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Salem Chaker dénonce "une machine de guerre contre le berbère"
Quelques réflexions (désabusées) à propos de la graphie usuelle du berbère
mardi 28 novembre 2006
par Masin
On assiste, depuis quelque temps, au retour en force de la politique d’arabisation que mène l’Etat algérien depuis sa naissance. Profitant d’une phase de fragilité que traverse le mouvement amazigh et notamment la Kabylie, l’Etat algérien, par l’intermédiaire notamment de ses supplétifs locaux, tente de déstructurer la Kabylie et achever le mouvement amazigh. Parmi ses projets, l’"officialisation" de la transcription de tamazight en caractères arabes. En un mot, son enterrement !
Afin de réaffirmer leur attachement à la transcription de tamazight en caractères latins, les enseignants de tamazight en Kabylie, structurés en association, organisent deux journées d’étude sur la transcription de tamazight les 29 et 30 novembre 2006 à la Maison de la Culture "Mouloud Mammeri" de Tizi-Ouzou.
A cette occasion, Salem Chaker, Professeur de berbère, adresse une note à l’association organisatrice de ces journées d’étude. Une note par laquelle il réaffirme ses positions et choix quant à la transcription de tamazight. Il dénonce "une machine de guerre contre le berbère". Il met le doigt sur "une pratique très solidement ancrée des Etats nord-africains" à savoir une "stratégie de neutralisation et de domestication des élites, de tous les acteurs et facteurs sociaux et culturels non contrôlés...".
Avec l’aimable autorisation de Salem Chaker, nous publions ci-dessous l’intégralité de cette note.

La Rédaction




Quelques réflexions (désabusées) à propos de la graphie usuelle du berbère



La vie est un éternel recommencement, certes. Mais en Afrique du Nord, le recommencement s’accompagne souvent du pire et de la régression. Depuis le début de ma carrière universitaire, il y a près de 35 ans, je vois revenir cycliquement dans le débat public - politique et universitaire - les mêmes déclarations péremptoires, les mêmes fausses interrogations, les mêmes controverses inconsistantes sur la question de la graphie usuelle de la langue berbère : Graphie latine, graphie arabe, graphie tifinagh ? Pseudo débat, totalement prédéterminé par les options idéologiques, et en définitive par l’instance politique : cela a été le cas au Maroc avec l’adoption surprise des néo-tifinagh par l’Ircam en 2001 ; c’est le cas en Algérie avec le retour en force des tenants de la graphie arabe.
On rappellera, pour ceux qui ont la mémoire courte, qu’immédiatement après le Printemps berbère de 1980, le FLN et le président Chadli déclaraient déjà : « Oui à l’enseignement du berbère, à condition qu’il soit écrit en caractères arabes » !

Pour tous les berbérisants sérieux, du moins ceux qui se sont penchés sur cette question depuis longtemps et qui ne « découvrent » pas les problèmes d’aménagement du berbère depuis que les instances politiques algériennes et marocaines ont donné leur feu-vert, la réponse ne fait pas de doute. Pour ma part, je m’en suis expliqué depuis plus d’un quart de siècle : une diffusion large du berbère passe nécessairement par la graphie latine, parce que l’essentiel de la documentation scientifique disponible est dans cette graphie ; parce qu’un travail significatif d’aménagement de cette graphie a été mené, depuis au moins 50 ans ; parce que l’essentiel de la production destinée au grand public (revues associatives, production littéraire), en Afrique du Nord comme en Europe, utilise cet alphabet.

