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"Anzwum" : un recueil de poèmes de Moha Mallal

12 octobre 2006, 11:33, par SOUPAPE

( Suite ...)

Le lecteur est un peu confus et se heurte à une problématique intéressante : Mallal fait-il passer un message porteur d’ espoir ou est-il, en fin de compte, pessimiste ? En réalité, les deux. Mais l’espérance l’ emporte fort heureusement. Révolté mais toujours perséverant, le poète y croit. Et donne envie d’ y croire. J’ avoue qu’ avant d’ avoir lu le recueil, j’ étais un tantinet pessimiste et pensais que jamais notre drapeau serait un jour visible de tous les monts. Mais Mallal m’ a redonné espoir ! Oui, l’ espoir de récupérer nos droits, notre terre et de faire reconnaître notre langue. L’ espoir de vivre notre dignité une bonne fois pour toutes. L’ espoir fait vivre...

Critique ( virulente mais très franche ! ) à l’égard de la traduction :

Etant " berberophone " , je n’ ai pas apprécié le travail de traduction de Monsieur Akesbi dans son ensemble. Cela ne regarde que moi mais personnellement, j’ ai senti un vrai décalage entre le sens des vers et de leur traduction. Je pense, en effet, que l’ auteur a tout simplement sur-traduit et a exagéré dans l’ utilisation du lexique soutenu. Des mots plus simples auraient pu être employés. Je n’ ai pas du tout apprécié le terme " fading " par exemple. La pensée du poète est difficile à décrypter ce qui rend laborieuse la compréhension du poème mais pas seulement ; cela incite le lecteur à aller chercher le sens là où il est, à se mettre à la place du poète, à vivre, en fait, ce qu’ il vit. Le traducteur m’ a quand même appris certains termes que je ne connaissais pas et je l’ en remercie :). Ce que je lui reproche, c’ est sa sur-traduction seulement ( Je suis loin de penser qu’il est responsable des fautes d’ orthographe ! Enfin, j’espère ! ). La préface de Haddachi, par contre, est particulièrement riche et indispensable à lire avant de se lancer dans l’ aventure des vers de Mallal. J’ aimerais, par contre, savoir si Monsieur
Akesbi s’ est déjà initié à la traduction tamazighte/ français et, si oui, connaître ses ouvrages ? Je tiens à noter que je n’ aurais jamais pu et oser traduire ce recueil, qui doit être une tâche difficile, comme il l’ a dit, de peur de transformer le sens des vers de l’ auteur et donc son message...Bravo à Monsieur Akesbi d’ avoir eu ce courage !

Je reviens à l’ auteur qui, à travers ce recueil, m’ a redonné l’envie de me battre et de ne jamais baissé les bras. Merci à lui :).

Difficile d’ avoir un " poème préféré " car tous sont d’ une nostalgie étouffante et d’ une beauté mélancolique unique.

Le seul qui ait réussi à me faire pleurer, c’ est l’ émouvante Iliss n Tmazirt ( sans parler de son accompagnement musical encore plus larmoyant...). Les poèmes qui ne m’ont pas plongé dans un univers taciturne m’ ont baigné, eux, dans une atmosphère philosophique et harmonieuse. D’ où ma réfléxion au début du commentaire sur l’ état d’ âme qui domine Mallal...Les vers sur la nature placent le lecteur entre ces deux états d’ âme. Une sorte d’ équilibre émotionnelle en quelque sorte. Et vitale pour ne pas sombrer dans le chaos psychologique...

Nombreux sont les poèmes qui m’ ont fait sourire. Un sourire à la vie. La majorité des poèmes dégagent une émotion si forte, si particulière, en tout cas, pour un Amazigh, que l’ ont lit et relit et multiplie les lectures jusqu’ à s’ épanouir. Quand je lis les poèmes de Mallal, je me sens encore plus forte et encore plus acharnée à me battre pour notre cause, pour notre liberté.

Mallal peut et doît être très fier de son travail. En tout cas, cet artiste à part entière a réussi, en tout cas, à me réveiller, à réactiver ma conscience.

Un dernier point ( Pour la pub :) ) : Je vous invite très fortement à lire ce recueil ( sans modération :) ) et à le relire une fois lu pour ceux qui n’ ont pas encore découvert " Mallal l’ écrivain-poète ". Cela en vaut vraiment la peine.

Tanmirt et Ayuz !