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	<title>TAMAZGHA </title>
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		<title>TAMAZGHA </title>
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		<title>Raison et bon sens r&#233;volutionnaire.</title>
		<link>http://www.tamazgha.fr/Raison-et-bon-sens-revolutionnaire.html</link>
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		<dc:date>2015-11-03T00:03:15Z</dc:date>
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		<dc:creator>Masin</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Compte tenu du contexte actuel et de la situation qui pr&#233;vaut sur la terre de Tamazgha, beaucoup d'acteurs politiques, par ignorance et/ou par manque de prudence, se prennent au jeu des Etats anti-amazighs en place d'une mani&#232;re ou d'une autre. Le fait d'adopter une politique r&#233;actionnaire cela fait que l'on se trouve &#224; chaque fois d&#233;pass&#233;s par les &#233;v&#233;nements et l'on est r&#233;duit &#224; r&#233;agir aux actes politiques de l'ennemi par des actions tr&#232;s timides et tr&#232;s souvent ridicules. &lt;br class='autobr' /&gt;
Vouloir n'est (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.tamazgha.fr/-Kabylie-252-.html" rel="directory"&gt;Kabylie&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Compte tenu du contexte actuel et de la situation qui pr&#233;vaut sur la terre de Tamazgha, beaucoup d'acteurs politiques, par ignorance et/ou par manque de prudence, se prennent au jeu des Etats anti-amazighs en place d'une mani&#232;re ou d'une autre. Le fait d'adopter une politique r&#233;actionnaire cela fait que l'on se trouve &#224; chaque fois d&#233;pass&#233;s par les &#233;v&#233;nements et l'on est r&#233;duit &#224; r&#233;agir aux actes politiques de l'ennemi par des actions tr&#232;s timides et tr&#232;s souvent ridicules.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;br&gt;
Vouloir n'est pas toujours pouvoir, mais, du moins, tout r&#233;side dans les strat&#233;gies et les plans d'action auxquels on a opt&#233; pour sauver la Kabylie des griffes des monstres qui, au quotidien, ne m&#233;nagent aucun effort pour l'enfoncer encore davantage dans ce foss&#233; menant vers les abysses de la disparition. Les femmes et les hommes politiques doivent comprendre une bonne fois pour toutes que la t&#226;che est tr&#232;s dure, d'o&#249; la n&#233;cessit&#233; de s'asseoir et construire un projet r&#233;volutionnaire sur de bonnes bases avec un socle tr&#232;s enracin&#233; dans la soci&#233;t&#233; kabyle. &lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Un projet digne de ce nom, un projet qui doit &#339;uvrer pour l'av&#232;nement d'un Etat kabyle souverain avec des institutions solides r&#233;pondant aux vraies aspirations du peuple kabyle est plus que n&#233;cessaire. Jusque-l&#224; toutes les initiatives allant dans ce sens manquent d'outils aboutissant &#224; cet objectif tant r&#234;v&#233; par l'ensemble des Kabyles soucieux de leur Kabylie. &lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Le fait de prononcer l'id&#233;e de munir la Kabylie de son propre Etat est une avanc&#233;e consid&#233;rable sur le plan id&#233;ologique, mais le temps joue contre toute passivit&#233; et surtout tout travail mal fait pour y arriver. L'&#232;re des constats pour proposer des pleurnichardes collectives sur notre sort est r&#233;volu, un travail efficace et pragmatique s'impose sur tous les plans. Il est temps de trouver le moyen efficace pour y arriver en un temps record. La Kabylie a beaucoup souffert de ses ennemis d&#233;clar&#233;s (Etat alg&#233;rien, islamistes, arabistes,&#8230;), mais le plus grand handicap r&#233;side dans la qualit&#233; de ceux qui ont pris cette &#171; responsabilit&#233; &#187; de la repr&#233;senter et de la d&#233;fendre. Les acteurs politiques sont &#224; l'image de cet ennemi jur&#233; qui est l'Etat alg&#233;rien qui a su canaliser et ma&#238;triser tout soul&#232;vement populaire. Ainsi, le peuple, qui est dans le fond acquis &#224; l'id&#233;e de lib&#233;ration, est souvent abus&#233; par ses soi-disant repr&#233;sentants qui pervertissent les soul&#232;vements en jouant le r&#244;le de relais du syst&#232;me colonial. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le temps est venu d'entamer un projet r&#233;volutionnaire visant la lib&#233;ration de la Kabylie sans d&#233;tour ni bricolage. Une fois cet objectif est d&#233;fini par les plus d&#233;termin&#233;s &#224; l'atteindre, il reste juste &#224; &#233;laborer les bonnes strat&#233;gies adapt&#233;es &#224; toutes les situations plausibles. Le peuple kabyle n'attend qu'un projet coh&#233;rent, clair et r&#233;volutionnaire. &lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Tout ceci passe par la n&#233;cessit&#233; de d&#233;masquer tous les imposteurs qui ont usurp&#233; le champ de lutte en faisant des ravages aux sein m&#234;me de la soci&#233;t&#233; kabyle avec leurs d&#233;marches sans issues et trompeuses. La Kabylie a besoin de celles et ceux qui la veulent forte, digne et debout, n'acceptant jamais l'humiliation et le d&#233;shonneur. Elle doit &#234;tre &#233;pargn&#233;e &#224; tout prix de l'absurdit&#233; de certains agissements la menant vers l'impasse assur&#233;e. C'est pour cela que l'implication des gens pragmatiques, de bonne volont&#233; et de bon sens, surtout, est la cl&#233; de la r&#233;ussite de ce projet lib&#233;rateur. &lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Nnda Tafrara.&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Surfez, twittez, tchachez, d&#233;gagez les !</title>
		<link>http://www.tamazgha.fr/Surfez-twittez-tchachez-degagez.html</link>
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		<dc:date>2011-02-23T12:42:50Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Masin</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Quel bonheur de d&#233;couvrir que la jeunesse actuelle poss&#232;de en main l'arme supr&#234;me contre la tyrannie. Nous ne l'avions pas, cette arme, combien nous aurait-elle &#233;t&#233; utile pour combattre l'ombre et le silence, la b&#234;te et le sordide. Voil&#224; enfin que la plus grande des forces est entre les mains de nos cadets, les nouvelles technologies, le pire cauchemar de nos tyrans. &lt;br class='autobr' /&gt;
Plus possible de tirer sur la foule, de massacrer en silence, loin des regards. Un simple clic, une petite photo et c'est le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.tamazgha.fr/-Tribune-libre-.html" rel="directory"&gt;Tribune libre&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Quel bonheur de d&#233;couvrir que la jeunesse actuelle poss&#232;de en main l'arme supr&#234;me contre la tyrannie. Nous ne l'avions pas, cette arme, combien nous aurait-elle &#233;t&#233; utile pour combattre l'ombre et le silence, la b&#234;te et le sordide. Voil&#224; enfin que la plus grande des forces est entre les mains de nos cadets, les nouvelles technologies, le pire cauchemar de nos tyrans. &lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Plus possible de tirer sur la foule, de massacrer en silence, loin des regards. Un simple clic, une petite photo et c'est le regard du monde entier braqu&#233; sur vous. La lumi&#232;re et la voix qui portent loin des fronti&#232;res, instantan&#233;es, terriblement pr&#233;cises, voila bien le diable pour cette arm&#233;e de l'obscurit&#233; et du n&#233;ant. Irr&#233;pressible, incontr&#244;lable et terriblement efficace, Internet les condamne &#224; la d&#233;faite. Il &#233;tait temps&#8230;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Que notre jeunesse use et abuse de sa virtuosit&#233; avec ce nouvel instrument, un univers dans lequel ils sont n&#233;s. Il est le meilleur et le pire, disions-nous, mais aujourd'hui il est le sauveur de millions de gens emprisonn&#233;s dans un monde fig&#233; que nos militaires d'un autre &#226;ge ont cru nous emmurer. Il est le meilleur qui puisse nous arriver car nous voyons bien que ces barbares sont perplexes et sans d&#233;fense devant un d&#233;ferlement de lumi&#232;re, de portes ouvertes et d'espoir. Les r&#233;gimes commencent &#224; trembler, deux d'entre eux sont tomb&#233;s, &#224; qui le tour ?&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Surfez, &#233;changez, r&#233;unissez vous, ici, l&#224;, donnez leur le tournis. Amassez le plus d'informations sur les responsables, leurs noms, leurs actions, faites leur peur. Sortez les de l'ombre, mettez les &#224; la lumi&#232;re, ils la craignent. Rien ne pourrait vous faire arr&#234;ter dans ce mouvement de libert&#233; qu'ils ne peuvent contr&#244;ler, qu'ils ne savent contr&#244;ler. Lib&#233;rez-vous et ne tombez pas dans le pi&#232;ge de vos a&#238;n&#233;s. Des marches, nous en avons fait des tonnes, des communiqu&#233;s, &#224; ne plus savoir quoi dire... Ces d&#233;marches sont n&#233;cessaires, je les soutiens, mais elles ne pourront gagner sans cette magnifique logistique que repr&#233;sentent des centaines de milliers de jeunes derri&#232;re leurs ordinateurs ou &lt;i&gt;Smartphone&lt;/i&gt; en main. Les deux strat&#233;gies doivent aller de pair.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Avec Internet, c'est une autre arm&#233;e des ombres qui appara&#238;t, bien plus redoutable et tellement sympathique (je d&#233;sesp&#233;rais de pouvoir mettre un jour cet adjectif devant ce mot diabolique). Elle agit vite, ne se forme et ne se d&#233;voile qu'au dernier moment, ne permet pas l'introduction de mouchards et mobilise d'une mani&#232;re incroyablement plus &#233;largie. Exprimez-vous et mobilisez-vous comme jamais nous n'avions pu le faire avec nos piteux instruments traditionnels, une brindille qui voulait terrasser le dragon.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Laissons ces dinosaures contrer le mouvement avec les actions d'un autre si&#232;cle, laissons leurs m&#233;dia assener toutes les contre-v&#233;rit&#233;s, absolument aucun d'entre eux n'aura la puissance des nouveaux outils de communication. Ne refaites pas notre erreur en vous contrant directement avec ces assassins et en employant des m&#233;thodes militantes d'antan. Construisez votre libert&#233; dans un monde qui leur &#233;chappe et qui leur tourne le dos. Un monde dont on a dit qu'il &#233;tait virtuel, quelle erreur !&lt;br class='autobr' /&gt;
Le grand Ben Ali et le puissant Moubarak ont &#233;t&#233; r&#233;duits &#224; n&#233;ant par le d&#233;ferlement de moyens de communications modernes. Une magnifique opportunit&#233; que chacun peut avoir entre ses mains, la partager, l'amplifier. Un rempart s'est &#233;rig&#233; contre la tyrannie, quel soulagement, nous pensions ne jamais vivre assez longtemps pour le voir.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
A vos souris, &#224; vos blogs, &#224; vos &lt;i&gt;Facebook&lt;/i&gt; et autres &lt;i&gt;Twitter,&lt;/i&gt; ne les l&#226;chez pas, ne leur laissez pas un moment de r&#233;pit, vous pouvez les faire d&#233;gager, une fois pour toute.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Renvoyer l'arm&#233;e &#224; ses casernes et ses g&#233;n&#233;raux en prison, nous l'avions r&#234;v&#233;, vous le ferez&#8230;.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;i&gt; &lt;strong&gt;SID-LAKHDAR Boum&#233;diene&lt;/strong&gt; &lt;br&gt;
Enseignant&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Catholiques ou pas, ce sont mes compatriotes libres !</title>
		<link>http://www.tamazgha.fr/Catholiques-ou-pas-ce-sont-mes.html</link>
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		<dc:date>2010-10-07T21:48:03Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Masin</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Je suis ath&#233;e, profond&#233;ment ath&#233;e et j'ai v&#233;cu la douleur de l'oppressante religion pendant cinquante cinq ans de ma vie. Tr&#232;s t&#244;t on m'a annonc&#233; que j'&#233;tais musulman, puis on m&#8216;a dit que j'&#233;tais arabe et socialiste et puis encore et encore&#8230; On n'a cess&#233; de me dire qui j'&#233;tais et ce que je devais penser. Dans le parcours &#233;puisant de ces longues ann&#233;es, je me suis battu pour affronter la b&#234;tise et le danger d'une pression morale qui voulait diriger mon esprit de discernement. Ils se sont (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.tamazgha.fr/-Tribune-libre-.html" rel="directory"&gt;Tribune libre&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.tamazgha.fr/local/cache-vignettes/L142xH150/arton2635-afc80.jpg?1777933124' class='spip_logo spip_logo_right' width='142' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je suis ath&#233;e, profond&#233;ment ath&#233;e et j'ai v&#233;cu la douleur de l'oppressante religion pendant cinquante cinq ans de ma vie. Tr&#232;s t&#244;t on m'a annonc&#233; que j'&#233;tais musulman, puis on m&#8216;a dit que j'&#233;tais arabe et socialiste et puis encore et encore&#8230; On n'a cess&#233; de me dire qui j'&#233;tais et ce que je devais penser. Dans le parcours &#233;puisant de ces longues ann&#233;es, je me suis battu pour affronter la b&#234;tise et le danger d'une pression morale qui voulait diriger mon esprit de discernement. Ils se sont &#233;puis&#233;s &#224; le faire sans r&#233;sultat autant qu'ils m'ont &#233;puis&#233;, je dois l'avouer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout au long de ces ann&#233;es, moi, je voulais leur dire que j'&#233;tais tout simplement moi-m&#234;me et que j'aimais passionn&#233;ment ce pays o&#249; j'&#233;tais n&#233;, sans qu'il soit besoin de d&#233;clamer des professions de foi &#224; s'en &#233;poumoner. J'ai d'ailleurs bien constat&#233; que ceux qui faisaient un &#233;talage outrancier de leur nationalisme ou de leur foi n'ont jamais eu d'&#233;tat d'&#226;me lorsqu'il s'est agit d'investir ou de r&#233;sider dans les pays impies et ennemis. &lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai affront&#233; cette chape de plomb religieuse, me suis profond&#233;ment prot&#233;g&#233; contre le racisme et le sort d&#233;testable r&#233;serv&#233; &#224; mes compatriotes berb&#233;rophones et &#233;crit sans rel&#226;che ma d&#233;testation de ce r&#233;gime politique inf&#226;me. Au nom d'une certaine justice, difficile &#224; faire comprendre, j'ai m&#234;me refus&#233; de me ranger aux c&#244;t&#233;s de l'opinion g&#233;n&#233;rale consistant &#224; se convaincre que la barbarie des groupes arm&#233;s justifiait que l'on se range&#226;t derri&#232;re le joug des militaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est donc naturel, quelles que soient mes opinions vis-&#224;-vis de toutes les religions, que je m'indigne face au sort r&#233;serv&#233; &#224; des compatriotes qui ont choisi un autre culte, une autre philosophie, un autre dogme que ceux que l'id&#233;ologie dominante tente d'imposer. Il ne m'appartient pas de les juger, je n'en ai d'ailleurs aucunement l'intention. L'&#233;tat d'&#226;me d'un d&#233;mocrate doit &#234;tre sans faille et aujourd'hui comme hier, je m'insurge contre l'acharnement fait &#224; des citoyens qui ont un droit inali&#233;nable d'adh&#233;rer &#224; un culte religieux, moral ou id&#233;ologique. Ou d'ailleurs le r&#233;int&#233;grer si l'histoire est telle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien de plus l&#226;che que de couvrir sa b&#234;tise derri&#232;re un dogme religieux cens&#233; &#234;tre partag&#233; par tous. Ils sont catholiques, et alors ? Je suis bien ath&#233;e, r&#233;solument ath&#233;e. Et c'est s&#251;rement pour cela que l'on m'a lu dans les tribunes alg&#233;riennes &#224; d&#233;fendre, non pas l'int&#233;grisme barbare (attitude dont on nous a accus&#233; si facilement) mais la libert&#233; pour des millions de personnes &#224; se r&#233;fugier dans une religion pour manifester leur col&#232;re face &#224; un r&#233;gime brutal, barbare et sans concession. C'est cela qui m'a amen&#233; &#224; essayer de comprendre le soul&#232;vement des populations dans ses d&#233;buts. Il m'en a co&#251;t&#233; beaucoup car je suis radicalement &#224; l'oppos&#233; de leurs positions, &#224; un point dont on ne peut imaginer. Mais &#224; cet instant, &#224; cet instant seulement de leur histoire, ils manifestaient leur rage devant un r&#233;gime qui les a outrageusement bafou&#233;s. Lorsque l'on s'&#233;rige en juge (et qui sommes nous pour le faire ?) il faut tout mettre sur le banc de l'accusation, pour autant que ce mot ait un sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis outr&#233; du sort et de l'acharnement envers des compatriotes qui ne demandent qu'&#224; vivre leur vie paisiblement, dans une croyance de leur choix. Cette croyance m'importe peu, je ne la partage pas mais tout d&#233;mocrate doit &#234;tre au c&#244;t&#233; de ceux qui ont une opinion. Que m'importe, je l'ai d&#233;j&#224; dit dans une publication pr&#233;c&#233;dente, les raisons qui poussent ces compatriotes &#224; se d&#233;clarer catholiques. R&#233;alit&#233; de l'histoire, sinc&#233;rit&#233; de leur foi, r&#233;action militante contre un pouvoir qui les accable avec la pens&#233;e religieuse unique&#8230; ? Que m'importe. La religion n'est pas l'affaire du domaine public, eux comme les autres ne m'int&#233;ressent pas par le fond de ce qu'ils d&#233;clarent &#234;tre la &#171; v&#233;rit&#233; &#187; mais par la libert&#233; par laquelle ils l'expriment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;SID-LAKHDAR Boum&#233;diene&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Enseignant&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Une machine de guerre contre Tamazight...</title>
		<link>http://www.tamazgha.fr/Une-machine-de-guerre-contre.html</link>
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		<dc:date>2010-09-27T20:22:26Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Masin</dc:creator>


		<dc:subject>Notre s&#233;lection</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Nous avons assist&#233; r&#233;cemment &#224; quelques interventions d'intellectuels alg&#233;riens, parfois mal plac&#233;s pour s'exprimer sur une question qui concenrne en premier lieu des linguistes berb&#233;risants, sur la question du choix de l'alphabet pour la transcription de tamazight. Et comme par hasard, ces derniers plaident pour la transcription de tamazight en caract&#232;res arabes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous publions ci-apr&#232;s la position de Salem Chaker &#224; ce sujet, une position exprim&#233;e d&#233;j&#224; depuis quelques d&#233;cennies. &lt;br class='autobr' /&gt; Le (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.tamazgha.fr/-Analyses-.html" rel="directory"&gt;Analyses&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.tamazgha.fr/+-Notre-selection-+.html" rel="tag"&gt;Notre s&#233;lection&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.tamazgha.fr/local/cache-vignettes/L138xH150/arton2630-48fa3.jpg?1777936851' class='spip_logo spip_logo_right' width='138' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous avons assist&#233; r&#233;cemment &#224; quelques interventions d'intellectuels alg&#233;riens, parfois mal plac&#233;s pour s'exprimer sur une question qui concenrne en premier lieu des linguistes berb&#233;risants, sur la question du choix de l'alphabet pour la transcription de tamazight. Et comme par hasard, ces derniers plaident pour la transcription de tamazight en caract&#232;res arabes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous publions ci-apr&#232;s la position de Salem Chaker &#224; ce sujet, une position exprim&#233;e d&#233;j&#224; depuis quelques d&#233;cennies.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div class='spip_document_2280 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tamazgha.fr/local/cache-vignettes/L399xH469/photo_chaker-c2fb3.jpg?1777936851' width='399' height='469' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le d&#233;bat autour de l'alphabet : serpent de mer / arme de guerre*&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Depuis plusieurs d&#233;cennies, on voit revenir cycliquement dans le d&#233;bat public &#8211; politique et universitaire &#8211; la m&#234;me controverse sur la question de la graphie usuelle de la langue berb&#232;re : &lt;i&gt;graphie latine, graphie arabe, graphie tifinagh ?&lt;/i&gt; Pseudo d&#233;bat, totalement pr&#233;d&#233;termin&#233; par les options id&#233;ologiques, et en d&#233;finitive par l'instance politique : cela a &#233;t&#233; le cas au Maroc avec l'adoption surprise des n&#233;o-tifinagh par l'Ircamen 2002 ; c'est le cas en Alg&#233;rie avec ceux qui voudraient imposer la graphie arabe. Pour contextualiser le d&#233;bat, on rappellera qu'apr&#232;s le Printemps berb&#232;re de 1980, le FLN et le Pr&#233;sident Chadli&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On sait qu'il sera suivi dans cette position par le Pr&#233;sident Bouteflika qui (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; d&#233;claraient d&#233;j&#224; : &#034;&lt;i&gt;Oui &#224; l'enseignement du berb&#232;re, &#224; condition qu'il soit &#233;crit en caract&#232;res arabes&lt;/i&gt;&#034; ! Cette id&#233;e est donc ancienne et &#233;mane toujours de milieux fortement marqu&#233;s par l'id&#233;ologie arabiste (plus qu'islamiste d'ailleurs) et en g&#233;n&#233;ral proches des milieux dirigeants de l'Etat.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
Pour tous les berb&#233;risants s&#233;rieux, du moins ceux qui se sont pench&#233;s sur cette question depuis longtemps et qui ne d&#233;couvrent pas les probl&#232;mes d'am&#233;nagement du berb&#232;re depuis que les instances politiques alg&#233;riennes et marocaines ont donn&#233; leur &#034;feu-vert&#034;, la r&#233;ponse ne fait pas de doute. Pour ma part, je m'en suis expliqu&#233; depuis pr&#232;s de trente ans : une diffusion large du berb&#232;re passe n&#233;cessairement par la graphie latine, parce que :&lt;br /&gt;
&#8210; L'essentiel de la documentation scientifique disponible est dans cette graphie ; &lt;br /&gt;
&#8210; Un travail significatif d'am&#233;nagement de cette graphie a &#233;t&#233; men&#233; durant tout le XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle ; &lt;br /&gt;
&#8210; L'essentiel de la production destin&#233;e au grand public (revues associatives, production litt&#233;raire), en Afrique du Nord comme en Europe, utilise cet alphabet. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Revenons pr&#233;cis&#233;ment au d&#233;bat que l'on essaie r&#233;guli&#232;rement de relancer. On notera d'abord que l'on invoque g&#233;n&#233;ralement la science, l'universit&#233; : on mobilise les savoirs des linguistes quant &#224; la relation purement conventionnelle entre une langue et sa repr&#233;sentation graphique ; ceux des historiens sur l'existence de traditions anciennes de graphies du berb&#232;re en caract&#232;res arabes ; du sociologue de l'&#233;ducation et de la culture pour rappeler que la majorit&#233; de la population a une pratique de l'alphabet arabe. Tout cela pour d&#233;fendre &lt;i&gt;in fine&lt;/i&gt; une notation usuelle en caract&#232;res arabes.&lt;br /&gt;
On occulte bien s&#251;r le fait que les notations arabes du berb&#232;re, bien attest&#233;es depuis le haut Moyen &#226;ge, &lt;br /&gt;
&#8210; Sont rest&#233;es &lt;i&gt;l'apanage de milieux lettr&#233;s tr&#232;s restreints ; &lt;/i&gt;&lt;br /&gt;
&#8210; Qu'elles n'ont jamais donn&#233; lieu &#224; une v&#233;ritable codification graphique du berb&#232;re ; &lt;br /&gt;
&#8210; Que toutes les &#233;tudes r&#233;centes montrent qu'il s'agissait plus d'aide-m&#233;moires, de b&#233;quilles pour une transmission rest&#233;e fondamentalement orale et qu'il est impossible de d&#233;coder ces textes berb&#232;res, &lt;i&gt;anciens ou actuels,&lt;/i&gt; &#233;crits en arabe sans une oralisation t&#226;tonnante (voir notamment les test r&#233;alis&#233;s par A. El Mountassir 1994). &lt;br /&gt;
On occulte bien s&#251;r aussi le fait que l'alphabet latin est, lui aussi, tr&#232;s largement r&#233;pandu en Afrique du Nord.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au niveau de l'abstraction transhistorique, nous savons bien que toute langue, sous r&#233;serve d'adaptations plus ou moins importantes, peut &#234;tre repr&#233;sent&#233;e par n'importe quel syst&#232;me d'&#233;criture. C'est ce qui explique que les &#233;critures ont pu voyager, ont &#233;t&#233; emprunt&#233;es et adapt&#233;es de peuple &#224; peuple, de langue &#224; langue : l'alphabet latin du fran&#231;ais n'est pas celui de Rome, ni celui de l'allemand, ni celui des langues scandinaves ou du tch&#232;que. De m&#234;me que l'alphabet arabe du persan, du turc ottoman et des autres langues d'Asie centrale n'est pas celui de l'arabe classique. De m&#234;me, sur moins d'un si&#232;cle, certaines langues d'Asie centrale ont &#233;t&#233; &#233;crites en alphabet arabe, en latin et en cyrillique ! A ce niveau de g&#233;n&#233;ralit&#233;, il est &#233;vident que le berb&#232;re, comme toute langue, pourrait &#234;tre &#233;crit en syllabaire japonais ou en alphabet cyrillique. Mais au-del&#224; de ces consid&#233;rations abstraites et des potentialit&#233;s th&#233;oriques, une &#233;criture usuelle, du fait m&#234;me de cette qualit&#233;, se d&#233;veloppe dans un contexte historique et un environnement socioculturel d&#233;termin&#233;s, et pas seulement dans les cabinets des linguistes et grammairiens.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Car, ignorance r&#233;elle ou ignorance feinte, on occulte dans tous les cas le fait que depuis un bon si&#232;cle, un travail de r&#233;flexion sur la notation usuelle &#224; base latine, directement inspir&#233; par la recherche universitaire sur le berb&#232;re, a &#233;t&#233; men&#233; et a permis des avanc&#233;es significatives. Initi&#233; et accompagn&#233; par des universitaires, par des praticiens du berb&#232;re, largement relay&#233; par le mouvement associatif, ce travail sur la graphie usuelle &#224; base latine a connu des am&#233;liorations progressives et simplifications qui en font d&#233;sormais une &#233;criture fonctionnelle, raisonn&#233;e et adapt&#233;e &#224; toutes les formes de berb&#232;re. Repr&#233;sentation phonologique, ma&#238;trise et explicitation de la segmentation font de la graphie usuelle latine une v&#233;ritable &#233;criture &#034;berb&#232;re&#034;, g&#233;n&#233;ralisable &#224; l'ensemble du domaine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tourner le dos &#224; un si&#232;cle d'usage social actif de la graphie &#224; base latine pour imposer l'alphabet arabe ne pourrait qu'avoir de graves incidences n&#233;gatives et ralentir voire bloquer le processus de diffusion de l'&#233;crit. &lt;br /&gt;
