un levier d’action permanent entre les mains des autorités.
Parallèlement, pendant toute le durée des évènements, les autorités (Président de la République, Premier ministre et ministre de l’Intérieur) vont alterner menaces, condamnation du mouvement, refus de toute négociation au nom du respect de l’autorité de l’Etat et offres de dialogue ; gestes d’apaisement et actes de répression (répressions violentes de manifestations, arrestations des délégués, procédures judiciaires diverses). Deux points clefs des revendications du mouvement sont particulièrement illustratifs de cette gestion apparemment en "dents de scie" mais sans doute parfaitement maîtrisée :
a) La demande de reconnaissance du berbère en tant que "langue nationale et officielle" (point 8 de la plate-forme d’El-Kseur) ; après plusieurs prises de position publiques, y compris du président Bouteflika, tout à fait hostiles au motif qu’une telle reconnaissance impliquerait un modification constitutionnelle par voie référendaire, les autorités vont engager à partir de mars 2002, à l’initiative du président Bouteflika lui-même, un processus qui va aboutir en mai 2002 à une modification de la constitution par voie parlementaire, reconnaissant au berbère le statut de "langue nationale" au côté de l’arabe, qui reste seule langue "nationale et officielle".
b) Le départ de Kabylie de la gendarmerie, responsable de la grande majorité des 125 morts (point 4 de la plate-forme d’El-Kseur). Après une attitude de rejet absolu de cette revendication, les autorités finiront par accepter un retrait sélectif : les brigades les plus compromises dans la répression et les plus exposées quitteront la Kabylie.
Quelques constats globaux et éléments d’analyse sur la crise
De ce rappel synthétique des faits, plusieurs constats d’évidence s’imposent, qui marquent à la fois une certaine spécificité du "printemps noir" et du mouvement de protestation qui s’en est suivi, mais aussi une grande continuité, de part et d’autre, dans le développement et la gestion de cette crise. Certains de ces constats soulèvent des questions difficiles, auxquelles on ne peut pour l’instant répondre que par des hypothèses.
- Depuis l’épisode de l’insurrection armée de 1963-65, c’est la première fois que l’Etat algérien a exercé en Kabylie une répression sanglante de grande ampleur, autorisant ses forces de sécurité à tirer à balles réelles, sans la moindre retenue, sur de jeunes manifestants pacifiques. Dans toutes les situations de crise antérieures, notamment lors du "Printemps berbère" de 1980, la répression a été menée avec plus de contrôle et de maîtrise. Cette gestion très particulière fait donc en elle-même problème :
Ne serait-ce qu’une conséquence de la banalisation de la violence répressive à grande échelle dans la lutte anti-islamiste des années 1990 ? Les forces de sécurité et la hiérarchie militaire ayant pris l’habitude de recourir à une violence disproportionnée en toute impunité... Cette hypothèse semble peu plausible car la répression sanglante s’est étalée sur plusieurs semaines et a été dirigée contre de très jeunes manifestants désarmés : on ne peut l’assimiler à une bavure ponctuelle, en situation d’intervention à caractère militaire contre des islamistes armés.
Ou bien aurait-on délibérément cherché à ce qu’une crise majeure se noue en Kabylie ? La provocation a-t-elle été programmée, dans le cadre de sombres luttes de clans au sommet du pouvoir [4] ? L’hypothèse ne peut être exclue et paraît corroborée par plusieurs indices. D’abord, l’acheminement, à l’approche du 20 avril 2001, de contingents de gendarmerie et de forces spéciales de police, que les médias officiels ont présenté comme des renforts destinés à traquer les maquis islamistes ; puis le silence et l’absence de réaction des autorités face au comportement des forces de sécurité qui ouvrent le feu sur les premières manifestations. Des morts et des blessés sont enregistrés, les exactions se multiplient et les émeutes se propagent. Or, ce n’est que le 26 avril au soir, soit dix jours après la première "bavure", que le président Bouteflika intervient à la télévision, alors que son ministre de l’intérieur venait de mettre de l’huile sur le feu en déclarant que le jeune "Massinissa Guermah était un voyou et non un lycéen". L’allocution de Bouteflika fait allusion en termes sibyllins à des troubles qui secouent certaines régions du pays mais ne prononce pas le mot Kabylie et n’annonce aucune mesure ou décision à même de faire baisser la tension. Puis, comme si de rien n’était, le président se rend en visite officielle à l’étranger tandis que d’autres morts sont signalés un peu partout en Kabylie. C’est l’incompréhension en Kabylie. A son retour le 30 avril, il prend la parole de nouveau à la télévision et s’adresse cette fois-ci de façon explicite aux manifestants kabyles pour leur promettre une commission d’enquête indépendante sur les "évènements" et une prochaine reconnaissance officielle de la langue berbère. Mais curieusement, l’ordre n’est pas donné aux gendarmes d’arrêter de tirer sur les manifestants, et les morts et les blessés continuent de s’accumuler : à la fin du mois d’août 2001, soit quatre mois après l’intervention du chef de l’Etat, on dénombre une soixantaine de morts et 2000 blessés par balle, (chiffre qui doublera quelques mois plus tard).
Dans la gestion de la crise, il est clair que, mettant en pratique une technique régulièrement utilisée en Kabylie depuis 1980, les autorités ont "joué la montre", escomptant et organisant l’usure et la division du mouvement, jouant les tendances les unes contre les autres, favorisant l’émergence de délégués plus disposés au dialogue. Soufflant alternativement le chaud et le froid, tablant sur une lente démobilisation et l’isolement des leaders par rapport à la base populaire du mouvement. Ce mode de gestion, fondé sur le triptyque "usure-division-infiltration", a cette fois encore bien fonctionné, même si en l’occurrence, il a fallu aux autorités deux à trois années pour obtenir l’essoufflement et la neutralisation du mouvement de protestation.
- Les partis politiques "kabyles", FFS et RCD, ont été tout long de la crise largement débordés et dépassés par le mouvement ; de part et d’autre, la relation a été tendue et conflictuelle. Parfois violente même, puisque plusieurs fois, les locaux des partis politiques ont été mis à sac par les manifestants. Le mouvement des Aarchs a marqué une nette marginalisation des acteurs politiques classiques ; dans les premiers mois, on peut même parler de disqualification totale. Ce qui a amené le FFS à suspecter l’existence d’une vaste manipulation du pouvoir, destinée à briser l’hégémonie des partis politiques dans la région, en favorisant l’émergence de nouveaux interlocuteurs, afin de laisser le champ libre aux partis gouvernementaux à l’occasion des échéances électorales législatives (mai 2002), municipales (octobre 2002) programmées.