Revenons précisément au « débat » que certains veulent relancer. On notera d’abord que dans tous les cas, on mobilise la science, les universitaires, curieusement toujours très fraîchement convertis aux problématiques de l’aménagement et du développement du berbère, pour justifier ou imposer un choix.
On mobilise les savoirs des linguistes quant à la relation purement conventionnelle entre une langue et sa représentation graphique ; ceux des historiens sur l’existence de traditions anciennes de graphies du berbère en caractères arabes ; du sociologue de l’éducation et de la culture pour rappeler que la grande majorité de la population a une pratique de l’alphabet arabe. Tout cela pour défendre une notation usuelle en caractères arabes.
En occultant bien sûr le fait que les notations arabes du berbère, bien attestées depuis le haut Moyen âge, sont restées l’apanage de milieux lettrés très restreints ; qu’elles n’ont jamais donné lieu à une véritable codification graphique du berbère ; que toutes les études récentes montrent qu’il s’agissait plus d’aide-mémoires, de béquilles pour une transmission restée fondamentalement orale et qu’il est impossible de décoder ces textes berbères, anciens ou actuels, écrits en arabe sans une oralisation tâtonnante.
En occultant aussi le fait que l’alphabet latin est lui aussi très largement répandu et connu en Afrique du Nord, où, malgré les politiques d’arabisation, l’écrit latin (français) reste prédominant pour tous les usages fonctionnels quotidiens.
En oubliant aussi que « conventionnel » ne veut pas dire « indifférent » et sans motivations sociales...

Car bien sûr, à un niveau d’abstraction transhistorique, nous savons bien que toute langue, sous réserve d’adaptations plus ou moins importantes, peut être représentée par n’importe quel système d’écriture. C’est ce qui explique que les écritures ont pu voyager, ont été empruntées et adaptées de peuple à peuple, de langue à langue : l’alphabet latin du français n’est pas celui de Rome, ni celui de l’allemand, ni celui des langues scandinaves ou du tchèque. De même que l’alphabet arabe du persan, du turc ottoman et des autres langues d’Asie centrale n’est pas celui de l’arabe classique. De même, sur moins d’un siècle, certaines langues d’Asie centrale ont été écrites en alphabet arabe, en latin et en cyrillique ! A ce niveau de généralité, il est évident que le berbère, comme toute langue, pourrait être écrit en syllabaire japonais ou en alphabet cyrillique.
Mais au-delà des généralités abstraites et des potentialités théoriques, une écriture usuelle, du fait même de cette caractéristique, se développe dans un contexte historique et un environnement socioculturel déterminés, et pas seulement dans les cabinets des linguistes et grammairiens.

Ignorance réelle ou ignorance feinte, que la graphie arabe soit défendue par des responsables politiques ou par des universitaires, on occulte dans tous les cas le fait que depuis plus de 50 ans, un travail de réflexion sur la notation usuelle à base latine, directement inspiré par la recherche universitaire sur le berbère, a été mené et a permis des avancées significatives. Initié et accompagné par des universitaires, par des praticiens du berbère, largement relayé par le mouvement associatif à partir des années 1970, ce travail sur la graphie usuelle à base latine a connu des améliorations progressives et simplifications qui en font désormais une écriture fonctionnelle, raisonnée et adaptée à toutes les formes de berbère. Représentation phonologique, maîtrise et explicitation de la segmentation font de la graphie usuelle latine une véritable écriture « berbère », généralisable à l’ensemble du domaine.

Sur le plan de l’usage effectif, le passage à l’écrit à base latine peut être considéré comme acquis. Pour ce qui est du kabyle, cela est évident, mais cela est également vrai plus largement du berbère algérien (mozabite, chaoui, touareg) et même marocain (notamment rifain) : partout, il existe des publications, une presse, une littérature, des revues associatives qui utilisent la notation usuelle latine.