Pour des raisons pratiques d'abord : seule la notation latine &#224; fait l'objet d'un processus de codification et d'adaptation aux contraintes particuli&#232;res et lourdes du berb&#232;re. Utiliser un autre alphabet reviendrait &#224; jeter aux orties ce lent et complexe travail de maturation, d&#233;j&#224; largement adopt&#233; par les producteurs sur le terrain, notamment les &#233;crivains. Tr&#232;s concr&#232;tement, une graphie arabe pour le berb&#232;re serait une r&#233;gression s&#233;v&#232;re dans le processus de codification et de diffusion de l'&#233;crit. On en reviendrait forc&#233;ment &#224; des notations de type phon&#233;tique, fortement dialectalis&#233;es, &#224; segmentation al&#233;atoire et non explicite et ne permettant pas la lecture sans oralisation. Car, outre que le processus de codification n'a jamais &#233;t&#233; engag&#233; &#224; partir de l'alphabet arabe, on aurait &#8211; m&#234;me en supposant de la bonne volont&#233; et des intentions g&#233;n&#233;reuses &#8211; de s&#233;rieuses difficult&#233;s &#224; s'abstraire des contraintes de la tradition arabisante pour construire &#224; partir de cette &#233;criture une repr&#233;sentation coh&#233;rente et efficace du berb&#232;re.&lt;br /&gt;
Mais aussi pour des raisons symboliques : qu'on le veuille ou non, l'&#233;mergence berb&#232;re, l'&#233;mergence de la langue berb&#232;re s'est faite au cours du XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle contre l'id&#233;ologie arabo-islamique dominante et, pour l'essentiel, hors du cadre culturel arabo-islamique. C'est l'ouverture sur le monde et sur l'Occident qui a donn&#233; aux Berb&#232;res et &#224; la langue berb&#232;re les outils de leur affirmation et de leur existence. Vouloir imposer au berb&#232;re l'habit de l'alphabet arabe trahit explicitement une volont&#233; de le (les) faire rentrer dans le giron de la famille arabo-musulmane, pour l'y &#233;touffer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En r&#233;alit&#233;, on a affaire &#224; une machine de guerre contre le berb&#232;re, que l'on d&#233;ploie lorsqu'il est devenu impossible de s'opposer, sur le principe, &#224; sa reconnaissance, &#224; son d&#233;veloppement et &#224; sa g&#233;n&#233;ralisation. On met alors en avant le probl&#232;me &#034;technique&#034; de l'alphabet, pour tenter de d&#233;truire l'acquis et orienter d'embl&#233;e le passage &#224; l'&#233;crit et l'enseignement de la langue berb&#232;re vers un cul-de-sac assur&#233;, vers l'enlisement et/ou la floklorisation. C'est ce qui se confirme au Maroc avec le choix des n&#233;o-tifinagh. C'est ce qui se passerait en Alg&#233;rie si l'alphabet arabe venait par malheur &#224; &#234;tre impos&#233;. Au fond, il s'agit, dans tous les cas, m&#234;me si les argumentaires sont &#233;videmment tr&#232;s diff&#233;rents, de bloquer toute possibilit&#233; de d&#233;veloppement r&#233;el de la langue berb&#232;re, de la neutraliser en lui imposant un carcan non fonctionnel qui la condamne &#224; une simple fonction embl&#233;matique (pour les n&#233;o-tifinagh) ou au rejet et &#224; la d&#233;saffection par les populations elles-m&#234;mes (pour l'alphabet arabe) ; en un mot, il s'agit d'enfermer le berb&#232;re dans l'insignifiance. On retrouve l&#224; une pratique tr&#232;s solidement ancr&#233;e des Etats nordafricains, la strat&#233;gie de neutralisation et de domestication des &#233;lites, de tous les acteurs et facteurs sociaux et culturels non contr&#244;l&#233;s&#8230; En l'occurrence, il s'agit de &#034;r&#233;duire le lion berb&#232;re en un doux agneau b&#234;lant&#034;, int&#233;gr&#233; &#224; l'appareil d'Etat et &#224; l'id&#233;ologie dominante.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Salem Chaker,&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Professeur de berb&#232;re&lt;br /&gt;
&lt;i&gt;Universit&#233; de Provence / Inalco &#8211; Centre de Recherche Berb&#232;re&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br &gt;
&lt;br /&gt;
Pour lire la totalit&#233; de l'article de Salem Chaker : &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='http://www.tamazgha.fr/La-codification-graphique-du.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;La codification graphique du berb&#232;re : Etat des lieux et enjeux.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;(*) : Extrait de la communication envoy&#233;e par Salem Chaker au colloque sur la standardisation de tamazight organis&#233; par le HCA &#224; Boumerd&#232;s du 20 au 23 septembre 2010. La communication est intitul&#233;e &#034;La codification graphique du berb&#232;re : Etat des lieux et enjeux.&#034;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On sait qu'il sera suivi dans cette position par le Pr&#233;sident Bouteflika qui a fait le m&#234;me type de d&#233;clarations publiques.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La codification graphique du berb&#232;re : Etat des lieux et enjeux.*</title>
		<link>http://www.tamazgha.fr/La-codification-graphique-du.html</link>
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		<dc:date>2010-07-25T19:40:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Masin</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;La codification graphique du berb&#232;re : &lt;br class='autobr' /&gt;
Etat des lieux et enjeux. &lt;br class='autobr' /&gt;
2par Salem Chaker2 (Universit&#233; de Provence / Inalco &#8211; Centre de Recherche Berb&#232;re) &lt;br class='autobr' /&gt; La langue berb&#232;re n'a pratiquement jamais connu de processus de normalisation linguistique. Il n'existe pas &#8211; et il semble qu'il n'ait jamais exist&#233; &#8211; de koin&#232; supra-dialectale, litt&#233;raire ou autre. Tamazight se pr&#233;sente donc de nos jours sous la forme d'un nombre &#233;lev&#233; de vari&#233;t&#233;s r&#233;gionales (les &#034;dialectes&#034; dans la nomenclature des (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.tamazgha.fr/-Analyses-.html" rel="directory"&gt;Analyses&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;center&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La codification graphique du berb&#232;re :&lt;br /&gt;
Etat des lieux et enjeux.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;2&lt;i&gt;par Salem Chaker&lt;/i&gt;2&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;(Universit&#233; de Provence / Inalco &#8211; Centre de Recherche Berb&#232;re)&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La langue berb&#232;re n'a pratiquement jamais connu de processus de normalisation linguistique. Il n'existe pas &#8211; et il semble qu'il n'ait jamais exist&#233; &#8211; de &lt;i&gt;koin&#232;&lt;/i&gt; supra-dialectale, litt&#233;raire ou autre. &lt;i&gt;Tamazight &lt;/i&gt;se pr&#233;sente donc de nos jours sous la forme d'un nombre &#233;lev&#233; de vari&#233;t&#233;s r&#233;gionales (les &#034;dialectes&#034; dans la nomenclature des berb&#233;risants), r&#233;partis sur l'ensemble de l'Afrique du Nord et de la zone saharo-sah&#233;lienne, s&#233;par&#233;es les unes des autres par des distances souvent consid&#233;rables et entre lesquelles l'intercompr&#233;hension peut &#234;tre tr&#232;s laborieuse. &lt;br /&gt;
En cons&#233;quence, la codification graphique du berb&#232;re est un processus r&#233;cent, qui &#233;merge au d&#233;but du XXe si&#232;cle en Kabylie, et qui s'inscrit dans une dynamique globale de passage &#224; l'&#233;crit, dans un contexte tr&#232;s d&#233;favorable, marqu&#233; par l'absence de soutien institutionnel&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Je me situe ici dans une perspective de la longue dur&#233;e : la prise en charge (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, l'oralit&#233; dominante et la grande variation linguistique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;3&lt;i&gt;Le d&#233;bat autour de l'alphabet : serpent de mer / arme de guerre&lt;/i&gt;3&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;
Depuis plusieurs d&#233;cennies, on voit revenir cycliquement dans le d&#233;bat public &#8211; politique et universitaire &#8211; la m&#234;me controverse sur la question de la graphie usuelle de la langue berb&#232;re : &lt;i&gt;graphie latine, graphie arabe, graphie tifinagh ?&lt;/i&gt;Pseudo d&#233;bat, totalement pr&#233;d&#233;termin&#233; par les options id&#233;ologiques, et en d&#233;finitive par l'instance politique : cela a &#233;t&#233; le cas au Maroc avec l'adoption surprise des n&#233;o-tifinagh par l'Ircamen 2002 ; c'est le cas en Alg&#233;rie avec ceux qui voudraient imposer la graphie arabe. Pour contextualiser le d&#233;bat, on rappellera qu'apr&#232;s le Printemps berb&#232;re de 1980, le Flnet le Pr&#233;sident Chadli&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On sait qu'il sera suivi dans cette position par le Pr&#233;sident Bouteflika qui (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;d&#233;claraient d&#233;j&#224; : &#171; &lt;i&gt;Oui &#224; l'enseignement du berb&#232;re, &#224; condition qu'il soit &#233;crit en caract&#232;res arabes &lt;/i&gt; &#187; ! Cette id&#233;e est donc ancienne et &#233;mane toujours de milieux fortement marqu&#233;s par l'id&#233;ologie arabiste (plus qu'islamiste d'ailleurs) et en g&#233;n&#233;ral proches des milieux dirigeants de l'Etat.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
Pour tous les berb&#233;risants s&#233;rieux, du moins ceux qui se sont pench&#233;s sur cette question depuis longtemps et qui ne d&#233;couvrent pas les probl&#232;mes d'am&#233;nagement du berb&#232;re depuis que les instances politiques alg&#233;riennes et marocaines ont donn&#233; leur &#171; feu-vert &#187;, la r&#233;ponse ne fait pas de doute. Pour ma part, je m'en suis expliqu&#233; depuis pr&#232;s de trente ans : une diffusion large du berb&#232;re passe n&#233;cessairement par la graphie latine, parce que :&lt;br /&gt;
&#8210; L'essentiel de la documentation scientifique disponible est dans cette graphie ; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8210; Un travail significatif d'am&#233;nagement de cette graphie a &#233;t&#233; men&#233; durant tout le XXe si&#232;cle ; &lt;br /&gt;
&#8210; L'essentiel de la production destin&#233;e au grand public (revues associatives, production litt&#233;raire), en Afrique du Nord comme en Europe, utilise cet alphabet. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Revenons pr&#233;cis&#233;ment au d&#233;bat que l'on essaie r&#233;guli&#232;rement de relancer. On notera d'abord que l'on invoque g&#233;n&#233;ralement la science, l'universit&#233; : on mobilise les savoirs des linguistes quant &#224; la relation purement conventionnelle entre une langue et sa repr&#233;sentation graphique ; ceux des historiens sur l'existence de traditions anciennes de graphies du berb&#232;re en caract&#232;res arabes ; du sociologue de l'&#233;ducation et de la culture pour rappeler que la majorit&#233; de la population a une pratique de l'alphabet arabe. Tout cela pour d&#233;fendre &lt;i&gt;in fine&lt;/i&gt; une notation usuelle en caract&#232;res arabes.&lt;br /&gt;
On occulte bien s&#251;r le fait que les notations arabes du berb&#232;re, bien attest&#233;es depuis le haut Moyen &#226;ge, &lt;br /&gt;
&#8210; Sont rest&#233;es &lt;i&gt;l'apanage de milieux lettr&#233;s tr&#232;s restreints ; &lt;/i&gt;&lt;br /&gt;
&#8210; Qu'elles n'ont jamais donn&#233; lieu &#224; une v&#233;ritable codification graphique du berb&#232;re ; &lt;br /&gt;
&#8210; Que toutes les &#233;tudes r&#233;centes montrent qu'il s'agissait plus d'aide-m&#233;moires, de b&#233;quilles pour une transmission rest&#233;e fondamentalement orale et qu'il est impossible de d&#233;coder ces textes berb&#232;res, &lt;i&gt;anciens ou actuels,&lt;/i&gt; &#233;crits en arabe sans une oralisation t&#226;tonnante (voir notamment les test r&#233;alis&#233;s par A. El Mountassir 1994). &lt;br /&gt;
On occulte bien s&#251;r aussi le fait que l'alphabet latin est, lui aussi, tr&#232;s largement r&#233;pandu en Afrique du Nord.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au niveau de l'abstraction transhistorique, nous savons bien que toute langue, sous r&#233;serve d'adaptations plus ou moins importantes, peut &#234;tre repr&#233;sent&#233;e par n'importe quel syst&#232;me d'&#233;criture. C'est ce qui explique que les &#233;critures ont pu voyager, ont &#233;t&#233; emprunt&#233;es et adapt&#233;es de peuple &#224; peuple, de langue &#224; langue : l'alphabet latin du fran&#231;ais n'est pas celui de Rome, ni celui de l'allemand, ni celui des langues scandinaves ou du tch&#232;que. De m&#234;me que l'alphabet arabe du persan, du turc ottoman et des autres langues d'Asie centrale n'est pas celui de l'arabe classique. De m&#234;me, sur moins d'un si&#232;cle, certaines langues d'Asie centrale ont &#233;t&#233; &#233;crites en alphabet arabe, en latin et en cyrillique ! A ce niveau de g&#233;n&#233;ralit&#233;, il est &#233;vident que le berb&#232;re, comme toute langue, pourrait &#234;tre &#233;crit en syllabaire japonais ou en alphabet cyrillique. Mais au-del&#224; de ces consid&#233;rations abstraites et des potentialit&#233;s th&#233;oriques, une &#233;criture usuelle, du fait m&#234;me de cette qualit&#233;, se d&#233;veloppe dans un contexte historique et un environnement socioculturel d&#233;termin&#233;s, et pas seulement dans les cabinets des linguistes et grammairiens.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Car, ignorance r&#233;elle ou ignorance feinte, on occulte dans tous les cas le fait que depuis un bon si&#232;cle, un travail de r&#233;flexion sur la notation usuelle &#224; base latine, directement inspir&#233; par la recherche universitaire sur le berb&#232;re, a &#233;t&#233; men&#233; et a permis des avanc&#233;es significatives. Initi&#233; et accompagn&#233; par des universitaires, par des praticiens du berb&#232;re, largement relay&#233; par le mouvement associatif, ce travail sur la graphie usuelle &#224; base latine a connu des am&#233;liorations progressives et simplifications qui en font d&#233;sormais une &#233;criture fonctionnelle, raisonn&#233;e et adapt&#233;e &#224; toutes les formes de berb&#232;re. Repr&#233;sentation phonologique, ma&#238;trise et explicitation de la segmentation font de la graphie usuelle latine une v&#233;ritable &#233;criture &#171; berb&#232;re &#187;, g&#233;n&#233;ralisable &#224; l'ensemble du domaine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tourner le dos &#224; un si&#232;cle d'usage social actif de la graphie &#224; base latine pour imposer l'alphabet arabe ne pourrait qu'avoir de graves incidences n&#233;gatives et ralentir voire bloquer le processus de diffusion de l'&#233;crit. &lt;br /&gt;
Pour des raisons pratiques d'abord : seule la notation latine &#224; fait l'objet d'un processus de codification et d'adaptation aux contraintes particuli&#232;res et lourdes du berb&#232;re. Utiliser un autre alphabet reviendrait &#224; jeter aux orties ce lent et complexe travail de maturation, d&#233;j&#224; largement adopt&#233; par les producteurs sur le terrain, notamment les &#233;crivains. Tr&#232;s concr&#232;tement, une graphie arabe pour le berb&#232;re serait une r&#233;gression s&#233;v&#232;re dans le processus de codification et de diffusion de l'&#233;crit. On en reviendrait forc&#233;ment &#224; des notations de type phon&#233;tique, fortement dialectalis&#233;es, &#224; segmentation al&#233;atoire et non explicite et ne permettant pas la lecture sans oralisation. Car, outre que le processus de codification n'a jamais &#233;t&#233; engag&#233; &#224; partir de l'alphabet arabe, on aurait &#8211; m&#234;me en supposant de la bonne volont&#233; et des intentions g&#233;n&#233;reuses &#8211; de s&#233;rieuses difficult&#233;s &#224; s'abstraire des contraintes de la tradition arabisante pour construire &#224; partir de cette &#233;criture une repr&#233;sentation coh&#233;rente et efficace du berb&#232;re.&lt;br /&gt;
Mais aussi pour des raisons symboliques : qu'on le veuille ou non, l'&#233;mergence berb&#232;re, l'&#233;mergence de la langue berb&#232;re s'est faite au cours du XXe si&#232;cle contre l'id&#233;ologie arabo-islamique dominante et, pour l'essentiel, hors du cadre culturel arabo-islamique. C'est l'ouverture sur le monde et sur l'Occident qui a donn&#233; aux Berb&#232;res et &#224; la langue berb&#232;re les outils de leur affirmation et de leur existence. Vouloir imposer au berb&#232;re l'habit de l'alphabet arabe trahit explicitement une volont&#233; de le (les) faire rentrer dans le giron de la famille arabo-musulmane, pour l'y &#233;touffer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En r&#233;alit&#233;, on a affaire &#224; une machine de guerre contre le berb&#232;re, que l'on d&#233;ploie lorsqu'il est devenu impossible de s'opposer, sur le principe, &#224; sa reconnaissance, &#224; son d&#233;veloppement et &#224; sa g&#233;n&#233;ralisation. On met alors en avant le probl&#232;me &#171; technique &#187; de l'alphabet, pour tenter de d&#233;truire l'acquis et orienter d'embl&#233;e le passage &#224; l'&#233;crit et l'enseignement de la langue berb&#232;re vers un cul-de-sac assur&#233;, vers l'enlisement et/ou la floklorisation. C'est ce qui se confirme au Maroc avec le choix des n&#233;o-tifinagh. C'est ce qui se passerait en Alg&#233;rie si l'alphabet arabe venait par malheur &#224; &#234;tre impos&#233;. Au fond, il s'agit, dans tous les cas, m&#234;me si les argumentaires sont &#233;videmment tr&#232;s diff&#233;rents, de bloquer toute possibilit&#233; de d&#233;veloppement r&#233;el de la langue berb&#232;re, de la neutraliser en lui imposant un carcan non fonctionnel qui la condamne &#224; une simple fonction embl&#233;matique (pour les n&#233;o-tifinagh) ou au rejet et &#224; la d&#233;saffection par les populations elles-m&#234;mes (pour l'alphabet arabe) ; en un mot, il s'agit d'enfermer le berb&#232;re dans l'insignifiance. On retrouve l&#224; une pratique tr&#232;s solidement ancr&#233;e des Etats nordafricain, la strat&#233;gie de neutralisation et de domestication des &#233;lites, de tous les acteurs et facteurs sociaux et culturels non contr&#244;l&#233;s&#8230; En l'occurrence, il s'agit de &#171; r&#233;duire le lion berb&#232;re en un doux agneau b&#234;lant &#187;, int&#233;gr&#233; &#224; l'appareil d'Etat et &#224; l'id&#233;ologie dominante.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;3&lt;i&gt;Les caract&#232;res latins, une option bien ancr&#233;e et fonctionnelle&lt;/i&gt;3&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;
Rappelons en effet que d&#232;s le d&#233;but du XXesi&#232;cle, la volont&#233; de sortir la langue de l'oralit&#233; s'est traduite par la publication d'importants corpus litt&#233;raires ou de textes sur la vie quotidienne. L'impulsion pour le passage &#224; l'&#233;crit en Kabylie commence avec des hommes comme l'instituteur Boulifa&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Qui, avant les ann&#233;es 1920, avait d&#233;j&#224; publi&#233; : une m&#233;thode de langue kabyle (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; il sera suivi par une &#034;cha&#238;ne culturaliste&#034; ininterrompue, constitu&#233;e d'enseignants, d'hommes et femmes de lettres de formation francophone. Dans le domaine litt&#233;raire surtout, le support &#233;crit imprim&#233; vient suppl&#233;er significativement la transmission orale et la m&#233;moire collective. Vers 1945-50, la diffusion de l'&#233;crit &#224; base latine &#8211; &lt;i&gt;en dehors de tout enseignement formalis&#233; en Kabylie&lt;/i&gt;&#8211; est suffisamment avanc&#233;e pour que de nombreux membres des &#233;lites instruites soient capables de composer et &#233;crire le texte de chansons, de noter des pi&#232;ces de po&#233;sie traditionnelle. Bela&#239;d A&#239;t-Ali&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf.Etudes et documents berb&#232;res, 2, 1986 ou Hommes et femmes de Kabylie, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#8211; qui n'&#233;tait pas l'un des plus instruits &#8211; r&#233;dige &#224; la m&#234;me &#233;poque (avant 1950) ce qui doit &#234;tre consid&#233;r&#233; comme la premi&#232;re &#339;uvre litt&#233;raire &#233;crite kabyle : &lt;i&gt;Les cahiers de Bela&#239;d, &lt;/i&gt;recueil de textes, de notations, descriptions et r&#233;flexions sur la Kabylie tout &#224; fait exquises.&lt;br /&gt;
Le mouvement de production s'est poursuivi et a connu un net regain &#224; partir de 1970, avec une forte intervention de l'&#233;migration kabyle en France surtout, mais aussi rifaine aux Pays-Bas et en Belgique, apr&#232;s 1980.&lt;br /&gt;
Depuis la lib&#233;ralisation politique en Alg&#233;rie (1989), les publications en langue berb&#232;re (revues, recueils po&#233;tiques, nouvelles, romans, traductions) se sont multipli&#233;es dans le pays m&#234;me, au point qu'il est devenu difficile de suivre cette production foisonnante, port&#233;e par des associations, des auteurs individuels, de nombreux &#233;diteurs priv&#233;s et l'institution (HCA). En France &#233;galement, des &#233;diteurs associatifs ou priv&#233;s publient maintenant r&#233;guli&#232;rement des titres en langue berb&#232;re. &lt;i&gt;L'&#233;crasante majorit&#233; de ces publications r&#233;centes sont &#233;crites en caract&#232;res latins&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Quasiment toutes celles qui sont publi&#233;es en Alg&#233;rie, en France et en Europe (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. publications de type litt&#233;raire, il faut ajouter un embryon de presse, surtout en Alg&#233;rie o&#249; il a exist&#233;/existe plusieurs hebdomadaires bilingues (fran&#231;ais/berb&#232;re) et o&#249; plusieurs grands quotidiens nationaux ont/ont eu leur &#034;page berb&#232;re&#034;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et, ne l'oublions pas, cette production r&#233;cente se rajoute &#224; l'immense corpus de textes litt&#233;raires et ethnographiques, de grammaires et &#233;tudes diverses, collect&#233;s, publi&#233;s et quasiment toujours transcrits en caract&#232;res latins par les berberisants depuis le d&#233;but des &#233;tudes berb&#232;res, il y a plus de 150 ans.&lt;br /&gt;
De sorte qu'il existe d&#233;sormais un usage &#233;crit &#224; base latine tout &#224; fait significatif. M&#234;me si l'on dispose de peu d'informations sur sa diffusion r&#233;elle et sa r&#233;ception&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Qui lit, qui &#233;crit en berb&#232;re ? Existe-t-il un vrai march&#233; ou s'agit-il (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, il ne s'agit plus d'exp&#233;riences isol&#233;es de militants sans impact social : la production &#233;crite s'est multipli&#233;e, consolid&#233;e, diversifi&#233;e et circule largement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;3&lt;i&gt;Les conventions de notation : de la phon&#233;tique &#224; la phonologie du mot&lt;/i&gt;3&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;
Apr&#232;s de longs t&#226;tonnements, les notations courantes du berb&#232;re se sont stabilis&#233;es et homog&#233;n&#233;is&#233;es, sous l'influence d&#233;terminante des travaux et usages scientifiques. Les travaux et publications d'Andr&#233; Basset (dans les ann&#233;es 1940 et 1950), ceux du &lt;i&gt;Fichier de Documentation Berb&#232;re&lt;/i&gt; (FDB : de 1947 &#224; 1977), l'&#339;uvre et l'enseignement de l'&#233;crivain et berb&#233;risant Mouloud Mammeri, ont &#233;t&#233; d&#233;cisives. &lt;br /&gt;
A une premi&#232;re g&#233;n&#233;ration (1860 &#8211; 1945) de notations &#034;spontan&#233;es&#034;, directement inspir&#233;es des usages orthographiques du fran&#231;ais&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Avec de nombreux digrammes, une non-distinction des voyelles et semi-voyelles.&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, vont succ&#233;der des graphies phon&#233;tiques beaucoup plus fines, d'origine scientifique, dont le mod&#232;le accompli est celui du FDB.&lt;br /&gt;
Apr&#232;s la d&#233;colonisation, s'inspirant tr&#232;s directement des travaux et usages acad&#233;miques ou para-acad&#233;miques (Facult&#233; des Lettres d'Alger, Inalco, FDB), Mouloud Mammeri a diffus&#233;, &#224; travers ses &#233;crits et son enseignement, &#224; travers le relais du milieu militant kabyle, une notation usuelle &#224; base latine du kabyle &lt;i&gt;d'inspiration phonologique. &lt;/i&gt;L'id&#233;e de base &#233;tant que la notation usuelle doit gommer au maximum les particularit&#233;s phon&#233;tiques dialectales, de fa&#231;on &#224; ce qu'un texte &#233;crit, quelle que soit la vari&#233;t&#233; r&#233;gionale utilis&#233;e, soit &#224; peu pr&#232;s d&#233;codable par tout berb&#233;rophone. C'est ainsi, par exemple, qu'on a supprim&#233;, d&#232;s les ann&#233;es 60 la notation des ph&#233;nom&#232;nes de spirantisation des occlusives, caract&#233;ristiques du kabyle (par opposition au chleuh ou au touareg), mais non, ou tr&#232;s faiblement, distinctifs. &lt;br /&gt; L'introduction et l'interpr&#233;tation supra-r&#233;gionale du principe phonologique a ainsi permis de r&#233;duire sensiblement les divergences dans la repr&#233;sentation graphique des dialectes berb&#232;res. Les particularit&#233;s phon&#233;tiques dialectales &#224; caract&#232;re syst&#233;matique (comme la spirantisation des occlusives simples) sont consid&#233;r&#233;es comme r&#233;alisations r&#233;gionales du phon&#232;me &#034;berb&#232;re&#034; et ne sont donc plus not&#233;es ou seulement par de discr&#232;tes diacrit&#233;s. Concr&#232;tement, cela permet d'&#233;crire la langue de la m&#234;me fa&#231;on, quel que soit le dialecte. On notera ainsi : &lt;i&gt;tam&#611;art, &lt;/i&gt;&#034;la vieille&#034; ; &lt;i&gt;abrid, &lt;/i&gt;&#034;chemin&#034;, &lt;i&gt;akal &lt;/i&gt;&#034;terre&#034;, que l'on soit en touareg, en chleuh... qui prononceront effectivement [tam&#611;art], [abrid], [akal] ou en kabyle, rifain... qui r&#233;alisent en fait (notation API) : [&#952;am&#611;ar&#952;], [a&#946;ri&#948;], [a&#231;al]...&lt;br /&gt;
