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Vingt ans après Tafira...
lundi 28 août 2017
par Masin
Les organisations AZAR et Tamazgha célèbrent le vingtième anniversaire de la tenue de la première plus importante rencontre pan-amazighe de l’histoire contemporaine des Imazighen. Cette rencontre s’est déroulée à Tafira, près de Las Palmas à Taknara. Cette rencontre a la particularité de se tenir sur une terre amazighe.

Pour marquer cette date symbolique, Azar et Tamzgha organisent une rencontre symbolique à Las Palmas, ce lundi 28 août. Et à cette occasion elle rendent publique une déclaration qui revient brièvement sur la situation qui prévaut à travers le pays amazigh.
Nous publions ci-après la dite déclaration.
Pour rappel, les deux organisations ont rendu publique une déclaration commune en date du 17 août pour dénoncer la répression et le harcèlement dont sont victimes les Mozabites de la part de l’Etat algérien, et exiger la libération des deux militants mozabites, Salah Abbouna et Khodir Sekkouti, en prison à Madrid suite aux mandats internationaux que l’Etat algérien a émis contre eux les accusant de terrorisme. Une pétition a d’ailleurs été lancée en ligne pour demander leur libération et leur protection par l’Espagne.

La Rédaction.



Vingt ans après le Congrès de Tafira

Déclaration de Tamazgha et Azar

Il y a vingt ans, jour pour jour, se tenait la première assemblée générale du Congrès mondial amazigh ici à Taknara et pus exactement à Tafira.
C’est la première fois dans l’histoire contemporaine que des Imazighen de différents horizons se sot rencontrés sur leur plus propre Terre.
Pour que cette rencontre soit possible, d’énormes efforts ont été déployés et ce n’est pas sans difficultés que l’objectif est réalisé.
Tamazgha et Azar, autour desquelles les Comités d’organisation (Paris, Taknara) se sont constitués, ont ainsi décidé de marquer le vingtième anniversaire de ce Congrès qui a marqué l’histoire amazighe et qui a incontestablement donné un nouvel élan au combat amazigh. Des ponts et passerelles ont été établis entre les différentes composantes amazighes et de nouvelles aventures sont nées de cette rencontre. Il est cependant déplorable de voir le CMA, quelques années plus tard, perverti et détourné de son objectif initial.

Si les politiques des États qui gouvernent sur la Terre de Tamazgha – Etats néo-coloniaux – a évolué et des mesures notamment législatives et constitutionnelles ont été prises en faveur des langue et culture amazighes, la véritable politique de ces États demeure toujours anti-amazighe et le seul projet qui les anime demeure l’éradication de l’Amazighité. C’est donc des mesures prises pour acheter la paix sociale et très souvent pour corrompre l’élite amazighe et la domestiquer ce qui leur permet de mettre en œuvre beaucoup facilement leurs projets destructeurs.
Vingt ans après le congrès de Tafira, force est de constater que le territoire de Tamazgha est dominé par des régimes coloniaux ou néo-coloniaux. D’où la nécessité de mener le combat de libération nationale nécessaire pour l’accès des Imazighen à leur liberté et leur souveraineté.

Aujourd’hui, on ne peut pas célébrer ce vingtième anniversaire de la rencontre historique de Tafira sans évoquer les situations que vivent Imazighen dans les différentes parties de Tamazgha.

Ainsi, il n’est pas possible de ne pas évoquer le Rif où des citoyens se battent depuis dix mois contre la monarchie marocaine qui ne veut pas rompre avec son mépris à ce pays rebelle et sa gestion répressive et militaire des affaires du Rif. En effet, après avoir broyé un homme dans une benne d’un camion à ordures, les autorités marocaines n’ont pas trouvé mieux que l’indifférence puis la répression sauvage face à un mouvement pacifique qui a réussi une mobilisation qui ne cesse de prendre de l’ampleur depuis octobre 2016. Si nous dénonçons l’attitude coloniale et barbare de la monarchie marocaine qui broie les droits de l’homme et toutes les libertés, nous exprimons toute notre solidarité et notre soutien aux Rifains qui se battent pour leur dignité et pour que cesse cette humiliation que leur fait subir la monarchie alaouite au quotidien. Les Rifains doivent s’armer de détermination tout en se fixant des objectifs clairs évitant toute dérive ou toute perversion de leur combat qui doit rester celui de l’accès à la liberté et à la dignité et qui mette fin à l’injustice et à la domination.