- Enfin, on doit relever que très vite après les premiers affrontements, une structuration organique du mouvement se met en place, en dehors des partis politiques traditionnels et de ce qui pouvait subsister du Mouvement Culturel Berbère, profondément divisé depuis le début des années 1990. Cette structuration a réussi, en quelques semaines, à mettre sur pieds une coordination au niveau de toute la région kabyle ("coordination inter-wilayale") et à s’imposer comme interlocuteur des autorités.
Résurgences "tribales" : mythes et réalités
Le mouvement de protestation a pris une dénomination tout à fait nouvelle ("Mouvement des Aarchs") dans le champ sociopolitique kabyle en faisant référence aux anciennes structures tribales (Aarch). Par ailleurs, un certain nombre de références et pratiques traditionnelles ont été mobilisées et mises en avant par les acteurs : consensus des assemblées ("conclaves"), sens de l’honneur, "excommunication" communautaire des traîtres... Ainsi, le conclave des 11 et 12 octobre 2001 décide "la mise en quarantaine des traîtres qui ont négocié avec le pouvoir", et ce en reprenant intégralement la phraséologie des anciennes assemblées villageoises.
Certains anthropologues ont voulu y voir la résurgence de structures et instances anciennes. Mais cette référence aux anciennes tribus et assemblées de villages (djemaa) est à manipuler avec prudence et doit être replacée dans un contexte précis : ces références traditionnelles ont certes été mobilisées et ont fonctionné, mais elles apparaissent plus comme des adjuvants, l’ultime recours d’une société traumatisée par une violence extrême et désemparée devant l’incurie et la déconnexion des partis politiques classiques qui prétendaient la représenter. Car les structures anciennes de la Kabylie ne sont plus, depuis longtemps, qu’un souvenir et elles n’exercent plus aucune action ou initiative significative dans le champ politique. Ces instances anciennes, quand elles fonctionnent encore, n’ont plus qu’un rôle très limité dans la gestion de problèmes communautaires immédiats (chemins villageois et cimetières, mosquées, actions de solidarités de proximité...). Il y a longtemps - depuis les années 1930 - qu’au plan de l’action politique, la Kabylie s’est appropriée les formes et cadres d’action modernes, notamment le parti politique. Cela ne signifie pas que les structures traditionnelles ont totalement disparu, mais elles n’ont plus qu’un rôle secondaire, et éventuellement d’auxiliaires de l’action partisane, comme a très bien su le faire le FLN pendant la guerre d’Algérie ; mais elles ne sont plus des lieux de débat et d’initiative politique.
Du reste, l’observation des faits et l’identification des acteurs ne laissent guère de doute sur ce plan : en dehors des toutes premières semaines, ce ne sont jamais des assemblées villageoises ou tribales conformes au modèle traditionnel [5] qui ont mené ou organisé la lutte. Ce sont toujours des minorités agissantes de cadres scolarisés ou ayant une formation de type moderne, tous relativement jeunes, qui se sont auto-proclamés représentants de tel ou tel village ou tribu. Les principaux acteurs étaient tous des cadres moyens ou supérieurs et, dès l’origine, on décèle dans la structuration qui se met en place la présence de minorités politisées d’obédience marxiste, de militants des partis politiques kabyles et du Mouvement Culturel Berbère. Le maillage géographique de l’organisation a eu effectivement tendance à suivre le découpage tribal (comme le fait du reste le découpage administratif étatique), mais en réalité, plusieurs années avant 2001, on pouvait déjà constater une nette tendance au recours à des formes d’organisation selon le mode tribal à l’occasion des marches et manifestations diverses (notamment à l’occasion du 20 avril), ceci sans doute en réaction à la déliquescence et/ou à l’inefficacité des structures organiques modernes (Mouvement Culturel Berbère et partis politiques).
Le mouvement des Aarchs n’est donc pas la résurgence fonctionnelle ou la réactivation de structures sociopolitiques locales traditionnelles : y voir le mouvement de résistance des "tribus kabyles" [6] est un anachronisme manifeste. On doit plutôt le considérer comme le réflexe vital d’une société agressée et désemparée qui se réfère, faute d’autres structures crédibles et efficaces, à ses modes traditionnels de solidarité : face à la mort et à la violence sans limite de l’Etat, ce sont les liens sociaux les plus élémentaires qui ont fonctionné.
Ceci n’enlève rien à la représentativité des coordinations qui ont organisé le mouvement ; mais il s’agit d’une représentativité de fait, légitimée par une forte adhésion populaire, en réaction à la violence de la répression. Il s’est en réalité produit en 2001 ce qui s’est toujours produit en Kabylie face à la répression ou aux violences étatiques : une réaction de protestation de la jeunesse et de minorités très politisées, immédiatement relayée par un puissant mouvement de solidarité populaire, qui va mobiliser les profondeurs de la société. Le schéma est exactement le même qu’en 1980 lors du "printemps berbère", même si les formes ne sont pas tout à fait identiques et si les initiateurs n’appartiennent pas aux milieux sociologiques et politiques. Cela signifie qu’il existe en Kabylie un tissu de solidarités sociales extrêmement fort qui, en dehors de tout véritable encadrement politique de la société, permet néanmoins d’impressionnantes mobilisations de masse.
C’est d’ailleurs ce qui permet de comprendre le mode de gestion de cette crise, comme des précédentes depuis 1980, par les autorités algérienne : face à une protestation qui relève plus du mouvement social largement spontané et décentralisé que d’un projet politique structuré, aux trois plans de la doctrine, des objectifs et de l’organisation, le pouvoir joue régulièrement le pourrissement et table sur l’usure inéluctable. Dans ce type de contexte, l’Etat central ne peut qu’avoir le dernier mot : il lui suffit "de donner du temps au temps".
"Mouvement des Aarchs" (kabyles) ou "Mouvement citoyen" ?
Très rapidement aussi (juin 2001, puis octobre 2001), le mouvement formule et explicite longuement ses revendications à travers des textes de références (la plate-forme d’El-Kseur, Cf. documents annexes). L’analyse de ces documents fait apparaître assez clairement leur caractère composite ; ils comportent aux moins trois grandes composantes :
a) la réaction à la répression sanglante et l’exigence de réparation morale et matérielle (y compris la condamnation des responsables de la tuerie) ;
b) la reprise de la revendication "historique" de la région ("Tamazight langue nationale et officielle") ;
c) un ensemble de revendications politiques et socio-économiques, visant à l’instauration de l’"Etat de droit et de la justice sociale".
Cette dernière dimension, la plus étoffée dans les explicitations, comporte une critique radicale de l’appareil d’Etat algérien, régulièrement présenté comme "corrompu et corrupteur".
Certains leaders et tendances du mouvement des Aarchs, certains courants politiques algériens et commentateurs ont présenté la plate-forme d’El-Kseur et le mouvement de protestation de 2001 comme un phénomène radicalement nouveau par rapport aux revendications culturelles et linguistiques traditionnelles de la région depuis 1980, en mettant en exergue l’élargissement des objectifs et leur caractère national.