De m&#234;me, la dentale sourde tendue /tt/, particuli&#232;rement fr&#233;quente en raison de sa pr&#233;sence dans plusieurs morph&#232;mes grammaticaux, est normalement trait&#233;e en affriqu&#233;e [tts] (API : [C]) dans la plupart des parlers kabyles. Dans la pratique usuelle, cette particularit&#233;, tr&#232;s marquante du kabyle, est not&#233;e seulement par une diacrit&#233; (c&#233;dille sous la lettre : &#034;t&#807;&#034;), ce qui permet de maintenir une repr&#233;sentation graphique tr&#232;s proche de celle des autres dialectes berb&#232;res qui ne connaissent pas l'affriction.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On est ainsi progressivement parvenu &#224; des &lt;i&gt;graphies phonologiques larges, &lt;/i&gt;dans lesquelles toutes les particularit&#233;s phon&#233;tiques, voire les oppositions phonologiques &lt;i&gt;locales&lt;/i&gt;, sont effac&#233;es. Cette option s'est g&#233;n&#233;ralis&#233;e apr&#232;s 1970, gr&#226;ce au relais efficace du r&#233;seau associatif berb&#232;re et &#224; une production &#233;crite de plus en plus significative. &lt;i&gt;En dehors de toute intervention institutionnelle ou &#233;tatique, &lt;/i&gt;une pratique graphique dominante s'est mise en place. Au d&#233;part, exclusivement kabyle, elle s'est progressivement diffus&#233;e &#224; la plupart des dialectes berb&#232;re du Nord (Mzab, Maroc, Libye).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;3&lt;i&gt;De la phonologie du mot &#224; la phonologie de la cha&#238;ne&lt;/i&gt;3&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la graphie du berb&#232;re, le probl&#232;me de la repr&#233;sentation des fronti&#232;res de morph&#232;mes est sans doute l'un des plus d&#233;licats. Il existe en effet en berb&#232;re une foule d'unit&#233;s grammaticales, tr&#232;s courtes (g&#233;n&#233;ralement mono-phon&#233;matiques), de statuts divers (pr&#233;positions, affixes pronominaux, affixes d&#233;ictiques, affixes d'orientation spatiale...), susceptibles de former syntagmes avec le nom et/ou le verbe auquel elles sont associ&#233;es. L'ind&#233;pendance syntaxique de ces morph&#232;mes est toujours tr&#232;s &#233;vidente, mais leur fusion phon&#233;tique et prosodique avec le nom ou le verbe auquel ils sont associ&#233;s est totale ; ils forment notamment une seule unit&#233; accentuelle (&lt;i&gt;cf.&lt;/i&gt; Chaker 1995, chap. 8). &lt;br /&gt;
Pour la notation usuelle, trois solutions de repr&#233;sentation sont possibles, selon que l'on privil&#233;gie l'analyse syntaxique (s&#233;paration par un blanc : 1), la fusion phon&#233;tique et accentuelle (tout est coll&#233; : 2), ou que l'on adopte une solution interm&#233;diaire (tiret s&#233;parateur : 3) :&lt;br /&gt;
1 &#8211; &lt;i&gt;yefka yas t idd &lt;/i&gt;= [il-a-donn&#233;#&#224; lui#le#vers ici] = il le lui a donn&#233; (vers ici)&lt;br /&gt;
2 &#8211;&lt;i&gt; yefkayastidd&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;
3 &#8211;&lt;i&gt; yefka-yas-t-idd&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le flottement est encore sensible pour l'instant, du moins entre les solutions (1) et (3), car l'option du &#034;tout coll&#233;&#034; (2), clairement d'inspiration phon&#233;tique, est d&#233;sormais abandonn&#233;e dans les notations &#224; base latine (seules les graphies arabes l'utilisent encore de mani&#232;re quasi syst&#233;matique). &lt;br /&gt;
La solution (3), que j'ai pr&#233;conis&#233;e depuis longtemps (1982/84) est reprise dans les recommandations de l'Inalco ; elle est certainement celle qui est la plus favorable &#224; un d&#233;codage rapide par le lecteur : elle individualise les composants syntaxiques de l'&#233;nonc&#233; tout en marquant leur liaison &#233;troite au noyau. Les tests psycholinguistiques de lecture r&#233;alis&#233;s sur d'autres langues (notamment africaines) pr&#233;sentant le m&#234;me type d'agglutinations confirment cette analyse, de m&#234;me que ceux r&#233;alis&#233;s sur le berb&#232;re marocain par A. El Mountassir (1994 notamment).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plus probl&#233;matiques encore sont les incidences des nombreuses assimilations phon&#233;tiques qui se produisent &#224; la fronti&#232;re des morph&#232;mes : toutes ces unit&#233;s grammaticales courtes, souvent de localisation dentale ou labiale, ont tendance &#224; s'assimiler au segment phonologique du nom ou du verbe avec lequel elles sont en contact. Les plus fr&#233;quentes sont celles qui se produisent avec les pr&#233;positions &lt;i&gt;n &lt;/i&gt;&#034;de&#034;, &lt;i&gt;d&lt;/i&gt; &#034;et/avec&#034;, le morph&#232;me de pr&#233;dication nominale &lt;i&gt;d&lt;/i&gt; (&#034;c'est/il y a&#034;), l'affixe pronominal direct -t (&#034;le&#034;) :&lt;br /&gt;
S'agissant de morph&#232;mes tr&#232;s usuels, la fr&#233;quence de ces assimilations est tr&#232;s &#233;lev&#233;e. Beaucoup d'entre elles sont m&#234;me tout &#224; fait pan-berb&#232;re (/d#t/ &gt; [tt]), d'autres sont plus localis&#233;es, mais souvent attest&#233;es en des points divers du monde berb&#232;re (par ex. : /n#w/ &gt; [ww] : Kabylie, Haut-Atlas marocain...).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A partir des ann&#233;es 1980, quand l'&#233;crit a commenc&#233; &#224; devenir une pratique courante, la r&#233;flexion sur le sujet &#8210; d&#233;j&#224; engag&#233;e par le &lt;i&gt;FDB, cf.&lt;/i&gt; n&#176; 120, 1973, P. Reesink) &#8210; s'est approfondie et est devenue plus explicite. Sur l'initiative d'universitaires (principalement S. Chaker 1982/1984, puis le Centre de Recherche Berb&#232;re de l' Inalco, 1993, 1996, 1998), le champ d'application du principe phonologique a progressivement &#233;t&#233; &#233;tendu &#224; de nombreux ph&#233;nom&#232;nes, jusque l&#224; mal ou non trait&#233;s : la labio-v&#233;larisation, l'affriction des dentales tendues, et surtout, les tr&#232;s nombreux ph&#233;nom&#232;nes d'assimilations aux fronti&#232;res de morph&#232;mes, assimilations qui sont souvent propres &#224; un dialecte, voire &#224; un parler d&#233;termin&#233; et qui leur donnent une &#034;identit&#233; phon&#233;tique&#034; tr&#232;s sp&#233;cifique : ex. /n + w-/ &gt; [ww] &gt; [bbw] &gt; [ppw] ; ainsi, en kabyle, un syntagme nominal d&#233;terminatif comme /n wergaz/ = &#034;de (l')homme&#034;, peut &#234;tre r&#233;alis&#233; localement :&lt;br /&gt;
[n urgaz]&lt;br /&gt;
[wwergaz]&lt;br /&gt;
[ggwergaz]&lt;br /&gt;
[bbwergaz]&lt;br /&gt;
[ppwergaz]&lt;br /&gt;
...&lt;br /&gt;
Bien s&#251;r, pour le linguiste, ces r&#233;alisations assimil&#233;es sont facilement identifiables et, dans le cadre d'une &#034;phonologie de la cha&#238;ne&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Qui consid&#233;rera donc les fronti&#232;res de morph&#232;mes comme un contexte cl&#233; de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, il restituera les segments sous-jacents (avec, &#233;ventuellement utilisation du tiret) :&lt;br /&gt;
[awal ttem&#611;art] &gt; /awal n tem&#611;art/ &#034;parole de vieille (femme)&#034; &lt;br /&gt;
[awal wwergaz/awal bbw] &gt; /awal n wergaz/ &#034;parole d'homme&#034;&lt;br /&gt;
[udi ttament] &gt; /udi d tament/ &#034;(du) beurre et (du) miel&#034;&lt;br /&gt;
[tkerze&#7789;&#7789;] &gt; /tkerze&#7693;-t/ &#034;tu as labour&#233;-le (tu l'as labour&#233;)&#034;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est sur ce probl&#232;me des assimilations &#224; la fronti&#232;re des morph&#232;mes que l'on observe les fluctuations les plus grandes dans les usages graphiques actuels : les notations &#034;spontan&#233;es&#034; sont de type phon&#233;tique (= maintien des assimilations) ; celles qui &#233;manent des praticiens ayant une formation berb&#233;risante (universitaires, militants associatifs, &#233;crivains...) sont g&#233;n&#233;ralement plus analytiques, encore que bien souvent les auteurs ne traitent pas de mani&#232;re homog&#232;ne tous ces cas d'assimilations.&lt;br /&gt;
Mais la tendance dominante est d&#233;sormais tr&#232;s nettement &#224; la notation analytique (morpho-)phonologique, pouss&#233;e parfois &#224; un point sans doute excessif&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ainsi, je ne crois pas que l'on ait vraiment int&#233;r&#234;t &#224; noter ta&#611;a&#7693;t(&#171; ch&#232;vre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; souvent le tiret (ou toute autre marque de liaison) n'est pas utilis&#233;, y compris dans les cas de fusion phonique avanc&#233;e (/n#w../ &gt; [bbw..]) o&#249; il serait plus r&#233;aliste de conserver un indice graphique l&#233;ger de l'assimilation : &lt;i&gt;n_w.. &lt;/i&gt;ou &lt;i&gt;n-w.. &lt;/i&gt;plut&#244;t que &lt;i&gt;n w..,&lt;/i&gt; particuli&#232;rement d&#233;routant par rapport &#224; la prononciation r&#233;elle.&lt;br /&gt;
Cette graphie analytique (phonologique et syntaxique) est celle qui gomme le maximum de particularit&#233;s dialectales et celle qui rend explicites les composants syntaxiques ; donc celle qui unifie et stabilise au maximum la forme &#233;crite du berb&#232;re.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;3&lt;i&gt;R&#233;alisme et &#233;quilibre indispensables&lt;/i&gt;3&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;
Mais il est clair que la repr&#233;sentation analytique (ou morpho-phonologique), phonologiquement et syntaxiquement parfaitement fond&#233;e, est d'une mise en &#339;uvre d&#233;licate ; &lt;i&gt;elle suppose en effet une analyse et une d&#233;composition qui n'est ni imm&#233;diate ni &#233;vidente pour le locuteur natif sans formation linguistique.&lt;/i&gt; La diff&#233;rence entre le niveau phon&#233;tique et le niveau (morpho-)phonologique est dans ce cas trop importante pour que l'on puisse attendre du locuteur une restitution, sans une formation minimum pr&#233;alable.&lt;br /&gt;
Cette notation est particuli&#232;rement int&#233;ressante au niveau du &lt;i&gt;d&#233;codage&lt;/i&gt; &#8210; la repr&#233;sentation graphique est quasiment la m&#234;me pour tous les dialectes et tous les constituants de l'&#233;nonc&#233; sont bien individualis&#233;s &#8210;, mais elle est co&#251;teuse pour ce qui est de l'&lt;i&gt;encodage&lt;/i&gt;, l'&#233;criture supposant alors une formation pr&#233;alable lourde. On ne peut plus &#034;&#233;crire spontan&#233;ment&#034; et une forme d'enseignement devient alors absolument indispensable avant tout passage &#224; l'acte d'&#233;crire. Si l'on veut aboutir &#224; la g&#233;n&#233;ralisation et la ma&#238;trise suffisante de cette graphie, cela implique son enseignement g&#233;n&#233;ralis&#233; pr&#233;coce car il ne s'agit plus du tout d'une simple &#171; transcription de l'oral &#187;, que l'on peut facilement acqu&#233;rir &#224; tout &#226;ge, mais d'une vraie formation &#224; la langue, &#224; ses structures grammaticales. &lt;br /&gt;
L'&#233;crit &#233;tant destin&#233; fondamentalement &#224; la communication non-imm&#233;diate, c'est bien &#233;videmment le d&#233;codage, donc le r&#233;cepteur qui doit &#234;tre privil&#233;gi&#233;. Sur un plan fonctionnel g&#233;n&#233;ral, il ne peut donc faire de doute que c'est la notation de type analytique qui devra s'imposer car il ne s'agit plus, depuis longtemps, de &#171; transcrire de l'oral &#187;, mais bien de construire une tradition &#233;crite.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais en l'&#233;tat actuel des choses, on recommandera le r&#233;alisme, &lt;i&gt;l'exp&#233;rimentation &lt;/i&gt;et, surtout, la n&#233;cessit&#233; d'inscrire l'action de codification dans la dur&#233;e. &#171; Normaliser &#187;, s&#233;lectionner, privil&#233;gier telle forme sur telle autre, on ne peut y &#233;chapper d&#232;s que l'on s'engage dans le processus de passage &#224; l'&#233;crit. Mais la mod&#233;ration et la prudence paraissent indispensables. Il faut que les am&#233;nageurs berb&#233;risants trouvent la voie m&#233;diane entre l'attitude ultra-normalisatrice, qui couperait la langue standard des usages r&#233;els, et la th&#233;orie du &#171; laisser &#233;crire &#187;, qui ram&#232;nerait la pratique de l'&#233;crit au niveau des premi&#232;res notations spontan&#233;es phon&#233;tiques et qui aurait pour effet certain de bloquer le d&#233;veloppement du berb&#232;re et la consolidation de son statut.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;3&lt;i&gt;Un chantier ouvert&lt;/i&gt;3&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;
On le voit, malgr&#233; les avanc&#233;es tout n'est pas r&#233;gl&#233; au niveau de la codification graphique, loin de l&#224;. Les &#171; questions d&#233;licates en suspens &#187; sont encore nombreuses ; le groupe de l'Inalco en a list&#233; certaines (notamment lors des rencontres de 1996 et 1998), qui ne font pas encore l'objet de pratiques unifi&#233;es :&lt;br /&gt;
&#8210; L'usage de la ponctuation, point d'autant plus important que la prosodie joue un r&#244;le consid&#233;rable dans l'organisation syntaxique de l'&#233;nonc&#233; berb&#232;re (&lt;i&gt;cf.&lt;/i&gt; Chaker 1995 et 2009). Bien des textes publi&#233;s sont difficiles &#224; lire, voire ambigus, de ce fait.&lt;br /&gt;
&#8210; La question des majuscules, en particulier sur les noms &#224; l'&#233;tat d'annexion.&lt;br /&gt;
&#8210; La question des sigles et abr&#233;viations, qui posent des probl&#232;mes sp&#233;cifiques en berb&#232;re du fait de la structure morphologique et syllabique des nominaux.&lt;br /&gt;
&#8210; La graphie des noms propres, en particulier celle des toponymes : vu leur fonction d&#233;nominative particuli&#232;re, faut-il en respecter la prononciation locale ou les &#171; normaliser &#187; ? &lt;i&gt;I&#611;il bbwammas&lt;/i&gt;ou &lt;i&gt;I&#611;il n wammas ?&lt;/i&gt;...&lt;br /&gt;
&#8210; Les pr&#233;positions et leurs variantes dialectales et intra-dialectales : faut-il faire un choix entre toutes les variantes locales ou les consid&#233;rer toutes comme possibles ?&lt;br /&gt;
&#8210; L'&#233;criture des complexes faisant intervenir le pronom ind&#233;fini &lt;i&gt;i, ay : seg way deg / segwaydeg / seg-way-deg, &#611;ef way deg/&#611;efwaydeg/&#611;ef-way-deg, i deg/ideg/i-deg, i &#611;ef/i&#611;ef/i-&#611;ef&#8230; &lt;/i&gt;Faut-il en souder les composants, les s&#233;parer par des blanc, des tirets ? &lt;br /&gt;
&#8210; L'&#233;criture de l'indice de 3e personne masc. sing. du verbe : &lt;i&gt;y-, ye-, i- ? (yedda &lt;/i&gt;ou &lt;i&gt;idda ?)&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;
&#8210; L'&#233;criture de l'Etat d'annexion du nom masculin singulier : [w- / u-&lt;/i&gt; (et dans quels contextes) ou toujours u- ? &lt;i&gt;(wergaz ou urgaz ?)&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;
&#8210; La question de la notation du &#171; schwa &#187; ([&#477;]), pour lequel les fluctuations de l'usage restent encore tr&#232;s importantes (et qui oppose nettement la pratique kabyle &#224; celle du Maroc).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
M&#234;me si la r&#233;flexion a &#233;t&#233; poursuivie au cours de la derni&#232;re d&#233;cennie et m&#234;me si des propositions pr&#233;cises ont &#233;t&#233; faites&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Notamment par K. Na&#239;t-Zerrad, sans doute le chercheur le plus avanc&#233; sur le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, il reste encore &#224; construire un consensus de principe et &#224; le concr&#233;tiser dans les pratiques sur tous ces points.&lt;br /&gt;
On esp&#232;re que des rencontres comme celle d'Alger permettront d'avancer sur le chemin ouvert depuis des d&#233;cennies par les pr&#233;curseurs kabyles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;[|*|]&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;3&lt;i&gt;R&#233;f&#233;rences bibliographiques.&lt;/i&gt;3&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;
[Centre de Recherche Berb&#232;re / Inalco] : &lt;br /&gt;
&#8211; &lt;i&gt;Actes de la Table ronde internationale &#034;Phonologie et notation usuelle dans le domaine berb&#232;re &#8211; Inalco, avril 1993&#034; &lt;/i&gt; : 23 contributions + 4 notes [= &lt;i&gt;Etudes et documents berb&#232;res, &lt;/i&gt;11, 1994 et 12, 1995].&lt;br /&gt;
&#8211; &#171; Propositions pour la notation usuelle &#224; base latine du berb&#232;re (Atelier du 24-25 juin 1996, Inalco/Crb ; synth&#232;se des travaux par S. Chaker), &lt;i&gt;Etudes et documents berb&#232;res, &lt;/i&gt;14, 1997, pp. 239-253.&lt;br /&gt;
&#8211; &lt;i&gt;Am&#233;nagement linguistique de la langue berb&#232;re, &lt;/i&gt;Normalisation et perspectives, Paris, Inalco, 5 au 9 octobre 1998, Paris, (publication provisoire r&#233;alis&#233;e par Tamazgha, Paris, f&#233;vrier 2000), 15 p. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#8211; Achab Ramdane, 1979, L&lt;i&gt;angue berb&#232;re. Initiation &#224; l'&#233;criture, &lt;/i&gt;Paris, Imedyazen-GEB.&lt;br /&gt;
&#8211; Achab Ramdane, 1990, &lt;i&gt;Tira n tamazight, &lt;/i&gt;Tizi-Ouzou, Tafsut.&lt;br /&gt;
&#8211; Achab Ramdane, 1998, &lt;i&gt;Langue berb&#232;re. Introduction &#224; la notation usuelle en caract&#232;res latins, &lt;/i&gt;Paris, Editions Hoggar.&lt;br /&gt;
&#8211; Castellanos Carles, 1998, &lt;i&gt;El proc&#233;s de standarditzacio de les lleng&#252;es. Estudi comparatiu i aplicacio a la llengua amazigha (berber) :&lt;/i&gt; Th&#232;se de doctorat, Universitat Autonoma de Barcelona (Dept. de Traduccio i d'Interpretacio).&lt;br /&gt;
&#8211; Chaker Salem, 1982, &#034;Propositions pour une notation usuelle du berb&#232;re (kabyle)&#034;, &lt;i&gt;Bulletin des Etudes Africaines de l' Inalco&lt;/i&gt; (Paris), II/3, 1982, pp. 33-47 [repris dans le suivant].&lt;br /&gt;
&#8211; Chaker Salem,1984, Textes en linguistique berb&#232;re. (Introduction au domaine berb&#232;re), Paris, CNRS.&lt;br /&gt;
&#8211; Chaker Salem, 1989/1998, &lt;i&gt;Berb&#232;res aujour'hui, &lt;/i&gt;Paris, L'Harmattan.&lt;br /&gt;
&#8211; Chaker Salem, 1994, &#034;Pour une notation usuelle du berb&#232;re &#224; base tifinagh&#034;, &lt;i&gt;Table-ronde &#034;Phonologie et notation dans le domaine berb&#232;re&#034;,&lt;/i&gt; Paris, Inalco, 26-27 avril 1993 [= &lt;i&gt;Etudes et Documents Berb&#232;res, &lt;/i&gt;11, pp. 31-42].&lt;br /&gt;
&#8211; Chaker Salem, 1995, &lt;i&gt;Linguistique berb&#232;re. Etudes de syntaxe et de diachronie, &lt;/i&gt;Paris/Louvain, Editions Peeters.&lt;br /&gt; &#8211; Chaker Salem, 2002, &#034;Variation dialectale et codification graphie en berb&#232;re. Une notation usuelle pan-berb&#232;re est-elle possible ?&#034;, &lt;i&gt;Codification des langues de France, &lt;/i&gt;&#233;dit&#233; par D. Caubet, S. Chaker et Jean Sibille, Paris, L'Harmattan, p. 341-354.&lt;br /&gt; &#8211; Chaker Salem, 2009, &#034;Structuration prosodique et structuration (typo-)graphique en berb&#232;re : exemples kabyles&#034;, &lt;i&gt;Etudes de phon&#233;tique et linguistique berb&#232;re. Hommage &#224; Na&#239;ma Louali&lt;/i&gt;, Paris/Louvain, Peeters, p. 69-88.&lt;br /&gt; &#8211; El Mountassir Abdellah, 1994, &#034;De l'oral &#224; l'&#233;crit, de l'&#233;crit &#224; la lecture. Exemple des manuscrits chleuhs en graphie arabe&#034;, &lt;i&gt;Etudes et documents berb&#232;res, &lt;/i&gt;11, p. 149-156.&lt;br /&gt;
&#8210; &lt;i&gt;Fichier de Documentation Berb&#232;re, &lt;/i&gt;120, 1973 (IV) : &#034;A propos de quelques changements de transcription&#034;, p. 45-50.&lt;br /&gt;
&#8211; Galand Lionel, 1989, &#034;Les langues berb&#232;res&#034;, &lt;i&gt;La r&#233;forme des langues.&lt;/i&gt; His&#173;toire et avenir, IV, Hamburg, H. Buske Verlag.&lt;br /&gt;
&#8211; Mammeri Mouloud, 1976, &lt;i&gt;Tajerrumt n tmazight &lt;/i&gt;(tantala taqbaylit), Paris, Masp&#233;ro [= Grammaire berb&#232;re, dialecte kabyle].&lt;br /&gt;
&#8211; Na&#239;t-Zerrad Kamal, 1994, &lt;i&gt;Manuel de conjugaison kabyle : le verbe en berb&#232;re,&lt;/i&gt; Paris, L'Harmattan, 318 p.&lt;br /&gt;
&#8211; Na&#239;t-Zerrad Kamal, 2001, &lt;i&gt;Grammaire moderne du kabyle, &lt;/i&gt;Paris, Karthala, 225 p.&lt;br /&gt;
&#8211; Na&#239;t-Zerrad Kamal, 2001, &#034;Les syst&#232;mes de notation du berb&#232;re&#034;, &lt;i&gt;Codification des langues de France, &lt;/i&gt;&#233;dit&#233; par D. Caubet, S. Chaker et Jean Sibille, Paris, L'Harmattan, p. 331-340.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;(*) : Communication envoy&#233;e par Salem Chaker au colloque sur la standardisation de tamazight organis&#233; par le HCA &#224; Boumerd&#232;s du au 23 septembre 2010.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Je me situe ici dans une perspective de la longue dur&#233;e : la prise en charge par l'institution &#233;tatique date seulement de 1995 en Alg&#233;rie et de 2002 au Maroc. Et pendant la p&#233;riode coloniale, la codification du berb&#232;re &#233;tait une probl&#233;matique totalement inexistante pour l'administration comme pour l'Universit&#233; fran&#231;aises.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On sait qu'il sera suivi dans cette position par le Pr&#233;sident Bouteflika qui a fait le m&#234;me type de d&#233;clarations publiques.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Qui, avant les ann&#233;es 1920, avait d&#233;j&#224; publi&#233; : une m&#233;thode de langue kabyle (dont 350 pages de textes imprim&#233;es en kabyle), un recueil de po&#233;sies, une histoire de la Kabylie et une description d'un parler berb&#232;re marocain. Cf.S. Chaker (dir.) : &lt;i&gt;Hommes et femmes de Kabylie&lt;/i&gt;&#8230;, Aix-en-Provence, Edisud/Ina-yas, 2001.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf.&lt;i&gt;Etudes et documents berb&#232;res,&lt;/i&gt; 2, 1986 ou &lt;i&gt;Hommes et femmes de Kabylie, Dictionnaire biographique&#8230;,&lt;/i&gt; vol. I, (sous la dir. de S. Chaker), Aix-en-Provence/Alger, Edisud/Ina-yas, 2001.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Quasiment toutes celles qui sont publi&#233;es en Alg&#233;rie, en France et en Europe utilisent l'alphabet latin ; la situation est plus contrast&#233;e au Maroc o&#249; l'alphabet arabe est souvent utilis&#233; ; mais les parutions r&#233;centes sont d&#233;sormais majoritairement en latin dans ce pays aussi.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Qui lit, qui &#233;crit en berb&#232;re ? Existe-t-il un vrai march&#233; ou s'agit-il encore de r&#233;alisations port&#233;es par le militantisme ? Il est encore difficile de r&#233;pondre &#224; ces questions faute d'&#233;tudes pr&#233;cises.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Avec de nombreux digrammes, une non-distinction des voyelles et semi-voyelles.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Qui consid&#233;rera donc les fronti&#232;res de morph&#232;mes comme un contexte cl&#233; de l'analyse phonologique en berb&#232;re (&lt;i&gt;cf.&lt;/i&gt;Chaker 1984, chap. 6).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ainsi, je ne crois pas que l'on ait vraiment int&#233;r&#234;t &#224; noter &lt;i&gt;ta&#611;a&#7693;t&lt;/i&gt;(&#171; ch&#232;vre &#187;), m&#234;me si l'on sait bien qu'il ne s'agit que de la forme f&#233;minine de &lt;i&gt;a&#611;a&#7693;&lt;/i&gt;(&#171; caprin &#187;). Si l'option analytique apporte un plus dans le d&#233;codage des syntagmes et des &#233;nonc&#233;s, elle n'apporte pas grand-chose au sein des mots.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Notamment par K. Na&#239;t-Zerrad, sans doute le chercheur le plus avanc&#233; sur le sujet.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Regard sur le &#034;Printemps berb&#232;re&#034; : t&#233;moignage et r&#233;flexions de Salem Chaker</title>
		<link>http://www.tamazgha.fr/Regard-sur-le-Printemps-berbere.html</link>
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		<dc:date>2010-05-02T11:10:39Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Masin</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Nous publions ci-apr&#232;s l'article de Salem Chaker paru dans l'ouvrage collectif, coordonn&#233; par Arezki A&#239;t-Larbi, intitul&#233; Avril 80. Insurg&#233;s et officiels du pouvoir racontent le &#034;Printemps berb&#232;re&#034;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cet ouvrage comporte quatre parties : la premi&#232;re consacr&#233;e aux r&#233;cits de cinq acteurs du Printemps berb&#232;re &#224; Tizi-Ouzou. Il s'agit de Mohand Ouamar Ousalem (enseignant), Aziz Tari (&#233;tudiant en sciences exactes), Sa&#239;d Khellil (pharmacien biologiste), Mouloud Lounaouci (m&#233;decin) et Ferhat Mehenni (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.tamazgha.fr/-Analyses-.html" rel="directory"&gt;Analyses&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.tamazgha.fr/local/cache-vignettes/L147xH150/arton2592-bf1c6.jpg?1777936851' class='spip_logo spip_logo_right' width='147' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous publions ci-apr&#232;s l'article de Salem Chaker paru dans l'ouvrage collectif, coordonn&#233; par Arezki A&#239;t-Larbi, intitul&#233; &lt;i&gt;Avril 80. Insurg&#233;s et officiels du pouvoir racontent le &#034;Printemps berb&#232;re&#034;&lt;/i&gt;.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Cet ouvrage comporte quatre parties : la premi&#232;re consacr&#233;e aux r&#233;cits de cinq acteurs du Printemps berb&#232;re &#224; Tizi-Ouzou. Il s'agit de Mohand Ouamar Ousalem (enseignant), Aziz Tari (&#233;tudiant en sciences exactes), Sa&#239;d Khellil (pharmacien biologiste), Mouloud Lounaouci (m&#233;decin) et Ferhat Mehenni (chanteur du groupe Imazighen Imula). La deuxi&#232;me partie est consacr&#233;e &#224; l'universit&#233; d'Alger, avec les t&#233;moignages de Salem Chaker et de trois &#233;tudiants (Ihsen El-Kadi, M&#233;ziane Ourad et Arezki A&#239;t-Larbi). Dans cette m&#234;me partie, Hac&#232;ne Hir&#232;che relate les prolongements du mouvement au sein de l'&#233;migration en France. La troisi&#232;me partie est consacr&#233;e &#224; trois officiels : Hamid Sidi-Sa&#239;d, wali de Tizi-Ouzou en 1980, Abdelhak Brerhi, ministre de l'Enseignement sup&#233;rieur &#224; l'&#233;poque des &#233;v&#233;nements, et El-Hadi Khediri, directeur g&#233;n&#233;ral de la S&#251;ret&#233; nationale de 1977 &#224; 1987. La quatri&#232;me partie comporte des annexes.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Nous tenons &#224; remercier Salem Chaker qui a bien voulu nous autoriser &#224; reprendre cet article et le partager avec les lecteurs de &lt;i&gt;Tamazgha.fr&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;br&gt;
&lt;center&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;REGARD SUR LE &#034;PRINTEMPS BERBERE&#034; :&lt;br&gt;
T&#233;moignage et r&#233;flexions d'un acteur - observateur.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;par Salem CHAKER&lt;/strong&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Professeur des Universit&#233;s (berb&#232;re), Universit&#233; de Provence / Inalco (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Le genre &#034;t&#233;moignage&#034; est difficile, surtout 30 ans apr&#232;s les faits. N&#233;anmoins, on me permettra de pr&#233;ciser que j'ai g&#233;n&#233;ralement une bonne m&#233;moire et que, surtout, j'ai tr&#232;s r&#233;guli&#232;rement &#233;crit et publi&#233; depuis 1980 des documents et analyses sur ces &#233;v&#233;nements, publications qui constituent autant de rep&#232;res et de points de v&#233;rification. Plusieurs de ces textes comportent d'ailleurs des annexes factuelles tr&#232;s pr&#233;cises, parues pour certaines d'entre elles, il y a plus de 25 ans. Je ne peux bien s&#251;r garantir l'exactitude litt&#233;rale des propos pr&#234;t&#233;s ici &#224; certains protagonistes importants, mais je peux cependant en certifier l'exactitude quant au fond. Par ailleurs, je fais allusion &#224; un certain nombre de documents et courriers : j'en d&#233;tiens bien s&#251;r tous les originaux quand j'en suis l'auteur ou des copies dans les autres cas.
