Il y a vingt ans, un gendarme algérien avait tiré sur Lounès Matoub...
12 octobre 2008, 00:56, par tusnakt
Cher Idir,
Je me permets de vous dire, cher Idir, que la situation actuelle de la kabylie, le marasme et la détresse des gens n’ont pas besoins de propos fatalistes. Ceci dit, je vous comprends parfaitement. Le dégoût et la déception générés par les décours temporels d’une situation peuvent parfois nous inciter de façon inconsciente au fatalisme. Je n’ai évidemment pas l’intention de jouer au psy mais je pense qu’à l’heure actuelle, ce dont a besoin la kabylie est : la réflexion.
En effet, une réflexion qui pourrait aider à voir mieux. Une réflexion pouvant rendre la mémoire aux gens. Une réflexion pouvant déboucher sur des propositions. Pouvons nous accepter cet état de fait ? Pouvons nous laisser les bambins de maintenant devenir de vrais monstres ? Pouvons nous laisser la kabylie s’enfoncer encore ? Je crois qu’elle a atteint le fond. Comment peut-on expliquer la présence de terrorisme islamiste dans une région où il n a pas une véritable assise ? Comment expliquer que « dealer » est devenu un vrai métier en kabylie ? Comment expliquer que des bandes armées s’adonnent quotidiennement aux kidnappings, au racket et autre imbécillité ?
Une société comme la nôtre ne doit en aucun cas rester indifférentes à tout ça. Il faut dénoncer, pas cautionner. L’Internet est un outil fabuleux alors que chacun dénonce dans l’anonymat ce qu’il a vu en citant des noms pour que ces faits ne se reproduisent plus. Témoigner des évènements récents comme ancien ne peut être qu’un élément de plus en faveur de la mémoire-ce qui nous manque cruellement en ces temps de sécheresse intellectuelle. Apprendre aux enfants à lire et à écrire des histoires, les rendre autonomes et progressivement responsables de leurs pensées, de leurs gestes et actes. Voulons nous une société de l’omerta ?
Les partis politiques, même s’ils sont catastrophiques, déprimants, au service du pouvoir, ne travaillant pas pour l’intérêt de ceux qui les ont élus, ne doivent pas disparaître. C’est un acquis. Il faut les combattre sur des idées, mais vouloir appeler à leur dissolution ou à leur flagellation comme c’était le cas des Archs, je ne pense pas que ça changerait les choses. Je me souviens de ce jour de meeting au stade Oukil Ramdane où un certains said saadi prenait les gens pour témoins en jurant sur la kabylie et la tête des kabyles que tamazight nous l’auront. Mais vingt ans après, le bilan est sans appels. Nous nous souvenons également de Ait Ahmed ne sachant plus à qui s’adresser (aux Kabyles de Kabylie ou aux Algériens de kabylie) dans le feu de l’action des émeutes de 2001. Des jeunes déchiquetés par des balles et des armes de guerre et on cherche la bonne formule, pour ne pas incommoder l’autre ou pour ne pas froisser ceux qui par la force des choses sont devenus nos « frères ». Les partis politiques à ancrage politique kabyle savent que depuis au moins 20 ans restent inconnu en dehors de la kabylie. Disons le, ceux qui votent pour eux en dehors de la Kabylie se sont ni plus ni moins des Kabyles. Ils le font par NIF. Mais la population ne doit pas se laisser aller, doit prendre son destin en main. La kabylie doit impérativement - si elle veut s’en sortir- sortir, quitter et abandonner l’idéologie arabo-musulmane. Le combat de Abane, de Benai, Laimèche, Matoub … ne doit pas être un combat vain et insignifiant. Si la mémoire nous ne fait pas défaut assez souvent, on ne retrouverait pas en kabylie et même en dehors (dans l’immigration aussi) des spécimens idéologiquement atteints et dans un Kabyle châtié toujours prêt à défendre l’islam, l’algérie, le 1,5 million de morts pour l’indépendance…plus nationaliste que les kabyles (pardon si je généralise) j’en ai pas trouvé, plus accros à l’islam, plus algérianistes que le reste…
Il y a défaillance à plusieurs niveau : l’école bien sûr, l’élite « Kabyle », les partis politiques partisans du moindre courage, des gens comme ouyahia par exemple, le clientélisme du pouvoir, la faim chez certains. Mais le plus important aujourd’hui n’est il pas de faire le bilan, de se regarder dans le blanc des yeux et de se dire les quatre vérités ? Dans cet état des choses, il ne peut y avoir ni de combat pour Tamazight, ni perpétuer le combat de LOUNES, ni envisager une autonomie régionale oh combien nécessaire !, ni être nous même tout court.
