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Kamaldine Fekhar et Kacem Soufghalem ont quitté les prisons algériennes
lundi 17 juillet 2017
par Masin
La Rédaction de Tamazgha.fr a appris avec beaucoup de satisfaction la mise en liberté de Kamaldine Fekhar et Kacem Soufghalem. Nous nous réjouissons que ces deux militants puissent retrouver leurs familles et quitter les prisons algériennes qu’ils ont du subir injustement et par la seule volonté d’un régime décidé à leur faire payer leur idées et le combat qu’ils ont mené contre l’injustice et la violence que la communauté mozabite subit.
A noter que Kamaldine Fekhar et Kacem Soufghalem ont purgé une peine arbitraire décidé injustement par les tribunaux algériens. L’Etat algérien les a, en réalité, séquestrés pendant plus de deux ans dans le seul but de les corrompre ou de els détruire. Cela ne devra pas être oublié...


Ce n’est certainement pas de gaîté de cœur que les autorités algériennes aient "libéré" les deux militants mozabites, Kamaldine Fekhar et Kacem Soufghalem le dimanche 16 juillet 2017. En effet, arrêtés arbitrairement suite aux événements dramatiques que le Mzab a vécu en 2015 [1], Kamaldine Fekhar et plusieurs autres militants mozabites, connus notamment pour leur appartenance à la mouvance amazighe, ont subit les affres des prisons algériennes. Avec des dossiers vides et des accusations farfelues, les autorités algériennes ont trouvé le moyen de leur imposer une détention "illégale" et leur ont organisé un procès arbitraire ayant abouti à leur condamnation. En prison, ces militants ont eu droit aux pires des traitements inhumains et humiliants. Leurs proches et leurs familles n’ont pas été épargnés. Tout récemment encore, selon Salah Dabouz, un des avocats des détenus mozabites, des éléments des services de sécurité ont procédé le 13 juillet à l’arrestation de deux neveux de Kamaldine Fekhar qu’ils ont conduit au poste de police sans aucune procédure judiciaire, autrement dit en toute illégalité. Ils ont eu droit à un interrogatoire et sont restés en détention jusqu’à 2h00. Tout cela à quelques jours de la mise en liberté de Kamaldine Fekhar. Il s’agit là, bien entendu, d’intimidation. Faudrait-il également rappeler qu’une boulangerie familiale mozabite a été fermée sur ordre administratif depuis plusieurs mois sachant que la dite boulangerie permet de nourrir pas moins de cinq familles mozabites parmi elles des familles de détenus.
Si l’on se réjouit aujourd’hui que Kamaldine Fekhar et Kacem Soufghalem aient rejoint leurs familles et quitter la prison, la vigilance doit être de mise puisque les menaces de l’administration algérienne demeurent et la volonté de l’État algérien de faire taire toute contestation mozabite est au centre de ses préoccupations.
Le mouvement mozabite a plus que jamais intérêt de s’organiser et de trouver les meilleurs voies à même de protéger leur jeunesse, de défendre leurs biens et patrimoine et mettre fin à l’humiliation que l’État algérien leur fait subir.

Pour que cette libération puisse arriver aujourd’hui, il a fallu que des militants se mobilisent un peu partout dans le monde, mais surtout que des avocats efficaces et déterminés, et à leur tête Maître Salah Dabouz, fournisse un travail gigantesque [2], ce dont le mouvement amazigh doit être fier aujourd’hui.

Mais cette libération ne doit nous faire oublier les dizaines d’autres militants mozabites qui croupissent toujours en prison. Cela ne doit pas nous faire oublier les deux militants mozabites, Salah Abouna et Khoudir Skouti, sous le coup d’une demande d’extradition des autorités algériennes auprès des autorités espagnoles – un autre colonialisme en terre amazighe – et qui sont donc actuellement détenus par la police espagnole. Cela ne saurait nous faire oublier la détention arbitraire de Slimane Bouhafs condamné pour ses convictions religieuses non-musulmanes.

La Rédaction.

Notes

[1Si en 2015, la violence a atteint un degré de gravité sans précédent, les attaques dont font objet les Mozabites durent depuis des années, et la dernière vague enclenchée en mai 2013 a été des plus dramatiques et meurtrières.

[2Il faut rappeler d’ailleurs que Maître Salah Dabouz lui-même a été soumis aux pressions des autorités algériennes : la police algérienne, en mettant à contribution l’appareil judiciaire, a tout fait pour neutraliser son action. Nous profitons ici pour saluer ses efforts et sa ténacité face au autorités algériennes.

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