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Le génocide kurde organisé par la Turquie
mercredi 4 avril 2018
par Masin
Défiant le droit international en menant une offensive militaire sur le territoire d’un pays tiers, la Turquie d’Erdogan a lancé une guerre sans merci contre les Kurdes d’Afrin en faisant appel à des groupes djihadistes de la région. Bombardement et usage d’armes chimiques visant civiles et militaires. Vu la violence de l’attaque turque et le silence complice de la communauté internationale notamment les forces présentes en Syrie (France, USA,…), les combattantes et combattants kurdes ont fini par se retirer de la ville d’Afrin [1] pour épargner les populations civiles ; les forces turques et leurs alliés djihadistes prennent le contrôle de la ville d’Afrin depuis le 25 mars 2018. Et depuis, les nouveaux maîtres des lieux ne cessent de se donner à des actes des plus racistes et ne cachent pas leurs relents génocidaires en pays kurde comme le montre cet article de Genocide watch dont nous publions la traduction réalisée par Kurdistan au Féminin.
L’Europe et les USA doivent avoir honte de l’acte de lâcheté qu’ils viennent de commettre en abandonnant les Kurdes qui se sont battus avec bravoure et détermination des années durant contre les soldats de Daesch au moment où la Turquie prêtait main forte à ces destructeurs de l’humanité et de la civilisation.

La Rédaction.



Menace de génocide kurde au Moyen Orient

Au cours du week-end, "The Genocide Watch" (l’Observatoire des génocides) a publié l’avertissement suivant sur le génocide pour les Kurdes en Turquie, en Syrie et en Irak. Un avertissement de génocide est donné quand un processus de génocide est en cours, souvent indiqué par des massacres génocidaires, avec le danger imminent de la destruction des racines ethniques.

Les Kurdes sont menacés de génocide à grande échelle par les puissances régionales qui sont l’Iran, l’Irak, la Turquie et la Syrie, qui ont toutes une importante population kurde. Actuellement, la plus grande menace vient de la Turquie. Le 20 janvier 2018, le président turc Erdoğan a lancé des opérations militaires transfrontalières dans le nord-ouest de la Syrie sous le nom de "Opération rameau d’olivier". La mission visait à chasser les unités de protection du peuple kurde syrienne du canton d’Afrin. La Turquie considère les YPG comme une extension du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui mène une insurrection en Turquie depuis 1984 au nom de plus grands droits et de l’autonomie régionale. Le YPG nie être une extension du PKK et a été allié avec les États-Unis (entre autres pays) dans la lutte contre l’État islamique / Daesh.

Les forces armées turques ont mené l’opération du "rameau d’olivier" sans se soucier apparemment des lois de la guerre, larguant des bombes et bombardant les villes sans discernement. Des centaines de civils autour d’Afrin, dont des minorités religieuses déplacées par la guerre syrienne et par Daech, ont été tués. Il y a des preuves qui suggèrent que les forces turques peuvent avoir intentionnellement visé des civils.

Le gouvernement turc et les médias ont qualifié les YPG d’"organisation terroriste", qualifiant l’invasion de la Syrie d’"opération antiterroriste". Il a également qualifié de "jihad" son agression contre son voisin du sud, faisant écho au langage utilisé par l’EI et d’autres groupes extrémistes. Le terme "terroriste" est utilisé en Turquie comme une expression fourre-tout pour déshumaniser les opposants et légitimer la suppression des droits de l’homme et des libertés. Depuis la tentative de coup d’État de 2015, le gouvernement turc a licencié des milliers de fonctionnaires et emprisonné des centaines d’enseignants, de professeurs, de journalistes, de politiciens, de défenseurs des droits de l’homme et d’autres responsables culturels. Beaucoup de ces détenus ont été accusés de terrorisme. Le terme "terroriste" a également été utilisé pour justifier la violence de type militaire contre les populations minoritaires kurdes dans le sud-est du pays, où la présence du PKK est forte. L’opération Afrin n’est pas sans rappeler les opérations "antiterroristes" menées dans les régions kurdes du sud-est de la Turquie depuis 2015 où, dans des villes comme Cizre, les forces de sécurité turques ont déplacé une grande partie de la population, imposant des couvre-feux sévères (vingt-quatre heures sur vingt-quatre), coupant l’eau et l’électricité, tuant des douzaines de civils, détruisant des institutions culturelles (y compris des mosquées), profanant des cimetières et des maisons en déféquant sur des meubles et de la literie, en détruisant des ustensiles de cuisine et des biens mobiliers. Les soldats ont également écrit des slogans racistes sur les bâtiments et ont accroché le drapeau turc aux fenêtres. A Cizre - comme à Afrin - les corps des femmes combattantes tuées ont été mutilés, filmés et largement diffusés sur les réseaux sociaux. Ces atrocités suggèrent fortement une intention génocidaire.
En Syrie, l’armée turque et les forces sous sa direction (qui peuvent inclure des combattants de Daech), ont déclaré le contrôle total d’Afrin le 25 mars 2018. Ils ont été accusés de poursuivre une politique de "changement démographique" dans le canton d’Afrin. en installant des familles turkmènes et arabes originaires de l’extérieur de la région dans Afrin et sa campagne. La majorité de la population d’Afrin, estimée à 150 000 personnes, s’était déjà retirée de la ville avec des combattants des YPG avant l’arrivée des troupes turques. Des rapports récents de l’intérieur d’Afrin indiquent que des dizaines de filles et de jeunes femmes ont été enlevées par les forces turques et des djihadistes et soumises à un viol systématique. Il y a également des rapports de la conversion forcée de Yézidis. Erdoğan a juré de continuer vers l’est jusqu’à Manbij et Kobané en Syrie, ainsi que dans les régions de Sinjar et Ninive en Irak, apparemment pour détruire le PKK, qui a des bases dans les montagnes du nord de l’Irak. À la suite du référendum du gouvernement régional kurde sur l’indépendance dans le nord de l’Irak en septembre 2017, qui a irrité les pays voisins ayant d’importantes populations kurdes, et auquel ils ont répondu avec l’isolement économique dur et coordonné contre le KRG, l’agression de la Turquie contre les États voisins menace la sécurité et la viabilité à long terme de toutes les populations kurdes de la région.

Kurdistan au Féminin


4 avril 2018.
- L’article en anglais sur le site de "Genocide Watch"

Notes

[1Si la ville d’Afrin est sous le contrôle des Turcs, ce n’est pas pour autant qu’ils contrôlent la région. Les unités armées kurdes continuent à se battre et à dfendre leur territoire.

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1 Message

  • Le génocide kurde organisé par la Turquie 5 avril 15:52, par La Mécréante !

    le monde entier avait laissé, dans l’indifférence la plus honteuse, la pourriture islamo-ottomane exterminer les arméniens (chrétiens) en 1915 ;

    et cette putain de "communauté internationale" de merde a déjà planté sa tête "dans le sable" pour laisser la mahométane Turquie perpétrer à sa guise le génocide des kurdes !

    Aujourd’hui, comme naguère, les complices sont les mêmes : France, Grande-Bretagne,USA ! et de nos jours on peut y ajouter la puissante teutonne...

    Monsieur Trump, ramène ta grande gueule américaine pour empêcher ça ! TU LE PEUX !

    repondre message

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