Tourner le dos au demi-siècle d’usage social actif de la graphie à base latine pour imposer l’alphabet arabe ne peut qu’avoir de graves incidences négatives et ralentir voire bloquer le processus de diffusion de l’écrit.
A la fois pour des raisons pratiques : seule la notation latine a fait l’objet d’un processus de codification et d’adaptation aux contraintes particulières et lourdes du berbère (diversité dialectale, segmentation morphématique, gestion des innombrables phénomènes d’assimilations etc.). Utiliser un autre alphabet reviendrait à jeter aux orties ce lent et complexe travail de maturation, déjà largement adopté par les producteurs sur le terrain, notamment les écrivains. Très concrètement, une graphie arabe pour le berbère ne peut qu’être une régression de 50 ans (au moins) dans le processus de codification et de diffusion de l’écrit. On en reviendrait forcément à des notations de type phonétique, fortement dialectalisées, à segmentation aléatoire et non explicite et ne permettant pas la lecture sans oralisation. Car, outre que le processus de codification n’a jamais été engagé à partir de l’alphabet arabe, on aurait - même en supposant de la bonne volonté et des intentions pures - d’énormes difficultés à s’abstraire des contraintes de la tradition arabisante pour construire à partir de cette écriture une représentation cohérente et efficace du berbère.
Mais aussi pour des raisons symboliques : qu’on le veuille ou non, l’émergence berbère, l’émergence de la langue berbère s’est faite au cours du XXe siècle contre l’idéologie arabo-islamique dominante et, pour l’essentiel, hors du cadre culturel arabo-islamique. C’est l’ouverture sur le monde et sur l’Occident qui a donné aux Berbères et la langue berbère les outils de leur affirmation et de leur existence. Vouloir imposer au berbère l’habit de l’alphabet arabe trahit explicitement une volonté de le (les) faire rentrer dans le giron de la famille arabo-musulmane, pour l’y étouffer.

Car on ne peut éluder la question fondamentale suivante : - Pourquoi ce débat récurrent autour de la graphie usuelle de tamazight ? Pourquoi ce retour sur des questions que la société et la pratique ont de fait déjà réglées ? Pourquoi l’instance politique s’empare-t-elle régulièrement du sujet ?

Il ne s’agit pas d’un épiphénomène mais bien d’une ligne stratégique, ancienne et commune aux pays de l’Afrique du Nord. Les positions historiques du FLN et des plus hautes instances de l’Etat algérien rappelées plus haut ne sont pas anodines.
Nous avons affaire à une machine de guerre contre le berbère, que l’on déploie lorsqu’il est devenu impossible de s’opposer, sur le principe, à sa reconnaissance, à son développement et à sa généralisation. On met alors en avant un problème « technique », celui de l’alphabet, pour détruire l’acquis et orienter d’emblée le passage à l’écrit et l’enseignement de la langue berbère vers un cul-de-sac assuré, vers l’enlisement et/ou la floklorisation.
C’est se qui se passe et se confirmera au Maroc avec le choix des néo-tifinagh. C’est ce qui se passera en Algérie si l’alphabet arabe venait à être imposé. Au fond, il s’agit, dans tous les cas, même si les argumentaires sont évidemment très différents, de bloquer toute possibilité de développement réel de la langue berbère, de la neutraliser en lui imposant un carcan non fonctionnel qui la condamne à une simple fonction emblématique (pour les néo-tifinagh) ou au rejet et à la désaffection par les populations elles-mêmes (pour l’alphabet arabe) ; en un mot, il s’agit d’enfermer le berbère dans l’insignifiance.
On retrouve en fait là une pratique très solidement ancrée des Etats nord-africains, la stratégie de neutralisation et de domestication des élites, de tous les acteurs et facteurs sociaux et culturels non contrôlés... En l’occurrence, il s’agit de « réduire le lion berbère à un doux agneau bêlant » et intégré à l’appareil d’Etat, à l’idéologie dominante.

Mais on peut rester néanmoins optimiste et l’on doit tenir le cap car, contrairement aux apparences et à ce qu’ont tendance à croire les apparatchiks, y compris linguistes, en matière de langue et de graphie, la société est généralement plus forte que les oukases du pouvoir et de ses instances. Même dans un pays aussi centralisé que la France, ce sont les acteurs et producteurs, les usagers (écrivains, journalistes, imprimeurs, éditeurs...) qui ont fait et font l’usage, et qui, partout, ont défini la norme graphique et orthographique et non les pouvoirs ou les administrations, pas même l’Académie française !

