Un combat pour l’existence du peuple touareg, celui pour l’existence de la langue touarègue, celui pour l’existence de la liberté : celle des Imazighen dans leur ensemble. Un combat pour que cessent les souffrances imposées aux Imazighen (Berbères) dans l’indifférence totale du monde entier.
Timanriwen est un appel aux Imazighen afin qu’ils se prennent en charge, de façon indépendante, sans compter sur qui que ce soit, mais seulement sur leur rassemblement et leur unité, afin de se libérer des griffes du colonialisme qui tend à les éradiquer.
Si Tinariwen se conjugue avec "combat", c’est parce que leur musique, leur groupe sont nés dans le combat : c’est la nécessité du combat qui les a fait naître.
Leurs premières chansons étaient des appels à rejoindre le maquis et à faire la guerre, à prendre les armes, les vraies, celles qui sortent le feu, pour se défendre et défendre leur dignité. Et c’est dans le maquis que le groupe s’est formé.
Tinariwen ou le combat par la musique et le chant...
Il est difficile de résister à la musique de Tinariwen : une musique qui touche profondément, une musique rude et brute qui vient du fin fond du désert. Avec sa musique, Tinariwen nous fait voyager à travers l’Histoire, l’Histoire de la Berbérie. Sa poésie nous rappelle aussi toutes les invasions que les Berbères ont subies, tous les combats qu’ils ont menés et ceux à mener. Les chants de Tinariwen, ce sont aussi l’espoir : ils expriment cette détermination à œuvrer pour que le peuple amazigh se libère et accède à sa souveraineté et son épanouissement.
Les membres de Tinariwen font la musique qu’ils aiment naturellement car ils sont issus d’une société pour laquelle la musique fait partie du quotidien, une société de joie et de fêtes ; la société touarègue. Mais la souffrance qu’ils ont subie a fait que leur musique et leurs chants dégagent aussi une puissance qui appelle au combat et à la lutte.
Oui, Tinariwen est né dans la souffrance, l’exil, le combat et la guerre. Tinariwen, c’est l’Histoire récente des Touaregs victimes et martyrs des pires atrocités.
La colonisation française
Si les conquêtes arabo-musulamanes n’ont pas achevé la soumission de l’ensemble du peuple amazigh dans la mesure où certaines contrées du pays amazigh ont pu y échapper - et c’est le cas justement des Touaregs -, la colonisation française n’a épargné aucune partie, y compris le pays Touareg. Malgré leur résistance acharnée, ils ont fini par être vaincus par la nouvelle machine de guerre, arrivée avec de nouvelles armes à feu.
Les Français, lorsqu’ils ont été contraints de laisser leurs colonies africaines, ont cru bon de tracer des frontières et d’établir des Etats créés de toutes pièces. Les Touaregs, quant à eux, n’avaient pas cherché à être Maliens, Nigériens, Libyens ou Algériens. Ils voulaient juste rester Touaregs dans leur pays et garder leur territoire... Ils ne voulaient surtout pas être rattachés à des Etats dans lesquels ils ne se reconnaissaient pas. Une lettre a été même adressée au Général de Gaule pour lui faire savoir que les Touaregs ne tenaient pas à être rattachés à ces nouveaux Etats. Leur demande est restée sans suite. Comme si la France voulait faire payer aux Touaregs leur résistance !
Le sort des Touaregs entre les mains d’assoiffés de pouvoir.
L’indépendance de l’Etat malien, comme celles des autres Etats que la France avait créés, a été l’avènement des malheurs des Touaregs. A peine installé, l’Etat malien - c’est le cas de l’Etat nigérien également -, ne s’est intéressé aux Touaregs que pour leur soutirer l’argent des impôts et réduire leur mobilité. Les nouveaux Etats qui se sont ainsi imposés aux Touaregs étaient (et le sont toujours d’ailleurs) de véritables Etats coloniaux.
Les Touaregs ne pouvaient supporter ce nouvel ordre qui, en plus de les marginaliser et de les priver de tous les droits, les humiliait. Ainsi, le mécontentement a très vite vu le jour à travers le pays touareg. Mais les Etats, n’acceptant pas d’être remis en cause, ont très vite fait appel à la violence.
L’année 1963 : souffrances subies, tentes brûlées, parents assassinés,...
