Déclaration de la jeunesse amazighe de Libye
[Traduite de l’arabe*]
Azul fellawn
Nous les fils amazighophones de la Libye, sommes ceux qui avons, depuis des millénaires, marché sur cette terre, l’avoir arrosé de notre sang et avoir gravé notre mémoire sur ses rochers afin de ne jamais l’oublier. Nous sommes les descendants de Chéchanq, de Massinissa, de Yugerten, de Takfarinas qui ont défendu vaillamment la Libye et sa liberté contre les envahisseurs romains et germaniques ou contre ceux qui ont essayé de diviser les fils libres de la Libye.
Nous, fils des combattants des Noufoussa tels Slimane Bacha Albaroni, Khalifa Ben Aâskar, Youssef Kharbich, entres autres, adressons cette lettre à toutes les forces vives de Libye, à l’intérieur comme à l’extérieur. Ces forces qui parlent de la genèse d’une nouvelle constitution civile qui régira la vie politique, économique et sociale en Libye afin de rappeler :
1- La patrie et ses institutions appartiennent à ses habitants et non le contraire. L’Etat de droit est un Etat des libertés où tous les citoyens sont égaux devant les droits et les obligations.
2- Le pluralisme est la reconnaissance de chaque appartenance culturelle, spirituelle et identitaire de tous les citoyens. La nationalité est ce qui lie les citoyens de différents constituants de la même société. Le pluralisme n’est pas un slogan d’une étape, mais un état naturel permanent qu’on ne peut aucunement exclure si l’objectif est de construire la nation.
3- Concernant la Libye, l’amazighité comme langue et culture est un élément constitutif fondamental comme les autres composantess de l’identité libyenne que personne ne peut ignorer. Pour cela, il faudra que la constitution envisagée stipule clairement que la langue amazighe est langue nationale, au même titre que ses autres langues sœurs nationales de libye, avec les mêmes droits quant à l’enseignement, à la communication, à l’édition et la documentation, et ces droits ne s’opposent aucunement à aucun autre constituant de la nation.
4- La Libye est un pays pluraliste sur le plan religieux, et personne ne peut ignorer cette réalité. Tous les libyens s’accordent sur le coran comme centre de la foi islamique. Mais cela ne supprime pas la pluralité et la diversité idéologique et spirituelle. L’ibadisme qui est répandu partout, de la côte aux chaînes Noufoussa et jusqu’aux confins du Sahara, est une école théologique dont la voix doit être écoutée au même titre que les autres écoles présentes comme la malikite et la soufiste. La Libye n’a jamais été et ne sera jamais une nation théocratique qui adopte un seul dogme, ce qui serait contraire aux principes de pluralité et d’égalité qui doivent être les premiers à être énoncés dans la prochaine constitution.
Cette déclaration est une lettre ouverte à l’opinion. Et personne n’a le droit d’ignorer ou d’oublier cette communauté de la société libyenne qui a continué à exprimer son identité à travers la mémoire des sables et la langue des rochers et a lutté contre les décennies de l’exclusion volontaire et involontaire de la part de toutes les parties.
L’amazighité en Libye est l’adresse de la patrie et la feuille de route pour comprendre les secrets de notre terre.
La jeunesse amazighe de Libye.
1er mars 2011.
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yemma





