Il y a vingt ans, un gendarme algérien avait tiré sur Lounès Matoub...
9 octobre 2008, 10:23, par stéphane
Cher Massin,
Merci d’avoir eu l’audace et le réflexe d’écrire et de dire l’une, parmi d’autres, des souffrances de Lounes. En effet, votre témoignage est vrai et juste. Nous étions, un petit groupe, à l’entrée de l’université ce jour du 8 octobre 88. Nous étions donc témoins encore une fois de l’abnégation de Lounes quant il s’agit de la cause. Mehdi est parti trop tôt et très jeune, Lounes a payé de sa vie, dix années plus tard, son combat ininterrompu pour tamazight et tamazgha. C’est aussi un hommage pour Mehdi. Un vrai militant.
Témoigner de ce jour maudit du 8 octobre 1988 c’est refuser l’oubli, c’est également rendre hommage aux militants qui ont veillé à ce que la Kabylie ne soit pas sacrifiée, à ce que les petits enfants Kabyles ne soient pas décimés par l’armée d’Alger pour qui il est facile d’appuyer sur la gâchette pour déverser une pluie de balle réelle et explosives, une armée qui n’a pas le soucis de l’impunité quand il s’agit de tirer sur le Kabyle. Une armée qui reste rancunière et raciste envers la Kabylie, un comportement hérité de la guerre d’indépendance.
Témoigner du rôle de l’université, de sa proximité avec le peuple et de son aura depuis les évènements d’Avril 80 c’est également dire le soucis qu ont les étudiants de préserver l’âme de la population, de ne pas envoyer les gens dans la gueule du loup mais surtout de (re) politiser les gens pour mieux échapper aux manipulations (nous savons maintenant l’importance et l’impacte d’un tract signé étudiants de l’université de Tizi-ouzou, pour ne citer que Tizi–ouzou). Cette expérience riche d’enseignements n’a pas été, malheureusement, profitable, n’a pas trop servie, car ce que l’université a pu éviter aux populations Kabyles de Kabylie entre 1980 et 1990 ne s’est pas reproduit en 2001.En 2001, les comités d’étudiants, sans doute anéantis par les partis politiques, les divisions partisanes…n’ont pas pu préserver des vies. Au contraire, des gens étaient envoyés dans la « gueule du loup » le 14 juin 2001tout en connaissant la nature et la perversité de l’armée algérienne. Là aussi il y a eu beaucoup de morts et de blessé. Il ne s’agit pas de faire une comptabilité macabre comparée, ni même de refaire l’histoire mais seulement dire que nous devrions faire attention à l’installation insidieuse d’une amnésie générale. Cette saloperie d’amnésie commence à produire ses effets, on le voit actuellement sur le terrain en Kabylie : une Kabylie où il ne fait guerre bon vivre, le kidnapping, le racket, le vol, le viole …une vie d’enfer pour les populations. Cette amnésie est parfois implicite, sinon comment expliquer par exemple après l’arrestation d’un journaliste connu en Algérie et connu également pour ses positions acides et négatives lors du printemps Berbère de 1980 que le nom de ce dernier soit affublé de la particule « Dda » que nous autres kabyle réservons jadis à des gens respectueux ou valeureux pour la cause Berbère à l’instar de Dda L’Mulud, Dda Muhend…
Oui le témoignage est important, témoigner c’est aussi écrire et dire l’authenticité. C’est rappeler même de façon très différée les choses et les faits pour que demain nul ne dira que je ne sais pas. Le 8 octobre 1988 c’est aussi une journée importante pour la Kabylie car un Homme a été mitraillé, des étudiants ligotés, leur dignité bafouée pour avoir oser prévenir les populations que quelque chose se tramait contre eux et anticiper les desseins génocidaires d’un pouvoir des plus autoritaire du monde. Merci Massin pour ta contribution.
Cher Massin,
Merci d’avoir eu l’audace et le réflexe d’écrire et de dire l’une, parmi d’autres, des souffrances de Lounes. En effet, votre témoignage est vrai et juste. Nous étions, un petit groupe, à l’entrée de l’université ce jour du 8 octobre 88. Nous étions donc témoins encore une fois de l’abnégation de Lounes quant il s’agit de la cause. Mehdi est parti trop tôt et très jeune, Lounes a payé de sa vie, dix années plus tard, son combat ininterrompu pour tamazight et tamazgha. C’est aussi un hommage pour Mehdi. Un vrai militant.
Témoigner de ce jour maudit du 8 octobre 1988 c’est refuser l’oubli, c’est également rendre hommage aux militants qui ont veillé à ce que la Kabylie ne soit pas sacrifiée, à ce que les petits enfants Kabyles ne soient pas décimés par l’armée d’Alger pour qui il est facile d’appuyer sur la gâchette pour déverser une pluie de balle réelle et explosives, une armée qui n’a pas le soucis de l’impunité quand il s’agit de tirer sur le Kabyle. Une armée qui reste rancunière et raciste envers la Kabylie, un comportement hérité de la guerre d’indépendance.
Témoigner du rôle de l’université, de sa proximité avec le peuple et de son aura depuis les évènements d’Avril 80 c’est également dire le soucis qu ont les étudiants de préserver l’âme de la population, de ne pas envoyer les gens dans la gueule du loup mais surtout de (re) politiser les gens pour mieux échapper aux manipulations (nous savons maintenant l’importance et l’impacte d’un tract signé étudiants de l’université de Tizi-ouzou, pour ne citer que Tizi–ouzou). Cette expérience riche d’enseignements n’a pas été, malheureusement, profitable, n’a pas trop servie, car ce que l’université a pu éviter aux populations Kabyles de Kabylie entre 1980 et 1990 ne s’est pas reproduit en 2001.En 2001, les comités d’étudiants, sans doute anéantis par les partis politiques, les divisions partisanes…n’ont pas pu préserver des vies. Au contraire, des gens étaient envoyés dans la « gueule du loup » le 14 juin 2001tout en connaissant la nature et la perversité de l’armée algérienne. Là aussi il y a eu beaucoup de morts et de blessé. Il ne s’agit pas de faire une comptabilité macabre comparée, ni même de refaire l’histoire mais seulement dire que nous devrions faire attention à l’installation insidieuse d’une amnésie générale. Cette saloperie d’amnésie commence à produire ses effets, on le voit actuellement sur le terrain en Kabylie : une Kabylie où il ne fait guerre bon vivre, le kidnapping, le racket, le vol, le viole …une vie d’enfer pour les populations. Cette amnésie est parfois implicite, sinon comment expliquer par exemple après l’arrestation d’un journaliste connu en Algérie et connu également pour ses positions acides et négatives lors du printemps Berbère de 1980 que le nom de ce dernier soit affublé de la particule « Dda » que nous autres kabyle réservons jadis à des gens respectueux ou valeureux pour la cause Berbère à l’instar de Dda L’Mulud, Dda Muhend…
Oui le témoignage est important, témoigner c’est aussi écrire et dire l’authenticité. C’est rappeler même de façon très différée les choses et les faits pour que demain nul ne dira que je ne sais pas. Le 8 octobre 1988 c’est aussi une journée importante pour la Kabylie car un Homme a été mitraillé, des étudiants ligotés, leur dignité bafouée pour avoir oser prévenir les populations que quelque chose se tramait contre eux et anticiper les desseins génocidaires d’un pouvoir des plus autoritaire du monde. Merci Massin pour ta contribution.
Stéphane
Aix en Provence