Cette thèse transparaît notamment dans l’une des dénominations utilisée pour désigner le mouvement : en effet, "Mouvement des Aarchs", qui réfère plutôt à l’ancrage local et spécifiquement kabyle, est immédiatement concurrencé par "Mouvement citoyen", qui en souligne la dimension nationale, moderne et démocratique de la protestation. Une analyse de textes systématique sera nécessaire, et certainement révélatrice, pour identifier qui utilise l’une ou l’autre des appellations et quand et où précisément chacune d’elles apparaît ; mais une tendance lourde est aisément et immédiatement détectable : les courants idéologiques et politiques de la Gauche nationale (dans toutes ses nuances) et leurs relais internationaux optent pour le "Mouvement citoyen".
Pour notre part, nous resterons beaucoup plus circonspects quant au caractère novateur du mouvement de 2001 : les équilibres entre les composantes revendicatives sont sans doute différents de ce que la Kabylie avait connu jusque là, mais les trois mêmes thématiques sont toujours présentes, depuis 1980 et même depuis 1963 : a) réaction à la répression ; b) reconnaissance de la langue et de l’identité berbères ; c) Etat de droit et justice socio-économique.
Certes, en 2001, la première et la troisième composante sont plus centrales que la seconde. Mais cet équilibre s’explique assez simplement par l’ampleur tout à fait inédite de la répression et par une situation socio-économique beaucoup plus dégradée en 2001 qu’en 1980 par exemple (Cf. ci-dessous). Sans doute aussi, pour ce qui est de la troisième composante, par la présence active au sein du mouvement de groupes marxistes, qui ont occupé un terrain laissé vacant par les partis politiques kabyles traditionnels. D’ailleurs, le rôle et la présence de ces groupes marxisants ne doivent pas être ignorés ou sous-estimés dans tous les mouvements qui ont secoué la Kabylie depuis 1980.
En tout état de cause, contrairement à une vision simpliste, les trois composantes ont toujours été présentes dans tous les mouvements de protestation kabyles, y compris en 1980 lors du "Printemps berbère" où la revendication linguistique et culturelle a été étroitement associée à la revendication démocratique (liberté d’opinion et d’expression, fin du parti unique, etc.). Il faut également rappeler qu’en 1985, ce sont en majorité des militants du mouvement culturel berbère, dont plusieurs avaient déjà été arrêtés en 1980, qui ont porté le projet de Ligue Algérienne des Droits de l’Homme qui leur a valu les foudres de la Cour de Sûreté de l’Etat ! Et en 1963 déjà, l’insurrection armée du FFS s’est faite au nom des libertés démocratiques et pour l’Etat de droit.
Il y a donc une réelle continuité dans les motivations et objectifs, autour de la connexion "revendication berbère / revendication démocratique - Etat de droit". Un ensemble d’invariants sont à l’oeuvre en Kabylie depuis 1962 et ont été réactualisés une nouvelle fois en 2001 ; ils dessinent une situation de rupture, déjà ancienne et structurelle, de la Kabylie avec l’Etat central, autour des données suivantes :
Sur un substrat de forte culture politique, une attitude largement répandue de défiance vis-à-vis du pouvoir central ;
Une adhésion dominante à la modernité politique et aux valeurs démocratiques ;
Un attachement profond à la langue et à l’identité berbères, souvent associé à un rejet marqué de la référence arabo-islamique ;
Un lien social encore extrêmement puissant, capable de mobiliser les solidarités traditionnelles et de les articuler avec les solidarités politiques plus récentes.
4. Causes générales et causes locales d’une situation de tension
A un niveau très général, on identifie un ensemble de grandes déterminations sociologiques, historiques et idéologiques qui expliquent l’existence d’une tension structurelle en Afrique du Nord autour de la "question berbère". Depuis 1930, dès que l’on évoque les Berbères ou la langue berbère, le spectre de la "sécession berbère" surgit, ainsi que la suspicion "d’atteinte à l’unité de la Nation" : la berbérité apparaît comme porteuse d’une remise en cause potentielle des fondements de la Nation et de l’Etat [7].
Des minorités encombrantes
En premier lieu, le paramètre démographique semble décisif, bien que rarement perçu et explicité : en Afrique du Nord, du moins en Algérie et au Maroc, les berbérophones sont certes minoritaires, mais ils constituent des minorités conséquentes puisqu’on les évalue à 20-25% de la population algérienne et à 35-40% de la population marocaine. Ces données démographiques contiennent en elles-mêmes un élément de compréhension essentiel de la tension qui a toujours régné autour de cette question : les berbérophones ne sont pas des minorités insignifiantes que les Etats pourraient facilement "oublier", gérer et intégrer. Ce sont des populations nombreuses, concentrées sur des régions généralement bien individualisées et qui de ce fait posent un problème structurel aux Etat concernés.
Un environnement idéologique hostile
Mais la configuration qu’a prise la revendication berbère en Kabylie depuis une trentaine d’années ne peut se comprendre qu’en référence à un contexte idéologique et politique globalement hostile à l’identité berbère. Hostilité structurelle qui a induit une affirmation réactive, d’abord de certaines élites culturelles et politiques, puis de la population dans son ensemble. Car l’hostilité à (ou la méfiance vis-à-vis de) la berbérité était - et reste, malgré des assouplissements récents - partagée par tous les courants idéologiques dominants au Maghreb, de Gauche comme de Droite, modernistes ou conservateurs, tous fortement représentés dans les appareils idéologiques (d’Etat ou non) :
D’abord l’arabo-islamisme, dont il faut rappeler qu’il est consubstantiel des Etats maghrébins, puisque dès les tous débuts des projets nationalistes, tant algérien que marocain, les Etats-nations projetés sont expressément définis comme arabes et musulmans. Et les différentes constitutions et textes d’orientation fondamentaux depuis l’indépendance n’ont jamais varié sur ce point : "les Algériens sont arabes et musulmans" [8].
Ensuite le centralisme jacobin, bien entendu directement hérité de l’expérience politique de la France. Les élites algériennes, politiques et autres, ont été longtemps très majoritairement de formation française et la constitution des champs politiques maghrébins a été profondément influencée par l’expérience historique de la France. Même les élites arabophones, formées au Moyen-Orient, partagent en fait le même stock de références, notamment en matière de conception de l’Etat, à travers le nationalisme arabe dont on sait que l’inspiration principale a été le modèle français ("une nation, un territoire, une langue, uns et indivisibles"). En Algérie, cette conception a été puissamment renforcée par une influence durable de modèles de fonctionnement politique très autoritaires et violents, dans le Mouvement national déjà, puis dans l’Algérie indépendante du parti unique (FLN). Jacobinisme et autoritarisme politique ne pouvaient que développer une approche répressive vis-à-vis de la diversité linguistique et culturelle.