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;
&lt;strong&gt;*&lt;/strong&gt;
&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt; Le &#034;Printemps berb&#232;re&#034; de 1980 a &#233;t&#233; un &#233;v&#233;nement consid&#233;rable dans mon parcours personnel. Il a influenc&#233;, voire d&#233;termin&#233;, mon positionnement et mes analyses ult&#233;rieures et il demeure un rep&#232;re essentiel dans ma vie professionnelle, intellectuelle et politique : pour moi, il y a v&#233;ritablement un avant et un apr&#232;s 1980. &lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un parcours personnel sp&#233;cifique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Dans l'ensemble de la militance berb&#232;re kabyle, que je fr&#233;quentais d&#233;j&#224; bien avant 1980, mon itin&#233;raire personnel &#233;tait sans doute assez singulier. Enfant d'une vieille &#233;migration familiale kabyle en France (o&#249; je suis n&#233;), le retour en Alg&#233;rie en 1963 avait &#233;t&#233; un v&#233;ritable &#034;choc linguistique&#034; : je d&#233;couvrais brutalement que la majorit&#233; des Alg&#233;riens parlaient une autre langue que celle de ma famille et je fus confront&#233;, comme toute une g&#233;n&#233;ration de Kabyles &#034;descendus&#034; &#224; Alger, aux premi&#232;res &#233;tapes d'une politique d'arabisation agressive et clairement anti-berb&#232;re. Cette circonstance a &#233;t&#233; d&#233;terminante, &#224; la fois pour mon engagement en faveur de la langue berb&#232;re &#8210; &lt;i&gt;d&#232;s mon adolescence, j'avais d&#233;cid&#233; que je serai linguiste et consacrerai ma vie &#224; la langue berb&#232;re &lt;/i&gt;&#8210; mais aussi pour ce que j'appellerai ma &#034;r&#233;implantation sociale kabyle&#034; : dans les ann&#233;es 1963 &#224; 1970, je tissais des liens d'amiti&#233;s ou de camaraderie durables avec de nombreux Kabyles d'Alger, confront&#233;s eux aussi &#224; ce &#034;choc linguistique&#034;, m&#234;me si leur cheminement avait &#233;t&#233; diff&#233;rent &#8211; &lt;i&gt;ils arrivaient de Kabylie, je rentrais de France.&lt;/i&gt; Beaucoup deviendront des acteurs de premier plan du mouvement revendicatif berb&#232;re kabyle ou des chercheurs de haut niveau dans le domaine berb&#232;re&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Je pense, entre autres, &#224; mon ami Rachid Bellil, certainement l'un des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Nombre d'entre eux &#233;taient d&#233;j&#224; proches, pour les plus &#226;g&#233;s, ou se rapprocheront plus tard du FFS qui, &#224; l'&#233;poque, &#233;tait le parti d'opposition (clandestin) en position d'h&#233;g&#233;monie en Kabylie. Pour ce qui me concerne, mon parcours fut plus &#034;intellectuel&#034;, plus &#034;litt&#233;raire&#034; aussi&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Alors que la grande majorit&#233; des camarades kabyles de l'&#233;poque avaient un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et je tenais absolument &#224; acqu&#233;rir une formation universitaire de nature &#224; l&#233;gitimer mon travail sur la langue berb&#232;re. C'est &#224; cette p&#233;riode (&#224; partir de 1965) que j'ai commenc&#233; &#224; fr&#233;quenter durablement Mouloud Mammeri, qui m'accordait un parrainage bienveillant, m'orientait dans mes lectures et me conseillait pour mes &#233;tudes. Alors que j'&#233;tais encore lyc&#233;en, je suivais avec une poign&#233;e de camarades&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les premi&#232;res ann&#233;es, &#224; peine plus de 5 personnes, parmi lesquelles, si ma (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; le cours de langue berb&#232;re qu'il avait &#233;t&#233; autoris&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce cours &#233;tait rattach&#233; &#224; la section d'ethnologie. Mammeri lui-m&#234;me m'a (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#224; assurer &#224; la Facult&#233; des Lettres d'Alger &#224; partir d'octobre 1965. Je fr&#233;quentais aussi assid&#251;ment la Biblioth&#232;que nationale et certaines biblioth&#232;ques municipales dont la documentation berb&#233;risante &#233;tait &#224; l'&#233;poque encore tr&#232;s riche. &lt;br&gt;
&lt;br&gt; Apr&#232;s une ann&#233;e de &#034;Prop&#233;deutique&#034; &#224; la Facult&#233; des Lettres d'Alger (1968), je profitais d'une bourse d'une fondation fran&#231;aise pour repartir en France (Paris puis Aix-en-Provence) poursuivre des &#233;tudes en linguistique g&#233;n&#233;rale et en berb&#232;re, chose &#233;videmment impossible &#224; l'&#233;poque en Alg&#233;rie. Je suis rentr&#233; &#224; Alger, apr&#232;s avoir soutenu ma th&#232;se de 3e cycle sur le verbe kabyle&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le syst&#232;me d&#233;rivationnel verbal berb&#232;re (dialecte kabyle), Universit&#233; de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, pour commencer une carri&#232;re d'enseignant de linguistique g&#233;n&#233;rale &#224; la Facult&#233; des Lettres d'Alger (octobre 1973). Au cours de cette p&#233;riode de formation universitaire, je continuais &#224; fr&#233;quenter de fa&#231;on sporadique la &#034;militance berb&#232;re&#034;, &#224; Paris comme &#224; Alger, dans toutes ses composantes, culturelle et intellectuelle (M. Mammeri, Taos Amrouche&#8230;), ou plus engag&#233;e sur le terrain politique (milieux proches du FFS, Acad&#233;mie berb&#232;re, groupes &#233;tudiants kabyles &#224; Alger).&lt;br&gt;
&lt;br&gt; Durant mon exercice &#224; l'universit&#233; d'Alger, bien avant 1980, j'ai, &#224; de nombreuses reprises, toujours en concertation avec M. Mammeri et avec le relais attentif de Youcef Nacib&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Qui &#233;tait &#224; l'&#233;poque sous-directeur des Lettres et Sciences Humaines &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, propos&#233; l'int&#233;gration d'enseignements de berb&#232;re &#224; l'Universit&#233;. On trouvera un rappel sommaire des nombreuses d&#233;marches que j'ai men&#233;es en ce sens dans mon article paru dans &lt;i&gt;Les Temps Modernes &lt;/i&gt;(1982) ou dans la premi&#232;re &#233;dition de mon &lt;i&gt;Berb&#232;res aujourd'hui/Imazighen ass-a&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;'La revendication culturelle berb&#232;re', Les Temps Modernes, n&#176; 432-433, 1982 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. A chaque fois, nous nous sommes heurt&#233;s &#224; une fin de non recevoir. A l'&#233;poque r&#233;gnait sans partage l'id&#233;ologie arabo-islamique du FLN, en particulier &#224; travers les positions de sa Commission Culture totalement contr&#244;l&#233;e par les arabisants de formation moyen-orientale, acquis aux id&#233;aux de l'arabisme. Pour eux, le berb&#232;re n'&#233;tait qu'un obstacle et un danger pour l'unit&#233; nationale, unit&#233; qui ne pouvait &#234;tre parachev&#233;e qu'avec la disparition du berb&#232;re.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Cette phase aussi sera d&#233;cisive pour la suite, pour ma perception du contexte global alg&#233;rien et pour mon positionnement dans le &#034;Printemps berb&#232;re&#034;. Car apr&#232;s la disparition du cours de M. Mammeri (1973), le refus tenace de toute ouverture au berb&#232;re dans l'Universit&#233;, les relances successives de la politique d'arabisation &#8210; &#224; l'Universit&#233; comme dans la soci&#233;t&#233; globale &#8210;, le rejet de la dimension berb&#232;re dans la fameuse Charte nationale de 1976, les proc&#232;s pr&#233;fabriqu&#233;s et autres faits de r&#233;pression anti-berb&#232;re (1974, 1976, 1977, 1978), dessinaient une configuration de fermeture absolue et d'anti-berb&#233;risme doctrinal et institutionnel. Rappelons &#233;galement qu'&#224; l'&#233;poque r&#233;gnait une atmosph&#232;re de terreur induite par l'omnipr&#233;sence (r&#233;elle ou suppos&#233;e) de la police politique du r&#233;gime (la S&#233;curit&#233; Militaire) et le quadrillage de la soci&#233;t&#233; et des organisations par le parti unique FLN.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La cr&#233;ation de l'universit&#233; de Tizi-Ouzou : un vent nouveau&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'ouverture en 1978 d'un Centre Universitaire &#224; Tizi-Ouzou, qui s'inscrivait dans un plan de d&#233;sengorgement de l'Universit&#233; d'Alger, allait cr&#233;er une situation nouvelle, sans doute tout &#224; fait impr&#233;vue pour les d&#233;cideurs de l'&#233;poque. La concentration en Kabylie m&#234;me d'une population d'universitaires et d'&#233;tudiants, quasiment tous originaires de la r&#233;gion, favorisa d'embl&#233;e un climat de contestation ; d'autant que beaucoup de ces jeunes universitaires, qui rentraient de France apr&#232;s une th&#232;se, &#233;taient tr&#232;s politis&#233;s, avaient des exp&#233;riences d'engagement militant dans le mouvement culturel berb&#232;re en France et/ou dans les partis politiques de l'opposition clandestine (FFS, PRS, extr&#234;me-Gauche&#8230;). On retrouvera des informations assez pr&#233;cises sur cette atmosph&#232;re de &#034;bouillonnement&#034; qui se met en place d&#232;s la premi&#232;re ann&#233;e d'existence du CUTO dans le &lt;a href='http://www.tamazgha.fr/Journal-des-evenements-de-Kabylie,2591.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#034;Journal des &#233;v&#233;nements de Kabylie&#034;&lt;/a&gt; de Rachid Chaker.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les Temps modernes, n&#176; 432-433, 1982 ; &#034;Alg&#233;rie : espoirs et r&#233;alit&#233;s&#034;.&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt; D&#232;s l'ann&#233;e 1979, le contact est &#233;tabli entre les groupes actifs de l'universit&#233; de Tizi-Ouzou et moi-m&#234;me, par l'interm&#233;diaire de mon fr&#232;re Rachid et d'autres enseignants &#034;berb&#233;ristes&#034; que je connaissais de longue date, et, dans un second temps, par l'interm&#233;diaire de Sa&#239;d Sadi. A l'&#233;poque, j'assurais un s&#233;minaire de recherche r&#233;gulier au CRAPE (Alger), o&#249; j'&#233;tais chercheur contractuel et disposais d'un bureau personnel ; je pouvais donc recevoir ais&#233;ment et relativement discr&#232;tement les repr&#233;sentants de la communaut&#233; universitaire de Tizi-Ouzou. Durant toute cette p&#233;riode, le CRAPE fut d'ailleurs l'un des principaux lieux de rencontre et de contact de la mouvance &#034;berb&#233;riste&#034; &#224; Alger, continuant ainsi une &#034;tradition&#034; commenc&#233;e d&#232;s le d&#233;but de la d&#233;cennie 1970 autour de M. Mammeri.&lt;br&gt;
Pendant cette m&#234;me ann&#233;e 1979, &#224; partir de juin, j'ai pris les premiers contacts formels avec la direction du Centre universitaire de Tizi-Ouzou. En octobre, je fus re&#231;u, en compagnie de Mouloud Mammeri, par le recteur Arab, le rendez-vous avait &#233;t&#233; pris par mon fr&#232;re Rachid ; j'eu &#233;galement plusieurs entrevues avec ses vice-recteurs, toujours par l'interm&#233;diaire de Rachid qui avait de bonnes relations avec eux. Par l'entremise de Sa&#239;d Sadi, je fis la connaissance de feu Rabah Stambouli, qui, je crois, dirigeait alors le d&#233;partement d'arabe et semblait &#234;tre l'un des &#034;hommes forts&#034; du Centre universitaire. A tous et &#224; chaque fois, j'ai propos&#233; la cr&#233;ation d'un enseignement de langue berb&#232;re et fait part de mon souhait d'&#234;tre affect&#233; &#224; Tizi-Ouzou. Le recteur tint des propos tr&#232;s &#233;vasifs et &#034;bottera en touche&#034; en renvoyant toute d&#233;cision au minist&#232;re&#8230; Nous &#233;tions donc revenus &#224; la &#034;case d&#233;part&#034;, telle que je l'avais exp&#233;riment&#233;e &#224; l'universit&#233; d'Alger. En revanche, m&#234;me si mon impression premi&#232;re n'avait pas &#233;t&#233; tr&#232;s bonne car je l'avais trouv&#233; trop enflamm&#233; et faisant trop de promesses, je dois t&#233;moigner que R. Stambouli s'&#233;tait s&#233;rieusement engag&#233; dans cette perspective qui, selon ma perception &#233;videmment subjective, semblait lui tenir &#224; c&#339;ur. En tout cas, je pense qu'il a fait, &#224; son niveau et avec les moyens dont il disposait, ce qui &#233;tait &#224; sa port&#233;e pour d&#233;bloquer la situation. Mais manifestement les temps n'&#233;taient pas m&#251;rs et le syst&#232;me &#233;tait encore fig&#233; dans ses certitudes anti-berb&#232;res.&lt;br&gt;
&lt;br&gt; Lorsque survient l'incident du 10 mars 1980, avec l'interception du v&#233;hicule de Mouloud Mammeri qui se rendait &#224; l'Universit&#233; de Tizi-Ouzou pour y donner une conf&#233;rence sur &#034;la po&#233;sie kabyle ancienne&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A l'occasion de la parution de son ouvrage Po&#232;mes kabyles anciens, Paris, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#224; l'invitation d'un collectif &#233;tudiant, la situation locale &#233;tait donc d&#233;j&#224; tendue et le centre universitaire &#233;tait un &#034;foyer d'agitation&#034; depuis plus d'une ann&#233;e. En fait, Mammeri avait re&#231;u la veille un appel, tr&#232;s confus, apparemment de la direction de l'universit&#233;, lui demandant de renoncer &#224; son d&#233;placement. A l'&#233;poque, Mammeri et moi &#233;tions tr&#232;s proches et nous nous voyions tous les jours au CRAPE ; il s'en &#233;tait ouvert &#224; moi et m'avait fait part de sa grande perplexit&#233;. Le 10 au matin, n'ayant eu aucune notification officielle des instances de l'universit&#233;, il d&#233;cida de se rendre &#224; Tizi-Ouzou et de r&#233;pondre &#224; l'invitation des &#233;tudiants. Nous &#233;tions trois dans la voiture de Mammeri (une Peugeot 204 d'un &#226;ge respectable), le chauffeur du CRAPE, Oula&#239;d, Mammeri et moi-m&#234;me. L'interception par un barrage de police eut lieu, en fin de matin&#233;e, &#224; Draa-Ben Khedda, une dizaine de Km avant d'arriver &#224; Tizi-Ouzou. Nous f&#251;mes escort&#233;s jusqu'&#224; la wilaya o&#249; M. Mammeri fut re&#231;u seul par le wali. A son retour &#224; notre v&#233;hicule gar&#233; &#224; l'int&#233;rieur de la wilaya, M. Mammeri nous annon&#231;a que le wali lui avait signifi&#233; l'interdiction de sa conf&#233;rence et lui demandait de repartir sur Alger. Nous e&#251;mes alors un &#233;change rapide et, sur ma proposition, nous d&#233;cid&#226;mes de nous rendre sur le campus universitaire pour informer de la situation la direction de l'universit&#233; et le collectif des &#233;tudiants. Si mes souvenirs sont bons, l'entrevue avec les responsables universitaires fut rapide et les repr&#233;sentants &#233;tudiants qui &#233;taient pr&#233;sents ou dans les parages imm&#233;diats, furent imm&#233;diatement inform&#233;s des derniers d&#233;veloppements. Nous repart&#238;mes pour Alger sans autre incident.&lt;br&gt;
&lt;br&gt; Le lendemain eut lieu la premi&#232;re manifestation publique dans les rues de Tizi-Ouzou pour d&#233;noncer l'interdiction de la conf&#233;rence de M. Mammeri. Commen&#231;ait alors le &#034;Printemps berb&#232;re&#034; de 1980, avec ses quatre mois de manifestations, gr&#232;ves, occupations d'usines, affrontements et, bien s&#251;r, l'assaut donn&#233; le 20 avril par les forces de l'ordre &#224; l'universit&#233; occup&#233;e et la vague d'arrestations qui s'en suivit. D'hyst&#233;rie anti-kabyle aussi de la presse officielle alg&#233;rienne, qui d&#233;non&#231;ait p&#234;le-m&#234;le le &#034;s&#233;paratisme&#034;, la &#034;contre-r&#233;volution&#034; et les &#034;ing&#233;rences de l'imp&#233;rialisme et du n&#233;o-colonialisme&#034;, voire les &#034;agissements des services sp&#233;ciaux &#233;trangers&#034;, visant &#224; porter atteinte &#224; l'unit&#233; de la nation&#8230; Mammeri eut droit, on le sait, &#224; son lot d'injures et d'insanit&#233;s.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;strong&gt; Une configuration in&#233;dite&lt;/strong&gt;
&lt;br&gt; Mais ce d&#233;cha&#238;nement m&#233;diatique, les diatribes contre les &#034;ennemis de la R&#233;volution&#034;, les arrestations, &#233;taient des ph&#233;nom&#232;nes relativement &#034;classiques&#034; pour notre g&#233;n&#233;ration et ne nous surprenaient pas : nous avions pu les conna&#238;tre d&#233;j&#224; pendant toute la d&#233;cennie 1970, sous le r&#233;gime de Boumediene. Et, pour les plus vieux d'entre nous, entre 1963 et 1965, lorsque la presse et la justice aux ordres de Ben Bella et ses alli&#233;s d'alors se d&#233;cha&#238;naient contre l'insurrection du FFS en Kabylie. Mais deux &#233;l&#233;ments essentiels, tout &#224; fait in&#233;dits et qui constituent une v&#233;ritable rupture, vont caract&#233;riser le &#034;Printemps berb&#232;re&#034; :&lt;br&gt; &#8210; L'&#233;cho international des &#233;v&#232;nements ;&lt;br&gt; &#8210; L'irruption dans la contestation de la soci&#233;t&#233; civile &#224; travers une mobilisation de masse.&lt;br&gt;
&lt;br&gt; Jusque-l&#224;, l'Alg&#233;rie 'r&#233;volutionnaire' avait r&#233;ussi ce tour de force de museler toute opposition, de pratiquer la r&#233;pression structurelle de toute contestation, de proc&#233;der &#224; des arrestations et d&#233;tentions extra-judiciaires &#224; grande &#233;chelle, de pratiquer r&#233;guli&#232;rement la torture et les ex&#233;cutions sommaires, la liquidation physique des opposants, sans que quasiment jamais la presse internationale et les organisations de d&#233;fense des droits de l'homme ne se saisissent des cas. Jusqu'en 1980, Amnesty International, par exemple, ne connaissait qu'un seul d&#233;tenu politique en Alg&#233;rie : l'ancien pr&#233;sident Ahmed Ben Bella ! Alors qu'ils ont &#233;t&#233; des milliers &#224; avoir &#233;t&#233; d&#233;tenus arbitrairement, &#224; avoir &#233;t&#233; tortur&#233;s, entre 1962 et 1980 : les militants du FFS d'A&#239;t-Ahmed &#224; partir de 1963, ceux du PRS de Mohammed Boudiaf, les communistes du PAGS et autres marxistes apr&#232;s le coup d'Etat de Boumediene (19 juin 1965), les &#034;berb&#233;ristes&#034; des ann&#233;es 1970&#8230;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Deux ressorts fondamentaux ont &#233;t&#233; utilis&#233;s par l'appareil d'Etat alg&#233;rien pour &#034;r&#233;primer en silence&#034; pendant deux d&#233;cennies : &lt;i&gt;la mise sous tutelle imm&#233;diate et totale de l'appareil judicaire, d&#232;s l'ind&#233;pendance ; l'exploitation syst&#233;matique de l'image &#034;r&#233;volutionnaire&#034; de l'Alg&#233;rie aupr&#232;s des relais d'opinion internationaux.&lt;/i&gt; La presse et la Gauche fran&#231;aises, notamment, ont longtemps fait preuve d'une complaisance sans limites vis-&#224;-vis du r&#233;gime alg&#233;rien, par&#233; de toutes les vertus &#034;r&#233;volutionnaires&#034; et &#034;socialistes&#034;, alors que, au m&#234;me moment, le pouvoir marocain, &#034;alli&#233; de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain&#034;, &#233;tait vou&#233; aux g&#233;monies et d&#233;nonc&#233; sans rel&#226;che. Pourtant les crimes de l'un n'avaient pas grand chose &#224; envier &#224; ceux de l'autre. Dans le cas de l'Alg&#233;rie, il est &#233;vident que le r&#233;gime a su remarquablement jouer sur le capital de sympathie acquis pendant la lutte pour l'ind&#233;pendance aupr&#232;s des milieux anti-colonialistes et anti-imp&#233;rialistes. Les Fran&#231;ais y ont &#233;videmment rajout&#233; un fort complexe &#034;d'anciens colonisateurs&#034;, qui leur interdisait toute critique contre l'Alg&#233;rie ind&#233;pendante. J'ai moi-m&#234;me entendu, en d&#233;cembre 1986 &#224; Valladolid, feu Yves Jouffa, pr&#233;sident historique de la Ligue Fran&#231;aise des Droits de l'Homme et ancien d&#233;fenseur des d&#233;tenus du FLN pendant la guerre de lib&#233;ration, me d&#233;clarer lors du congr&#232;s de la FIDH : &#034;&lt;i&gt;Ces gens que j'ai d&#233;fendus dans leur combat pour la lib&#233;ration de l'Alg&#233;rie ne peuvent pas &#234;tre devenus les fascistes et les tortionnaires que vous d&#233;crivez !&lt;/i&gt;&#034;&#8230; Oubliant au passage que plus d'un des tortionnaires fran&#231;ais de militants alg&#233;riens entre 1954 et 1962 avaient &#233;t&#233; des r&#233;sistants fran&#231;ais &#224; l'occupation nazie.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
En 1980, les acteurs du &#034;Printemps berb&#232;re&#034;, dans leur diversit&#233;, &#233;taient d&#233;cid&#233;s &#224; briser ce mur du silence. Ils avaient compris que le meilleur alli&#233; du pouvoir &#233;tait cette chape de plomb qui avait pr&#233;valu jusque-l&#224; et que leur plus s&#251;re protection contre la r&#233;pression &#233;tait l'&#233;cho international donn&#233; &#224; leur protestation. A l'&#233;poque, c'&#233;tait une v&#233;ritable petite r&#233;volution car le sentiment nationaliste &#233;tait tellement fort chez les Alg&#233;riens de l'apr&#232;s-ind&#233;pendance que beaucoup r&#233;pugnaient &#224; d&#233;noncer les violations du droit et des droits de l'homme par 'leur' Etat, surtout aupr&#232;s de la presse fran&#231;aise. Je crois me souvenir qu'Arezki A&#239;t-Larbi, alors jeune &#233;tudiant en m&#233;decine, est l'un de ceux qui ont jou&#233; un r&#244;le d&#233;cisif dans cette nouvelle approche.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Personnellement, d&#232;s la fin 1979/d&#233;but 1980, par des voies diverses, g&#233;n&#233;ralement &#233;trang&#232;res au milieu berb&#233;riste et au &#034;groupe de Tizi-Ouzou&#034;, j'ai pu tr&#232;s rapidement &#233;tablir des relations de confiance avec de nombreux repr&#233;sentants de la presse internationale en poste &#224; Alger (&lt;i&gt;Le Monde,&lt;/i&gt; &lt;i&gt;La Croix&lt;/i&gt;, AFP, Reuters&#8230;) et avec les grandes organisations internationales de d&#233;fense des droits de l'homme, en premier lieu Amnesty International et, un peu plus tard, la FIDH. Il est certain que ma position d'universitaire m'a grandement facilit&#233; la t&#226;che et confort&#233; ma cr&#233;dibilit&#233;, d'autant que j'avais tendance &#224; &#234;tre aussi mesur&#233; et pr&#233;cis que possible car je disposais d'informations de sources diverses et pas uniquement du noyau &#034;berb&#233;riste&#034;, notamment &#224; travers mon fr&#232;re Rachid qui avait longtemps milit&#233; au PRS. Plus d'une fois d'ailleurs, ce sont les observateurs &#233;trangers eux-m&#234;mes qui ont pris l'initiative de me contacter.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
En tout &#233;tat de cause, les acteurs du &#034;printemps berb&#232;re&#034; ont obtenu ce qu'aucune contestation ou opposition alg&#233;rienne n'avait jusque l&#224; r&#233;ussi : une couverture extraordinaire par la presse internationale pendant plusieurs semaines et une entr&#233;e en action des organisations comme Amnesty International. Il est aussi av&#233;r&#233; que les relais de la militance kabyle, majoritairement FFS, en France et en Europe ont jou&#233; &#224; plein dans la mobilisation ext&#233;rieure des m&#233;dias et de l'&#233;migration kabyle. Cela a &#233;videmment &#233;t&#233; permis par le d&#233;veloppement consid&#233;rable durant la d&#233;cennie 1970 des r&#233;seaux militants kabyles et oppositionnels dans l'&#233;migration, notamment estudiantine.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