J’espère donc que les créateurs et praticiens du berbère d’Algérie, du Maroc et d’ailleurs, les associations culturelles continueront leur travail, avec constance et ténacité, dans la direction qu’ils ont déjà prise, depuis Belaïd At-Ali en passant par M. Mammeri, et qui a donné de solides résultats et des fruits prometteurs.


Salem CHAKER,
Professeur des Universités (berbère), INALCO, Paris.



Paris, le 27 novembre 2006

P.-S.

[Note destinée à l’Association des Enseignants de Tamazight de la Wilaya de Tizi-Ouzou, à l’occasion des journées d’études "Quelle graphie pour Tamazight", 29 et 30 novembre 2006].

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19 Messages de forum

  • Merci M. Chaker pour cette mise au point, mais de grâce arrêtons de justifier notre existence au chamelier nomade d’hier.

    Nous aimerions que vous nous expliquiez scientifiquement ce qui est sociolinguistiquement attesté : c-à-d comment Taqbaylit, Tacawit, Tarifit, Tamazi&t, Tacelhit etc sont des langues à part entière car vous savez très bien que c’est seulement en brisant définitivement ce tabou que l’on avancera.

    Aux Kabyles de s’occuper de Taqbaylit et de la Kabylie, aux Rifains de Tarifit et du Rif, aux Chaouis de Tacawit et de l’Aures..etc : il faut "dénationnaliser" LES LANGUES BERBERES et les replacer dans leurs environnements naturels pour qu’elles ne soient pas la "propriété" des descendants de chameliers d’hier qui ne leur veulent que le même sort qu’il ont subi : l’Arabisation !

