Des autorités acquises à l’idéologie arabo-musulmane sauront-elles être sensibles aux préoccupations des Imazighen de Tunisie ? L’espoir est quasi-nul. Retenons néanmoins dans cette louable initiative, qui appellera certainement d’autres, qu’elle exprime la volonté d’Imazighen de sortir du silence et de mener un combat nécessaire pour le rétablissement de la vérité dans cette partie d’Afrique du Nord.
Pour revenir sur cette manifestation, nous avons posé quelques questions à Ahmed Welhazi. Âgé de trente-deux ans et cadre marketing à Tunis, il est un militant amazigh qui fait partie des organisateurs de la manifestation du 25 décembre en faveur de Tamazight à Tunis.
Dans cet entretien, il nous explique l’objectif de la manifestation ainsi que la question amazighe en Tunisie.
Tamazgha.fr : Le 25 décembre, une manifestation a eu lieu à Tunis. Par qui elle a été organisée et quel est son objectif ?
Ahmed Welhazi : La manifestation qui a eu lieu à Tunis le 25 décembre a été organisée par des activistes et militants de la cause amazighe de toute la Tunisie (Tunis la capitale, Béja, Siliana, Kairouan, Sousse, Djerba, Tamazret, Chenini, Tattawin et Douiret) et elle a pour objectif la reconnaissance des droits linguistiques et culturels notamment l’enseignement de la langue amazighe et sa présence dans les médias.
Nous avons également tenu à dire notre rejet de l’usage du terme "berbère" auquel nous préférons le terme "Amazigh" dans les programmes d’enseignement et de plates-formes de médias. Et nous avons tenu à souligner que la culture amazighe fait une partie intégrante de la personnalité nationale ce qui fait d’elle une responsabilité nationale et un patrimoine commun à tous les Tunisiens.
Nous avons pu mobiliser un peu plus d’une centaine. Il s’agit là d’une première expérience, mais nous comptons faire mieux la prochaine fois.
Non, pas encore. Mais nous comptons, dans les jours à venir, adresser une liste de demandes au président de l’Assemblé constituante.
Il ne doit pas vous échapper que le cas tunisien est un peu particulier, mais je pense que la priorité est la sensibilisation de la société.
C’est à travers l’organisation de manifestations culturelles et artistiques en s’adressant surtout aux jeunes. On s’emploiera à mettre en place des clubs culturels et des groupes musicaux.
Propos recueillis par
Masin FERKAL
Lire sur la question amazighe en Tunisie :
Photos de la manifestation





