Cher Mokhtar,
La république est en danger depuis ce jour du 3juillet 1962. Elle n’est pas en danger depuis seulement quelques années. En effet, l’exclusion de certains, la soif du pouvoir des autres, les purges aussi, ont fait de l’Algérie, qui devait justement être une république démocratique, une oligarchie militaire, une dictature qui n’a fait que mépriser son peuple. Elle a phagocyté le peu de matière grise, qu’a épargné de la guerre, qui pouvait faire la différence, le peuple s’est donc retrouvé obligé de subir les pires méprises c’est-à-dire le contraire de ce qu’on lui a promis durant la guerre. Des îlots, ici et là, se sont ouvertement exprimer pour refuser cet état de fait mais vite étouffés dans l’œuf comme un serpent. Bref
Permettez moi de revenir à l’idée que vous vous faites du fédéralisme, car c’est là que réside notre discordance ou simplement notre désaccord. Une grande majorité de Kabyles a une drôle façon de voir l’autonomie. Le traitement de ce terme par le cerveau ne doit pas échapper à la règle scientifique du traitement du langage lu ou écrit qui sollicite des structures cérébrales particulières. Mais hélas, quand on parle de l’autonomie, notre cerveau ne traite pas ce terme, il traite un autre terme c’est à dire « indépendance » qui n’a pas évidemment le même sens et du coup on entre dans dialogue de sourd. Je vous renvoi à la relecture de vos propres arguments « parler de fédéralisme en Algérie, c’est parler de ce qui m’appartient c’est à dire l’Algérie. Crois moi pour rien au monde,… ». Cette expérience d’autonomie est consacrée par de nombreux pays. Le cas de la catalogne est édifiant, une région autonome qui continue, à ce que je sache, à faire partie de grand ensemble qu’est l’Espagne ! Les Bretons qui continue à demander une large autonomie….ce qui se passe avec les enseignants de Tamazight est sans précédant mais prévisible ! Sinon comme croire qu’un pouvoir qui a minorisé, bâillonné la culture et la langue berbère puisse donner les moyens de son enseignement et de son épanouissement ! Le monde est fait d’expériences, il faut, à mon avis éviter la frilosité mais surtout le complexe du « recoloniser » c’est-à-dire parler sincèrement de ce qui ne vas pas et comment peut-on y remédier sans avoir à justifier à qui que se soit. J’aimerai pour ma part voir sur le plan scientifique comment agissent les connexions cérébrales, les structures cérébrales chez un enfant de 12 ans à qui on a substituer sa propre langue maternelle par une langue étrangère depuis l’âge de 6 ans. J’aimerai pouvoir également voir un jour qu’on peut rééduquer les troubles du langage dans la langue maternelle. Il est injuste mais aussi un facteur aggravant, de rééduquer un enfant kabyle ayant des troubles du langage dans une autre langue autre que sa langue maternelle, il y a beaucoup d’exemple important qu’on peut citer et qui incitent à penser à une autonomie régionale car c’est là seulement qu’il pourrait y avoir de solution. Le mot maturité revient assez souvent dans vos propos, dommage que vous insistiez sans en donner une explication. Mais l’une des première chose à éviter, à mon humble avis, mais la plus urgente pour le moment c’est d’éviter de mettre des étiquettes et avoir des arrières pensées : si je ne parle que de la Kabylie c’est pas parce que je suis raciste, c’est parce que la situation est grave. Le combat contre le racisme à été mien. Lounes aussi a été victime de cette invective, qu’est qu’on n’a pas dit, on a même lu dans ses pensées…
Je peux vous citer deux exemples à partir desquels vous pourriez vous faire une idée. Le premier concerne les intellectuels algériens. Mise à part certains universitaires Kabyle et un seul non kabyle (Lakhdar Boumedienne vivant dans l’immigration et originaire d’Oran), mais surtout militant des militants, il n y avait pas eu aucune prise de position aucune condamnation de ce que j’appel l’holocauste kabyle (les massacres de 2001). A-t-on manifesté ailleurs qu’en Kabylie lors des émeutes de 2001 ?
La seconde porte sur l’attitude de certains historiens non kabyles qui adoptent une posture qu’on ne peut soupçonner que de haineuse : minorisation des faits et des actions quand elles sont portées par des kabyles (par exemple durant la guerre), insistance sur des faits mineurs quand ils desservent la kabylie, mensonge par omission, déformation du souvenir….
Je suis resté de marbre à la lecture des mémoires de M. Harbi, pas seulement lui (les propos de Boutef sur les Kabyles, les propos de benbella, voir également les positions de Mahssas ou de Sahli et mostefa Lacheraf sur Mammeri…). Bien que j’aie une grande estime pour M Harbi, je me suis à plusieurs reprises déplacés des Km pour assister à ces conférences mais en lisant ses mémoires, je suis consterné de lire certains lignes dénuées de toute sincérité intellectuelle. Alors, si dire ça, on est traité de raciste ou de séparatiste je crois le temps est venu de mettre fin à toute discussion.
Merci
Mus
PS/ Il ne faut pas oublier que c’est suite au témoignage sur Lounes que nous réagissions, c’est une manière de faire vivre LOUNES.
Ps/ Si j’étais riche, j’offrirai un livre de Spinoza et un vrai "couscoussier" (lol) à tous les Kabyles
PS : Au fait, un front républicain avec qui et pour qui ? un front dans lequel se retrouveront les Ghozali, ouyahia, et co il faudrait l’accepter après ... sinon on va exclure d’emblée certaines tête (en recrutant par voie d’annonces) ce qui n’est pas républicain.