On ne peut faire l’impasse sur la situation que vivent les habitants des villages d’Imider qui se battent depuis six ans afin de dénoncer la spoliation dont ils sont victimes. Au lieu d’œuvrer pour trouver une solution au litige, les autorités marocaines usent de tentatives de corruption ou, si ces tentatives n’aboutissent pas, de la violence ayant donné lieu à plusieurs arrestations.

Notre pensée va aux Mozabites qui sont dans les prisons algériennes depuis plusieurs mois. Ces militants payent leur lutte, celle de leurs compatriotes, pour défendre leurs vies et leurs biens. Au lieu de les protéger, l’État algérien les livre à la violence gratuite et à la barbarie qu’il a toujours entretenues. Et lorsque les Mozabites se défendent, l’État algérien n’hésite pas à user de l’arbitraire pour arrêter des militants et instrumentaliser ses tribunaux pour les condamner injustement à de la prison. Les Mozabites, en effet, payent leur attachement à leur amazighité et à leurs valeurs ancestrales.

Déjà en 1963, la Kabylie a eu à subir la barbarie de l’État algérien qui lui a envoyé son armée : torture, viols, massacres ont été le lot qui a été réservé aux populations kabyles qui venaient de sortir de la guerre qui les avaient opposés à la France et qui leur avait coûté cher en vies humaines. Et depuis, la Kabylie n’a cessé d’être la cible d’une politique de destruction et d’aliénation. La politique coloniale de l’État algérien en Kabylie n’a jamais cessé. En ce moment nous assistons à une politique répressive très intense en Kabylie avec l’intimidation et l’atteinte aux libertés de militants autonomistes ou indépendantistes. L’État algérien va encore plus loin en tentant de museler la Kabylie et faire taire toute expression : c’est ainsi que des rencontres culturelles n’ont pas été autorisées et parfois interdites violemment. En revanche, nous nous réjouissons de la mobilisation populaire et de la résistance opposée à cette politique de l’État algérien.
Nous ne pouvons ne pas avoir une pensée à Slimane Bouhafs, un Kabyle de confessions chrétienne, qui a été arbitrairement arrêté et condamné en 2016 à trois ans de prison pour ses convictions religieuses non conformes à l’islam, la religion que l’État algérien entend imposer à ses administrés.

En Libye, si les Amazighs ont su protéger, grâce aux armes qu’ils détiennent toujours, la liberté qu’ils ont acquis après la chute du régime de Khadafi pour laquelle ils ont joué un rôle déterminant, ils demeurent toujours menacés par les idéologies arabiste et islamiste dont les représentants sont soutenus par des forces régionales ou « occidentales ».
Si la communauté internationale, à l’instar de la France, prétend vouloir trouver une solution à ce qui est communément appelé « crise libyenne », elle se doit de tenir compte des Imazighen et de leurs exigences, sans quoi la paix sera toujours compromise dans cette région d monde.

Si nous déplorons l’issue qu’a eu le mouvement de libération de l’Azawad suite aux pressions et à la gestion de la communauté internationale, à sa tête la France, nous dénonçons la politique, cautionnée et voulue principalement par la France, qui vise à l’éradication de l’Amazighité du monde touareg.
Aussi, les Touaregs doivent se ressaisir et prendre conscience du danger qui les guette et guette leur pays et se rassembler pour porter un mouvement à même de libérer l’ensemble des peuples touaregs sur l’ensemble de leur territoire historique.

Depuis le XIVème siècle, les Européens, et particulièrement la Couronne de Castille, aujourd’hui l’Espagne, ont imposé à Taknara (les Canaries) un colonialisme basé sur la guerre, l’esclavage, l’émigration programmée et la répression en utilisant les pouvoirs économique, militaire et religieux, notamment l’Inquisition. A l’heure actuelle, la Monarchie espagnole maintient le statut colonial avec une politique migratoire brutale, un taux de chômage extrêmement élevé ainsi qu’un contrôle de l’économie et des finances coloniales et la destruction des secteurs économiques essentiels à notre subsistance. Tout cela est accompagné d’une politique d’assimilation et de destruction de l’identité canarienne.