    • Salem Chaker dénonce "une machine de guerre contre le berbère" 29 novembre 2006 23:37, par Ntezzi ntenedh
      Monsieur Chaker, je vous respecte beaucoup, mais vous savez très bien que le pouvoir arabo-islamique d’Alger fait tout le contraire de ce que veulent les Berbères. Le problème n’est donc pas linguistique mais politique. Et dans ce cas, le pouvoir algérien a raison de vouloir utiliser les caractères arabes pour écrire le berbère. Le berbère est la langue nationale et la nation algérien est arabe et musulmane. Logique donc que les Algériens écrivent leur langue en caractères arabes. PS : Berbères, Si vous voulez écrire votre langue comme vous le souhaitez, il vous faut un Etat. A bon entendeur...
      • l’Algerien’est pas un pays arabe, c’est des gens comme vous qui font de cette terre Berbere un pays arabe.
        l’histoire devoile ce que vous avez toujours cachés, tronqués,voir falcifiés.un etat Amazigh demain peut etre, et vous serez le premier à dire "je suis berbere depuis toujours"comme la majorité des faux jetons qui dans les années 70 nous tabassaient et aujourd’hui ils sont les detenteurs de l’identité Amazigh.les faux culs arrivent toujours à bon port
    • Salem Chaker dénonce "une machine de guerre contre le berbère" 29 novembre 2006 23:54, par Un idépendantiste
      D’accord avec Azwaw, il n y a rien à faire dans le cadre national, il faut dénationaliser la langue berbère. Chacun doit s’occuper de sa région et de sa langue. Pour nous les Kabyles, on a assez donné. Nous avons fait la guerre de 1954 à 1962 avec le FLN (contre la France), nous avons perdue ; nous l’avons fait en 1963 avec le FFS (pour la démocratie), nous l’avons perdue ; nous l’avons fait les années 90 avec le RCD (contre l’islamisme), nous l’avons perdue ; nous l’avons fait les années 2000 avec les Arouches (contre le pouvoir), nous l’avons perdue ; nous avons fait la guerre de la grève du cartable avec les MCB, nous l’avons perdue ; Que du vent ! Doit-on encore faire la guerre des caractères que nous perderons à coup sûr ? C’est à nous de voir.
    • Nous sommes vraiment naïfs, au moment où les Arabo-islamistes infestent la Kabylie, mettent le hidjab à nos femmes, menacent les laïcs... nous les Kabyles, qu’est-ce qu’on fait ? on discute des caractères avec lesquels on souhaite écrire la langue berbère. On est vraiment lamentables. On a demandé au pouvoir algérien la permission d’enseigner la langue berbère (première connerie), et maintenant, on leur demande la permission de l’écrire en latin (deuxième connerie). Bientôt, on leur demandera de faire de nous leurs esclaves contre un morceau de pain. On est nuls, nuls, nuls à faire pitié.
      PS : Sauf votre respect monsieur Chaker.
    • La machine de guerre a été lancée depuis 14 siècles. Depuis Dihya, les Arabo-islamistes n’ont cessé de lancer leur machine de guerre contre les Berbères. Iluhq-ed zzhir gher tudrin-nnegh !
    • Votre question est pertinente.
      Effectivement, il ne s’agit pas d’unifomiser les langues et les dialectes berberes, au contraire il faut bien entretenir et donner libre exoression à leur diversité comme une richesse de développement et d’epanouissement. Cependant, il faut à mon avis, éviter la subordination politique ideologique hostile a leurs developpemnt.
      Il n’y a ni de recherches, ni d’ecrits de support arabo-musulman pour leurs developpemt. Par contre, il y’a plus d’un demi siecle que ces langues utilisent le latin. Et j’ajoute, sans prétention, Les seuls centres de recherches et universitaires sur le berbere, depuis la conquete des arabes, se trouvent en occident et non en arabie ou en egypte. Il est tres difficile à un berbere de croire à la sincerité des politiciens arabo-musulemens de développer la langue berbere, de plus en caracteres arabes.
      • azul.
        les arabes ont droit de choisir le caractère qui’ils veulent,car ils ont le pouvoir en main,nous n’avons rien.c’est ça le problème ,il faut combattre pour ariver au pouvoir,et choisir le caratère compatible a tamazight,éliminer même l’arabe et le hijab ,et tous les connerie ses bidouins d’arabie.
        le pouvoir c’est le seul qui peut donner des droits et éliminer d’autre.alors imazighen de l’algerie,du maroc,du lybie, de tunisie...augmenter vos forces pour obtenir des places bien placées dans le pouvoir.
        au maroc il y a un roi demi bèrbère c’est lui qui a mis fain au bataille au maroc entre les islamistes et les laîques pour choisir le caractère pour la transcription de tamazight .qu’il est le choix du jeune roi,c’est le caractère original de tamazight ,ni arabe de l’orient,ni latin de l’europe,c’est le .tifinagh.le vrai caractère de tamazight.
        pour plusieurs amazigh le tifinagh c’est le seul caractère de tamazight.
    • Voici un compte-rendu de la rencontre lu dans la presse, bonne lecture :


      L’Association des enseignants de tamazight de la wilaya de Tizi Ouzou, organisatrice de cette rencontre scientifique, a opté pour la présence du directeur de wilaya chargé de la culture, El Hadi Ould Ali, et du secrétaire général du Haut-Commissariat à l’amazighité (HCA), Youcef Merahi, qui ont collaboré à l’organisation de ces journées.

      Avant le début des communications, le président de l’association, Mehenna Boudinar, ne manquera pas de rappeler que ces journées étaient initialement prévues pour l’année 2007 et qu’elles ont été avancées de plusieurs mois, suite aux déclarations du ministre de l’Education nationale qui ne cesse de lier la généralisation de l’enseignement de tamazight à la question de la graphie à adopter. Pour le président de l’association des enseignants de tamazight, « ce n’est là qu’un subterfuge pour freiner l’élan trouvé par la langue amazighe » depuis son introduction dans l’enseignement il y a onze ans.