1963 est une année qui a marqué Ibrahim ag Alhabib dit "Abaraybone" : c’est une année où il a vu des vieux et des bébés tués par l’armée du Mali. Une armée qui n’a pas épargné les animaux : une manière de priver les Touaregs de l’un de leurs moyens de "survie". Dans le film documentaire Teshumara. Les guitares de la rébellion touarègue, réalisé par Jérémie Reichenbach, Abaraybone raconte comment les militaires maliens, tous noirs, alignaient des Touaregs et les exécutaient en public devant les populations obligées à y assister et à applaudir... applaudir l’exécution de leurs propres parents !.
Paradoxalement, cette année, 1963, a vu, au Nord, l’armée algérienne pénétrer en Kabylie, un autre pays berbère, où elle a assassiné, violé et torturé. La Kabylie avait alors osé défier l’Etat algérien et remis en cause le gouvernement illégitime et anti-démocratique qui s’était installé juste après le départ de la colonisation française. Ainsi Touaregs et Kabyles, deux composantes d’un même peuple, se battaient contre deux Etats coloniaux qu’un autre colonialisme, le français, avait laissé en terre amazighe. Mais voilà qu’à l’époque chacun ignorait le combat de l’autre. Peut-être même que chacun ignorait l’existence de l’autre !
L’exil et la souffrance
A l’âge de quatre ans, en 1964, suite à l’assassinat de son père, Ibrahim, avec les autres membres de sa famille, a été forcé à l’exil. Son père venait d’être assassiné par les militaires maliens parce qu’ils l’accusaient d’être en contact avec les "rebelles" touaregs. Ainsi, il fait partie d’une génération qui est née dans l’oppression, cette oppression qui les a accompagnés tout au long de leur jeunesse. Et comme si cette oppression de l’Etat ne suffisait pas, est venue se rajouter la dureté de la nature avec une sécheresse qui a frappé le pays touareg et qui a fait d’énormes dégâts au sein du cheptel très important dans la vie économique et sociale des Touaregs.
La musique
Très jeune, Abaraybone s’intéressait à la musique. Il avait fabriqué sa première guitare avec un bidon sur lequel il avait fixé des cordes. Il jouait des chansons traditionnelles touarègues.
Cette musique était, aussi bien lui que les autres membres de Tinariwen, une manière de redonner un sens et un espoir à leur vie en retrouvant leurs racines.
C’est donc naturellement qu’Ibrahim s’est retrouvé entrain de faire de la musique et composer des chansons qui traduisent ses préoccupations et convictions qui sont celles des jeunes comme lui.

Article publié en mars 2007.
J’ai écouté ce CD des dizaines de fois. il m’a dressé les cheveux sur la tête. chak fois que je le met, j’ai l’impression que je l’écoute pour la première fois, ce qui est magique.
"aman iman" est un véritable plaisir musical. Un hommage émouvant a été rendu à Mano Dayak. Ce qui m’a fait plus mal c’est la chanson "63" ... qui parle du massacre subi par les Kel Tamachaq en 1963 (Touareg est un mot k j’aime pas trop). Ils nous rappellent notre histoire moderne sous la colonisation. Nos souffrances sont les mêmes qu’on soit à Tizi n Imnayen, à Tiznit, à Larbâa n’ait Iratten ou à Tcin Tibarraden... Nous sommes un peuple colonisé et opprimé depuis des siècles. Il est temps de se relever.
Un Conseil : Si vous trouvez le CD achetez-le sans hésiter. c’est notre façon (parmis tant d’autres) d’aider nos frêres kel Tamacaq. Il se vent à 14 Euros. Ca vaut vraiment la peine ...
Azul fellawen
Si possible, j’aimerais avoir les paroles de la chanson Amassakoul. Si possible les paroles en tamachek (pour apprendre) et en français (pour mieux comprendre). Je vous remercie d’avance.
Sekkou
Ehrane ma tolahame où que vous soyez ,vous et tous les BERBERES .Je suis natif de kidal ,je m’apelle Attaher AG ALHAD , je dis bravo à tous ceux de loin comme de pret à lever haut la culture AMAZEGH .Courage et merci .Ici à Kidal tout va tres bien Dieu merci mon bonjour à Tinariwen .
Har alwaghte
Bravo à vous pour cet article concernant le groupe Tinariwen
bonjour ce pour vous encouragez et moi je suis un petit touareg d’agadez qui vous aimes et aime vos chansons et vos palores qui vont droit dans le coeur je m’appel ALHASSANE ASSALIH. BAY