L'autre donn&#233;e nouvelle &#8210; &lt;i&gt;le caract&#232;re massif et populaire des protestations&lt;/i&gt;&#8210; a aussi &#233;t&#233; une nouveaut&#233; d&#233;cisive, y compris sans doute par rapport au probl&#232;me de la r&#233;pression, sur lequel je reviendrai plus loin. Jusque-l&#224;, l'engagement pour la culture berb&#232;re &#233;tait le fait de personnalit&#233;s culturelles ou intellectuelles isol&#233;es, de groupes estudiantins plut&#244;t circonscrits (universit&#233; d'Alger, groupes estudiantins parisiens) et de quelques militants politiques comme feu Bessaoud Mohand Arab. Objectivement, leur/notre repr&#233;sentativit&#233; sociale &#233;tait incertaine et leur/notre combat pouvait appara&#238;tre comme tr&#232;s &#233;litaire et assez d&#233;sesp&#233;r&#233;. On n'avait jamais vu jusque-l&#224; des &#233;tudiants nombreux, des lyc&#233;ens, des ouvriers et salari&#233;s, des villageois&#8230;, toute une r&#233;gion se mettre en gr&#232;ve et manifester, affronter les forces de l'ordre pour exiger la reconnaissance de la langue et de la culture berb&#232;res. Or c'est bien ce qui s'est produit au printemps 1980. Pour la premi&#232;re fois dans l'histoire connue, des populations berb&#232;res se mobilisaient massivement et durablement pour la d&#233;fense des param&#232;tres de leur identit&#233; propre : leur langue et leur culture.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
On comprendra ais&#233;ment que pour moi, universitaire, linguiste, qui avait eu jusque-l&#224; une trajectoire plut&#244;t solitaire d'&#233;rudit, l'&#233;v&#232;nement ait &#233;t&#233; un bouleversement profond. Mon engagement scientifique personnel pour la langue berb&#232;re se voyait en quelque sorte l&#233;gitim&#233; par la revendication de toute une population. Nous n'&#233;tions plus, moi et quelques rares autres, les &#034;derniers des Mohicans&#034; ou, pour reprendre la phras&#233;ologie des milieux dominants, les &#034;repr&#233;sentants attard&#233;s de la politique berb&#232;re de la France&#034;, mais bien les &#233;claireurs lucides d'un peuple qui arrivait &#224; la conscience de soi. La disparition des Berb&#232;res et de leur langue n'&#233;tait plus une donn&#233;e in&#233;luctable.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;strong&gt;Au milieu de la temp&#234;te, une trag&#233;die familiale&lt;/strong&gt;
&lt;br&gt; En juin 1980, apr&#232;s trois mois de manifestations, de gr&#232;ves et d'affrontements en Kabylie et secondairement &#224; Alger, intervient la lib&#233;ration des 24 &#034;meneurs&#034; d&#233;f&#233;r&#233;s &#224; la Cour de S&#251;ret&#233; de l'Etat et les poursuites sont suspendues contre toutes les personnes recherch&#233;es&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;De nombreux acteurs de la contestation, notamment des universitaires, qui (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette phase d'apaisement est mise &#224; profit par le &#034;groupe de Tizi-Ouzou&#034; pour organiser le s&#233;minaire de Yakouren&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dont les actes sont parus sous le titre : Alg&#233;rie : quelle identit&#233; ? Actes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, destin&#233; &#224; donner au mouvement sinon un programme, du moins des &#233;l&#233;ments de doctrine. Je n'y ai particip&#233; que tr&#232;s marginalement, &#224; la fin de la rencontre. Jusqu'au 20 juillet, j'&#233;tais hospitalis&#233; &#224; l'H&#244;tel-Dieu de Paris pour des probl&#232;mes ophtalmologiques d&#233;j&#224; anciens et, surtout, le 18 juillet survenait un accident de la route dramatique qui allait co&#251;ter la vie &#224; mon fr&#232;re Rachid et &#224; trois autres membres de notre famille : sa femme Fatima, son fils &#226;g&#233; de 6 mois, Mennad, et notre m&#232;re. Le choc fut terrible, pour la famille comme pour tous ses proches. Tout particuli&#232;rement pour moi car j'&#233;tais tr&#232;s li&#233; &#224; mon jeune fr&#232;re, au plan affectif bien s&#251;r, mais aussi au plan politique : nous &#233;tions tous les deux depuis longtemps sur des positions tr&#232;s critiques vis-&#224;-vis du r&#233;gime alg&#233;rien. Rachid, &#233;conomiste, &#233;tait plut&#244;t marxiste et s'&#233;tait engag&#233; dans le PRS de Mohammed Boudiaf pendant ses &#233;tudes doctorales faites en France (&#224; Grenoble), mais nous partagions largement, depuis l'adolescence, les m&#234;mes engagements &#034;berb&#233;ristes&#034;. C'&#233;tait un gar&#231;on vif et intelligent, incisif et exigeant, vis-&#224;-vis des autres comme de lui-m&#234;me. Apr&#232;s sa th&#232;se de doctorat, il avait &#233;t&#233; recrut&#233; en 1979 sur un poste d'enseignant en &#233;conomie au Centre universitaire de Tizi-Ouzou, tout nouvellement cr&#233;&#233;. Il &#233;tait &#233;galement chercheur contractuel &#224; l'Institut de Recherches en Economie Appliqu&#233;e de Ben-Aknoun, alors dirig&#233; par Abdelatif Benachenhou qui, je crois bien, avait &#233;t&#233; son professeur. A partir de sa &#034;r&#233;implantation&#034; en Kabylie, il a &#233;t&#233; en quelque sorte &#034;mon poisson-pilote&#034; dans le milieu universitaire local, qu'il connaissait tr&#232;s bien, car beaucoup de ses coll&#232;gues avait &#233;t&#233; ses camarades d'&#233;tudes &#224; l'Universit&#233; d'Alger (o&#249; il avait fait sa licence d'&#233;conomie) ou en France et, parfois aussi, ses compagnons d'engagement politique.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Plusieurs correspondants de la presse &#233;trang&#232;re, et bien s&#251;r beaucoup de proches, m'ont demand&#233; &#224; l'&#233;poque si cet accident n'&#233;tait pas &#034;suspect&#034;, &#233;voquant par l&#224; la possibilit&#233; d'un accident provoqu&#233; ou d'un assassinat d&#233;guis&#233; en accident par les services secrets alg&#233;riens. C'est une hypoth&#232;se que j'ai toujours exclue car les conditions concr&#232;tes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mon fr&#232;re se rendait de nuit &#224; Tizi-Ouzou, pendant la p&#233;riode de Ramadhan ; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; de cet accident &#233;taient telles qu'il ne pouvait &#234;tre ni programm&#233; ni pr&#233;vu par quiconque.&lt;br&gt;
&lt;br&gt; Apr&#232;s le choc et l'abattement initial, ce drame m'a plut&#244;t galvanis&#233; et a renforc&#233; ma d&#233;termination et mon engagement dans la lutte en cours. Au fond, je travaillais aussi pour la m&#233;moire de Rachid. J'avais aussi &#233;t&#233; fortement impressionn&#233; par la foule immense qui &#233;tait venue &#224; son enterrement au village et par les innombrables marques de sympathie et de soutien que, de toutes parts, on nous avait manifest&#233;es. Dans le deuil et la douleur, nous avions eu une exp&#233;rience &#233;mouvante de solidarit&#233; d'un cercle d'amis et de relations tr&#232;s large. D&#232;s le mois d'ao&#251;t (lettre du 16/08/1980), j'ai formellement demand&#233; au ministre de l'Enseignement Sup&#233;rieur, Abdelhak Bererhi, de me muter &#224; l'Universit&#233; de Tizi-Ouzou, en hommage &#224; mon fr&#232;re. Sa r&#233;action officielle&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Des r&#233;actions officieuses, positives, m'&#233;taient d&#233;j&#224; parvenues.&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; est intervenue deux mois plus tard ; il m'a re&#231;u le 25 octobre et, apr&#232;s les formules d'usages &#224; propos de Rachid, il m'annonce que :&lt;br&gt;
&#8210; &lt;i&gt;&#034;le probl&#232;me de ma mutation &#224; Tizi-Ouzou sera r&#233;gl&#233; d'ici dix jours, le temps de contacter les deux recteurs concern&#233;s ;&lt;br&gt;
&#8210; Il fera appel &#224; moi pour mettre en place un cadre de recherche en berb&#232;re.&#034;&lt;/i&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
J'ai un souvenir tr&#232;s pr&#233;cis des propos du ministre parce qu'ils &#233;taient &#224; la fois clairs et quelque peu &#034;ampoul&#233;s&#034;, manifestant une certaine prudence dans la formulation de son engagement. En particulier, je suis absolument s&#251;r qu'il n'a parl&#233; que de &#034;recherche&#034;, et n'a pas &#233;voqu&#233; l'&#034;enseignement&#034;. Ce n'est pas du tout anodin, car en tant que ministre de la Recherche scientifique, il pouvait effectivement assez ais&#233;ment m'affecter &#224; Tizi-Ouzou sur la base d'un projet de recherche, rattach&#233; au CRAPE par exemple puisque j'y &#233;tais d&#233;j&#224; sous contrat&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Je rappellerai que depuis plusieurs ann&#233;es d&#233;j&#224;, sous l'aura protectrice de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, sans envisager l'ouverture d'un enseignement et d'un dipl&#244;me de berb&#232;re, ce qui aurait eu une signification symbolique et politique bien plus consid&#233;rable.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;strong&gt;Le &#034;front acad&#233;mique&#034; : un engagement personnel intense.&lt;/strong&gt;
&lt;br&gt;
Pendant toute cette p&#233;riode, qui d&#233;bute en fait pour moi en juin 1979 et s'&#233;tend jusqu'&#224; la fin 1981, j'ai jou&#233;, en pleine conscience, le r&#244;le d'universitaire berb&#233;risant de r&#233;f&#233;rence, Mammeri &#233;tant d&#233;j&#224; &#224; la retraite et, de plus, assez peu enclin par nature aux engagements publics ; nous avons cependant toujours pr&#233;cis&#233;ment discut&#233; ensemble de mes initiatives. J'ai donc port&#233; &#034;le versant universitaire&#034; de la revendication en pr&#233;sentant r&#233;guli&#232;rement aux autorit&#233;s (Universit&#233;s d'Alger et de Tizi-Ouzou, Minist&#232;re de l'Enseignement Sup&#233;rieur) des dossiers en vue de l'int&#233;gration du berb&#232;re &#224; l'universit&#233;. Mes propres d&#233;marches &#233;taient confort&#233;es par celles du collectif des enseignants de l'universit&#233; de Tizi-Ouzou, avec lequel j'&#233;tais en contact r&#233;gulier : la strat&#233;gie, mise en place &#224; la rentr&#233;e 1980, &#233;tait d'exercer une pression parall&#232;le et coordonn&#233;e sur le ministre de l'Enseignement sup&#233;rieur d'alors, A. Bererhi, pour l'amener &#224; concr&#233;tiser sa promesse, faite &#224; plusieurs reprises aux repr&#233;sentants de l'universit&#233; de Tizi-Ouzou et &#224; moi-m&#234;me, &lt;i&gt;&#034;d'ouvrir un cadre d'enseignement et de recherche en berb&#232;re &#224; Tizi-Ouzou&#034;&lt;/i&gt;&lt;br&gt;.
&lt;br&gt;
Quand on examine nos demandes acad&#233;miques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On en trouve une synth&#232;se dans Alg&#233;rie : quelle identit&#233; ? Actes du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; de l'&#233;poque avec le recul du temps, elles ne peuvent qu'appara&#238;tre comme tr&#232;s modestes, voire d&#233;risoires : il faudra pourtant attendre 10 ans (1990) pour que le premier d&#233;partement de berb&#232;re soit cr&#233;&#233; &#224; Tizi-Ouzou et que le magister de langue et culture berb&#232;res soit enfin ouvert. Cela donne en contrepoint la mesure du degr&#233; de blocage et de fermeture du syst&#232;me politique FLN, incapable de la moindre n&#233;gociation et compromis avec la soci&#233;t&#233;. Il faudra les &#233;meutes d'octobre 1988, la fin du parti unique et la nouvelle constitution de 1989, c'est-&#224;-dire un v&#233;ritable &#233;branlement politique, pour que se dessine un d&#233;but de d&#233;crispation.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Ayant &#233;t&#233; re&#231;u personnellement plusieurs fois par A. Bererhi, au cours de cette p&#233;riode, j'ai tendance &#224; penser qu'il &#233;tait sans doute personnellement favorable &#224; une solution d'ouverture. Mais il me para&#238;t &#233;galement &#233;vident qu'il faisait partie de ces &#034;ministres techniques&#034; dont le poids politique &#233;tait limit&#233;, face aux orientations id&#233;ologiques lourdes du FLN. J'en vois une confirmation dans le fait que lorsque je l'ai rencontr&#233; en octobre ou novembre 1981, alors que quelques semaines auparavant, il me confirmait encore &#034;&lt;i&gt;sa volont&#233; de me muter &#224; l'Universit&#233; de Tizi-Ouzou pour y mettre en place un cadre pour le berb&#232;re&lt;/i&gt;&#034;, il m'a d&#233;clar&#233; tout net : &#034;&lt;i&gt;le Comit&#233; central du FLN s'est saisi du dossier et va engager d'ici le printemps un d&#233;bat interne sur la culture, je ne peux donc rien d&#233;cider tant que ce d&#233;bat n'est pas tranch&#233; !&lt;/i&gt;&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce d&#233;bat, qui fait suite au &#034;d&#233;bat national sur la culture&#034; officiellement (&#8230;)&#034; id=&#034;nh17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Je dispose d'un autre indice objectif de sa probable bonne volont&#233; personnelle, en tout cas, de sa bonne disposition &#224; mon &#233;gard : en 1983, alors que ma situation statutaire n'&#233;tait toujours pas r&#233;gl&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J'&#233;tais d&#233;j&#224; Professeur associ&#233; de berb&#232;re &#224; l'Universit&#233; de Provence &#224; Aix, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, il a tent&#233; de &#034;trouver une solution &#224; mon cas personnel&#034; en me d&#233;tachant &#224; plein temps au CRAPE : je d&#233;tiens encore l'arr&#234;t&#233; &lt;i&gt;sign&#233; de sa main&lt;/i&gt;, dat&#233; du 20 avril 1983 (!), jour o&#249; il m'a re&#231;u au minist&#232;re en pr&#233;sence de Y. Nacib.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Mais notre &#034;strat&#233;gie acad&#233;mique&#034; fut double : &#224; la fin de l'ann&#233;e 1980, lorsqu'il nous est apparu que l'Enseignement sup&#233;rieur &#034;tra&#238;nait en longueur&#034;, voire &#034;nous menait en bateau&#034; et ne se d&#233;cidait pas &#224; honorer ses promesses, nous d&#233;cid&#226;mes, d'ouvrir un &#034;second front&#034; en organisant une &#034;pression par la base&#034; sous la forme de meetings, cycles de conf&#233;rences et &#034;cours sauvages&#034; partout o&#249; la mobilisation des &#233;tudiants le permettait. En fait, l'initiative avait d&#233;j&#224; &#233;t&#233; lanc&#233;e &#224; Tizi-Ouzou d&#232;s la rentr&#233;e d'octobre 1980 et des cours &#034;sauvages&#034; r&#233;guliers s'y d&#233;roulaient sans probl&#232;me particulier : il y avait sur place plusieurs enseignants d&#233;j&#224; bien form&#233;s et exp&#233;riment&#233;s comme Ramdane Achab, Idir Ahmed-Za&#239;d&#8230; Je m'y rendais quasiment toutes les semaines et nous tenions des r&#233;unions techniques tr&#232;s studieuses de notre &#034;Comit&#233; Provisoire pour l'Enseignement et la Recherche en Berb&#232;re&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Formellement mis en place &#224; l'occasion d'une AG qui s'est tenue le 19 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; sur les programmes et contenus des enseignements. J'ai notamment souvenir d'une s&#233;ance du 29 janvier 1981, &#224; laquelle participait une trentaine d'enseignants de Tizi-Ouzou, dont R. Stambouli, qui a envisag&#233; une int&#233;gration &lt;i&gt;de facto &lt;/i&gt;de ces enseignements dans les cursus officiels et la mise en place d'un magister. Pour ce qui est d'Alger, o&#249; les choses se mettent en place un peu plus tard, &#224; partir du second semestre (en f&#233;vrier 1981), il me semble me souvenir que cette forme d'action visait &#233;galement &#224; contourner les difficult&#233;s rencontr&#233;es par les collectifs de la r&#233;gion d'Alger &#224; organiser de grands rassemblements sur la voie publique, les tentatives de manifestations &#233;tant durement et imm&#233;diatement r&#233;prim&#233;es &#224; Alger. Il y avait donc un d&#233;calage net entre les possibilit&#233;s d'action en Kabylie et &#224; Alger et les enceintes universitaires apparaissaient comme pouvant permettre de maintenir une pression revendicative &#224; Alger et de &#034;d&#233;senclaver la Kabylie&#034;.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Ce fut alors, jusqu'au 19 mai 1981 lorsque les autorit&#233;s d&#233;cid&#232;rent d'arr&#234;ter les principaux acteurs des collectifs &#233;tudiants alg&#233;rois, un v&#233;ritable floril&#232;ge de conf&#233;rences-d&#233;bats dans de tr&#232;s nombreuses enceintes universitaires (facult&#233;s et &#233;coles d'ing&#233;nieurs, cit&#233;s universitaires&#8230;) de la r&#233;gion d&#8216;Alger, avec une assistance toujours nombreuse (plusieurs centaines de personnes, voire plus d'un millier) et motiv&#233;e : les d&#233;bats et s&#233;ances de questions-r&#233;ponses &#233;taient interminables. Il &#233;tait difficile de r&#233;pondre &#224; la demande car des comit&#233;s locaux &#233;tudiants se mettaient en place un peu partout, d'Alger &#224; Boumerdes et nous demandaient l'organisation de conf&#233;rences. Le clou fut certainement le &#034;cours sauvage&#034; de la Facult&#233; des Lettres d'Alger-centre qui se tenait r&#233;guli&#232;rement dans le grand amphi bond&#233; de l'immeuble historique de la v&#233;n&#233;rable institution. A l'une des s&#233;ances (celle du 13 avril 1981), M. Mammeri m'avait accompagn&#233; et &#233;tait intervenu, mais g&#233;n&#233;ralement je les ai assur&#233;es seul. Au meeting du 20 avril 1981 organis&#233; &#224; la Facult&#233; centrale, nous e&#251;mes l'immense honneur d'avoir &#224; la tribune parmi nous Kateb Yacine, dont l'engagement historique pour &lt;i&gt;tamazi&#947;t &lt;/i&gt;ne s'est jamais d&#233;menti. L'initiative faisait rapidement t&#226;che d'huile et des &#034;cours sauvages&#034; r&#233;guliers se mettaient en place ailleurs, &#224; l'universit&#233; scientifique de Bab Ez-Zouar, dans certaines &#233;coles d'ing&#233;nieurs et autres &#233;tablissements d'enseignement sup&#233;rieur, &#224; l'initiative de militants, souvent anciens &#233;tudiants de Mammeri&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Je crois me souvenir notamment d'un cours assur&#233; par Mustapha Benkhemou.&#034; id=&#034;nh20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
C'est dans cette m&#234;me dynamique que furent officiellement d&#233;pos&#233;s les statuts constitutifs de deux associations culturelles, la premi&#232;re &#224; Tizi-Ouzou, la seconde &#224; Alger, dont l'objet &#233;tait de &#034;promouvoir les langues et cultures populaires&#034;. Il faut se souvenir qu'&#224; l'&#233;poque le droit d'association, de fait, n'existait pas en Alg&#233;rie puisqu'il &#233;tait soumis au r&#233;gime de l'&lt;i&gt;agr&#233;ment pr&#233;alable&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ordonnance 71-79 du 03/12/1971.&#034; id=&#034;nh21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et que toutes les associations devaient se placer sous l'&#233;gide du parti unique (et donc obtenir son aval). En cons&#233;quence, depuis l'ind&#233;pendance, aucune association culturelle travaillant dans le domaine berb&#232;re n'avait pu se constituer. Bien que port&#233;s par des noms prestigieux, ces projets&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'association d'Alger (&#034;Amuggar&#034;), dont les statuts furent d&#233;pos&#233;s par mes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ne re&#231;urent bien entendu aucune suite. Nous n'en f&#251;mes pas surpris mais notre but &#233;tait, comme dans l'enceinte de l'Universit&#233;, de mettre les autorit&#233;s au pied du mur en les contraignant soit &#224; autoriser, soit &#224; r&#233;primer clairement nos initiatives pacifiques, et donc &#224; &#034;interdire la culture&#034;.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Je ne me rappelle pas d'affrontements ou de tentatives d'intervention de la police pour emp&#234;cher ces rassemblements, toujours pacifiques, qui tendaient &#224; tisser en quelque sorte une &#034;universit&#233; berb&#232;re libre&#034;. N&#233;anmoins la surveillance polici&#232;re &#233;tait permanente et la hi&#233;rarchie universitaire nous faisait r&#233;guli&#232;rement &#233;tat de rapports tr&#232;s d&#233;favorables et de l'intervention imminente des forces de l'ordre pour mettre fin &#224; ces rassemblements de &#034;&lt;i&gt;propagande politique&lt;/i&gt;&#034;. Il est certain que les hi&#233;rarques universitaires et minist&#233;riels, qui &#233;taient dans leur grande majorit&#233; proches du FLN ou du courant &#034;pagsiste&#034; (ex-communistes ralli&#233;s au r&#233;gime) ne voyaient pas d'un bon &#339;il cette agitation &#034;berb&#233;riste&#034; et attendaient avec impatience l'intervention de la police. D'autres acteurs-t&#233;moins plus inform&#233;s que moi pourront rappeler le contexte et les circonstances pr&#233;cises qui ont conduit aux arrestations de mai 1981 et &#224; la fin de cette exp&#233;rience. Il me semble me souvenir, sans pourtant pouvoir &#234;tre tout &#224; fait affirmatif, que ce fut une tentative de manifestation en dehors de l'enceinte universitaire, puis des heurts, sans gravit&#233; particuli&#232;re, avec des groupes d'&#233;tudiants &#034;arabistes&#034; du FLN &#8210; tr&#232;s certainement des agents provocateurs de la police &#8210; qui a servi de pr&#233;texte &#224; l'intervention des forces de l'ordre et l'arrestation des principaux membres du collectif des &#233;tudiants d'Alger&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dont Arezki A&#239;t-Larbi qui avait &#233;t&#233; mon &#034;contact&#034; permanent et la cheville (&#8230;)&#034; id=&#034;nh23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et de Bougie.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Pour ce qui me concerne en tout cas, je peux t&#233;moigner que je n'ai jamais &#233;t&#233; s&#233;rieusement inqui&#233;t&#233; &#224; l'&#233;poque, ni par la police ou la justice, ni par ma hi&#233;rarchie universitaire qui aurait pu ais&#233;ment engager contre moi une proc&#233;dure disciplinaire puisque je m'&#233;tais, tout &#224; fait formellement, mis en gr&#232;ve&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Par un courrier du 10/12/1980, j'ai annonc&#233; &#224; ma hi&#233;rarchie universitaire et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et refusais d'assurer un quelconque service d'enseignement autre qu'en berb&#232;re et que j'occupais sans la moindre autorisation des locaux universitaires pour y donner des cours et conf&#233;rences qui n'&#233;taient pr&#233;vus dans aucun cursus officiel.