Enfin, surtout en Algérie, les conditions historiques - une colonisation négatrice et ouvertement assimilationniste - a induit un nationalisme réactif exacerbé, en particulier pour tout ce qui touche aux questions d’identité. Il y a de, manière lourde, un complexe identitaire algérien qui s’est constitué dans le regard de la France coloniale. Depuis les début du nationalisme algérien, toute mise en avant de la berbérité, est immédiatement suspecte et perçue comme un facteur de division de la Nation, directement ou indirectement fomenté et soutenu par "l’ennemi extérieur" (= le colonialisme français, puis les forces néo-colonialistes et impérialistes, le sionisme, etc.).
Spécificités kabyles
Des spécificités socio-culturelles
Si le paramètre berbère est toujours et partout en Afrique du Nord suspect et géré avec une attention particulière par les autorités, les données sociopolitiques récentes montrent que la Kabylie, à travers ces crises ouvertes récurrentes, connaît une situation tout à fait exceptionnelle. Pourquoi cette spécificité kabyle ? La question peut d’autant moins être éludée que les données anthropologiques fondamentales et les expériences historiques sur la longue durée des diverses régions berbères sont assez comparables. Différents facteurs explicatifs peuvent être avancés, qui tous découlent de l’histoire récente, notamment de l’histoire coloniale :
La Kabylie est la seule région berbère possédant des élites modernes, majoritairement francophones, nombreuses et de formation ancienne - dès le début du XXe siècle ; sur ce plan, le contraste avec les Aurès ou les régions berbérophones marocaines est saisissant. Seule la Kabylie a connu une acculturation occidentale (française) profonde, par le biais d’une scolarisation significative et ancienne (dès la fin du XIXe siècle) et par le biais de l’émigration de masse vers la France. Cette acculturation touche en profondeur le tissu social, y compris rural et féminin. La France et ses valeurs républicaines sont des références très présentes, même chez les analphabètes kabyles. De plus, ses valeurs politiques modernes s’enracinent dans une tradition locale de démocratie villageoise, dans laquelle chaque individu (mâle) est un "citoyen" ayant, en principe, les mêmes droits politiques que tous les autres.
La Kabylie est la seule région berbère où la culture politique de type moderne est d’implantation ancienne et large, principalement à travers l’expérience de l’émigration ouvrière massive vers la France depuis près d’un siècle, et à travers l’expérience du Mouvement national algérien (au sein duquel les Kabyles ont joué un rôle décisif à partir de 1926). M. Harbi a, depuis longtemps (1980/a, p. 61), mis en évidence l’existence d’un sentiment de "fierté kabyle", fondé sur le sentiment d’être "en avance politiquement sur le reste de l’Algérie". Sentiment puissamment renforcé par la guerre d’indépendance, dans laquelle les Kabyles ont joué un rôle politique et militaire considérable.
De cette "fierté politique kabyle" est aussi né à l’indépendance un fort sentiment de dépossession et de marginalisation, consécutif à la mise à l’écart de tous les chefs politiques et militaires kabyles, à l’accaparement du pouvoir par les arabophones (Ben Bella/Boumediene), à la répression par l’armée nationale de l’insurrection de 1963, à l’assassinat de Krim Belkacem (1970) ; au rejet explicite dès 1962 de la langue et de l’identité berbère au profit de l’identité arabo-islamique... L’appareil d’Etat qui se met en place à partir de 1962 est donc largement perçu comme hostile et anti-berbère.
Mais la fracture a sans doute aussi des causes sociales et politiques plus immédiates.
Une spécificité socio-économique
Sur le plan social, l’échec [9] socio-économique global de l’État algérien a, en Kabylie, une dimension particulière qu’il convient de souligner et qui amène à considérer que la région est dans un véritable cul-de-sac ; situation que les autorités ont laissé se mettre en place et s’aggraver après 1962. Pendant tout le XXe siècle, la surpopulation structurelle de la région a pu trouver un exutoire dans une émigration massive vers les grandes villes d’Algérie et vers la France, où les Kabyles ont longtemps constitué la grosse majorité de l’immigration algérienne. La fin de la colonisation française a aussi été une véritable bouffée d’oxygène pour la Kabylie car son surcroît démographique a pu se déverser sur Alger et sa région ; sa population adulte masculine, souvent scolarisée, a pendant une quinzaine d’années, facilement pu y trouver travail et logement. Ces "soupapes de sécurité" n’existent plus : l’émigration de masse vers la France est arrêtée depuis 1974 et Alger est une mégalopole surpeuplée où sévissent chômage et crise aiguë du logement. Les nouvelles générations kabyles ne peuvent plus trouver le salut ailleurs.
C’est sans doute ce qui explique la radicalisation de la protestation en Kabylie en 2001 avec le mouvement des Aarchs et l’importance accordée à la dimension socio-économique : la plate-forme d’El-Kseur et son explicitation expriment clairement une remise en cause de la légitimité même du pouvoir central et de son action globale, notamment au plan socio-économique.
Une situation politique très particulière et en recomposition
Sur le plan politique, la radicalisation de 2001 et les formes nouvelles d’organisation qui sont apparues à cette occasion doivent certainement aussi être reliées au contexte politique local (et national). Depuis 1963, la Kabylie présente une sociologie politique spécifique : tous les tests électoraux - même ceux de la période du parti unique - font apparaître un comportement particulier, fortement distinct de celui du reste du pays. Des taux d’abstention exceptionnels, souvent très majoritaires, des résultats faibles, voire insignifiants pour les partis gouvernementaux (FLN, RND) et islamistes (FIS, Hamas...) et pour les candidats officiels de tous types (élections à l’assemblée nationale, à la présidence de la république). Inversement, longtemps les deux partis politiques sociologiquement "kabyles", le FFS et le RCD, ont exercé une hégémonie très marquée sur la région.
Ces deux partis politiques kabyles ont une histoire et des positions très différentes ; qui en ont fait "les frères ennemis de la Kabylie" ; le FFS, parti "historique" de la Kabylie (créé en septembre 1963), soudée par la personnalité emblématique d’Aït-Ahmed, est resté un parti d’opposition, très critique vis à vis de "l’Algérie des généraux" et des gouvernements qui s’en sont suivis. Il s’est opposé à "l’interruption du processus électoral" de décembre1991/janvier 1992, lors de la victoire électorale du FIS et a régulièrement œuvré en faveur de solutions politiques "nationales" intégrant l’ensemble des acteurs politiques, y compris les islamistes. Le RCD, né dans le mouvement d’ouverture politique de 1989, autour d’un noyau de militants de la culture berbère, dont les principaux appartenaient à l’origine au FFS, a adopté une ligne et une volonté de collaboration explicites avec le pouvoir (de Chadli, puis des généraux, puis de Bouteflika, premier mandat). Le RCD a d’ailleurs appelé à/et a appuyé "l’interruption du processus électoral" de 1991/1992 et s’est, tout au long de la décennie 1990, impliqué dans le combat gouvernemental contre les islamistes ; il a soutenu Bouteflika et participé au gouvernement lors de son premier mandat. D’un côté donc, un parti historiquement "oppositionnel" et à ancrage plutôt populaire, le FFS ; de l’autre, un parti proche de certaines sphères gouvernementales (aile dite "éradicatrice et moderniste"), recrutant plutôt parmi les élites kabyles (cadres supérieurs), le RCD.
