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Un, deux, trois, feu
Entretien imaginaire avec le président Bouteflika
samedi 8 septembre 2007
par Masin
Insi s’est rendu à El Mouradia, où il s’est entretenu avec Monsieur Bouteflika, le président de l’Algérie. Celui-ci l’a reçu sur son lit. Il jouait avec un chapelet et une boite d’allumettes. Voici le contenu de l’entretien.



Insi : Bonjour monsieur le président.
Boutef : Comment ?

Insi : Bonjour.
Boutef : Hm ! C’est toi ?

Insi : Ca va comme vous voulez monsieur le président ?
Boutef : Comme je peux, comme je peux.

Insi : C’est l’estomac ?
Boutef : Oui. A force de bouffer de la viande, de la viande, de la viande...

Insi : Vous ne sortez plus en ce moment ?
Boutef : Non. Le médecin m’a conseillé de rester à la maison, tout près des toilettes.

Insi : La diarrhée ?
Boutef : Une vraie. Elle me taraude les boyaux. Et puis tous ces imbéciles de courtisans qui me tournent autour...

Insi : Ils s’inquiètent pour votre santé, monsieur le président.
Boutef : Plutôt pour sentir ma chiasse. Ils adorent ça.

Insi : Revenons à la politique.
Boutef : Quoi ? Ca ne va pas la tête ? La seule politique qui compte en ce moment, c’est mon estomac.

Insi : Vous êtes au courant du retour d’Aït Ahmed ?
Boutef : Il est venu sentir ma chiasse lui aussi ?

Insi : Non, il est venu pour le congrès du FFS.
Boutef : Je sais puisqu’il m’a demandé l’autorisation.

Insi : Alors ?
Boutef : C’est bien qu’il soit venu.

Insi : Pourquoi ?
Boutef : Il légitimera, encore une fois, le système qu’il pense combattre.

Insi : Comment ça ?
Boutef : La preuve, aux yeux du monde, qu’on laisse se réunir notre opposition, non ?

Insi : C’est vrai.
Boutef : C’est bien ce que fait Aït Ahmed, il tient bien la vitrine.

Insi : C’est vrai aussi.
Boutef : Tiens, il est venu tout seul ou avec sa famille ?

Insi : Je ne sais pas.
Boutef : Il fera peut-être le ramadan chez nous, inchallah ! J’irai bien l’embrasser le jour de l’Aïd Elfitr.

Insi : Oui !
Boutef : Ah le frère Aït Ahmed ! Il a quel âge maintenant ?

Insi : Très vieux.
Boutef : A son âge, il croit encore aux congrès... en Algérie, en plus. Comme dirait l’autre : "Le temps ne fait rien à l’affaire ; quand on est con, on est con."

Insi : Vous êtes un peu dur avec lui monsieur le président.
Boutef : C’est vrai. J’avoue. L’autre fois je lui ai même fait mal au cœur.
Insi : Il est guéri, je crois.
Boutef : C’est la concorde nationale. Je vais lui envoyer un message de félicitations pour son congrès.

Insi : C’est vrai ?
Boutef : Oui. Le grand frère Aït Ahmed. Il mérite bien un hommage.

Insi : Comment ça ?
Boutef : Il va bientôt passer la main lui aussi.

Insi : Il paraît qu’en ce moment votre armée met le feu à la Kabylie ?
Boutef : C’est un feu d’artifice, pour accueillir le grand frère Aït Ahmed.

Insi : Qui a donné l’ordre de brûler la Kabylie, monsieur le président ?
Boutef : Comme dirait Aït Ahmed : "Le système."

Insi : Mais vous êtes à la tête du système monsieur le président.
Boutef : Si c’était le cas, j’aurais mal à la tête, non à l’estomac, idiot.

Insi : Les Kabyles veulent connaître les responsables.
Boutef : On leur enverra monsieur Issad pour une nouvelle enquête. T’inquiètes.

Insi : Comme la précédente.
Boutef : Qu’est-ce qu’elle a la précédente ?

Insi : Bien.
Boutef : Ben oui. Monsieur Issad est un Kabyle, libre et autonome.

Insi : Passons. De toute façon, les Kabyles sont furieux en ce moment.
Boutef : C’est un bon signe ; ça prouve que le pouvoir va bien.

Insi : Comment ça ?
Boutef : La colère kabyle est notre ciment ; ça renforce notre unité au niveau de l’Etat.

Insi : Attention, y’en a qui pensent à l’autonomie...
Boutef : Bof !