      Pour lui, les praticiens ont déjà fait leur choix sur le terrain, tout en s’interrogeant sur « la volonté du ministre de saborder tout ce qui a été fait » par les spécialistes et les praticiens. « La question ne se pose plus et le choix a été fait. Pour nous, les enseignants ont adopté les caractères latins et c’est irréversible », martèlera M. Boudinar dont l’intervention sera suivie de celle du directeur de la culture, El Hadi Ould Ali, qui ne manquera pas de signaler l’importance de la question de la graphie. « Une question franchement capitale pour la suite du combat lié à son épanouissement et au renforcement institutionnel de sa position comme fondement civilisationnel de notre culture, identité et personnalité », dira le directeur de la culture pour qui « cette question purement scientifique ne peut être tranchée que par la communauté des scientifiques et des chercheurs [...]

      Des transcriptions en diverses langues sont proposées et le débat n’en est qu’à ses débuts : l’arabe, le tifinagh ou le latin ».

      Le secrétaire général du HCA, Youcef Merahi, aura un tout autre avis sur ce point précis, puisque, pour lui, ce débat n’a pas lieu d’être car « dépassé ». Pour cela, il rappellera que deux colloques ont été organisés en 2001 sur la question et les caractères latins y ont été recommandés par les différents spécialistes qui ont participé mais « le gouvernement n’a pas suivi ».

      « La question de la graphie est utilisée comme un spectre pour freiner l’épanouissement de la langue », dira M. Merahi qui rappellera que 156 élèves seulement suivent les cours de tamazight dans la capitale, signe pour lui que le gouvernement ne fait pas un grand effort pour généraliser l’enseignement de la langue amazighe.

      Par Malik Boumati

      La Tribune - 30/11/2006

      • Pauvres Kabyles ! Avant on disait : "Wi bghan taqbaylit ad yissin tira-s", Aujourd’hui, on a envie de dire : "Wi bghan taqbaylit, a s ig ddula-s !" - On s’en fout de cette histoire de caractères. De toute façon, le pouvoir a raison d’imposer les caractères arabes. Nous sommmes dans un Etat arabo-islamiste. Chah ! Tant pis pour nous qui écoutons encore les khobzistes kabyles, les Boudinar, les Ould Ali Elhadi, le HCA et compagnie. Fini les caractères, fini le MCB, fini les Arouchs, fini les partis politiques, fini les chansons engagées, fini les discours, fini les déclarations, fini les pétitions, fini les langues officielles et nationales, fini la jsk... Rien ne pourra nous rendre notre fierté. Pour le monde nous sommes morts et enterrés. Seul un Etat pourra nous sauver. Sans un Etat, on continuera à nous tuer, à nous éxiler comme de vulgaires apatrides. De plus, ne vous fatiguez pas trop, de toute façon, personne ne rentrera dans l’histoire. ni Matoub, ni Mammeri, ni Haroun, ni Saâdi, ni Saint Augustin, ni Aït Ahmed, ni Jugurtha, ni Cheikh Mohand, ni Appulé, ni Chaker... L’histoire officelle ne retiendra que les Arabes et les Musulmans et leurs esclaves kabyles, comme Esclaves bien sûr. Basta. Maintenant, on veut un Etat. C’est Tout.
        • Salem Chaker dénonce "une machine de guerre contre le berbère" 30 novembre 2006 23:00, par Hocine de Michelt
          Je lance un cri d’alarme à nos hommes politiques et à nos intellectuels d’ici et de la diaspora, nous vous prions d’arrêter de prendre les gens pour des cons. Qu’est-ce qu’on a foutre des caractères de tarnscription du berbère par rapport à ce qui se trame actuellement contre la Kabylie, votre chère région. Pendant que les Islamistes nous traduisent le coran, voilent nos femmes, corrompent nos enfants, droguent nos jeunes, tuent nos intellectuels... Vous, comme si de rien n’était, vous nous parlez d’un détail technique, à savoir, comment écrire le berbère. Quel berbère ? Celui dans lequel on est en train de tarduire le coran ? Tiens ! Ha ! Là, personne ne dit rien. Décidemment il n y a rien à faire. "A baba wetn-agh, a yell-i 3qeln-agh". Arrêtez de faire des diversions et regardez la réalité en face. Aiez les COUILLES de proposer un projet pour sauver vos frères et vos soeurs qui souffrent dans votre chère Kabylie. Sans rancune.
        • Oui c’est vrai les états d’afrique du nord ne planifient rien (Technic, bien etre des citoyens , commerce, infrastructures, emploi etc.) sauf si en faveur des ’élites au pouvoir’,
          Quand il s’agit de lutter contre la culture et langue berbere, ils se montrent très doués et décidés ! ils réussissent bien à mettre en oeuvre des stratégies assez efficaces dans ce sens ( Car il est facile de détruire que de construire)
          ( Donc ils sont doués en matière de destruction)
          Mais, je pense que Tamazight ne pourra être vaincu par des ’ stratèges maladroits qu’ils sont,

