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Il y a vingt ans, un gendarme algérien avait tiré sur Lounès Matoub...

12 octobre 2008, 18:41, par tusnakt

Nous sommes d’accord, au moins sur le fond : le constat, le diagnostic et l’idée de s’en sortir. Il y a un point sur lequel je ne vous suis pas : c’est vouloir fédéraliser tout le monde. A la limite, je peut comprendre cela si on parlait de nous, de ce qui nous regarde. Mais vouloir fédéraliser le reste de l’Algérie, je peut (me) renvoyer à la fameuse phrase « de quoi je me mêle ? » Je ne suis pas également d’accord sur le terme que vous utilisiez à savoir : maturité.
L’évaluation de la maturité d’un peuple ne doit pas se confondre avec le taux de faits divers. Je me souviens de quelque chose d’assez proche de ce terme, après les premières élections de ce que l’on appel pudiquement « élection démocratique » de 1990-, 1991 prononcé par Saadi : je me suis trompé de société. C’est un terme à la fois grave et insultant.
En 1789 en France, et juste après la révolution française, les gens n’étaient pas encore prêts à assumer la république. Le problème de « maturité » ne se posait pas aux Irlandais du nord ni même en Afrique du sud au moment de l’Apartheid.
Admettons et disant que le MAK n’existe pas -au moins le temps d’une explication- on ne peut malheureusement ne pas envisager l’autonomie ou une large décentralisation au vu du traitement de l’entité kabyle par le pouvoir. Le raciste et le déni de sale « gueule ou kabyle » .qui anime et qui habite les nationalistes algériens d’idéologie arabo-musulmane, la rancune héritée de la guerre d’indépendance a fait de ces gens une espèce de bête revancharde qui n’a pas hésité à liquider physiquement (Benaï, Laimèche (1956)…Matoub (1998)…, à mettre au cachot (Haroun, Medjber (1976)…, les militants berbéristes et berbérisants (1980) les fondateurs de LDDH (en 1985) et il n’est pas exclu de penser que l’état algérien(derrière les islamistes) ont méthodiquement fait disparaître et physiquement liquider des militants ou des citoyens Kabylie (je reste persuadé que l’assassinat de Djaout en un), les massacres de 2001 et enfin des bandes télécommandées (vue l’impunité qu y règne) armées de tout genre et de tout espèce faisant dans l’inimaginable rendant du même coup la vie insupportable aux populations. Mise à part l’idée de réduire la Kabylie, cette kabylie rebelle et frondeuse, à l’état de momie, d’incultes et de gens serviles, le pouvoir algérien n’a envisagé aucune issue heureuse au problème de la spécificité culturelle et linguistique Kabyle. Ce sont là les raisons qui incitent à l’autonomie. Le problème qui se pose maintenant n’est pas celui des institutions car il y a le problème de confiance avant tout. Ce capital de confiance est complètement épuisé depuis les années dites « d’ouverture politique » où nous autres Kabyles avions fait le jeux du pouvoir : insultes contre insultes, dénigrements, méfiance, alliances contre nature (nous avons eu des ministres issus de la kabylie quand même !), manipulation des dires, et des gens…Et comme par hasard, celui qui décide de prendre en charge le combat dans ce sens, cad celui de l’autonomie en faisait partie (Ferhat). Je tiens à souligner que je ne remets en aucun cas en cause son combat légitime et aussi son parcours. J’essaie juste de pointer où réside cette crise de confiance. Il est difficile pour beaucoup de dire oui à l’autonomie sans être dans le MAK bien qu’ils pensent que c’est une solution. Nous sommes donc un peuple sans vrai leader c’est l’une des raisons qui probablement peut expliquer un éventuel échec de cette idée. Il est vrai de dire que tous ce que la kabylie entière pense tout bas le MAK le dis tout haut, mais les hommes (du moins ceux qui se sont recyclés) n’ont peut être pas bonne presse chez les Kabyles. La résignation n’est pas une solution.
C’est vrai, comme vous le dites, il faut balayer devant nos portes. Que chacun commence à faire le bilan de sa propre famille, de son village, de son Arch. Que les gens arrêtent de voir l’étranger comme un eldorado, et se dire qu’on n’a pas de pays de rechange. Que l’émulation soit une variable constante chez le Kabyle, le retour à l’élémentaire en l’occurrence la lecture, l’instruction, le débat respectueux et enrichissant, que nos cybercafés soient des lieux de recherches d’informations et de connaissance des expériences du monde, que l’université retrouve la place qui lui revient, celle qu’elle a toujours occupée jadis (je me souvient de ces affiches soutenant Solidarnosc polonais placardées à l’entrée de la bibliothèque de Hasnaoua mais je me souviens également, 15 ans plus tard, quand des étudiants sont allé voir le ministre (mustapha Cherif) pour qu’il transforme cette même bibliothèque, chargée d’histoire, en mosquée). Les dégâts sont tels qu’il n’est pas facile de trouver le bout du tunnel, mais il faut le faire pour nos enfants. A titre anecdotique, un jour je suis allé voir un copain, loin d’être ignare, à Tizi, ce dernier m’invita dans un bar assez chic –du temps où je vivais à Tizi il n y avait pas tout ça- ce même copain était pris de colère de me voir commandé une bouteille d’orangina et il dit je le cite « on est pas venu ici pour que tu prennes un soda, il faut prendre une bière…..Ce que je ne savais pas c’est qu’entre temps mon co..pain est devenu ivrogne et ça passe merveilleusement bien chez nous, dire que l’alcool est devenu un critère de virilité je n’en revenait pas. Quand l’élite donne le mauvais exemple, quand elle déserte le terrain, quand elle ne se soucie pas de ce que peut devenir la société de demain, on peut raisonnablement penser que cette même société consomme inexorablement sa déchéance. Avons-nous fait quelque chose dans ce sens ? Nous avons enseigné l’intoxe, l’invective, la maladresse, l’irrespect et le manque de finesse à nos cadets, au lieu de les former, de les vacciner contre la manipulation et la bêtise. L’arabisme et l’islamisme aidant on se retrouve en effet devant ce fait accompli où les êtres deviennent de jour en jour des zombis prêts à toute transgression. Ca se répare, il faut seulement se mettre au travail. Ah tiens, l’idée d’un blog ne serait pas mal dans un premier temps.
Merci, au fait c’est Idir ou Mokhtar ? la distance sémantique est très importante (lol)
mus