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Il est certain, l&#224; encore, que ma position d'universitaire, le caract&#232;re pacifique de mon action qui n'a jamais d&#233;bord&#233; du cadre et de l'enceinte universitaire, a &#233;t&#233; une protection efficace. Je dois aussi pr&#233;ciser que j'ai toujours pris soin &#224; ne jamais participer &#224; une quelconque r&#233;union de type organique, ni avec les groupes de militants qui appartenaient &#224; des partis politiques clandestins, ni m&#234;me avec les collectifs &#233;tudiants, y compris ceux qui assuraient l'organisation de mes cours et conf&#233;rences. Mes contacts avec les acteurs du terrain &#233;taient toujours soit individuels, soit totalement publics (au moment des cours ou d'assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales par exemple). Je m'&#233;tais sur ce point construit une doctrine absolument intangible : refuser toute action ou r&#233;union clandestine et assumer publiquement et partout mes positions et engagements. C'est sans aucun doute l'une des clefs de compr&#233;hension de la &#034;tol&#233;rance&#034; dont j'ai fait l'objet : je d&#233;fendais pacifiquement des id&#233;es que j'assumais publiquement. Dans une telle configuration, une arrestation, ou m&#234;me une &#034;interdiction professionnelle&#034; comme cela se pratiquait alors beaucoup dans les pays &#034;socialistes&#034;, eut certainement &#233;t&#233; d'un co&#251;t &#233;lev&#233; pour le r&#233;gime alg&#233;rien : au-del&#224; de l'impact symbolique interne qu'aurait pu constituer l'arrestation de l'universitaire berb&#233;risant, les autorit&#233;s alg&#233;riennes craignaient sans doute l'&#233;cho international d'une telle mesure. J'ai pu tr&#232;s concr&#232;tement v&#233;rifier plusieurs fois par la suite combien les responsables alg&#233;riens d'alors &#233;taient encore sensibles &#224; l'image ext&#233;rieure du pays ; un simple article dans Le Monde, une d&#233;p&#234;che de l'AFP a pu suffire &#224; les faire renoncer &#224; une mesure de r&#233;tention ou &#224; une proc&#233;dure judiciaire en cours&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce fut notamment le cas en f&#233;vrier-mars 1985 lorsque je fus inculp&#233; pour (&#8230;)&#034; id=&#034;nh25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Certes, comme bien des camarades, j'ai &#233;t&#233; soumis &#224; une surveillance &#233;troite &#8210; celle du CRAPE &#233;tait permanente &#8210;, certes on m'a &#034;transmis&#034; de nombreux messages m'annon&#231;ant une arrestation imminente, une convocation devant le juge, des sanctions disciplinaires, que &#034;les plus hautes instances du parti exigeaient mon arrestation&#034;&#8230; ; certes, j'ai &#233;t&#233; comme beaucoup &#034;intercept&#233;&#034; &#224; plusieurs reprises &#224; l'a&#233;roport d'Alger, &#224; l'arriv&#233;e ou au d&#233;part&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On m'a m&#234;me fait redescendre de l'avion en juin 1980 alors que je me rendais (&#8230;)&#034; id=&#034;nh26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, mais je n'ai jamais &#233;t&#233; &#224; cette &#233;poque v&#233;ritablement inqui&#233;t&#233; ou menac&#233;. Et je dois dire qu'&#224; chaque fois que j'ai eu affaire &#224; la police alg&#233;rienne et &#224; ses plus hauts responsables, en 1980 et apr&#232;s, j'ai toujours &#233;t&#233; trait&#233; correctement et, jamais, &#224; l'&#233;poque, je n'ai subi la moindre brutalit&#233; ou menace physique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les menaces physiques viendront beaucoup plus tard, &#224; partir de 2001. Mais (&#8230;)&#034; id=&#034;nh27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette donn&#233;e m&#233;rite d'autant plus d'&#234;tre point&#233;e qu'autour de moi les arrestations ont &#233;t&#233; nombreuses, en 1980-1981 comme plus tard en 1985, et tr&#232;s souvent accompagn&#233;es de s&#233;vices et mauvais traitements. Indiscutablement, les autorit&#233;s ont pratiqu&#233; une r&#233;pression s&#233;lective, assez intelligente, puisqu'on s'est gard&#233; de s'en prendre &#224; l'universitaire connu pour faire porter la pression sur les militants de base ou, surtout, &lt;i&gt;sur les acteurs dont on savait ou supposait qu'ils appartenaient &#224; des organisations politiques clandestines.&lt;/i&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Cette volont&#233; arr&#234;t&#233;e d'assumer publiquement nos actions et opinions &#233;taient largement partag&#233;e parmi tous les acteurs ; elle &#233;tait m&#234;me, chez certains, pouss&#233;e &#224; l'extr&#234;me&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J'ai encore en m&#233;moire le souvenir visuel d'Arezki A&#239;t-Larbi distribuant aux (&#8230;)&#034; id=&#034;nh28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette attitude, tout &#224; fait nouvelle en Alg&#233;rie, a d&#251; s&#233;rieusement d&#233;sar&#231;onner les autorit&#233;s et a d&#251; constituer une protection efficace, au moins pendant un moment. Surtout, elle obligeait les autorit&#233;s &#224; s'engager sur un mode r&#233;pressif embarrassant pour elles, habitu&#233;es qu'elles &#233;taient &#224; &#034;&lt;i&gt;r&#233;primer les complots&lt;/i&gt;&#034; et les &#034;&lt;i&gt;organisations clandestines t&#233;l&#233;guid&#233;es de l'&#233;tranger&lt;/i&gt;&#034; ; elle a permis de limiter au maximum les arrestations et d&#233;tentions arbitraires extra-judiciaires, qui avaient &#233;t&#233; jusque l&#224; quasiment la r&#232;gle en mati&#232;re de r&#233;pression de &#034;d&#233;lits politiques&#034;. &lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Aussi, au-del&#224; de mon cas personnel, la r&#233;pression du printemps 1980 n'a pas &#233;t&#233; aussi radicale et sanglante que l'on pouvait le redouter : que mes amis et compagnons de l'&#233;poque, mes parents, en particulier ceux qui on &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s et/ou maltrait&#233;s me pardonnent, mais si l'on juge &#224; l'&#233;chelle de la longue dur&#233;e, &#224; l'&#233;chelle des pratiques ant&#233;rieures et de celles qui suivront durant les d&#233;cennies 1990 et 2000, il faut reconna&#238;tre que la contestation kabyle de 1980 a &#233;t&#233; r&#233;prim&#233;e avec une certaine mesure. Pour prendre un point de comparaison local, on est rest&#233; tr&#232;s loin des 128 morts du &#034;printemps noir&#034; de 2001. On peut donc aussi analyser cette gestion r&#233;pressive &#034;mesur&#233;e&#034; comme la volont&#233; de certains hauts responsables politiques de ne pas radicaliser une situation per&#231;ue comme potentiellement dangereuse. N'oublions pas que les Kabyles &#233;taient tr&#232;s nombreux dans l'appareil d'Etat alg&#233;rien, &#224; tous les niveaux, ainsi que parmi les &#233;lites intellectuelles et technocratiques, et qu'une r&#233;pression aveugle, non ma&#238;tris&#233;e, aurait pu avoir des cons&#233;quences politiques profondes en provoquant une v&#233;ritable &lt;i&gt;rupture ethnique,&lt;/i&gt; et pousser massivement ces &#233;lites kabyles dans une opposition radicale &#224; l'Etat alg&#233;rien. Au fond, l'Alg&#233;rie officielle n'a pu fonctionner et se maintenir entre 1962 et 1990 que parce qu'elle a su int&#233;grer l'essentiel des &#233;lites kabyles, et &#233;viter leur basculement dans une attitude oppositionnelle qui les aurait amen&#233;es &#224; rejoindre en masse les opposants kabyles historiques au r&#233;gime, Krim Belkacem et/ou A&#239;t-Ahmed. Je suis personnellement persuad&#233; que l'une des lignes d'action permanente des d&#233;cideurs politiques et des services de s&#233;curit&#233; alg&#233;riens entre 1962 et 1989 a &#233;t&#233; d'emp&#234;cher, ou du moins de limiter au maximum, la jonction entre les &#233;lites kabyles et l'opposition historique kabyle. Cette th&#233;orie &#233;claire, si l'on r&#233;fl&#233;chit bien, la gestion globale du terrain berb&#232;re par l'Etat alg&#233;rien.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;strong&gt;Une p&#233;riode d'enthousiasme et de confusion&lt;/strong&gt;
&lt;br&gt; Certes, apr&#232;s la lib&#233;ration des d&#233;tenus et autres gestes d'apaisements du pouvoir (en juin 1980), il y avait un enthousiasme extraordinaire, &#224; l'Universit&#233; comme parmi la population en Kabylie ; les grands rassemblements &#224; Tizi-Ouzou r&#233;unissaient des dizaines de milliers, voire plus de cent milles personnes. N&#233;anmoins des points de fragilit&#233; me sont apparus tr&#232;s t&#244;t. D&#232;s que j'ai pu reprendre le contact avec les principaux acteurs, j'ai pris conscience de certaines limites et probl&#232;mes structurels du mouvement. Il me semble important de pr&#233;ciser ici qu'il ne s'agit pas de ma part d'une analyse &lt;i&gt;a post&#233;riori,&lt;/i&gt; trois d&#233;cennies apr&#232;s les &#233;v&#233;nements, mais bien de r&#233;flexions et notations faites &#034;&#224; chaud&#034;, au moment des &#233;v&#233;nements.&lt;br&gt;
&lt;br&gt; D'une part, j'ai constat&#233;, d&#232;s le mois de &lt;i&gt;juin &lt;/i&gt;et surtout en &lt;i&gt;septembre/octobre&lt;/i&gt; 1980, que le &#034;groupe de Tizi-Ouzou&#034; et beaucoup de mes proches, dont feu M. Mammeri, faisaient preuve d'une euphorie excessive ; la tendance &#233;tait alors &#224; consid&#233;rer que la partie de &#034;bras de fer&#034; avec le pouvoir avait &#233;t&#233; gagn&#233;e. La lib&#233;ration des &#034;meneurs&#034; et l'arr&#234;t des poursuites judiciaires &#233;taient consid&#233;r&#233;s comme un recul d&#233;cisif des autorit&#233;s ; pour bien des acteurs, tout paraissait d&#233;sormais permis et possible. L'organisation, tout &#224; fait tol&#233;r&#233;e, du s&#233;minaire de Yakouren &#233;tait un signe tangible de ce nouveau rapport de forces. En particulier, tous pensaient que l'ouverture d'un enseignement de berb&#232;re &#224; Tizi-Ouzou et &#224; Alger &#233;tait une chose acquise : j'ai le souvenir pr&#233;cis de vifs &#233;changes &#224; ce sujet avec Mouloud Mammeri (d&#232;s&lt;i&gt; juin&lt;/i&gt; 1980) et Sa&#239;d Sadi (en &lt;i&gt;septembre&lt;/i&gt; 1980). Une rumeur, tr&#232;s certainement distill&#233;e par les services de s&#233;curit&#233;, circulait avec insistance, annon&#231;ant la cr&#233;ation imminente d'un d&#233;partement de berb&#232;re &#224; Alger et Tizi-Ouzou. Beaucoup consid&#233;raient donc que les &#034;objectifs universitaires&#034; &#233;taient d&#233;j&#224; d&#233;pass&#233;s et qu'il fallait d&#233;sormais &#233;largir la lutte &#224; des revendications d&#233;mocratiques plus fondamentales, remettant en cause le syst&#232;me FLN. L'avenir allait montrer combien cette perception &#233;tait illusoire et relevait purement et simplement de l'intoxication polici&#232;re et/ou de l'auto-intoxication. Certes, je ne pr&#233;tends pas que cette erreur d'appr&#233;ciation de la situation ait &#233;t&#233; absolument condamnable, car il faut se replacer dans le contexte de l'&#233;poque : effectivement, c'&#233;tait bien la premi&#232;re fois que le r&#233;gime alg&#233;rien reculait devant un mouvement revendicatif et acceptait la &#034;n&#233;gociation&#034; avec les contestataires. On pouvait donc, dans l'euphorie d'une victoire apparente, penser que les temps &#233;taient venus d'une action et d'objectifs politiques plus ambitieux.&lt;br&gt;
&lt;br&gt; Personnellement, si j'&#233;tais beaucoup plus prudent dans mon &#233;valuation de la situation, c'est &#224; la fois parce que :&lt;br&gt;
&#8210; J'avais observ&#233; que le &lt;i&gt;discours &lt;/i&gt;officiel (notamment la presse) n'avait absolument pas chang&#233; sur le fond, sa phras&#233;ologie &#233;vitant toujours soigneusement toute reconnaissance du berb&#232;re et/ou d'un mouvement revendicatif ext&#233;rieur au syst&#232;me ;&lt;br&gt;
&#8210; La gestion globale de la crise par les autorit&#233;s &#233;tait manifestement de type &#034;manipulatoire&#034; et de &#034;contournement&#034; : en r&#233;ponse &#224; la revendication, on lan&#231;ait par exemple un &#034;d&#233;bat sur la culture&#034; &lt;i&gt;dans le cadre du parti unique FLN,&lt;/i&gt; ce qui impliquait que le monopole et les options de celui-ci pr&#233;vaudraient au final ;&lt;br&gt;
&#8210; Enfin, &#224; partir de la rentr&#233;e, j'observais, au fil des semaines qui passaient, que l'engagement du ministre de l'Enseignement Sup&#233;rieur de &#034;&lt;i&gt;me muter &#224; Tizi-Ouzou&lt;/i&gt;&#034; ne se concr&#233;tisait pas. Or, dans l'ordre des pouvoirs et pr&#233;rogatives d'un ministre, une telle d&#233;cision individuelle &#233;tait normalement une &#034;broutille&#034; qui aurait pu &#234;tre prise en quelques jours m&#234;me en respectant scrupuleusement le formalisme des proc&#233;dures. &lt;br /&gt;
&lt;i&gt;Tr&#232;s vite, pour moi il n'a pas fait de doute qu'il y avait une r&#233;sistance politique s&#233;rieuse et que rien n'&#233;tait acquis. &lt;/i&gt;Ce que la suite des &#233;v&#232;nements allait rapidement confirmer.
&lt;br&gt; &lt;br&gt; Je sais bien que beaucoup d'amis et camarades de Tizi-Ouzou et d'Alger, m&#234;me tr&#232;s proches, pensaient qu'en pr&#244;nant une ligne centr&#233;e sur les objectifs universitaires, je d&#233;fendais alors avant tout des int&#233;r&#234;ts personnels. Ce en quoi ils se sont tromp&#233;s lourdement, quant &#224; mes motivations d'abord, mais surtout quant &#224; l'&#233;valuation des rapports de forces r&#233;els. D&#232;s cette p&#233;riode (&lt;i&gt;septembre/octobre 1980&lt;/i&gt;), mes analyses et appr&#233;ciations personnelles ont commenc&#233; &#224; diverger nettement avec celles du &#034;groupe de Tizi-Ouzou&#034;, en particulier Sa&#239;d Sadi qui avait une tendance tr&#232;s marqu&#233;e &#224; minimiser le r&#244;le de l'Universit&#233; et &#224; opposer les attentes de la &#034;&lt;i&gt;population&lt;/i&gt;&#034; &#224; celles des &#034;&lt;i&gt;universitaires&lt;/i&gt;&#034;, &#034;&lt;i&gt;objectifs &#224; longs termes&lt;/i&gt;&#034; et &#034;&lt;i&gt;objectifs limit&#233;s et sectoriels&lt;/i&gt;&#034;...&lt;br&gt;
&lt;br&gt; D'autre part et concomitamment, les faiblesses organiques et &#034;doctrinales&#034; du mouvement apparaissaient au grand jour. A vrai dire, vu le contexte global, elles &#233;taient sans doute in&#233;vitables : l'absence de vie d&#233;mocratique ne permettant pas aux diff&#233;rents courants et sensibilit&#233;s de s'exprimer et de se positionner clairement l'un par rapport &#224; l'autre, dans le cadre d'un jeu politique pluraliste. Il s'agissait en fait d'un large mouvement de masse, peu structur&#233;, initi&#233; par des &#034;minorit&#233;s agissantes&#034; : un noyau dur FFS &#224; Tizi-Ouzou autour de Sa&#239;d Sadi, des militants du PRS, des militants d'extr&#234;me-Gauche, des militants &#034;ind&#233;pendants&#034; de la culture berb&#232;re, des collectifs universitaires fluctuants, o&#249; tous ces courants pouvaient &#234;tre repr&#233;sent&#233;s. A tout moment, il a donc &#233;t&#233; extr&#234;mement difficile de fixer &#224; la protestation des objectifs clairs et consensuels, autres que ceux qui constituaient le &#034;minimum d&#233;nominateur commun&#034;, notamment la lutte contre la r&#233;pression et pour la lib&#233;ration des personnes arr&#234;t&#233;es. Immanquablement, des divergences au sein des collectifs sont tr&#232;s vite apparues, limitant les capacit&#233;s de r&#233;action et de mobilisation, favorisant l'activisme et la surench&#232;re. Bien entendu, l'infiltration polici&#232;re n'a pas d&#251; arranger les choses !&lt;br&gt;
&lt;br&gt; Une autre faiblesse li&#233;e &#224; cette configuration plut&#244;t confuse tient au fait que beaucoup d'intellectuels kabyles, surtout alg&#233;rois, ont &#233;t&#233; tr&#232;s r&#233;ticents &#224; s'engager dans un mouvement, o&#249;, de fa&#231;on notoire, agissaient des partis politiques clandestins. La crainte de la manipulation et de la r&#233;cup&#233;ration partisane, en particulier par le FFS qui &#233;tait clairement en position h&#233;g&#233;monique dans le mouvement, &#233;tait omnipr&#233;sente ; j'ai eu &#224; Alger de longues et difficiles discussions &#224; ce sujet. Personnellement, je ne consid&#233;rais pas que la pr&#233;sence des &#034;politiques&#034; &#233;tait ill&#233;gitime et elle ne m'a jamais emp&#234;ch&#233; de collaborer avec tous, &#224; partir du moment o&#249; j'assumais mes propres positions publiquement. En tout cas, cette donn&#233;e a s&#233;rieusement limit&#233; l'engagement des intellectuels et a certainement contribu&#233; &#224; l'isolement et au repli progressifs de la contestation sur la seule Kabylie. Il est &#233;vident que ces r&#233;ticences des intellectuels quant &#224; la pr&#233;sence de partis politiques d'opposition dans le mouvement &#233;taient aussi motiv&#233;es par le fait que c'&#233;tait un facteur qui aggravait singuli&#232;rement le risque r&#233;pressif, l'appartenance &#224; (ou le lien avec) une organisation politique clandestine relevant alors directement de la Cour de s&#251;ret&#233; de l'Etat !&lt;br&gt;
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&lt;strong&gt;Une exp&#233;rience personnelle forte&lt;/strong&gt;
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Chaque fois que je me suis d&#233;plac&#233; pour une conf&#233;rence-d&#233;bat sur la langue berb&#232;re j'ai &#233;t&#233; profond&#233;ment &#233;mu par l'accueil toujours chaleureux et attentif que je recevais partout, dans l'Alg&#233;rois, en Kabylie. J'ai pris conscience &#224; ce moment-l&#224; d'une r&#233;alit&#233; assez sp&#233;cifique &#224; la Kabylie, soulign&#233;e d'ailleurs par un observateur ext&#233;rieur, Mohammed Harbi : la (relative) symbiose qui existe dans cette r&#233;gion entre la population, m&#234;me rurale voire analphab&#232;te, et ses &#233;lites. On peut souvent y faire l'exp&#233;rience d'un fort sentiment d'appartenance &#224; une m&#234;me communaut&#233;, quel que soit le niveau socioculturel et le statut des personnes.&lt;br&gt;
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Il est certain que cette mobilisation populaire durable et profonde, cette immersion dans la &#034;Kabylie profonde&#034; fut une r&#233;v&#233;lation pour moi : quelles qu'aient &#233;t&#233; les circonstances personnelles et globales, mon engagement pour le &#034;droit &#224; l'existence berb&#232;re&#034; en a &#233;t&#233; d&#233;finitivement consolid&#233; et, surtout, je me suis toujours efforc&#233; de rester, &#224; travers mes &#233;crits, l'analyste lucide des conditions m&#234;me de cette &#034;p&#233;rennit&#233; berb&#232;re&#034;. C'est cette relation intense avec une r&#233;gion qui m'a imm&#233;diatement amen&#233; &#224; consid&#233;rer qu'il &#233;tait de ma responsabilit&#233; particuli&#232;re d'intellectuel kabyle de t&#233;moigner de cette lutte, d'essayer d'en comprendre les ressorts, d&#233;terminations et limites. C'est ainsi que je d&#233;cidais de d&#233;crire et analyser les &#233;v&#232;nements et dynamiques auxquelles je participais ou que j'observais. Pour &#234;tre tout &#224; fait clair, je pr&#233;cise que ma perspective a toujours &#233;t&#233; &#233;minemment politique ; il ne s'est jamais agi pour moi d'un quelconque &#034;&lt;i&gt;retour au peuple&lt;/i&gt;&#034; romantique, mais de faire tout ce que je pouvais pour sortir cette lutte berb&#232;re kabyle des orni&#232;res et occultations qui avaient celles de l'engagement sans condition de nos parents dans le mouvement national alg&#233;rien, de la crise berb&#233;riste de 1948-49, de l'insurrection arm&#233;e du FFS en 1963 et de bien d'autres &#233;pisodes o&#249; les Kabyles ont servi des int&#233;r&#234;ts &#034;ext&#233;rieurs&#034;, en sacrifiant les leurs propres. En un mot, il s'est toujours agi de d&#233;passer le &#034;complexe kabyle&#034; et de construire une &#034;ligne politique berb&#232;re&#034; autonome. C'est dans cette perspective que j'ai tr&#232;s vite commenc&#233; &#224; publier en France, dans des supports acad&#233;miques de r&#233;f&#233;rence (&lt;i&gt;Annuaire de l'Afrique du Nord, Revue de l'Occident Musulman et de la M&#233;diterran&#233;e, Les Temps Modernes&#8230;&lt;/i&gt;) des textes d'analyse sur le mouvement berb&#232;re. Et c'est dans la m&#234;me lign&#233;e que j'ai initi&#233; en 1983 la s&#233;rie &lt;i&gt;Tafsut - Etudes et D&#233;bats &lt;/i&gt;qui se voulait, &#224; c&#244;t&#233; de la s&#233;rie &#034;normale&#034; de &lt;i&gt;Tafsut &lt;/i&gt;plus li&#233;e &#224; l'actualit&#233; des luttes du terrain, un lieu de r&#233;flexion pour les intellectuels acquis &#224; la d&#233;fense de l'identit&#233; berb&#232;re. Cela n'a pas &#233;t&#233; sans mal et cela ne m'a pas valu que des amis, y compris parmi mes proches de l'&#233;poque, tant il vrai qu'une telle attitude constitue une remise en cause de toute la culture politique alg&#233;rienne et qu'elle oblige &#224; consid&#233;rer sans complaisance les actions pass&#233;es et nos actions pr&#233;sentes, rompant ainsi avec &#034;l'activisme&#034; ambiant. C'est aussi ce qui m'a amen&#233;, beaucoup plus tard, &#224; d&#233;fendre l'id&#233;e de l'autonomie de la Kabylie, parce qu'elle m'appara&#238;t comme &#233;tant une condition &lt;i&gt;sine qua non &lt;/i&gt;de cette survie berb&#232;re.
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&lt;p&gt;Le &#034;Printemps berb&#232;re&#034; de 1980 n'a certes pas permis d'avanc&#233;es institutionnelles imm&#233;diates en mati&#232;re de langue et de la culture berb&#232;res &#8211; il faudra attendre encore dix ans pour que dessinent les premi&#232;re &#233;volutions concr&#232;tes sur ce terrain &#8211;, mais il a &#233;t&#233; la premi&#232;re l&#233;zarde dans le syst&#232;me FLN qui &#233;touffait le pays ; il a lib&#233;r&#233; la parole et l'action et, surtout, il a remis en cause le &#034;tabou berb&#232;re&#034; qui pesait, non seulement sur l'Alg&#233;rie, mais aussi sur toute l'Afrique du Nord et une grande partie de l'opinion intellectuelle, locale et internationale.&lt;br&gt;
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Il y a quelques ann&#233;es, un observateur de l'extr&#234;me-Gauche fran&#231;ais m'a qualifi&#233; &#034;&lt;i&gt;d'id&#233;ologue du berb&#233;risme&lt;/i&gt;&#034; ; plus r&#233;cemment, un universitaire alg&#233;rien bien en cour m'a trait&#233; de &#034;&lt;i&gt;Kaiser du berb&#232;re donnant ses instructions de Paris&lt;/i&gt;&#034;. Je consid&#232;re ces qualificatifs comme des compliments. Ils attestent que j'ai &#233;t&#233; fid&#232;le &#224; mes engagements et que j'ai rempli le contrat moral et politique que je m'&#233;tais fix&#233; depuis mon adolescence et que le &#034;Printemps berb&#232;re&#034; de 1980 est venu conforter, enraciner d&#233;finitivement.&lt;/p&gt;
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&lt;strong&gt;Article repris avec l'autorisation de l'auteur, Salem Chaker.&lt;/strong&gt; &lt;br&gt;
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Il est paru dans :&lt;i&gt; Avril 80, insurg&#233;s et officiels du pouvoir racontent le &#034;Printemps berb&#232;re&#034;&lt;/i&gt;, Alger, Editions Kou-kou, avril 2010.