          Mille manière d’échapper à leurs traque : Constituer une ligue Mondiale pour la structuration de l’ecriture et de la grammaire amazighà diriger par des savants motivés ( Son siège par exemple en Catalogne (Espagne), ou en Bretagne ( France)
          Faire rallier toutes les associations amazigh à ce projet

          Bonne chance

  • Ce qui n’a pas de sens c’est que l’on ne puisse pas l’etre berbere en dehors des régions controlés.

    En France comme dans d’autres pays supposés souverains ceux et celles qui veulent l’etre devraient avoir le droit de l’etre sans l’intervention des ambassade du maroc, de lybie ou d’ailleurs.

    • Il ne tient qu’à eux les berberes d’être ce qu’ils veulent être.

      En France ou partout en europe le droit nous permet d’enseigner notre langue maternelle. On n’a pas besoin de l’autorisation de personne surtout pas des ambassades étrangéres.

      Voir les différentes communautés étrangéres en France chinoise,espagnoles,
      etc...

      Si on veut on peut. Nos spécialistes linguistiques n’ont qu’à lancé le mouvement de souscription et faire un peu plus de politique et pas rester cantonner dans leur spécialité !

      Chiche lançons une campagne de souscription pour un enseignement du berbere.

      Avec tous les berbres de France, de Belgique et d’ailleurs on arrivera bien à nos objectifs. Reste à les fixer et à y mettre la volonté nécessaire.

      Monsieur Chaker on vous attend.

      Amicalement

  • Azul !

    L’achevement de l’islamisaton et de l’arabisation des africains en general et de l’afrique du nord en particulier est un proscessus qui continue à ce jour. Il n’est pas encore achevé.

    par toutes les manieres, les pouvoirs dominants arabo- islamistes continuent à appliquer leurs politiques

    Je voudrais souligner une idée dans cet avis que les peuples africains continuent encore aujourd’hui à resister. pas seulement en algerie ou au maroc, mais interessez vous à ce qui se passe en somalie, au soudan, en tchad, .... c’est tout simplement ne resistance aux invasions arabo islamistes , et nous devons de notre part paarticiper ces resistance, : on doit eprimer publiquement notre resistence aux pouvoirs en place.Et le monde nous observe et comprend bien ce conflit des peuples contres l’islamisation . soyez certain que les peuples civilisés vous comprendraient.
    Il faut absolument prendre part à ce conflit qui n’est que le prolongement des conquettes musulmanes qui a arabisées les peuples africains.