Nous n’oublions aucun territoire amazigh, aucune composante du peuple amazigh. Nous sommes conscients que les Amazighs, partout où ils sont, souffrent de politiques coloniales. C’est le cas dans Siwa, en Tunisie, en Mauritanie et dans les autres régions de Tamazgha sous domination de la monarchie marocaine ou de l’État algérien. Et c’est partout que des luttes doivent s’organiser pour mettre fin à cette injustice et afin de réconcilier Tamazgha avec son histoire et son identité et lui permettre enfin d’accéder à sa souveraineté.

Tamazgha & Azar

Las Palmas, le 28 août 2017.

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1 Message

  • Vingt ans après Tafira... 2 septembre 19:47, par idir
    En effet, 20 ans après ! quel gâchis ! Le CMA, une idée, un projet mais surtout une stratégie de combat contre ces vraies fausses nations arabo-musulmanes à l’origine de la colonisation de Tamazgha, de sa dépersonnalisation mais surtout la domination des peuples par le biais d’un projet mortifère qui est l’islam tout cours. Le CMA était, tout le monde le sais, la cible des pouvoirs, des régimes et des dictatures des pays de l’Afrique du nord notamment du DRS algérien. Mais comment expliquer le pilonnage de cette prometteuse structures par des gens, des individus jusqu’ici inconnus du monde amazigh ? Comment ont-ils pu casser le CMA ? A Douarnenez ou à Tafira, nous avons vu émerger, sortir d’un terrier des individus à l’affut de toute information, de listing, de lobbying pour justement s’accaparer cette structure et en faire d’elle ce que le DRS algérien souhaite qu’elle devienne. Nous les avons identifiés et leurs bilans confirment à juste titre leurs accointances avec les régimes en question. Pour s’emparer du CMA, ils étaient prêts à tout, y compris le recours à la justice. D’où venait l’argent dépensé dans les procès ? Quel bilan ces gens là peuvent t-ils défendre quand on sait qu’ils ont réduit la pérennité du CMA à la tenue d’un congrès tous les trois ans. ce qu’est rageant dans cette affaire d’escroquerie militante et intellectuelle ce sont les réunions faites chez et avec EL KADAFI en Libye, nous saurons jamais à combien s’élève en terme de dollars cette compromission indigne. Comment expliquer que le CMA teint son congrès à Casablanca dans une salle mise à la disposition pal Royaume chérifien avec le portrait de Mohamed 6 : c’est le roi qui veille sur le président du CMA ? Alors le matin on pérore berbère et la nuit en couche avec le DRS et M6 ? Plus infidèle que taqjut, il y avait le président du CMA.... Il y a beaucoup à dire sur cet échec toujours recommencé de monsieur le président du CMA, de ces petits calculs d’épicier, de ces combines de gourou et de sa lâcheté impropre aux hommes et aux valeur amazigh ? Doit-il rendre des comptes ? oui, il doit assumer son indignité mais surtout sa trahison (voir la vidéo avec Kadafi.par exemple..) . Voila comment une structure oh combien nécessaire pour le combat amazigh est dévoyée puis récupérée et enfin rendue obsolète par notre naïveté à débusquer les usurpateurs, notre cécité à voir que tous ce qui brille n’est pas de l’or... mais Monsieur le président, msieur berzidane, dites nous comme, mais surtout par quel miracle, êtes-vous devenus Expert pour les questions des minorités par l’OUA ? Au sein de l’OUA ce sont les pays africains qui siègent, non ? le CMA est une structure d’opposition aux régimes, non ? Vous travaillez donc avec les régimes en question ? donc avec le régime algérien ??? .... au moins vous, vous avez un emploi... profitez bie de votre réseau... sur le dos d’imbéciles que nous sommes...! Vive le CMA.... Cette histoire sera écrite !

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