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Des milices arabes attaquent Zouara.
vendredi 5 janvier 2018
par Masin
Une attaque barbare menée par des troupes dirigées par Oussama Jouili, un Arabe de Zentan, dans un village paisible d’At-Willul a fait deux morts du côté des Amazighs. Alors qu’il est désigné par le prétendu gouvernement d’union nationale (Tripoli) pour assurer la sécurité de l’ouest libyen, ce criminel a usé de son pouvoir pour s’attaquer de la manière la plus lâche à des gens qu’il est censé protéger.



Tôt, ce matin du 5 janvier 2018, des groupes militaires dirigés par Ousama Jouili, chef du Conseil militaire de Zentan, nommé récemment par le Gouvernement d’union nationale [1], présidé par Fayez Sarraj, à la tête des forces armées libyennes chargées de la gestion de l’ouest libyen. Ces énergumènes ont fait usage de tanks et d’armes lourdes pour s’attaquer à un petit village paisible, Boukemmach, situé à quelques 35 km de Zouara, le chef-lieu d’At-Willul, et à quelques 20 km d’Ixf n Ajdir (Ras Jdir), poste frontalier avec la Tunisie contrôlé par les forces militaires amazighes d’At-Willul, elles-mêmes affiliées formellement au Gouvernement d’union nationale. Deux Amazighs ont trouvé la mort lors de cette attaque. L’un d’eux est un Kabyle installé dans la région d’At-Willul depuis 2007 et a participé activement à la guerre contre Kadhafi. Il s’agit, comme aiment à l’appeler les Amazighs de Libye, de Khali Chaâbane.

Les forces armées amazighes ont très vite riposté et ont contraint les troupes de Jouili à battre en retraite détruisant une partie de leur arsenal guerrier et récupérant un tank ainsi qu’un nombre considérable d’artillerie. Après quelques heures de combats entre les deux camps, le calme revenu dans cette région amazighe. Mais très vite l’alerte a gagné l’ensemble des forces militaires des régions amazighes, celles notamment d’Adrar n Infusen (Jadou, Ifran, Nalout,…), et se sont mobilisées renforçant la sécurité des territoires amazighs.

Dans un communiqué rendu public le jour-même de l’attaque, le Haut conseil des Amazighs de Libye (HCAL) condamne cet acte et le considère comme une menace visant l’ensemble des Amazighs de Libye. Le HCAL fait porter l’entière responsabilité de cette attaque au Gouvernement d’union nationale qui a nommé à la tête de ses forces armées à l’ouest Oussama Jouili qui a organisé cette lâche offensive sur At-Willul, notamment ce village paisible de Boukemmach. Le HCAL met en garde le gouvernement et la communauté internationale quant aux conséquences d’un tel acte notamment s’il est amené à se reproduire

Pour Khaïri Hamisi, président du HCAL que nous avons entretenu au téléphone, cet acte vise à s’emparer des richesses et des moyens des Amazighs d’At Willul afin de les priver de tout pouvoir notamment celui du contrôle de l’accès frontalier avec la Tunisie ainsi que la gestion de leurs ressources.

Poste frontalier d’Ixf n Ajdir


Peut-on faire confiance aux "Arabes" ?

Il est temps que les Amazighs de Libye tirent les conclusions qui s’imposent quant à leur collaboration avec les "Arabes", ou du moins ceux qui se considèrent ainsi. En effet, ceux-là vivent avec l’obsession de dominer les Amazighs et les réduire au silence et à la soumission. Cex qui aspirent à a prise du pouvoir aujourd’hui en Libye sont les dignes héritiers de Kadhafi. Ils sont là en éternelle embuscade attendant la moindre occasion pour attaquer lâchement les Amazighs, les désarmer et occuper leur territoire. Les Zentan [2], d’où est issu Oussama Jouili qui a organisé l’attaque du 5 janvier à Boukemmach, récemment arabisés et qui sont les voisins immédiats des Amazighs du côté sud, vouent une haine indescriptible aux Amazighs. Leur rêve est de les soumettre. Sinon comment expliquer cette attaque alors que les forces armées d’At-Willul, notamment celles qui contrôlent le passage frontalier d’Ixf n Ajdir (Ras Jdir), dépendent du gouvernement d’union national auquel appartient cet Arabe de Zentan auteur de l’attaque ?

En réalité, les Amazighs n’ont pas d’autre choix que de se séparer de ces "Arabes" qui ne les laisseront jamais en paix. Imazighen doivent se donner les moyens de négocier une reconnaissance internationale et se débarrasser une bonne fois pour toutes de cette menace qui les guette au quotidien.

Khali Chaâbane, un héros amazigh tombé au champ d’honneur.

Cette lâche attaque des troupes du criminel Oussama Jouili a malheureusement coûté la vie à deux Amazighs dont Khali Chaâbane, un Kabyle installé à At-Willul depuis 2007 où il a trouvé du travail. Il y a trouvé des frères à lui et il a aimé ce pays qui l’a naturellement adopté et qui est devenu le sien. En 2011, lors de la guerre contre Khadafi, c’est tout naturellement qu’il prend les armes aux côtés de ses compagnons pour défendre sa Terre et conquérir sa Liberté. "Je n’ai fait que mon devoir, car j’ai partagé le sel et le pain avec eux" a-t-il confié à Djamel Alilat [3] qui l’a rencontré lors de son reportage à Zouara en 2012. Il a rajouté que "Ce sont mes frères. J’ai tué pour eux et j’étais prêt à me faire tuer". Après la chute du régime kadhafiste, il a fait le choix de rester dans le pays qui l’a adopté et il a continué à le défendre. Tombé au champ d’honneur, Chaâbane nous livre un exemple édifiant de l’Amazighité. Il a donné sa vie pour défendre une parcelle de Tamazgha, là où il s’est senti chez lui, là où sa route a croisé des Amazighs comme lui qui se battent pour la liberté. Chaâbane restera à jamais dans les annales de l’Histoire de Tamazgha et mérite tous les honneurs. Nous sommes, et nous serons toujours, fiers de lui. Un exemple à méditer. Aujourd’hui, l’ensemble des Amazighs, notamment les berbéristes parmi eux, ne peuvent pas ne pas s’incliner devant la mémoire de Khali Chaâbane.

Masin Ferkal.




Notes

[1Le Gouvernement d’union nationale est installé à Tripoli et est soutenu par la Communauté internationale, parrainé par l’ONU.

[2"Zentan" vient de Zénètes.

[3Chaâvane, le Kabyle de Zouara : "J’ai tué et j’étais prêt à me faire tuer pour mes frères libyens", par Djamel Alilat, Elwatan ; 11 fevrier 2012.

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