  • Je crois reconnaitre l’un de ces "universitaires, curieusement toujours très fraîchement convertis aux problématiques de l’aménagement et du développement du berbère" dont parle Chaker ; il s’agit entre autre de l’enseignant "je n’ose pas le qualifier de professeur, vu qu’il n’a rien produit de scientifiquement valable)M. Dourari Abderrezzak. Enseignant à l’université de Tizi-Ouzou d’abord avant de partir pour celle d’Alger depuis qu’on l’a gratifié du poste de directeur du CNPLET, celui-ci est connu pour avoir été depuis toujours un opposant farouche à l’enseignement de la langue berbère. Ces étudiants du département de langue arabe de Tizi-Ouzou se souviennent encore du jour où il leur disait fièrement qu’il "ne parle jamais en kabyle à ses enfants" et qu’il ne trouve aucune importance à le faire ! Mais, voilà que, profitant de ce que les gens de chez-nous (je ne dirai pas qu’ils sont amnésiques, comme certains le disent) sont dépassés par tout ce qui leur est tombé dessus ces dernières années, ce monsieur a commencé à "fourrer" son nez dans le domaine berbère depuis quelques années à travers la presse notamment. Ce dernier détail est d’ailleurs très important, car il montre clairement la stratégie de ce "nouveau converti". Il choisis la presse pour s’adresser à un large public car les gens ne le connaissent pas, et vont ainsi le découvrir comme "linguiste berbérisant". Mais il ne va pas écrire d’article dans les revues spécialisées, car n’ayant aucune solide référence dans le domaine pour pouvoir affronter ses pairs.
    Tous le monde aura compris les raisons de cette subite "reconversion" : l’argent et le pouvoir ! Car ce n’est qu’à partir du moment où l’Etat a reconnu le Tamazight et qu’il a décidé de créer les institutions budgétivores comme le HCA, que ce monsieur a "découvert" enfin qu’à Tizi-Ouzou, chez ses voisins on parle kabyle et on le revendique ! On le voit alors quelques années plus tard dans la presse aux côtés de Buteflika, pour qui il a peut-être promis que c’est lui l’homme grâce à qui on mettra un terme à cette question de la langue tamazight. Aujourd’hui il est nommé directeur d’une institution -encore une !- qui va "bouffer" l’argent des contribuables pendant des années et des années pour sortir avec une conclusion qui du reste est déjà connue de tous, à savoir, nous dire que le tamazight doit s’écrire en caractères arabes.
    C’est très dur de garder son sang froid en parlant de gens comme celui-ci. Ne serait-ce pas SURREALISTE de parler d’un sujet -le tamazight- qu’on ne maîtrise pas (vous pouvez faire une petite recherche bibliographique si vous êtes dans les études linguistiques berbères, tous les moteurs de recherche vous réponderont : DOURARI ? CONNAIT PAS.), et un sujet qui, de surcroit on HAIT ?
    Je me rappelle sa communication à propos du même sujet (le choix de la graphie) qu’il avait donné au colloque de Boumerdès, organisé par le HCA. Il préconisait les caractères arabes et pour justifier son choix, il nous parle des graffitis qu’il a photographié à Tizi-Ouzou, et qui étaient en fait du kabyle écrit en caractères arabes. Chay li llah, comme dirait l’autre, c’est réglé, monsieur a trouvé la preuve du siècle, vous pouvez dormir M. Chaker,vous pouvez vous reposez enfin dans votre tombe M. Mammeri, et vous aussi, vous tous qui "traquiez" les phonèmes depuis des années, vous pouvez ranger vos "loupes", M. Dourari a crié EREKA !
    Si ce n’est pas RIDICULE Monsieur !
    Vous serez tellement insignifiant et vous ne meriteriez pas qu’on parle de vous, si ce n’est que se sont des gens comme vous, leqbayel n sserbis, toujours les mêmes, qui nous mettez des bâtons dans les roues.
    Ad kfugh kan da !
  • mais que fonts les etats democratiques l europe les etat- unis israel etc... pour intervenir afin d’empecher le genocide culturel du peuple berbere et africain s’ils ne fonts rien ils vonts le regreter plus tart et ca seras trop- tard les islamistes vont controler toute l’ afrique il est encore tot d’aider les populations autochtones
    les arabes doivent avoir leur pays en ARABIE leurs vrais pays