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		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Professeur des Universit&#233;s (berb&#232;re), Universit&#233; de Provence / Inalco (salem.chaker@inalco.fr&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Je pense, entre autres, &#224; mon ami Rachid Bellil, certainement l'un des meilleurs anthropologues alg&#233;riens, que je connais depuis 1963.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Alors que la grande majorit&#233; des camarades kabyles de l'&#233;poque avaient un net tropisme &#034;scientifique&#034; et poursuivront leurs &#233;tudes en sciences exactes, technologie ou m&#233;decine.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les premi&#232;res ann&#233;es, &#224; peine plus de 5 personnes, parmi lesquelles, si ma m&#233;moire ne me trahit pas : Mouloud Lounaouci, Mustapha Benkhemou, Amar Zentar, Rachid Bellil&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ce cours &#233;tait rattach&#233; &#224; la section d'ethnologie. Mammeri lui-m&#234;me m'a maintes fois affirm&#233; que c'est Ahmed Taleb, ministre du gouvernement issu du coup d'Etat du 19 juin 1965, qui lui a demand&#233; par un coup de t&#233;l&#233;phone &#224; la rentr&#233;e d'octobre 1965, d'assurer ce cours facultatif qui perdurera jusqu'en 1973 ; il y sera mis fin avec la r&#233;forme de l'Enseignement Sup&#233;rieur qui consacra la disparition d&#233;finitive de l'ethnologie, condamn&#233;e comme &#034;sciences coloniale&#034;, dans l'Universit&#233; alg&#233;rienne.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le syst&#232;me d&#233;rivationnel verbal berb&#232;re (dialecte kabyle)&lt;/i&gt;, Universit&#233; de Paris V - EPHE, Sorbonne, 1973, 2 vol., sous la direction de Lionel Galand. Il s'agissait de la premi&#232;re th&#232;se de linguistique berb&#232;re soutenue par un Alg&#233;rien. Avant moi, Youcef Nacib avait soutenu une th&#232;se Doctorat de 3e Cycle consacr&#233;e &#224; la litt&#233;rature, intitul&#233;e : &lt;i&gt;Po&#233;sies spontan&#233;es du Djurdjura. Etude ethnolinguistique et traduction,&lt;/i&gt; Universit&#233; Paris III (sous la direction d'Andr&#233; Adam), 1971.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Qui &#233;tait &#224; l'&#233;poque sous-directeur des Lettres et Sciences Humaines &#224; l'Enseignement Sup&#233;rieur. Il deviendra plus tard directeur de l'Office des Publications Universitaires.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;'La revendication culturelle berb&#232;re', Les Temps Modernes, n&#176; 432-433, 1982 (voir l'annexe) ; &lt;i&gt;Berb&#232;res aujourd'hui/Imazighen ass-a&lt;/i&gt;, Paris, L'Harmattan/Alger, Bouch&#232;ne, 1989 (1&#232;re &#233;dition), voir l'annexe du chap. 9, &#034;Le berb&#232;re dans l'Universit&#233; alg&#233;rienne&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Les Temps modernes&lt;/i&gt;, n&#176; 432-433, 1982 ; &#034;Alg&#233;rie : espoirs et r&#233;alit&#233;s&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;A l'occasion de la parution de son ouvrage &lt;i&gt;Po&#232;mes kabyles anciens&lt;/i&gt;, Paris, Masp&#233;ro/La D&#233;couverte, 1980.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;De nombreux acteurs de la contestation, notamment des universitaires, qui n'avaient pas pu &#234;tre arr&#234;t&#233;s le 20 avril &#233;taient entr&#233;s en clandestinit&#233; et &#233;taient recherch&#233;s par la police. Ce fut le cas de mon fr&#232;re Rachid. Gr&#226;ce &#224; des amis tr&#232;s s&#251;rs, j'ai pu d'ailleurs maintenir le contact avec lui pendant sa fuite. Personnellement, j'ai pu prendre l'avion, sans encombre, le 21 ou le 22 avril pour la France avec ma famille. J'y suis rest&#233; jusqu'&#224; la fin mai. C'est au cours de ce s&#233;jour que j'ai &#233;tabli mes tout premiers contacts avec Amnesty International &#224; qui j'ai transmis des listes de noms de personnes arr&#234;t&#233;es ou recherch&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dont les actes sont parus sous le titre : &lt;i&gt;Alg&#233;rie : quelle identit&#233; ?&lt;/i&gt; Actes du s&#233;minaire de Yakouren, ao&#251;t 1980, Paris, Imedyazen, 1981.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Mon fr&#232;re se rendait de nuit &#224; Tizi-Ouzou, pendant la p&#233;riode de Ramadhan ; son v&#233;hicule a &#233;t&#233; heurt&#233; vers minuit par un train de marchandises (non &#233;clair&#233;) sur un passage &#224; niveau non gard&#233; qui traversait &#224; l'&#233;poque la voie rapide (devenue plus tard une autoroute) au niveau de Rouiba. Le train venait de la cimenterie de Meftah et ne circulait que la nuit. Comme beaucoup d'entre nous, mon fr&#232;re devait &#234;tre persuad&#233; que cette voie ferr&#233;e, qu'il connaissait n&#233;cessairement bien puisqu'il empruntait cette route quasiment chaque semaine, &#233;tait d&#233;saffect&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Des r&#233;actions officieuses, positives, m'&#233;taient d&#233;j&#224; parvenues.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Je rappellerai que depuis plusieurs ann&#233;es d&#233;j&#224;, sous l'aura protectrice de Mouloud Mammeri, nous &#233;tions plusieurs &#224; mener au CRAPE des recherches sur la litt&#233;rature et la langue berb&#232;res, de mani&#232;re tr&#232;s discr&#232;te certes, mais tout &#224; fait officielle puisqu'en tant qu'universitaires nous b&#233;n&#233;ficiions du statut de chercheurs contractuels (et de primes aff&#233;rentes) sur la base d'un programme avalis&#233; par les instances de la recherche alg&#233;rienne, l'ONRS &#224; l'&#233;poque, qui &#233;tait sous l'autorit&#233; du ministre de l'Enseignement Sup&#233;rieur et de la Recherche Scientifique.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On en trouve une synth&#232;se dans &lt;i&gt;Alg&#233;rie : quelle identit&#233; ?&lt;/i&gt; Actes du s&#233;minaire de Yakouren, 1981, p. 101-103. Sur le d&#233;tail de ces d&#233;marches et pressions coordonn&#233;es, voir aussi l'annexe de mon articles des &lt;i&gt;Temps modernes&lt;/i&gt; (432-433, 1982) ou celle du chap. 9 de mon &lt;i&gt;Berb&#232;res aujourd'hui/Imazighen ass-a,&lt;/i&gt; 1989 (1&#232;re &#233;dition).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ce d&#233;bat, qui fait suite au &#034;d&#233;bat national sur la culture&#034; officiellement annonc&#233; en 1980, aura effectivement lieu au printemps 1981 et d&#233;bouchera sur les &#034;R&#233;solutions sur la culture du Comit&#233; central du FLN&#034;, en juillet 1981.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;J'&#233;tais d&#233;j&#224; Professeur associ&#233; de berb&#232;re &#224; l'Universit&#233; de Provence &#224; Aix, mais j'&#233;tais encore en poste &#224; l'Universit&#233; d'Alger o&#249; je continuais &#224; refuser d'assurer tout autre enseignement qu'en berb&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Formellement mis en place &#224; l'occasion d'une AG qui s'est tenue le 19 janvier 1981.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Je crois me souvenir notamment d'un cours assur&#233; par Mustapha Benkhemou.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ordonnance 71-79 du 03/12/1971.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'association d'Alger (&#034;&lt;i&gt;Amuggar&lt;/i&gt;&#034;), dont les statuts furent d&#233;pos&#233;s par mes soins le 15 mars 1981, avait pour fondateurs : Kateb Yacine, Mouloud Mammeri, Mohammed Benhamadouche (Ben Mohammed), Abderrahmane Bouguermouh, Nadia Mecheri, Zhor Zerari, Tahar Djaout, Mohammed Issiakhem, Mohammed-Idir A&#239;t-Amrane, Slimane Bena&#239;ssa, Hocine Merabia,, Mahiedine Djender, Mohamed Guerfi et Salem Chaker.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dont Arezki A&#239;t-Larbi qui avait &#233;t&#233; mon &#034;contact&#034; permanent et la cheville ouvri&#232;re de ces &#034;cours sauvages&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Par un courrier du 10/12/1980, j'ai annonc&#233; &#224; ma hi&#233;rarchie universitaire et au minist&#232;re que je n'assurerai aucun enseignement si ce n'est en berb&#232;re. Il me semblait inconcevable, apr&#232;s ce qui venait de se produire au printemps, d'accepter d'enseigner la linguistique g&#233;n&#233;rale ou le fran&#231;ais alors que j'&#233;tais titulaire de deux doctorats en linguistique berb&#232;re et que le ministre en personne m'avait promis de mettre en place un cadre pour le berb&#232;re &#224; Tizi-Ouzou.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ce fut notamment le cas en f&#233;vrier-mars 1985 lorsque je fus inculp&#233; pour &#034;diffusion de documents subversifs&#034;, intercept&#233; &#224; mon arriv&#233;e &#224; l'a&#233;roport d'Alger et retenu jusqu'&#224; la parution de l'information dans Le Monde et la presse fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On m'a m&#234;me fait redescendre de l'avion en juin 1980 alors que je me rendais &#224; Paris pour une hospitalisation (j'avais d&#233;j&#224; depuis plusieurs ann&#233;es de graves probl&#232;mes ophtalmologiques).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les menaces physiques viendront beaucoup plus tard, &#224; partir de 2001. Mais le contexte est tout autre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;J'ai encore en m&#233;moire le souvenir visuel d'Arezki A&#239;t-Larbi distribuant aux gendarmes de la caserne de Tizi-Ouzou des tracts d'appel &#224; rassemblement, &#034;&lt;i&gt;afin que nul n'en ignore&lt;/i&gt;&#034; !&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Fran&#231;alg&#233;rie : sang, intox et corruption</title>
		<link>http://www.tamazgha.fr/Francalgerie-sang-intox-et.html</link>
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		<dc:date>2010-04-17T22:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Masin</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;L'on se pose toujours des questions sur le curieux soutien qu'apporte la France au r&#233;gime alg&#233;rien. L'on se demande aussi quel int&#233;r&#234;t a la &#034;R&#233;publique&#034; a soutenir et prot&#233;ger un r&#233;gime aussi corrompu et voyou que le r&#233;gime alg&#233;rien. &lt;br class='autobr' /&gt;
La complicit&#233; de la France va jusqu'&#224; tol&#233;rer sur son sol la pr&#233;sence d'une force polici&#232;re alg&#233;rienne nombreuse. Parmi les missions de cette force polici&#232;re (S&#233;curit&#233; militaire - S.M.) l'infiltration des associations berb&#232;res. Cette strat&#233;gie d'infiltration (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.tamazgha.fr/-Analyses-.html" rel="directory"&gt;Analyses&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'on se pose toujours des questions sur le curieux soutien qu'apporte la France au r&#233;gime alg&#233;rien. L'on se demande aussi quel int&#233;r&#234;t a la &#034;R&#233;publique&#034; a soutenir et prot&#233;ger un r&#233;gime aussi corrompu et voyou que le r&#233;gime alg&#233;rien.&lt;br /&gt;
La complicit&#233; de la France va jusqu'&#224; tol&#233;rer sur son sol la pr&#233;sence d'une force polici&#232;re alg&#233;rienne nombreuse. Parmi les missions de cette force polici&#232;re (S&#233;curit&#233; militaire - S.M.) l'infiltration des associations berb&#232;res. Cette strat&#233;gie d'infiltration et d'occupation du terrain leur permet d'emp&#234;cher une v&#233;ritable organisation du mouvement amazigh (berb&#232;re).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour comprendre tout cela, et d'autres choses encore, nous vous proposons une analyse de Fran&#231;ois G&#232;ze, directeur des Editions &#034;La D&#233;couverte&#034; (Paris), parue dans la revue &lt;i&gt;Mouvements&lt;/i&gt; n&#176; 21-22 de mai 2002.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;center&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Fran&#231;alg&#233;rie : sang, intox et corruption&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;par&lt;/i&gt; Fran&#231;ois G&#232;ze&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le syst&#232;me de la Fran&#231;alg&#233;rie est sans doute un des secrets les mieux gard&#233;s de la Ve R&#233;publique. C'est un syst&#232;me complexe dont le c&#339;ur est l'argent, celui des &#034;commissions&#034; pr&#233;lev&#233;es par les g&#233;n&#233;raux du &#034;cabinet noir&#034; sur les &#233;changes commerciaux avec l'&#233;tranger.&lt;/i&gt; &lt;/br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 1999, le voile d'opacit&#233; recouvrant l'atroce guerre civile qui ensanglante l'Alg&#233;rie depuis 1992 commence &#224; se d&#233;chirer. Apr&#232;s les documentaires de France 2 sur le massacre de Bentalha et de Canal Plus sur l'assassinat du chanteur Matoub Loun&#232;s[1], apr&#232;s les livres de Nesroulah Yous et du lieutenant Habib Soua&#239;dia[2], d'autres t&#233;moignages ont confirm&#233;, et au-del&#224;, ce qu'attestaient d&#233;j&#224; ces documents : la responsabilit&#233; &#233;crasante, dans cette trag&#233;die interminable, des hauts responsables de l'arm&#233;e (dirig&#233;e par le g&#233;n&#233;ral Mohammed Lamari) et des services secrets (le D&#233;partement de renseignement et de s&#233;curit&#233;, DRS, successeur de la S&#233;curit&#233; militaire[3], dirig&#233; par les g&#233;n&#233;raux Mohamed M&#233;di&#232;ne, dit &#171; Tewfik &#187;, et Sma&#239;l Lamari, dit &#171; Sma&#239;n &#187;). Avec les g&#233;n&#233;raux Larbi Belkheir et Khaled Nezzar, les v&#233;ritables &#171; parrains &#187;, ce sont eux que l'on a appel&#233; les &#171; janvi&#233;ristes &#187;, car ils ont &#233;t&#233; les organisateurs du coup d'&#201;tat de janvier 1992. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La manipulation de la violence islamiste&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
Deux de ces t&#233;moignages, &#233;manant d'anciens officiers du DRS, ont particuli&#232;rement frapp&#233; l'opinion. Celui du colonel Mohamed Samraoui, d'abord, qui, lors d'une longue interview &#224; la cha&#238;ne arabe El Djazira, le 5 ao&#251;t 2001, a notamment d&#233;clar&#233;, d&#233;tails &#224; l'appui : &#171; Les GIA (Groupes islamistes arm&#233;s), c'est la cr&#233;ation du pouvoir : ils ont tu&#233; des officiers, des m&#233;decins, des journalistes et beaucoup d'autres. [...] L'int&#233;r&#234;t des g&#233;n&#233;raux est d'appliquer la politique de la terreur pour casser les revendications l&#233;gitimes du peuple, celle de partager le pouvoir. &#187; Celui du commandant Hichem Aboud, ensuite : si son livre &lt;i&gt;La mafia des g&#233;n&#233;raux,&lt;/i&gt; paru en f&#233;vrier 2002[4], p&#232;che souvent par omission, il n'en contient pas moins de nombreuses r&#233;v&#233;lations qui confirment les nombreux t&#233;moignages d&#233;livr&#233;s depuis 1994 dans la presse occidentale, jusque-l&#224; anonymement, par d'anciens membres des forces de s&#233;curit&#233;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il explique ainsi, notamment : &#171; Comment ces g&#233;n&#233;raux, qui disent sortir des grandes &#233;coles de guerre fran&#231;aises et russes, n'arrivent-ils pas en dix ans &#224; &#233;liminer des bandes ann&#233;es command&#233;es par des t&#244;liers, des marchands de poulets et autres repris de justice ? [...] Ce n'est plus un secret pour personne : le terrorisme int&#233;griste est leur produit, leur instrument et leur alli&#233; le plus s&#251;r pour maintenir leur domination sur le peuple alg&#233;rien. La politique de l'infiltration et de la manipulation est l'arme absolue utilis&#233;e par les services du g&#233;n&#233;ral Tewfik. Les groupes terroristes sont cr&#233;&#233;s et dissous au gr&#233; des conjonctures et des &#233;v&#233;nements [p. 184] [...].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#171; L'int&#233;grisme n'a jamais constitu&#233; un ennemi pour la mafia des g&#233;n&#233;raux. Bien au contraire, ils s'en servent pour perp&#233;tuer leur pouvoir, perp&#233;trer leurs crimes et r&#233;primer toute opposition &#224; leurs desseins. Que d'assassinats, commis &#224; la faveur de cette ambiance marqu&#233;e par la violence et le terrorisme, et mis sur le compte des GIA, qui n'est en fait qu'un produit sorti de leurs laboratoires [p. 186] [...].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&#171; &#201;videmment, l'&#233;num&#233;ration des assassinats commis par la mafia des g&#233;n&#233;raux ne peut absoudre les groupes islamiques arm&#233;s de leurs crimes. Cependant, il est utile de rappeler qu'une fraction de ces groupes est la cr&#233;ation des services dirig&#233;s par le g&#233;n&#233;ral-major Tewfik [p. 192] [...]. Il faut rappeler que les GIA se distinguent par l'absence d'un commandement unifi&#233;. Plusieurs bandes de criminels repris de justice ont pris eux aussi l'&#233;tiquette GIA pour perp&#233;trer vols, racket, viols et assassinats. Cependant, les GIA de Djamel Zitouni et de ses successeurs sont, sans le moindre doute, l'&#339;uvre du duo Tewfik-Sma&#239;l [p. 194-195]. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut &#234;tre certain que d'autres t&#233;moignages de ce type viendront, &#224; l'avenir, compl&#233;ter ce tableau, m&#234;me si les g&#233;n&#233;raux d'Alger ne m&#233;nagent aucun effort pour effacer les traces de leurs crimes, notamment en liquidant r&#233;guli&#232;rement ceux qu'ils ont charg&#233; de les commettre et qui &#171; en savent trop &#187;. &lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans ce contexte, seuls ceux, d&#233;sormais tr&#232;s minoritaires, qui ont choisi de se boucher yeux et oreilles peuvent continuer &#224; croire que la trag&#233;die alg&#233;rienne ne s'explique que par la lutte sans merci, comme on nous le raconte depuis dix ans, entre des &#171; d&#233;mocrates sinc&#232;res &#187; et des islamistes &#171; afghans &#187;. D'ailleurs, ces derni&#232;res ann&#233;es, les analyses n'avaient pas manqu&#233; expliquant comment la d&#233;rive dans la folie sanguinaire du &#171; cabinet noir &#187; alg&#233;rien s'inscrivait dans une tradition historique de manipulation de la violence[5].&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
On peut comprendre que l'opinion occidentale - et fran&#231;aise en particulier -, abus&#233;e par une entreprise de d&#233;sinformation &#224; large &#233;chelle (j'y reviendrai), a pu pendant si longtemps rester relativement indiff&#233;rente au drame &#224; huis clos qui se d&#233;roule &#224; deux heures d'avion de Paris. En revanche, cette explication ne tient pas pour les gouvernements fran&#231;ais qui se sont succ&#233;d&#233; dans la p&#233;riode : ceux-ci sont en effet parfaitement inform&#233;s, par les services de renseignement (DST et DGSE), de la nature r&#233;elle de la &#171; sale guerre &#187;, de la torture g&#233;n&#233;ralis&#233;e, des &#171; escadrons de la mort &#187;, de l'amnistie de fait accord&#233;e aux terroristes par la loi de &#171; concorde civile &#187; (1999), de la mis&#232;re dans laquelle a &#233;t&#233; plong&#233;e la population, de la corruption qui gangr&#232;ne le corps social et permet &#224; une infime minorit&#233; de s'enrichir scandaleusement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La DGSE dispose de longue date de moyens d'&#233;coute sophistiqu&#233;s qui lui permettent d'intercepter les communications des forces de s&#233;curit&#233; alg&#233;riennes ; quant &#224; la DST, ses liens &#171; historiques &#187; avec la SM lui ont toujours assur&#233; un excellent niveau d'information sur les actes et les motivations de ses interlocuteurs. Et au-del&#224;, les liens entre responsables politiques et &#233;conomiques des deux pays sont permanents : il n'est pas exag&#233;r&#233; de dire que pour les v&#233;ritables dirigeants alg&#233;riens, la capitale de leur pays est Paris, o&#249; certains s&#233;journent presque plus souvent qu'&#224; Alger...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais alors, pourquoi le silence de la France, &#171; patrie des droits de l'homme &#187; ? Pourquoi, comme l'indiquait un r&#233;cent appel d'intellectuels europ&#233;ens et alg&#233;riens, tout au long de ces ann&#233;es, les autorit&#233;s fran&#231;aises et europ&#233;ennes ont-elles &#171; pr&#233;f&#233;r&#233; &#034;faire comme si...&#034;. Comme si les gouvernements successifs issus depuis 1992 de coups de force ou d'&#233;lections truqu&#233;es repr&#233;sentaient authentiquement la d&#233;mocratie alg&#233;rienne. Comme si la lutte contre les groupes arm&#233;s islamistes, &#224; quelques &#034;bavures&#034; pr&#232;s, avait &#233;t&#233; men&#233;e avec les armes du droit. Comme si l'&#233;conomie alg&#233;rienne &#233;tait une &#233;conomie &#034;normale&#034;[6] &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse &#224; cette question n'est pas simple et implique plusieurs niveaux d'explication &#233;troitement imbriqu&#233;s, que l'on pourrait r&#233;sumer en cinq actes : complicit&#233; historique, cynisme d'&#201;tat, chantage au terrorisme, agit-prop m&#233;diatique, corruption et &#171; r&#233;trocorruption &#187;. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Complicit&#233; historique et cynisme d'&#201;tat&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier facteur est d'ordre contextuel. Il tient aux liens &#233;troits qui se sont tiss&#233;s depuis l'ind&#233;pendance entre les dirigeants alg&#233;riens et les dirigeants fran&#231;ais. &#192; droite, les gaullistes ont su, par-del&#224; les tensions p&#233;riodiques, entretenir des relations solides avec Alger, sur fond d'int&#233;r&#234;ts communs bien compris, de l'exploitation des hydrocarbures au front anti-am&#233;ricain sur la sc&#232;ne internationale. Les partis de la gauche officielle (PCF et PS), quant &#224; eux, avaient &#224; se faire pardonner leur attitude durant la guerre de lib&#233;ration, lors de laquelle ils avaient soutenu la violence d'&#201;tat contre les &#171; moudjahidines &#187;, ce qui explique le constat dress&#233; par l'historien (et ancien militant du PSU) Bernard Ravenel, dans un article remarquablement document&#233; : &#171; Dans la d&#233;cennie 1971-1981, la gauche fran&#231;aise tout enti&#232;re a donn&#233; son soutien acritique au syst&#232;me de pouvoir construit par Boumediene. Ce faisant, elle lui a attribu&#233; un surcro&#238;t de l&#233;gitimit&#233;. [...] En se limitant pour l'essentiel au niveau de relation acritique d'&#201;tat &#224; &#201;tat, la gauche fran&#231;aise, avec des nuances mais globalement au moins jusqu'en 1988, a l&#233;gitim&#233; le syst&#232;me de pouvoir alg&#233;rien. &#192; ce titre, elle &lt;i&gt;a sa part de responsabilit&#233;&lt;/i&gt; dans les malheurs et les drames d'aujourd'hui[7]. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, il ne faut pas oublier les v&#233;ritables liens d'amiti&#233; qui ont pu se nouer, pendant la guerre d'Alg&#233;rie, entre la minorit&#233; de gauche et d'extr&#234;me gauche qui apporta courageusement son soutien au FLN, et ses dirigeants de l'&#233;poque. Des liens souvent gard&#233;s intacts et qui ont pu jouer un r&#244;le important dans le soutien apport&#233; par la France &#224; l'Alg&#233;rie officielle ces derni&#232;res ann&#233;es, et dans l'aveuglement d'une partie de la gauche intellectuelle sur la vraie nature du pouvoir militaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me niveau d'explication est celui que l'on peut parfois entendre dans les salons feutr&#233;s du Quai d'Orsay : l'Alg&#233;rie est un fournisseur important de la France et de plusieurs &#201;tats de l'Union europ&#233;enne pour le gaz et le p&#233;trole, et il est donc important, pour assurer la s&#233;curit&#233; de ces approvisionnements, qu'elle ne soit pas &#171; destabilis&#233;e &#187; par l'islamisme radical. D'autant qu'une telle d&#233;stabilisation aurait un &#171; effet domino &#187; sur les deux pays voisins, Maroc et Tunisie, o&#249; la &#171; menace islamiste &#187; est &#233;galement pr&#233;sente. Cette crainte &#233;tait tr&#232;s forte en 1989-1991, au moment de la mont&#233;e en puissance du Front islamique de salut (FIS), au point que l'arm&#233;e fran&#231;aise d&#233;cida en 1991 des man&#339;uvres militaires sur les c&#244;tes languedociennes, sur le th&#232;me : comment faire face &#224; un afflux de &#171; boat-people &#187; alg&#233;riens chass&#233;s par une dictature islamiste ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La version moins euph&#233;mis&#233;e de cette doctrine, comme le relevait l'appel pr&#233;cit&#233;, est la suivante : &#171; Face au &#034;p&#233;ril vert&#034;, mieux vaut soutenir des militaires notoirement corrompus et sanguinaires (c'est la &#034;doctrine Nixon&#034; : &#034;C'est un fils de pute, mais c'est notre fils de pute&#034;, appliqu&#233;e au cas du dictateur chilien Pinochet) &#187;. &lt;br /&gt;
Mais cette explication, si elle joue &#224; l'&#233;vidence un r&#244;le, est loin d'&#234;tre la plus d&#233;cisive. &#192; elle seule, elle ne saurait en effet justifier un soutien aussi constant et d&#233;termin&#233; &#224; l'une des dictatures les plus brutales de ces derni&#232;res d&#233;cennies. D'une certaine fa&#231;on, il s'agit surtout d'un discours de justification - parfois sinc&#232;re, parfois franchement cynique - principalement port&#233; par le &#171; deuxi&#232;me cercle &#187; du pouvoir : celui des &#171; experts &#187;, intellectuels et journalistes influents fascin&#233;s par la raison d'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Chantage au terrorisme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