La kabylie aujourd’hui a besoin de renouveau politique, de sa classe politique, surtout d’une élite intellectuelle (sociologues, médecins engagés, citoyens épris de justice, d’universitaires, de Lycées, d’étudiants….). Il faut organiser des conférences dans les villages et que chacun fasse son bilan dans son propre village (pas à la manière des Archs bien sûr) et faire se questionner sur la fameuse question de la compromission (un mot de Kateb Yacine dans une lettre adressée à ceux nous ont tenus les assises du MCB et qui ont accouchées d’un parti politique). L’expérience des Archs est à méditer ! L’inexpérience devrai-je dire à user le peu de courage qui restait aux populations de Kabylie. A titre d’exemple : faire une grève de la faim dans une prison algérienne, face au pouvoir algérien connu comme étant l’incarnation même de la dictature et du machiavélisme c’est de l’aventurisme. A titre de rappel, dans un pays démocratique comme l’est L’Irlande, le record en jour de grève de la faim qu’ait fait un prisonnier politique Irlandais était de 52 jours, nos jojos des Archs ont tenus apparemment plus- Muhend negh d afehli-.
Nous n’avons pas le droit d’être aigris ni même fatalistes, pour la kabylie. Continuons à écrire et à dire, cela servira certainement.
Merci à tous
Mus
Cher Idir,
Je me permets de vous dire, cher Idir, que la situation actuelle de la kabylie, le marasme et la détresse des gens n’ont pas besoins de propos fatalistes. Ceci dit, je vous comprends parfaitement. Le dégoût et la déception générés par les décours temporels d’une situation peuvent parfois nous inciter de façon inconsciente au fatalisme. Je n’ai évidemment pas l’intention de jouer au psy mais je pense qu’à l’heure actuelle, ce dont a besoin la kabylie est : la réflexion.
En effet, une réflexion qui pourrait aider à voir mieux. Une réflexion pouvant rendre la mémoire aux gens. Une réflexion pouvant déboucher sur des propositions. Pouvons nous accepter cet état de fait ? Pouvons nous laisser les bambins de maintenant devenir de vrais monstres ? Pouvons nous laisser la kabylie s’enfoncer encore ? Je crois qu’elle a atteint le fond. Comment peut-on expliquer la présence de terrorisme islamiste dans une région où il n a pas une véritable assise ? Comment expliquer que « dealer » est devenu un vrai métier en kabylie ? Comment expliquer que des bandes armées s’adonnent quotidiennement aux kidnappings, au racket et autre imbécillité ?
Une société comme la nôtre ne doit en aucun cas rester indifférentes à tout ça. Il faut dénoncer, pas cautionner. L’Internet est un outil fabuleux alors que chacun dénonce dans l’anonymat ce qu’il a vu en citant des noms pour que ces faits ne se reproduisent plus. Témoigner des évènements récents comme ancien ne peut être qu’un élément de plus en faveur de la mémoire-ce qui nous manque cruellement en ces temps de sécheresse intellectuelle. Apprendre aux enfants à lire et à écrire des histoires, les rendre autonomes et progressivement responsables de leurs pensées, de leurs gestes et actes. Voulons nous une société de l’omerta ?