A partir de 1989 (date de création du RCD), les deux partis se sont livrés à une lutte acharnée pour le contrôle de la Kabylie et des populations kabyles. La division et ses séquelles ont été profondes dans une région qui jusque là avait été caractérisée par une assez grande unité d’action et de réaction. Par ailleurs, l’action des deux partis peut être considérée comme un échec et a certainement été vécue comme tel par l’essentiel de la population kabyle : ni la ligne oppositionnelle du FFS, ni la ligne collaborationniste du RCD n’ont permis un quelconque renforcement de la position politique de la Kabylie dans l’échiquier national, ni ne lui ont apporté un quelconque bénéfice social ou économique, bien au contraire. Divisions et concurrence virulente sur le terrain, échec politique au niveau global, discrédit des chefs expliquent probablement l’irruption en force de nouveaux acteurs en 2001 et la marginalisation des organisations politiques classiques.
C’est aussi dans ce contexte que doit être replacé l’apparition en juin 2001 d’un nouveau mouvement politique favorable à une large autonomie de la Kabylie, sur un modèle fortement inspiré par l’expérience catalane (le Mouvement pour l’Autonomie de la Kabylie, fondée par le chanteur Ferhat, figure de proue de la revendication berbère depuis la fin des années 1970). Cette idée d’autonomie de la Kabylie apparaît en fait dans le débat intellectuel et politique algérien dès le début des années 1990, mais elle reste alors une simple réflexion isolée d’intellectuel [10]. Il est certes difficile d’apprécier l’impact du courant autonomiste dans la mesure où il ne s’est pas constitué en parti politique se soumettant au suffrage des électeurs [11]. Néanmoins, on ne peut exclure, vu le cul-de-sac global dans lequel est engagée la Kabylie et l’impuissance évidente des forces politiques locales classiques à donner des perspectives à la région, que ce courant se développe et s’impose comme alternative d’avenir pour la région.
En tout cas, on constate que si le mouvement des Aarchs et ses principaux leaders se sont interdits tout discours de type ethnique ou autonomiste [12], ils ont développé de manière constante une stratégie d’opposition frontale avec l’Etat central ; autrement dit, si le programme (la plate-forme d’El-Kseur) n’est pas autonomiste, on a bien affaire à une approche politique de rupture, faisant réponse à une répression inouïe ; configuration qui a sans aucun doute approfondi dans les consciences le fossé entre la Kabylie et l’Etat central. Cette dernière expérience tragique apparaît donc plutôt de nature à renforcer le courant autonomiste.
5. Affirmation identitaire berbère et intégration nationale : une double dynamique contradictoire
Si l’on considère l’histoire politique de la région sur la durée, il semble bien que depuis les années 1930, la Kabylie est traversée par deux dynamiques socio-idéologiques qui parfois convergent, parfois s’opposent, mais qui ne parviennent pas à se constituer en une synthèse stabilisée permettant un projet et une action politiques cohérents, susceptibles de s’imposer en tant que force crédible et efficace sur l’échiquier algérien. D’où une situation chaotique, marquée à la fois par la récurrence des crises ouvertes et l’incapacité à s’imposer dans le jeu politique : dans toutes ces crises depuis 1962, la Kabylie a été durement réprimée, n’a pas obtenu la satisfaction de ses revendications et en est ressortie affaiblie.
D’un côté, la référence identitaire berbère imprègne en profondeur la société kabyle et suscite l’engagement durable d’élites culturelles et politiques et celui de la grande majorité de la population. Mais cet engagement reste essentiellement culturel ("Nous avons notre langue et notre culture") et identitaire ("Nous ne sommes pas Arabes mais Berbères").
De l’autre, depuis les années 1930, les élites politiques kabyles, les minorités agissantes locales ont toutes intégré l’horizon national algérien : le discours et les objectifs politiques se veulent "nationaux", malgré un ancrage social et des réseaux militants exclusivement régionaux et kabyles. Même la revendication linguistique n’est pas présentée et défendue comme le droit d’un groupe minoritaire ou d’une région, à préserver et à développer sa langue et sa culture, mais comme la reconnaissance d’un élément du patrimoine culturel national commun.
Pour expliquer ce paradoxe apparent, il faut revenir à l’histoire politique du mouvement national algérien, à l’histoire et à la sociologie des élites kabyles. Au cours du XXe siècle, les élites Kabyles, dans le contexte de la domination coloniale, se sont intégrées dans les enjeux politiques nationaux algériens ; elles ont contribué de manière décisive au combat national algérien, qu’elles ont, pour une très large part, conçu, structuré et porté.
Pendant la période de lutte nationaliste, les Kabyles se sont mobilisés au profit de l’objectif national qu’était l’indépendance de l’Algérie [13]. En 1948-1949, lors de la fameuse "crise berbériste", l’essentiel de l’élite politique kabyle a refusé de choisir le camp berbère et a privilégié l’unité autour du combat pour l’indépendance, laissant ainsi la voie libre à l’arabo-islamisme.
Dès 1962, les Kabyles et la Kabylie ont constitué l’essentiel de l’opposition démocratique au régime autoritaire d’Alger. L’insurrection armée du FFS en 1963, initiée au nom du combat pour la démocratie, s’est, presque immédiatement, retrouvée limitée à la seule Kabylie et dénoncée par le pouvoir d’alors comme tentative sécessionniste.
Après le "Printemps berbère" de 1980, les défenseurs de la langue et de la culture berbères de Kabylie se sont toujours efforcés d’inscrire leur revendication et leur action dans le cadre d’une démarche démocratique de portée nationale : ’Tamazight et liberté d’expression’, ’Tamazight et démocratie’ [14]. Même sur le strict plan de la langue, le mot d’ordre "Berbère, langue nationale et officielle", repris par tous les courants politiques kabyles, place d’emblée la langue et la culture berbères comme un élément du patrimoine commun, indivis, de la Nation [15].
Après 1989, avec l’adoption de la constitution qui a mis fin au règne du parti unique, les deux partis politiques à ancrage sociologique kabyle - le FFS et le RCD - se sont expressément inscrits dans une perspective nationale et la revendication linguistique et culturelle berbère n’est pour eux qu’un aspect particulier d’un positionnement plus global.
Et les Aarchs ont reconduit en 2001 cette ligne "nationale", en refusant l’évidence d’un ancrage social exclusivement kabyle.
