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Soutenance de thèse de Doctorat
Le cérémonial du mariage à Ayt Sekhmen
Rencontre avec Aïcha Aït Berri
vendredi 8 décembre 2017
par Masin
Son projet de thèse a été entamé après sa retraite suite à une carrière effectuée au sein de l’Education nationale. Il est venu en prolongement d’un travail qu’elle a eu à effectuer dans le cadre d’une association qui œuvre pour la sauvegarde et la promotion du patrimoine culturel.
Sa directrice de thèse, Daniela Merolla, décrit un parcours atypique, d’une militante qu’elle a rencontrée il y a sept ans à Agadir, une femme forte avec plein de bonne volonté, dont la volonté de travailler pour inscrire son travail et son projet dans un cadre académique et universitaire.


Aïcha Aït Berri


L’objectif de départ, selon Aïcha Aït Berri, était de faire un état des lieux du cérémonial du mariage. Et c’est suite à sa rencontre avec Daniela Merolla, à l’époque professeur de littérature berbère à l’université de Leiden aux Pays-Bas et aujourd’hui à l’Inalco, qu’elle a décidé de se lancer dans la recherche et dans un travail académique. Daniela Merolla a su la convaincre de l’intérêt de réaliser un tel travail et ainsi la "convertir".
Elle nous dit alors que un travail de recherche sur les chants rituels chez les Ayt Sexman "combler un vide ressenti au niveau des études consacrées à Ayt Sekhman". Cette région qu’elle considère comme un bon exemple qui illustre l’évolution galopante des mentalités et les pratiques dans le monde rural. Et Ayt Sekhman est touché de plein fouet par la globalisation et la "modernité".
Cette recherche est caractérisée, entre autre, par le corpus riche et originel qui vient alimenter le fonds amazigh et qui servira certainement à de futures études notamment linguistiques. A noter que l’essentiel des chants sont recueillis dans des conditions naturelles notamment aux moments des fêtes et du cérémonial. Mais pour Daniela Merolla, directrice de thèse, "l’originalité du travail est surtout dans l’analyse interdisciplinaire des chants situés dans leur performance rituelle et dans leur contexte de production".
Aïcha Aït Berri, après un exposé d’un quart d’heure, a eu à écouter les remarques et observations des membres du Jury mais surtout à répondre à leurs nombreuses questions. Suite à quoi, et après délibération du Jury, elle a été déclarée Docteur d’Etat ce jeudi 7 décembre 2017 à l’Inalco à Paris.
Le jury de cette thèse est composé de Mme. Anna Maria Di Tolla, Professeur des universités à l’Université de Naples L’Orientale ; M. Mustapaha El Adak, Professeur des universités à la Faculté pluridisciplinaire de Nador ; M. Abdellah Bounfour, Professeur émérite à l’Inalco ; Mme. Inge Brinkman, Professeur des universités à l’Université de Gent ; Mme. Daniela Merolla, Professeur des universités à l’Inalco et Kamal Naït Zerrad, Professeur des universités à l’Inalco.
Nous tenons à lui présenter nos sincères félicitations et la remercier pour ce travail qui vient enrichir le fonds des études et de recherche amazighes.

La Rédaction.

VIDEO.




Aïcha AIT BERRI OU HSSATA (Doctorat)
Soutenance le 7 décembre 2017 à 15h00
Rituel et Oralité chez les Ait Soukhmanes. Le cérémonial du mariage : une pratique en mutation.
Inalco - Maison de la recherche - 2 rue de Lille - 75007 Paris - salle des Plaques.


Résumé de la thèse [Document officiel].
Cette recherche s’articule autour du rituel du mariage chez les Aït Soukhmanes. Il s’agit de voir comment évoluent la pratique et l’oralité dans une communauté en pleine mutation. Le cérémonial est présenté dans son contexte global, et ses constituants sont analysés et interprétés en fonction des micro et macrocontextes. Les chants rituels collectés en contexte de performance en deux périodes différentes ont fait l’objet d’une étude détaillée en référence aux approches ethnolinguistique et herméneutique. L’analyse thématique a permis d’identifier les actes de paroles exprimés, de relever et de développer les thèmes et les croyances transversaux. L’approche littéraire s’est focalisée sur les procédés stylistiques récurrents. A travers les représentations que ces chants véhiculent, le rapport entre le texte et le contexte global est établi, le portrait de la femme idéale brossé et le sens de l’honneur dégagé. Ensuite, ont été mis en exergue les différents facteurs qui influent sur la pratique rituelle. Le constat est que les croyances et les représentations sont plus résistantes que les pratiques qui s’adaptent au mode de vie tout en subissant des influences extérieures. Quant à la conscience identitaire, elle a été traitée dans le cadre de la globalisation où la culture, en particulier les expressions artistiques, sont un lieu de négociation, de résistance, d’affirmation ou d’aliénation. Mais les outils et les mesures prises pour la préservation et la dynamisation de l’oralité ne peuvent pas remplacer l’oralité primaire dans son rôle social et identitaire. La question est comment lui assurer les conditions de survie au sein du groupe.

Les mots clés  : chants, rituel, mariage, Aït Soukhmanes, oralité, sens, mutations, globalisation, identité.

Aïcha Aït Berri, au milieu, avec les membres du Jury



Aïcha Aït Berri, au milieu, avec sa directrice de thèse Daniela Merolla à droite, et sa fille à gauche.

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