Cher Mokhtar,
La république est en danger depuis ce jour du 3juillet 1962. Elle n’est pas en danger depuis seulement quelques années. En effet, l’exclusion de certains, la soif du pouvoir des autres, les purges aussi, ont fait de l’Algérie, qui devait justement être une république démocratique, une oligarchie militaire, une dictature qui n’a fait que mépriser son peuple. Elle a phagocyté le peu de matière grise, qu’a épargné de la guerre, qui pouvait faire la différence, le peuple s’est donc retrouvé obligé de subir les pires méprises c’est-à-dire le contraire de ce qu’on lui a promis durant la guerre. Des îlots, ici et là, se sont ouvertement exprimer pour refuser cet état de fait mais vite étouffés dans l’œuf comme un serpent. Bref
Permettez moi de revenir à l’idée que vous vous faites du fédéralisme, car c’est là que réside notre discordance ou simplement notre désaccord. Une grande majorité de Kabyles a une drôle façon de voir l’autonomie. Le traitement de ce terme par le cerveau ne doit pas échapper à la règle scientifique du traitement du langage lu ou écrit qui sollicite des structures cérébrales particulières. Mais hélas, quand on parle de l’autonomie, notre cerveau ne traite pas ce terme, il traite un autre terme c’est à dire « indépendance » qui n’a pas évidemment le même sens et du coup on entre dans dialogue de sourd. Je vous renvoi à la relecture de vos propres arguments « parler de fédéralisme en Algérie, c’est parler de ce qui m’appartient c’est à dire l’Algérie. Crois moi pour rien au monde,… ». Cette expérience d’autonomie est consacrée par de nombreux pays. Le cas de la catalogne est édifiant, une région autonome qui continue, à ce que je sache, à faire partie de grand ensemble qu’est l’Espagne ! Les Bretons qui continue à demander une large autonomie….ce qui se passe avec les enseignants de Tamazight est sans précédant mais prévisible ! Sinon comme croire qu’un pouvoir qui a minorisé, bâillonné la culture et la langue berbère puisse donner les moyens de son enseignement et de son épanouissement ! Le monde est fait d’expériences, il faut, à mon avis éviter la frilosité mais surtout le complexe du « recoloniser » c’est-à-dire parler sincèrement de ce qui ne vas pas et comment peut-on y remédier sans avoir à justifier à qui que se soit. J’aimerai pour ma part voir sur le plan scientifique comment agissent les connexions cérébrales, les structures cérébrales chez un enfant de 12 ans à qui on a substituer sa propre langue maternelle par une langue étrangère depuis l’âge de 6 ans. J’aimerai pouvoir également voir un jour qu’on peut rééduquer les troubles du langage dans la langue maternelle. Il est injuste mais aussi un facteur aggravant, de rééduquer un enfant kabyle ayant des troubles du langage dans une autre langue autre que sa langue maternelle, il y a beaucoup d’exemple important qu’on peut citer et qui incitent à penser à une autonomie régionale car c’est là seulement qu’il pourrait y avoir de solution. Le mot maturité revient assez souvent dans vos propos, dommage que vous insistiez sans en donner une explication. Mais l’une des première chose à éviter, à mon humble avis, mais la plus urgente pour le moment c’est d’éviter de mettre des étiquettes et avoir des arrières pensées : si je ne parle que de la Kabylie c’est pas parce que je suis raciste, c’est parce que la situation est grave. Le combat contre le racisme à été mien. Lounes aussi a été victime de cette invective, qu’est qu’on n’a pas dit, on a même lu dans ses pensées…
Je peux vous citer deux exemples à partir desquels vous pourriez vous faire une idée. Le premier concerne les intellectuels algériens. Mise à part certains universitaires Kabyle et un seul non kabyle (Lakhdar Boumedienne vivant dans l’immigration et originaire d’Oran), mais surtout militant des militants, il n y avait pas eu aucune prise de position aucune condamnation de ce que j’appel l’holocauste kabyle (les massacres de 2001). A-t-on manifesté ailleurs qu’en Kabylie lors des émeutes de 2001 ?
La seconde porte sur l’attitude de certains historiens non kabyles qui adoptent une posture qu’on ne peut soupçonner que de haineuse : minorisation des faits et des actions quand elles sont portées par des kabyles (par exemple durant la guerre), insistance sur des faits mineurs quand ils desservent la kabylie, mensonge par omission, déformation du souvenir….
Je suis resté de marbre à la lecture des mémoires de M. Harbi, pas seulement lui (les propos de Boutef sur les Kabyles, les propos de benbella, voir également les positions de Mahssas ou de Sahli et mostefa Lacheraf sur Mammeri…). Bien que j’aie une grande estime pour M Harbi, je me suis à plusieurs reprises déplacés des Km pour assister à ces conférences mais en lisant ses mémoires, je suis consterné de lire certains lignes dénuées de toute sincérité intellectuelle. Alors, si dire ça, on est traité de raciste ou de séparatiste je crois le temps est venu de mettre fin à toute discussion.
Merci
Mus
PS/ Il ne faut pas oublier que c’est suite au témoignage sur Lounes que nous réagissions, c’est une manière de faire vivre LOUNES.
Ps/ Si j’étais riche, j’offrirai un livre de Spinoza et un vrai "couscoussier" (lol) à tous les Kabyles
PS : Au fait, un front républicain avec qui et pour qui ? un front dans lequel se retrouveront les Ghozali, ouyahia, et co il faudrait l’accepter après ... sinon on va exclure d’emblée certaines tête (en recrutant par voie d’annonces) ce qui n’est pas républicain.