La configuration idéologico-politique qui prédomine en Kabylie est donc très différente de celle que connaissent le Kurdistan, la Catalogne ou le Pays basque : en Kabylie, il existe indiscutablement une très forte conscience culturelle et identitaire, mais il n’existe pas de conscience nationale kabyle, ou du moins celle-ci est-elle encore embryonnaire et/ou incertaine.
Cette situation très particulière a probablement deux causes fondamentales, l’une historique, l’autre sociologique :
La première, évoquée précédemment, tient à ce que les élites kabyles contemporaines se sont constituées dans le cadre de la lutte anti-coloniale et que l’horizon nationaliste algérien balise complètement leurs conceptions politiques depuis plus de 75 ans.
La seconde est une détermination lourde, transhistorique même, liée à l’extériorité idéologique et intellectuelle des élites kabyles par rapport à leur société d’origine. Nous ne parlons pas d’extériorité culturelle - les acteurs peuvent conserver une immersion socioculturelle parfaite dans leur région et le groupe d’origine -, mais bien d’extériorité intellectuelle et idéologique. Tous leurs instruments de compréhension du monde et de construction de leurs projets propres sont exogènes : ils leur viennent de l’Ecole moderne, de l’Etat, de l’Occident, de l’arabo-islamisme, du marxisme ou de tout autre système idéologique. Leurs normes et références intellectuelles ne résultent jamais d’une construction endogène, d’un processus cumulatif produit par et au sein de leur société d’origine. Chez les élites kabyles (et berbères en général) de tous types, la langue de formation et de travail, les lieux de formation légitimes sont toujours reliés à un ailleurs allogène, dominant et surévalué : arabe, français..., école coranique, école de la République française, Universités étrangères...
Par voie de conséquence, les élites kabyles ont toujours construit leurs projets en référence à ces centres politiques, intellectuels, idéologiques exogènes ; les projets politiques ne sont pas construits sur des aspirations ou des dynamiques internes à la société locale mais toujours sur la base d’un horizon extérieur, considéré comme seul légitime parce que plus "universel". On est, structurellement, dans une logique de dévalorisation du local, du régional, vécu comme rural, attardé, non élaboré, au profit de références reconnues plus universelles : l’Islam, l’Etat-nation, le marxisme, la "modernité"... Au fond, les élites kabyles (et berbères) ne sont quasiment jamais les élites "naturelles" de la société dont elles sont issues, mais presque toujours les relais des pôles idéologiques dominants.
Etrangères à elles-mêmes, les élites kabyles cherchent, depuis des décennies, dans "l’ailleurs" la légitimité et l’universalité et préfère le "mythe lointain" à la "modeste réalité d’ici". Ce qui en fait des adversaires relativement faciles pour l’Etat central.
Malgré la violence et la récurrence des affrontements avec l’Etat central, la situation de la Kabylie est donc très éloignée de celle du Kurdistan ou, dans un contexte méditerranéen plus proche, de celle de la Catalogne. Et l’avenir de la région reste très incertain.
S. Chaker & S. Doumane
L’article est publié avec l’autorisation des auteurs, Salem Chaker et Saïd Doumane, ainsi que de la direction de la revue Les Cahiers de l’Orient.
[1] En 1948-1949, le mouvement nationaliste algérien (son aile radicale : PPA-MTLD) est secoué par une grave crise, dite "berbériste", à l’occasion de laquelle s’affrontent durement deux lignes sur la question de la définition de l’identité nationale ; les courants dominants qui défendent une nation algérienne "arabe et musulmane" vont l’emporter sur la ligne dite "berbéro-nationaliste", qui prône une "Algérie algérienne, arabe et berbère".
[2] Qui avait abrogé la constitution de 1963 et dissous toutes les institutions qui en découlaient.
[3] Il est difficile de fixer un terme précis à cette crise, qui a connu de nombreux soubresauts et retombées jusqu’en 2006. La phase véritablement active va d’avril 2001 à fin 2004.
[4] Ce mode de gestion politique est assez classique en Algérie : il permet à un clan d’en déstabiliser un autre, notamment dans la perspective d’échéances politiques importantes (électorales ou autres) ; de ressouder les rangs des courants dominants face au "danger séparatiste berbère"...
[5] Les acteurs et porte-parole ne sont pas les délégués formellement désignés par une tribu ou un village réunis dans sa configuration traditionnelle, i.e. par l’assemblée de tous les hommes en âge de porter les armes, avec prépondérance de fait aux gérontes.
[6] Comme se complait à l’écrire la grande presse française, toujours friande "d’exotisme et de dissidence berbères".
[7] Le point de départ politique de cet anti-berbérisme qui traverse tous les courants des nationalismes maghrébins est la fameuse affaire du "Dahir berbère" de 1930 au Maroc.
[8] Au mieux, on admettra comme la Charte nationale amendée de 1985, que "les Algériens sont des Berbères que l’islam a arabisés" !
[9] Echec patent si l’on considère les conditions de vie réelles de la population et son environnement global et non les réserves en devises de l’Etat !
[10] Notamment sous la plume de S. Chaker, dans la presse algérienne et française : Liberté (Alger), 21 et 22 février 1995 ; Le Monde, 11 juillet 1998 ; Le Matin de Kabylie, 11, 14 et 15 octobre 2001. Ses prises de positions sont réunies dans un petit opuscule : Réflexions pour l’autonomie de la Kabylie, Paris, Tamazgha, juillet 2001, 33 p.
[11] Il semble que les autorités l’en ont expressément dissuadé en brandissant la menace d’une interdiction immédiate, la loi algérienne interdisant la constitution de partis politiques sur des bases régionales, ethniques ou linguistiques.
[12] Certains, comme B. Abrika (un des principaux animateurs des Aarchs), ont même pris explicitement position contre l’idée d’autonomie (La Kabylie qui résiste. Entretiens avec Belaïd Abrika, réalisés par S. Kaced & M. Ourad, Alger, Edition SAEL-Liberté, 2002).
[13] Sur cet aspect, voir par exemple, les témoignages très explicites de Hocine Aït-Ahmed.
[14] Voir la plate-forme de Yakouren (Algérie. Quelle identité ? : 1981 - Paris, Imedyazen. [Actes du séminaire de Yakouren, août 1980) ou les différentes prises de positions du Mouvement culturel berbère au cours des années 1980, notamment dans Tafsut.
[15] Les tenants de cette ligne ne se rendent pas compte qu’ils ont une position très proche de celle l’État central qui affirme que "le berbère n’est pas la propriété des berbérophones ou d’une région particulière, mais une composante du patrimoine culturel national" et qu’à ce titre, il revient à l’État de décider du statut et du traitement qui doivent lui être réservés ; cette position est explicite dans le décret de création du Haut Commissariat à l’Amazighité du 28 mai 1995 ; elle a très clairement été réaffirmée par le président Bouteflika le 13 octobre 2002 à Tiaret : "Ce patrimoine est la propriété indivisible de tous les Algériens, il ne faurt pa l’utiliser à des fins politiques ; nous sommes musulmans, arabes et arabo-berbères !".
