Insi : Ces derniers temps, on a remarqué que certains Autonomistes kabyles parlent plus que le pouvoir algérien de l’unité nationale. Qu’en pensez-vous ?
SOOB : C’est vrai. Mais nous ne défendons pas la même unité nationale. Nous, les Autonomistes, défendons l’unité nationale rêvée par nos ancêtres, en l’occurrence Abane, Krim, Amirouche et d’autres.
Insi : Comme dirait l’autre : "Elle n’est jamais la même, elle n’est jamais une autre."
SOOB : Comment ?
Insi : Je parle de l’eau.
SOOB : De l’eau ? Rien qu’avec le barrage de Oued-Aïssi, nous pourrons subvenir à tous les besoins de notre Pays.
Insi : L’Algérie ?
SOOB : Non, la Kabylie, mais je tiens à rassurer nos compatriotes algériens : nous leur donnerons de l’eau même si nous restons à sec. C’est une question de Nnif.
Insi : Revenons à l’unité nationale.
SOOB : Revenons.
Insi : N’est-ce pas la même unité nationale dont ont rêvé tes proches ancêtres, en l’occurrence Abane, Krim, Amirouche et compagnie, laquelle unité mise en œuvre par le pouvoir algérien ?
SOOB : Pas exactement.
Insi : Où est la différence ?
SOOB : L’unité nationale mise en œuvre par le pouvoir algérien est beaucoup moins nationale. Elle n’intègre pas les Kabyles en tant que peuple dans celle-ci. Après tout, c’est le peuple kabyle qui a arraché l’indépendance de la Kabylie, pardon, de l’Algérie. Voilà pourquoi nous, Kabyles d’aujourd’hui, devons continuer le combat de Cheikh Aheddad et d’el Mokrani,...
Insi : Et de Tarik Ben Ziad...
SOOB : Aussi.
Insi : Et de Dihya et Aksil...
SOOB : Oui. Mais avec ces deux-là, Kahina et Qosayla, il faut être très prudent. Il ne faut pas les utiliser comme symboles de lutte contre l’Islam. Ça risque de choquer nos frères algériens. On peut en parler, mais il faut dire qu’à la fin de leur vie, ces deux héros ont embrassé l’Islam. Mais il est aussi essentiel de continuer leur combat.
Insi : Quel combat ?
SOOB : Le combat de Mouloud Mammeri et de Kateb Yacine.
Insi : Et de Lalla Fadhma n’Soumer…
SOOB : Et de Tahar Djaout et de toutes les familles qui avancent
Insi : Vers le précipice.
SOOB : Comment ?
Insi : Je n’ai rien compris.
SOOB : Tant mieux.
Insi : Beaucoup de Kabyles se demandent de quoi vont-ils vivre demain si la Kabylie venait à accéder à son autonomie. Qu’avez-vous à leur répondre ?
SOOB : Je tiens à les rassurer que la Kabylie autonome aura sa part de pétrole. Le Sahara nous appartient autant qu’il appartient aux autres Algériens.
Insi : Moi, je croyais que le Sahara est plutôt le bien des Touaregs.
SOOB : Non, c’est un bien de notre peuple.
Insi : Le peuple kabyle ?
SOOB : Non, le peuple algérien.
Insi : Alors le Sahara n’est donc pas au peuple touareg ?
SOOB : De toute façon, une chose est sûre : il n’appartient ni aux Mozabites ni aux Chaouis, ni aux Chinois et encore moins au groupe Ichenouiyen. La Kabylie ne peut plus lutter pour les autres Berbères. La Kabylie a beaucoup fait pour les autres. Il est temps maintenant qu’elle s’occupe d’elle-même. Cela dit, je tiens à rassurer nos frères algériens que l’autonomie n’est pas la séparation. Quoiqu’il arrive, nous resterons toujours unis pour le meilleur et pour le pire.
Insi : Surtout pour le pire.
SOOB : Comment ?
Insi : Je parle des mariages forcés.
SOOB : Les Kabyles auront le droit d’épouser des algériens non-Kabyles et vis-versa. On est pour l’ouverture culturelle.
Insi : Attention, dans le mot culturel, il y a cul.
SOOB : C’est vrai qu’il y a parfois des culs-de-sac, mais il faut savoir les dépasser.
Insi : A coups de zoob sans doute.
SOOB : Il ne faut pas dire ça. Les autres algériens risquent d’être choqués par ce mot.
Insi : Pourquoi donc ?
SOOB : Il vont penser que vous faites allusion à Zoubaida, la femme du prophète.
Insi : C’est vrai. Revenons aux Touaregs.
SOOB : Revenons.
Insi : Êtes-vous pour l’Indépendance du peuple Touareg ?
SOOB : Moi, personnellement, en tant que militant autonomiste, je suis contre toute idée de séparation. Je serai donc pour l’option autonomiste, si jamais un jour les Touaregs viennent à demander leur souveraineté.
Insi : Pourquoi le mot séparation vous est allergique à ce point ?
SOOB : La séparation est une épreuve très difficile. C’est comme le divorce. C’est très dur...
Insi : Surtout pour les enfants... que nous sommes !
A Suivre
L’autonomie de la Kabylie expliquée à Insi (première partie)




