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L’assassinat de Lounès Matoub ou comment "soulever" la Kabylie...

15 juillet 2006, 14:05, par Salah

Azul à tous les internautes de Tazmazgha.

C’est un fidèle de MATOUB qui vous parle.

Aujourd’hui, ce n’est pas de « qui a tué MATOUB » dont il est important de parler, vous le savez très bien que cette affaire verra le jour quand « Ils » le voudront et c’est pas pour demain. Tant que les assassins bénéficient de la protection du pouvoir, la justice ne pourra faire son travail. Les soupçons, les indices, les investigations faites et les preuves recueillies depuis huit ans, sont suffisantes pour ouvrir un procès loyal et transparent qui va nous donner les raisons de cet assassinat et ces raisons vont démasquer les auteurs et les commanditaires de ce crime. Il ne faut pas confondre vitesse et précipitation, comme disait Lounès, « tout arrive à point pour celui qui sait attendre ».

Si je peux me permettre, ce qui est essentiel aujourd’hui, c’est de protéger la mémoire de l’artiste, protéger et pérenniser sa mémoire et surtout apprendre par cœur son message qui est fédérateur. Matoub est un véritable projet de société, c’est certainement pour ça qu’ils l’ont tué, c’est parce qu’il avait la solution pour sortir la Kabylie de la dérive. L’intégrisme était une de ses hantises, mais le plus grand fléau qui ravage notre pays, c’est la corruption, les passe-droits, les injustices, la débauche de la jeunesse par l’alcool, la drogue et la prostitution.

Une Fondation est née pour fédérer ce travail, c’est la seule Fondation en Kabylie et cette Fondation est en péril pour faute de moyens. Elle se refuse de composer avec les aides de l’état pour ne pas tomber sur le coup de la récupération, mais elle ne pourrait continuer sa résistance plus longtemps sans un apport de moyens financiers et matériels. Si cette Fondation devait disparaître, nous aurions en plus de chercher « qui a tué MATOUB ? », le devoir de savoir « qui a tué sa mémoire ? ». C’est de toute évidence les mêmes.

Il est vrai, n’en déplaise à certains, que c’est sa famille proche qui a la lourde responsabilité et la légitimité de gérer cette Fondation, mais qu’en serait-il dans le cas contraire ? Qui aurait pu supporter autant d’agressions verbales, de dénigrements, de rumeurs nocives depuis huit ans, sans baisser les bras, si ce n’était pas celles qui ont le même sang qui coule dans leurs veines, celles qui ressentent au quotidien la douleur de l’absence d’un fils ou d’un frère, celles qui se sont constituées partie civile devant les tribunaux et qui auront à porter ce fardeau jusqu’à l’aboutissement de leurs revendications. Ce qu’elles subissent est inexplicable et inhumain, chargées de ce lourd fardeau, elles doivent en plus ramper pour avancer. Les assassins eux, ont un atout majeur, l’appauvrissement et l’aliénation mentale qui sont entretenus par une population immature qui se trompe éternellement de colère. Je veux dire par là que si une personne célèbre venait à être assassinée, les assassins n’ont pas besoin de faire taire ses représentants légitimes, le peuple s’en charge. Le NHASS Kabyle (mot intraduisible en français) prend le relais. L’héritage matériel de la victime ne devra en aucun cas revenir à sa mère ou son père, sa femme, ses frères et sœurs ou ses enfants. Un pillage collectif se déclenche sous le prétexte d’un idolâtre qui prive les ayants droits de l’artiste de toute commercialisation du patrimoine légué par l’artiste. Cet artiste est victime de sa générosité, au lieu de lui « renvoyer la balle » aujourd’hui, son peuple le poursuit avec une mesquinerie imposée à ses héritiers. Ce qui revient à la famille, c’est les problèmes avec lesquels elle doit trouver des solutions pour répondre à cette même population qui l’a prive de ses moyens, et qui veut malgré tout, savoir « qui a tué MATOUB ». C’est un comble qui est entretenu par les assassins de MATOUB, le psychiatre d’Aghriv lui, connaît bien ce sujet pour avoir étudier les cerveaux de notre peuple victime de son histoire.
Le cas de MATOUB n’est ni le premier ni le dernier, mais nous refusons de retenir les leçons.
Ce que je voudrai dire pour terminer, c’est qu’il faut laisser chacun faire son travail :

1) La famille de Lounès MATOUB fait tant bien que mal son travail pour dénoncer les assassins et les commanditaires de ce crime et l’on pourra espérer à un futur résultat si on arrête de lui mettre des bâtons dans les roues, la justice se contente de preuves et non d’appréciations. Cette famille a besoin de moyens pour casser ce mur de silence qui lui est imposé et cette famille se passerait bien de ce brouhaha de rumeurs qui freine son travail et qui l’empêche d’avancer. Nul n’est obligé d’aider mais se doit de laisser travailler ceux qui le veulent.

2) Une Fondation portant le nom du Rebelle a été créée pour pérenniser la mémoire de Lounès MATOUB. Cette mémoire collective est dédiée à tout son peuple et c’est à ceux qui se sentent concernés d’adhérer aux statuts de cette Fondation pour empêcher toute récupération ou malversation portant atteint à cette mémoire qui est notre héritage à tous. La confiance est la seule arme véritable pour combattre nos ennemis et aboutir à la vérité sur l’assassinat de Lounès MATOUB. Nous devons toutes et tous être artisans de cette quête de vérité en empêchant la mort de cette Fondation qui est le principal objectif des assassins et des commanditaires.

3) L’exploitation de l’œuvre à MATOUB pourrait largement répondre aux frais qu’a besoin sa famille pour mener à bout ses revendications ainsi qu’assurer la survie de la Fondation qui porte son nom, mais là aussi, la liste des assassins ne fait qu’augmenter. En plus de ceux qui l’ont tué physiquement, il y a ceux qui le tue au quotidien. La mafia du disque fonctionne avec les principes du système corrupteur qui les a enfantés. En Algérie, le business et la culture ne sont pas compatibles. Le pillage total de l’œuvre a démarré dés l’annonce de la mort du lion. Huit ans après, aucun retour n’a été fait par les éditeurs, même pas une gerbe de fleurs sur la tombe de celui qui les a fait existés. Jusqu’aujourd’hui, aucun centime des ventes de l’œuvre de MATOUB ne profite à sa famille ou à sa Fondation, ni à son peuple d’ailleurs. Pour certains, c’est normal, surtout pour les assassins, « win i vran a di zur n’vi, a di zouir dw ouvarani ». La réussite est devenue tabou chez les kabyles. La Kabylie a enfanté un puit de pétrole culturel à l’image de MATOUB mais le NHASS des mentalités a fait que cette richesse est confiée aux étrangers et ne profitera jamais à ceux qui méritent.

Merci pour votre compréhension.

Signé : Salah, un membre actif de cette Fondation.