Donc, la kabylie est un etat, plus homogene que l’algerie version Napoleon III.
Conclusion : je vous laisse deviner
il n’y a rien à deviner cher ami !
depuis des temps immémoriaux, la kabylie est morcelée en tribus. elle fonctionnait encore ainsi à la veille de la prétendue indépendance algérienne.
et la kabylie d’aujourd’hui est encore "morcelée dans sa tête". elle ne sait que brailler : "corrigez l’histoire, l’algérie n’est pas arabe !"
pourquoi ne la corrige-t-elle pas elle même !?
et qu’a-t-elle à se mêler de l’algérie !?...
si elle se déclare "algérienne", elle est donc arabo-islamiste et point barre !
et si elle veut "corriger l’Histoire", qu’elle parle pour elle-même ! et qu’elle aille vers son destin, c’est-à-dire : L’INDÉPENDANCE !
ne sait-elle pas, cette Kabylie, qu’on ne peut jamais avoir le beurre et l’argent du beurre !?
bas les masque je pense que celle qui parle de kabylie n’est pas ce qu’elle pretend etre pour la simple raison que des debiles de ce genre ne sont pas du tout interessé par un debat qui se situe largement au dessus de leur ignorance mesquine . Tu peux dire que toi et tes semblables n’ont jaimais elevé le debat en algerie qu’on se retrouve malgres nous a la traine de l’humanite un algerien arabisé fiere surtout de sa berberitude
mon cher aznay arabisé, si ton algérie est à la traîne de l’humanité ne vient pas chercher la solution à ta déchéance chez les kabyles !
adresse toi plutôt à ceux qui ont réussi une telle transformation inhumaine sur ta personne : ils t’ont arabisé ? ben ils arriveront à te désarabiser... peutêtre !
mais comme tu es tellement fier de ta déchéance... que te dire d’autre, sinon bonne dégringolade !!!
la mécréante !
azul tous ls berbers je vous informe que le juge a donner la date de 18/10/2007 comme 5 eme rondez-vous a nos militants a fin d enttendre nos temoins mais il fout savoir aussi que le maxzen a libere les 5 batistes residants dans la prison SIDI S3ID A MEKNES aujourdhui se qui demande aux berber de faire plus d efforts pour arrter la politique discrimintoire de "la justice marocaine
"un algerien arabisé fiere surtout de sa berberitude"
C’est nouveau ? c’est quoi exactement ?
C’est certainement ce que l’on désigne "ANEGERIEN"
Pauvre mec tu peux être arabisé et bisé avec ça.
Etudiante en linguistique, je tiens à remercier Monsieur Salem CHAKER pour le travail remarquable qu’il fait dans le domaine de la langue berbère. Ses articles sont une référence et un outil de formation indispensable pour les étudiants que nous sommes.
En ce qui concerne la langue berbère, son avenir est dans les mains de ses locuteurs, sa survie ou son déclin dépendent de la volonté ou de l’indifférence de ces derniers.
Du chemin a été fait depuis les années 1980 à nos jours grâce aux sacrifices et à la ténacité des militants de la cause berbère.
Le chemin reste long et épineux mais tous les obstacles sont franchissables lorsque les consciences sont en éveil et la volonté présente.
Sachant ce site très consulté, je prie les spécialistes de la linguistique berbère de me contacter pour leur soumettre mon travail dont le thème est"la minoration des langues en Algérie, cas du berbère".
Je cherche des articles relatifs au statut actuel du berbère et aux efforts entrepris ou censés être entrepris par l’Etat pour la promotion de cette langue.
Vos conseils et orientations me seront d’une grande utilité. Veuillez me contacter sur mon adresse Email : t_nadia2@yahoo.fr
"les élites kabyles cherchent, depuis des décennies, dans "l’ailleurs" la légitimité et l’universalité et préfère le "mythe lointain" à la "modeste réalité d’ici",
c’est exactement ça, seulement moi je dirais pas que c’est depuis seulement des décennies mais depuis toujours (depuis les phéniciens), quelque part il y a un malaise profond, il nous faut vraiment une "thérapie psychanalytique" pour déceler la source de notre mal.
merci pour cette analyse trés lucide.
tanemmirt.
Quittons la prison Dar El Islam et rejoignons le monde libre,
Notre survie civilisationnelle et notre survie en tant que peuple dépendra de notre volonté de quitter cette prison Dar El Islam pour rejoindre le monde libre.
L’alliance arabo-islamo-satanique entre tous les gouvernements arabo-barbares a toujours consisté à faire primer le pérennité de Dar El Islam - la tyrannie islamique- en sacrifiant tous les droits humains des peuples vincus par leurs ancêtres- les premiers terroristes islamistes qui pillés et martyrisés bien des pays. En Kabylie, la fin de la tromperie mahométane et de la dhimitude a sonnée. Notre combat est celui d’une civilisation. Nous voulons sortir la Kabylie de la prison mahométane pour rejoindre le monde libre pour vivre en harmonie avec ceux qui nous ressemblent, ceux que les mohamétans nomment les gens des écritures, les infidèles et les mécréants. Vive la liberté et à bas la tyrannie coloniale arabo-islamique. Vive l’indépendance de la Kabylie pour ne plus appartenir au monde de satan.
Les anegériens sont mahomatinisés à 200%, ça y est, ils sont foutus. Le venin mahométan les a rendu malades à jamais. Le mahométisme est une recette satanique qui fait de l’homme un monstre. Espèrer trouver un anegérien qui comprendrait un Kabyle est une perte de temps. Après leur avoir coupé leurs racines, le mahométisme a fait des anegériens des armes de destruction massives . Des fascistes décerebrés au service du fascisme et de la mort. Espèrer trouver une entente quelconque avec ceux qui complote pour vous couper la tête est une folie. Ne perdons pas notre temps avec les amis de la mort et de la haine- les mahométans. Vive la Kabylie indépendante.
Quittons la prison Dar El Islam et rejoignons le monde libre !
Nous avons toujours pensé que nous, les Kabyles ou les Amazighs en général, étions des hommes libres, Mais comment se fait-il que nous ayons choisi d’ignorer jusque-là que nous vivons dans la prison mahométane-Dar El Islam- où nous sommes pris en otages et où tous nos gestes et paroles sont surveillés par nos géoliers arabo-islamistes ???
La terreur islamiste bénéficie d’une stratégie de sponsoring étatique traditionnel dans tous les pays qui se prénomment arabes. Cette vieille alliance criminelle, conservatrice, invisible et paradoxale entre le courant jihadiste (terroriste) islamiste et l’Etat est née pour assurer la pérennité de la domination islamiste dans tous les pays conquis en créant une mécanique politico-idéologique barbare capable de faire obstacle à tout progrès humain susceptible de contredire la mythologie islamiste.