Les partis politiques, même s’ils sont catastrophiques, déprimants, au service du pouvoir, ne travaillant pas pour l’intérêt de ceux qui les ont élus, ne doivent pas disparaître. C’est un acquis. Il faut les combattre sur des idées, mais vouloir appeler à leur dissolution ou à leur flagellation comme c’était le cas des Archs, je ne pense pas que ça changerait les choses. Je me souviens de ce jour de meeting au stade Oukil Ramdane où un certains said saadi prenait les gens pour témoins en jurant sur la kabylie et la tête des kabyles que tamazight nous l’auront. Mais vingt ans après, le bilan est sans appels. Nous nous souvenons également de Ait Ahmed ne sachant plus à qui s’adresser (aux Kabyles de Kabylie ou aux Algériens de kabylie) dans le feu de l’action des émeutes de 2001. Des jeunes déchiquetés par des balles et des armes de guerre et on cherche la bonne formule, pour ne pas incommoder l’autre ou pour ne pas froisser ceux qui par la force des choses sont devenus nos « frères ». Les partis politiques à ancrage politique kabyle savent que depuis au moins 20 ans restent inconnu en dehors de la kabylie. Disons le, ceux qui votent pour eux en dehors de la Kabylie se sont ni plus ni moins des Kabyles. Ils le font par NIF. Mais la population ne doit pas se laisser aller, doit prendre son destin en main. La kabylie doit impérativement - si elle veut s’en sortir- sortir, quitter et abandonner l’idéologie arabo-musulmane. Le combat de Abane, de Benai, Laimèche, Matoub … ne doit pas être un combat vain et insignifiant. Si la mémoire nous ne fait pas défaut assez souvent, on ne retrouverait pas en kabylie et même en dehors (dans l’immigration aussi) des spécimens idéologiquement atteints et dans un Kabyle châtié toujours prêt à défendre l’islam, l’algérie, le 1,5 million de morts pour l’indépendance…plus nationaliste que les kabyles (pardon si je généralise) j’en ai pas trouvé, plus accros à l’islam, plus algérianistes que le reste…
Il y a défaillance à plusieurs niveau : l’école bien sûr, l’élite « Kabyle », les partis politiques partisans du moindre courage, des gens comme ouyahia par exemple, le clientélisme du pouvoir, la faim chez certains. Mais le plus important aujourd’hui n’est il pas de faire le bilan, de se regarder dans le blanc des yeux et de se dire les quatre vérités ? Dans cet état des choses, il ne peut y avoir ni de combat pour Tamazight, ni perpétuer le combat de LOUNES, ni envisager une autonomie régionale oh combien nécessaire !, ni être nous même tout court.
La kabylie aujourd’hui a besoin de renouveau politique, de sa classe politique, surtout d’une élite intellectuelle (sociologues, médecins engagés, citoyens épris de justice, d’universitaires, de Lycées, d’étudiants….). Il faut organiser des conférences dans les villages et que chacun fasse son bilan dans son propre village (pas à la manière des Archs bien sûr) et faire se questionner sur la fameuse question de la compromission (un mot de Kateb Yacine dans une lettre adressée à ceux nous ont tenus les assises du MCB et qui ont accouchées d’un parti politique). L’expérience des Archs est à méditer ! L’inexpérience devrai-je dire à user le peu de courage qui restait aux populations de Kabylie. A titre d’exemple : faire une grève de la faim dans une prison algérienne, face au pouvoir algérien connu comme étant l’incarnation même de la dictature et du machiavélisme c’est de l’aventurisme. A titre de rappel, dans un pays démocratique comme l’est L’Irlande, le record en jour de grève de la faim qu’ait fait un prisonnier politique Irlandais était de 52 jours, nos jojos des Archs ont tenus apparemment plus- Muhend negh d afehli-.
Nous n’avons pas le droit d’être aigris ni même fatalistes, pour la kabylie. Continuons à écrire et à dire, cela servira certainement.
Merci à tous
Mus