Insi : Vous n’avez pas entendu parler du congrès du MAK, monsieur le président ?
Boutef : Tu vois mon petit, rien ne se fait dans ce bordel, pardon dans ce pays, sans mon aval.

Insi : L’attentat de Batna aussi ?
Boutef : Bien sûr !

Insi : Il parait que la guerre des clans pour votre succession a d’or et déjà commencé ?
Boutef : Vous êtes marrants, vous les Kabyles. Chaque fois que vous avez le feu au cul, au lieu de l’éteindre, vous montrez un supposé feu au sommet de l’Etat.

Insi : Mais tout brûle là-bas.
Boutef : Tant mieux !

Insi : Ca va devenir un désert, monsieur le président.
Boutef : C’est bien, ça vous changera les idées.

Insi : Comment ça ?
Boutef : Le désert favorise bien la langue arabe et l’Islam.

Insi : Et les mirages.
Boutef : Ddin mmouk !

Insi : Mais...
Boutef : Y a pas de "mais". Puis, donne-moi ton calepin.
Insi lui donne son calepin, Boutef prend sur la table de chevet un flacon d’essence d’Algérie, fabriqué en France, le montre à Insi : tu vois ça ?

Insi : C’est l’essence d’Algérie, vous êtes enrhumé, monsieur le président.
Boutef : C’est l’odeur des incendies...

Boutef arrose le calepin d’Insi avec de l’essence, prend sa boîte d’allumettes et le brûle en lui disant avec un sourire : Hmmmmmmmmm !!! ça sent l’olive ! Ca débouche les narines.

Insi : Monsieur le président...
Boutef : Chut ! Va maintenant. Il faut que j’aille aux toilettes, je suis pressé de l’intérieur.

Insi : Par Zerhouni ?
Boutef : Dégage !

Insi : Un peu de respect monsieur le président !
Boutef appelle sa garde : Brûlez-moi ça !

Des barbouzes sortent de partout avec des torches et un baril de pétrole à 75 dollars, Insi saute par la fenêtre et prend la fuite.

Boutef, criant : Emmenez-moi aux toilettes !



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5 Messages

  • Un, deux, trois, feu 8 septembre 2007 19:15

    Emmenez-le aux toilettes, mettez-le dedant avec sa chiasse et tirez la chasse !

    ca fait poème hein ! Té fort Insi !

    • Un, deux, trois, feu 10 septembre 2007 16:37, par agenduz
      Ne vous inquétez pas, c’est l’armée qui va tirer la chasse. Cet homme n’est qu’une façade, le vrai pouvoir c’est la junte militaire que presque personne ne critique.
  • Un, deux, trois, feu 22 septembre 2007 12:12, par Adjiri Mohand Cherif

    azul

    c’est une nouvelle stratégie pour créer de nouveaux emplois en kabylie.Vous voiyez bien qu’ils pensent à la kabylie plus que toute autre région dans leur Algérie.!

    Très peux de responsables qui ont cette vision lointaine du developpement et du travail !!

    ahlil et puis ahlil !!!

    Tadmirth
    ADJIRI mohand CHERIF

    • Un, deux, trois, feu 27 septembre 2007 10:49, par autonomiste

      Boutef : Vous êtes marrants, vous les Kabyles. Chaque fois que vous avez le feu au cul, au lieu de l’éteindre, vous montrez un supposé feu au sommet de l’Etat.

      Tout à fait d’accord ! On en a marre des âneries du genre ’Vous voiyez bien qu’ils pensent à la kabylie plus que toute autre région dans leur Algérie ! ’ Et si vous vous posez les vraies questions comme "que devons nous faire pour contrecarrer ces actions" au lieu de spéculer à l’ângerienne ? Personne ne met le feu pour régler des comptes au ’sommet’ de l’Etat le feu est le résultat logique de tout un système arabo islamique abrutissant qui a déjà gagné les esprits kabyles. En Kabylie il y a des forêts et de la verdure, dans l’arabo islamisme il n’y a pas de verdure, tout est aride donc la verdure doit bruler pour bien réfléter l’aridité des esprits tout est bien logique !

    • Un, deux, trois, feu 18 février 2008 00:48, par karim amazigh
      azoul fellawen je tiens à remercier toute personnes qui active pour la kabylie boute f n’est pas le système et vice versa c tout un cercle vicieux ...... le système actuel est très dangereux parceque il a de la patience ..... ils infiltrer la kabylie par leur implantation des mosquées et des brigades .... pour exterminer la langue berbère ......mais sa delmouhal franchement c malheureux pour tel beau pays ......... mais je suis a l’étranger pour des raisons économique mais un jour ou l’autre je serais dans mon pays ....... a++