Les cibles premières de l’islamisme sont la démocratie, la liberté et les droits de l’homme. Les islamistes privent les différents peuples des pays musulmans de démocratie et de liberté afin de pérenniser leur système arabo-islamiste imposé pour garantir l’anéantissement des cultures et des identités de tous les peuples dominés. Il y a une alliance arabo-islamiste incarnée par la ligue arabe entre tous les dirigeants islamistes des pays musulmans qui vise à faire primer la pérennité de l’empire islamiste sur les droits humains des tous les peuples dominés qu’ils oppriment.
L’histoire nous enseigne que la stratégie de domination islamiste a toujours consisté à enlever par la force tous les obstacles qui peuvent barrer la route à l’islamisation avant d’encercler idéologiquement (arabo-islamiquement) les populations otages en trafiquant un climat de réconciliation trompeur et en laissant l’usure du temps avoir raison de la résistance des nouveaux vaincus pour réussir leur conversion à l’islam. Le Jihad islamiste ne consiste pas à convertir les individus par la force, mais d’éliminer les obstacles qui peuvent empêcher leur conversion. La stratégie du jihad est de désarmer militairement, culturellement et idéologiquement les nouveaux dominés pour ne leur laisser que deux choix, se convertir ou devenir un Dhimmi (Un non-musulman qui accepte la domination islamiste) qui doit payer la jizya, taxe.
Mais là où l’islamisme est comparable au nazisme c’est quand nous apprenons que la philosophie islamiste parle de deux forces qui s’affrontent dans le monde : Dar al-Harb, (Maison de Guerre) et Dar al-Islam (Maison d’Islam). La Maison d’Islam veut dire gouvernance islamique et autorité incontesté de la sharia. La Maison de Guerre est simplement tout ce qui se situe à l’extérieur de la Maison d’Islam-le reste du monde qui n’est pas sous domination islamique et « où les infidèles règnent. » Pour les islamistes, ces deux Maisons sont perpétuellement en guerre-au moins jusqu’à ce que l’humanité toute entière accepte la sharia. Pour comprendre pourquoi les bombes islamiste explosent partout dans le monde, vous n’avez qu’à deviner où les arabo-islamistes situent le reste de l’humanité, dans Dar al-Islam ou Dar al-Harb ???!!!
Quittons la prison Dar El Islam et rejoignons le monde libre,
Notre survie civilisationnelle et notre survie en tant que peuple dépendra de notre volonté de sortir de la prison Dar El Islam.
L’alliance arabo-islamo-satanique entre tous les gouvernements arabo-barbares a toujours consisté à faire primer le pérennité de Dar El Islam - la tyrannie islamique- en sacrifiant tous les droits humains des peuples vaincus par leurs ancêtres- les premiers terroristes islamistes qui pillés et martyrisés bien des pays. En Kabylie, la fin de la tromperie mahométane et de la dhimitude a sonnée. Notre combat est celui d’une civilisation. Nous voulons sortir la Kabylie de la prison mahométane pour rejoindre le monde libre pour vivre en harmonie avec ceux qui nous ressemblent, ceux que les mohamétans nomment les gens des écritures, les infidèles et les mécréants. Vive la liberté et à bas la tyrannie coloniale arabo-islamique. Vive l’indépendance de la Kabylie pour ne plus appartenir au monde de satan.
Les algériens sont mahomatinisés à 200%, ça y est, ils sont foutus. Le venin mahométan les a rendu malades à jamais. Le mahométisme est une recette satanique qui fait de l’homme un monstre. Espérer trouver un algérien qui comprendrait un Kabyle est une perte de temps. Après leur avoir coupé leurs racines, le mahométisme a fait des algériens des armes de destruction massives . Des fascistes décérébrés au service du fascisme et de la mort. Espérer trouver une entente quelconque avec ceux qui complote pour vous couper la tête est une folie. Ne perdons pas notre temps avec les amis de la mort et de la haine- les mahométans. Vive la Kabylie indépendante.
Disons adieu au satanisme colonial et oppressif de Dar El Islam, cette prison qui transforme les hommes en mutants décervelés et en monstres mahométans.
Notre survie civilisationnelle et notre survie en tant que peuple dépondra de notre volonté de quitter collectivement la prison coloniale, oppressive et anti humaine Dar El Islam pour rejoindre le monde libre. Aucun salut nous est permis tant que nous demeurons à l’intérieur de celle-ci.
Nous avons toujours pensé que nous, les Kabyles ou les Amazighs en général, étions des hommes libres, Mais comment se fait-il que nous ayons choisi d’ignorer jusque-là que nous vivons dans la prison mahométane-Dar El Islam- où nous sommes pris en otages et où tous nos gestes et paroles sont surveillés par nos géoliers arabo-islamistes ???
Voilà, si nous sommes réellement des hommes libres et si nous croyons vraiment à la liberté qui est l’âme de toute vie, osons sortir de cette prison dans laquelle les mahométans nous ont confiné depuis le 7ème siècle.
Soyons digne de notre héritage d’hommes libres !
Et les Arabes arrivent pour répandre leur hérésie en Afrique
Pourquoi les gourous-gardiens du dogme islamiste ont toujours été hostiles aux recherches sur l’islam ? La réponse peut étonner tout le monde, il s’agit d’empêcher à tout prix que les musulmans découvrent que l’islam n’est qu’une hérésie, une déviation, du christianisme. Bien avant l’apparition de la secte hérétique mahométane qui a été à l’origine de cette rupture avec le christianisme, les arabes avaient été en majorité des chrétiens (ou des juifs) comme tous les peuples du Moyen-Orient. Pour des considérations d’ordre politiques et économiques, les apostats mahométans, ont conçue une copie falsifiée de la pensée Judéo-chrétienne qu’ils nommèrent Islam. Ainsi, les conquêtes islamiques sont menées pour propager l’hérésie des arabes dans le monde chrétien. La nouvelle hérésie, élevée au rang de religion, a servi de couverture à un impérialisme économique qui ne dit pas son nom. Pour tromper les nouveaux peuples conquis, les arabes enseignent jusqu’au jour d’aujourd’hui des mensonges disant par exemple qu’à l’époque de l’avènement de l’islam, le monde était sauvage et que c’est grâce à l’islam que l’humanité est sortie de son ère de barbarie, falsifiant, détruisant et anéantissant tout ce qui peut contredire leur mensonges. Pour démontrer qu’il ne s’agit là que de mensonges colportés à l’adresse de leurs victimes ignorantes, analysons la situation civilisationnelle de l’Afrique du Nord avant l’arrivée des renégats arabo-islamistes.
Lire la suite : http://www.afrique-du-nord.com/arti...