Au sein du &#171; premier cercle &#187; des d&#233;cideurs politiques fran&#231;ais, d'autres raisons jouent un r&#244;le plus important. La premi&#232;re est certainement le chantage au terrorisme exerc&#233; sur la France par les g&#233;n&#233;raux d'Alger, surtout depuis 1994. &lt;br /&gt;
Rappelons les faits, tels que les &#233;voquait en 1996 Lucile Provost : &#171; Depuis septembre 1993, date &#224; laquelle deux g&#233;om&#232;tres fran&#231;ais avaient &#233;t&#233; tu&#233;s dans l'ouest de l'Alg&#233;rie, les attentats dirig&#233;s contre la France n'ont pas cess&#233;. Certains ont &#233;t&#233; particuli&#232;rement spectaculaires comme l'enl&#232;vement de trois fonctionnaires consulaires &#224; Alger en octobre 1993, le meurtre de cinq agents de l'ambassade (dont trois gendarmes) par un commando arm&#233; en ao&#251;t 1994, ou le d&#233;tournement d'un Airbus d'Air France en d&#233;cembre 1994. Les attentats sur le sol fran&#231;ais &#224; l'&#233;t&#233; et &#224; l'automne 1995 sont ensuite venus nourrir les craintes d'une exportation de la violence. Apr&#232;s une demi-ann&#233;e de relative tranquillit&#233;, le rapt puis l'ex&#233;cution en mai 1996 de sept moines, dans la r&#233;gion de M&#233;d&#233;a, suivie de l'assassinat de Mgr Pierre Claverie, &#233;v&#234;que d'Oran, le 1er ao&#251;t 1996, ont montr&#233; encore une fois que ni le r&#233;gime ni les groupes arm&#233;s n'avaient renonc&#233; &#224; faire de la France un des enjeux de leur lutte[8]. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart de ces crimes ont &#233;t&#233; attribu&#233;s aux Groupes islamistes arm&#233;s (GIA). Pourtant, les informations qui ont filtr&#233; depuis montrent qu'ils rel&#232;vent pour l'essentiel d'une &#171; strat&#233;gie de la tension &#187; mise en &#339;uvre par les services alg&#233;riens, par islamistes manipul&#233;s interpos&#233;s, pour faire pression sur la France et pr&#233;venir toute tentation de sa part de leur retirer son soutien. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plusieurs phases peuvent &#234;tre distingu&#233;es. Dans les premi&#232;res ann&#233;es (1993-1994), le moins qu'on puisse dire est que pr&#233;vaut une certaine confusion, r&#233;v&#233;latrice des rapports tordus entretenus de longue date entre services fran&#231;ais et alg&#233;riens. Il est en effet pratiquement &#233;tabli que les actions les plus spectaculaires contre la France attribu&#233;es aux GIA dans cette p&#233;riode sont le r&#233;sultat de manipulations, parfois &#233;labor&#233;es en commun entre la SM et certaines branches des services fran&#231;ais, dans le but de &#171; conduire les autorit&#233;s fran&#231;aises &#224; s'engager r&#233;solument aux c&#244;t&#233;s de l'&#201;tat alg&#233;rien dans la logique de r&#233;pression[9] &#187;. Le ministre de l'Int&#233;rieur de l'&#233;poque, M. Charles Pasqua, aurait ainsi jou&#233; un r&#244;le-cl&#233; dans l'affaire du &#171; vrai-faux enl&#232;vement &#187; des trois fonctionnaires du consulat fran&#231;ais, Jean-Claude et Mich&#232;le Th&#233;venot et Alain Fressier, sequestr&#233;s le 24 octobre 1993, puis rel&#226;ch&#233;s, par un commando &#171; islamiste &#187; dirig&#233; par un certain Sid Ahmed Mourad (alias Djaafar el-Afghani) : le r&#233;cit circonstanci&#233; de cet &#233;pisode par les journalistes Roger Faligot et Pascal Krop n'a fait l'objet d'aucun d&#233;menti[10].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette affaire a en tout cas &#233;t&#233; le pr&#233;texte de l'&#171; op&#233;ration chrysanth&#232;me &#187; du 4 novembre 1993, vaste rafle conduite par la police dans les milieux islamistes de l'Hexagone. De m&#234;me, &#224; la suite de l'assassinat de cinq Fran&#231;ais le 5 ao&#251;t 1994, dix-sept militants et sympathisants islamistes ont &#233;t&#233; assign&#233;s &#224; r&#233;sidence &#224; Folembray, dans l'Aisne. Et le 12 ao&#251;t 1994, les GIA exigeaient l'arr&#234;t de &#171; tout appui &#187; de Paris au pouvoir alg&#233;rien, faute de quoi ils mena&#231;aient de &#171; frapper violemment les int&#233;r&#234;ts fran&#231;ais &#187;. L'affaire de l'Airbus, en d&#233;cembre de la m&#234;me ann&#233;e, s'inscrit clairement dans cette s&#233;quence et rel&#232;ve plus que probablement d'une autre manipulation du DRS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1995, on change de registre, car les plus hauts responsables politiques fran&#231;ais semblent consid&#233;rer que les g&#233;n&#233;raux alg&#233;riens sont all&#233;s trop loin. Et ils commencent &#224; mesurer leur soutien. La riposte des &#171; groupes islamistes de l'arm&#233;e &#187; (comme les appelle la rue alg&#233;rienne, depuis des ann&#233;es) est brutale : du 25 juillet au 17 octobre, sept attentats &#224; la bombe, &#224; Paris (RER Saint-Michel, place de l'&#201;toile, boulevard Richard-Lenoir, m&#233;tro Maison-Blanche, RER Mus&#233;e d'Orsay) et dans la r&#233;gion lyonnaise, tuent dix personnes et font des dizaines de bless&#233;s. Dans cette p&#233;riode, on apprend que l'&#171; &#233;mir &#187; des GIA Djamel Zitouni a adress&#233;, le 19 ao&#251;t, une lettre au pr&#233;sident de la R&#233;publique Jacques Chirac l'invitant &#171; &#224; se convertir &#224; l'Islam pour &#234;tre sauv&#233; &#187; et que, par un communiqu&#233; du 7 octobre, il a menac&#233; la France de nouvelles &#171; frappes militaires &#187;. &lt;br /&gt;
Les autorit&#233;s fran&#231;aises re&#231;oivent ces &#171; messages &#187; cinq sur cinq, comme le reconna&#238;t prudemment, d&#232;s juillet 1995, un conseiller du Premier ministre Alain Jupp&#233; : &#171; C'est sans aucun doute le travail des islamistes. Mais qui est derri&#232;re eux ? Peut-&#234;tre un clan de la S&#233;curit&#233; militaire alg&#233;rienne ou du pouvoir qui voudrait nous entra&#238;ner comme alli&#233; dans leur combat contre le terrorisme[11] ? &#187; &lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Certains responsables fran&#231;ais se poseront cette m&#234;me question apr&#232;s le martyre des sept moines de Tibh&#233;rine en mai 1996. Henri Tincq, le journaliste charg&#233; des questions religieuses au quotidien &lt;i&gt;Le Monde,&lt;/i&gt; s'en fera l'&#233;cho dans une enqu&#234;te publi&#233;e en juin 1998 : &#171; La version officielle de la responsabilit&#233; unique de groupes islamiques arm&#233;s est mise en doute, aussi bien dans des cercles eccl&#233;siastiques &#224; Rome que par d'anciens officiers de la s&#233;curit&#233; alg&#233;rienne. Selon des t&#233;moignages r&#233;cents, la s&#233;curit&#233; avait infiltr&#233; les ravisseurs des moines et, parce qu'elle n'aurait pas support&#233; que les services fran&#231;ais entrent eux-m&#234;mes en contact avec les islamistes, l'affaire aurait mal tourn&#233;[12]. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces doutes, le leader socialiste Lionel Jospin les exprimera plus globalement, en janvier 1997, cinq mois avant sa nomination au poste de Premier ministre. Celui qui est alors le chef de l'opposition de gauche d&#233;clare, tr&#232;s lucidement, &#233;voquant le drame alg&#233;rien : &#171; On continue &#224; h&#233;siter entre le risque de l'indiff&#233;rence et celui de l'engrenage si on s'exprime trop clairement. Voil&#224;, je crois, les raisons du silence. [...] Il n'est pas question d'une capitulation devant des forces qu'on peut &#224; peine identifier, mais nous devons dire que nous ne sommes pas pr&#234;ts, pour autant, &#224; soutenir le pouvoir alg&#233;rien quoi qu'il fasse. [...] Un gouvernement, qu'il soit de droite ou de gauche en France, peut se demander si certains, ici ou l&#224;, ne pourraient pas &#234;tre tent&#233;s de frapper si nous nous exprimions plus nettement. [...] On peut certes esp&#233;rer qu'en ne disant rien on sera moins touch&#233;. Mais on peut aussi se dire que, si le conflit ne trouve pas de solution, l'accumulation de ces violences est lourde de cons&#233;quences pour le futur. Il faut donc faire des choix[13]... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant, en septembre 1997, trois mois apr&#232;s son entr&#233;e en fonction et quelques jours apr&#232;s les grands massacres de civils &#224; Ra&#239;s et Sidi-Youcef, le m&#234;me Lionel Jospin d&#233;clare : &#171; M&#234;me si nous ressentons un sentiment d'horreur et de compassion [...], avons-nous toujours &#224; nous sentir coupables ? La France n'est plus responsable de ce qui meurtrit l'Alg&#233;rie aujourd'hui. Au plan officiel, le gouvernement fran&#231;ais est contraint dans son expression [soulign&#233; par nous]. Prendrait-il des initiatives qu'elles ne seraient pas re&#231;ues, nous le savons[14]. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce revirement spectaculaire, rarement relev&#233; &#224; l'&#233;poque, s'explique tr&#232;s trivialement : d&#232;s la constitution du gouvernement de Lionel Jospin en juin 1997, de discrets &#233;missaires de la SM ont expliqu&#233; en substance au Quai d'Orsay et &#224; certains responsables fran&#231;ais que si le gouvernement fran&#231;ais &#171; s'exprimait plus nettement &#187;, il leur serait bien difficile d'emp&#234;cher que &#171; certains, ici ou l&#224; &#187;, soient &#171; tent&#233;s de frapper &#187;. En termes plus crus, que les &#171; Groupes islamistes de l'arm&#233;e &#187; pourraient &#224; nouveau porter leur guerre sur le territoire fran&#231;ais. &lt;br /&gt;
L&#224; encore, le message a &#233;t&#233; re&#231;u. Et le gouvernement a c&#233;d&#233; au chantage. Au lieu de mobiliser la puissance de ses services de police pour traquer les islamistes de l'arm&#233;e pr&#233;sents sur le territoire fran&#231;ais (agents directs de la SM ou militants islamistes manipul&#233;s), il a d&#233;clench&#233; une op&#233;ration diplomatique d'envergure, en particulier au sein de l'ONU, pour contrer la revendication d'une &#171; commission d'enqu&#234;te internationale &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Agit-prop m&#233;diatique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car la manifestation du 10 novembre 1997 &#224; Paris, &#224; l'initiative de l'association &#171; Un jour pour l'Alg&#233;rie &#187; et de nombreuses ONG, a mis en avant le mot d'ordre de commission d'enqu&#234;te internationale pour la v&#233;rit&#233; sur les massacres et les violations des droits de l'homme en Alg&#233;rie, visant aussi bien le terrorisme islamique que le pouvoir. Des milliers de personnes sont descendus dans la rue, et la manifestation a eu un impact consid&#233;rable. &lt;br /&gt;
Face &#224; cette initiative, les militaires alg&#233;riens ont pris peur : si la pression de l'opinion internationale parvenait &#224; imposer une &#171; op&#233;ration v&#233;rit&#233; &#187; susceptible de mettre &#224; jour les manipulations de la violence qu'ils exer&#231;aient depuis des ann&#233;es, la base m&#234;me de leur pouvoir et de leur richesse risquait d'&#234;tre gravement &#233;branl&#233;e. Ils ont donc d&#233;clench&#233; une contre-offensive d'envergure, leurs alli&#233;s civils multipliant les contacts avec des personnalit&#233;s et des intellectuels fran&#231;ais[15]. C'est dans ce climat que se sont inscrits un meeting &#224; la Mutualit&#233; le 20 janvier 1998 et une &#233;mission sur la cha&#238;ne franco-allemande Arte, le lendemain, qui ont donn&#233; l'un et l'autre un large &#233;cho aux th&#232;ses des courants &#171; &#233;radicateurs &#187; proches du pouvoir. &lt;br /&gt;
D&#232;s la fin 1997, plusieurs dignitaires du r&#233;gime (dont Ali Haroun, ancien dirigeant de la F&#233;d&#233;ration de France du FLN) sont venus discr&#232;tement &#224; Paris d&#233;livrer la bonne parole &#224; quelques personnalit&#233;s politiques et intellectuelles, surtout de gauche, jug&#233;es influentes. Alors m&#234;me que les tueries redoublaient (plus de 1 000 victimes dans une s&#233;rie de massacres dans l'Ouest du pays), cette d&#233;marche &#233;tait suivie d'un v&#233;ritable ballet de visites, officielles ou non, de personnalit&#233;s fran&#231;aises et europ&#233;ennes en Alg&#233;rie (dont Claude Cheysson, Yvette Roudy, Francis Wurtz, Jack Lang), qui toutes sont revenues en affirmant les m&#234;mes convictions : &#171; Il est clair que ce sont les islamistes, ces fous de Dieu, qui tuent[16] &#187;, et face &#224; eux, &#171; seule la contre-violence est possible[17] &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les philosophes Bernard-Henri L&#233;vy et Andr&#233; Glucksmann, les premiers, ont ramen&#233; de leur visite des reportages qui ne passeront pas inaper&#231;us[18] - et vaudront &#224; leurs auteurs un hommage empoisonn&#233; du &#171; parrain &#187; des &#171; janvi&#233;ristes &#187;, le g&#233;n&#233;ral Khaled Nezzar (&#171; Ils ont par leur courage fait conna&#238;tre la v&#233;rit&#233; &#187;, &#233;crira-t-il d&#233;but f&#233;vrier dans &lt;i&gt;El Watan,&lt;/i&gt; avant d'assurer &#171; ces hommes de courage et de conviction &#187; de &#171; son plus grand respect &#187; et de sa &#171; plus haute consid&#233;ration &#187;[19]). &lt;br /&gt;
Mais l'offensive n'a pas &#233;t&#233; que m&#233;diatique. Ainsi, Jack Lang, le pr&#233;sident de la commission des affaires &#233;trang&#232;res de l'Assembl&#233;e nationale, qui r&#233;clamait en novembre 1997 la commission d'enqu&#234;te internationale (c'&#233;tait le bon sens, disait alors &#233;galement Bernard-Henri L&#233;vy), a-t-il d&#233;clar&#233; trois mois plus tard, curieusement, le contraire. C'est qu'entre-temps Jack Lang a rencontr&#233; &#224; Alger les dignitaires du pouvoir, il a donn&#233; des interviews l&#233;nifiantes dans la presse locale[20] et il est revenu en France, expliquant que la commission d'enqu&#234;te &#233;tait inutile. De m&#234;me, en f&#233;vrier 1998, la pr&#233;paration d'une d&#233;l&#233;gation des parlementaires europ&#233;ens a fait l'objet d'une bagarre feutr&#233;e - mais tr&#232;s vive - entre les repr&#233;sentants des ONG de d&#233;fense des droits de l'homme et les &#171; &#233;radicateurs &#187; alg&#233;riens et europ&#233;ens (principalement fran&#231;ais et belges). Ces derniers ont reconnu certaines &#171; bavures &#187; du pouvoir, tout en soulignant que l'essentiel &#233;tait de ne pas d&#233;stabiliser l'arm&#233;e, dernier &#171; rempart &#187; contre l'islamisme. Apr&#232;s la visite, la conclusion du pr&#233;sident de la d&#233;l&#233;gation sera sans surprise : les forces de s&#233;curit&#233; &#171; ne sont pas impliqu&#233;es dans les massacres mais constituent une arm&#233;e mal entra&#238;n&#233;e et mal &#233;quip&#233;e pour lutter contre les formes mutantes de terrorisme[21] &#187;. Une complaisance que la journaliste alg&#233;rienne Salima Ghezali, qui venait justement de recevoir du Parlement europ&#233;en le prix Sakharov des droits de l'homme, jugera en ces termes : &#171; Ainsi l'Europe continue, sans surprise, &#224; ne pas se d&#233;finir et, en fait, &#224; soutenir le r&#233;gime alg&#233;rien &#224; l'instigation de Paris[22]. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fait, dans le m&#234;me temps, les diplomates fran&#231;ais s'activeront discr&#232;tement et efficacement dans les couloirs de l'ONU pour torpiller d&#233;finitivement la revendication d'une commission d'enqu&#234;te internationale pour conna&#238;tre les commanditaires des massacres, qu'avait pourtant soutenue James Rubin, le porte-parole du D&#233;partement d'&#201;tat am&#233;ricain[23]. Ce sinistre &#171; succ&#232;s diplomatique &#187; montrait une nouvelle fois &#224; quel point la France donne le &#171; la &#187; au niveau mondial sur le &#171; dossier alg&#233;rien &#187; : tout se passe comme si, aux yeux des &#201;tats d&#233;mocratiques occidentaux, l'Alg&#233;rie restait, quarante ans apr&#232;s son ind&#233;pendance, une &#171; affaire int&#233;rieure &#187; fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette remarquable entreprise de verrouillage a enfin &#233;t&#233; compl&#233;t&#233;e, en France m&#234;me, par la liquidation &#171; en douceur &#187; des dizaines de comit&#233;s de solidarit&#233; avec l'Alg&#233;rie qui s'&#233;taient cr&#233;&#233;s &#224; l'&#233;poque. Cette op&#233;ration a &#233;t&#233; pilot&#233;e par les hommes de la S&#233;curit&#233; militaire pr&#233;sents sur le territoire : des militants &#171; &#233;radicateurs &#187; fran&#231;ais et alg&#233;riens, sans doute pas toujours conscients d'&#234;tre ainsi manipul&#233;s, ont &#233;t&#233; invit&#233;s par des relais civils de la SM &#224; rejoindre ces comit&#233;s qui, sous leur influence, ont progressivement abandonn&#233; le mot d'ordre de commission d'enqu&#234;te internationale - parfois au prix de vifs d&#233;chirements - et ont presque tous disparu en quelques mois, dans la confusion et le d&#233;couragement des militants sinc&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La SM en France&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet &#233;pisode illustre un autre &#233;l&#233;ment essentiel du fonctionnement de la &#171; Fran&#231;alg&#233;rie &#187; : la France est sans doute la seule grande d&#233;mocratie au monde &#224; tol&#233;rer sur son sol la pr&#233;sence d'une force polici&#232;re nombreuse d'un &#201;tat &#233;tranger. La SM dispose en effet en France, en permanence, de plusieurs centaines d'agents et de milliers d'indicateurs. Leur r&#244;le premier est la surveillance serr&#233;e de la communaut&#233; alg&#233;rienne immigr&#233;e. Dans les ann&#233;es post-ind&#233;pendance, ils l'assuraient sous le couvert de l'Amicale des Alg&#233;riens en Europe. Depuis les ann&#233;es quatre-vingt, avec l'enracinement des immigr&#233;s dans la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise, cette structure est tomb&#233;e en d&#233;sh&#233;rence, mais la fonction de surveillance, visant &#224; &#233;viter toute structuration d'une opposition au pouvoir dans l'immigration, est toujours une priorit&#233; de la SM. Ses agents sont bien s&#251;rs pr&#233;sents dans les dix-huit consulats, mais ils usent aussi de diverses &#171; couvertures &#187; civiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traditionnellement coordonn&#233;e par un colonel en poste au consulat de Paris, leur action consiste &#224; rep&#233;rer les opposants, &#224; neutraliser les plus actifs (par la r&#233;cup&#233;ration ou les menaces sur la famille rest&#233;e au pays), &#224; infiltrer et noyauter tous les regroupements, m&#234;me les plus anodins (c'est ainsi qu'&#224; l'automne 2001, la &#171; branche fran&#231;aise &#187; de la SM &#224; r&#233;ussi &#224; infiltrer et &#224; faire scissionner l'Association des taxis kabyles de Paris, qui commen&#231;ait &#224; se mobiliser contre la r&#233;pression en Kabylie...). Ce contr&#244;le policier explique dans une large mesure la crainte dans laquelle vivent les Alg&#233;riens de France et leur faible mobilisation face aux horreurs que vivent leurs familles rest&#233;es au pays, dont ils connaissent pourtant parfaitement les responsables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le d&#233;but de la &#171; seconde guerre d'Alg&#233;rie &#187;, la SM en France a &#233;galement jou&#233; un r&#244;le actif pour relayer, aupr&#232;s de la presse et de la classe politique fran&#231;aise, les op&#233;rations de d&#233;sinformation concoct&#233;es dans les bureaux alg&#233;rois du service d'action psychologique du DRS, dirig&#233; jusqu'&#224; la fin 2001 par le fameux colonel Hadj Zoubir. &lt;br /&gt;
Toutes ces actions sont parfaitement connues des services fran&#231;ais de renseignement, et en particulier de la DST, qui entretient de longue date les meilleurs rapports avec la SM (rappelons simplement l'assassinat en plein Paris, le 8 avril 1987, de l'opposant Ali M&#233;cili : arr&#234;t&#233; deux mois plus tard par la brigade criminelle, son assassin, Abdelmalek Amellou, sera identifi&#233; comme un agent de la SM, commanditaire de l'op&#233;ration ; Amellou sera pourtant rel&#226;ch&#233;, apr&#232;s intervention &#224; &#171; haut niveau &#187; et pourra regagner Alger sans encombres[24]...).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Corruption et &#171; r&#233;trocorruption &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le c&#339;ur de ce complexe syst&#232;me de la &#171; Fran&#231;alg&#233;rie &#187; est sans conteste l'argent, celui des &#171; commissions &#187; pr&#233;lev&#233;es par les g&#233;n&#233;raux du cabinet noir sur les &#233;changes commerciaux avec l'&#233;tranger. &lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
On le sait, l'&#233;conomie alg&#233;rienne est totalement d&#233;pendante des exportations de p&#233;trole et de gaz, qui repr&#233;sentent 97 % des exportations (et 60 % des recettes fiscales de l'&#201;tat). La production nationale de biens de consommation est sinistr&#233;e et l'essentiel doit &#234;tre import&#233;. Depuis les ann&#233;es quatre-vingt, la poign&#233;e de g&#233;n&#233;raux qui contr&#244;lent le pouvoir a fait passer &#224; une &#233;chelle industrielle le &#171; syst&#232;medescommissions &#187; consistant &#224; pr&#233;lever &#224; leur profit, par divers m&#233;canismes occultes, 10 % &#224; 15 % de ces flux d'exportationet d'importation[25]. Ce que r&#233;sume sobrementencestermes l'ancien ministre du Commerce Sma&#239;l Goumeziane : &#171; De l'aveu m&#234;me du pr&#233;sident de la R&#233;publique, le commerce ext&#233;rieur du pays serait entre les mains de dix &#224; quinze personnes. [...] Par ce biais, on estime qu'un milliard et demi &#224; deux milliards de dollars fuient le pays chaque ann&#233;e. En trente ans, ce sont ainsi quelque 30 &#224; 40 milliards de dollars de richesse nationale qui s'en sont all&#233;s se loger &lt;i&gt;off shore&lt;/i&gt; dans les comptes num&#233;rot&#233;s de quelques banques internationales vertueuses, ou s'investir hors du pays dans l'h&#244;tellerie, dans l'immobilier ou dans le n&#233;goce international[26]. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette corruption est le moteur fondamental de la &#171; sale guerre &#187; que les &#171; d&#233;cideurs &#187; militaires m&#232;nent contre leurs compatriotes : sa fonction premi&#232;re est de briser et d'&#171; &#233;radiquer &#187; tous les germes qui pourraient entra&#238;ner le peuple dans une r&#233;volution risquant de mettre fin &#224; leurs privil&#232;ges et de tarir d&#233;finitivement les sources de leur fortune. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or ce &#171; moteur &#187; ne pourrait fonctionner sans complicit&#233;s en France, premier partenaire commercial de l'Alg&#233;rie, comme l'a rappel&#233; Lucile Provost : &#171; C'est en premier lieu par rapport &#224; la France, aux firmes fran&#231;aises, aux interm&#233;diaires qui travaillent avec elles, que le pouvoir alg&#233;rien organise la mise sous contr&#244;le de l'&#233;conomie. C'est le plus naturel. Les entreprises fran&#231;aises sont sur place, les hommes se connaissent. Ce sont donc de v&#233;ritables r&#233;seaux d'influence politico-&#233;conomiques qui se sont mis en place avec l'ancienne m&#233;tropole et existent encore aujourd'hui. Les Fran&#231;ais ont d'ailleurs b&#233;n&#233;fici&#233;, comme les Alg&#233;riens, des retomb&#233;es de cette &#233;conomie de la d&#233;pendance. Les contrats sur l'Alg&#233;rie &#233;taient r&#233;put&#233;s particuli&#232;rement rentables, la surfacturation &#233;tant couramment de l'ordre de 30 % &#224; 40 %. [...] Les liens entre affaires et politique ne se sont jamais d&#233;mentis, que ce soit &#224; droite ou &#224; gauche[27]. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour dire cela plus brutalement : comme l'a montr&#233; l'&#171; affaire Elf &#187; &#224; propos de la Fran&#231;afrique, il n'est pas concevable que ce syst&#232;me de corruption franco-alg&#233;rien, fond&#233; sur les commissions, puisse fonctionner depuis plus de vingt ans sans que des &#171; r&#233;trocommissions &#187; venues d'Alg&#233;rie alimentent les corrupteurs fran&#231;ais et les caisses des partis politiques, ainsi encourag&#233;s &#224; fermer les yeux. Un syst&#232;me qui, assur&#233;ment, fonctionne encore en 2002. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement, il est impossible d'en dire plus, car ce syst&#232;me est sans doute l'un des secrets les mieux gard&#233;s de la Ve R&#233;publique. Bien s&#251;r, aucune enqu&#234;te n'a jamais &#233;t&#233; men&#233;e, alors m&#234;me que les services de renseignements n'ignorent rien des nombreuses propri&#233;t&#233;s fran&#231;aises des &#171; janvi&#233;ristes &#187; et de leurs associ&#233;s (cha&#238;nes de restaurants, h&#244;tels, immeubles, bo&#238;tes de nuit, etc.). Et que les bureaux du minist&#232;re des Finances connaissent depuis des ann&#233;es les b&#233;n&#233;ficiaires alg&#233;riens des commissions vers&#233;es par les entreprises fran&#231;aises, puisque celles-ci doivent les d&#233;clarer au Tr&#233;sor pour les d&#233;duire de leurs imp&#244;ts, comme l'a soulign&#233; le journaliste belge Baudouin Loos : &#171; La France est l'un des rares pays europ&#233;ens &#224; autoriser le versement de commissions par ses entreprises dans les transactions commerciales internationales[28]. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sang de dizaines de milliers d'Alg&#233;riens a &#233;t&#233; vers&#233; pour que ce syst&#232;me de corruption perdure &#224; l'abri du secret. On comprend donc que ceux qui cherchent &#224; le percer risquent leur vie. L'exemple embl&#233;matique en est - rien moins - celui du pr&#233;sident Mohammed Boudiaf, assassin&#233; le 29 juin 1992 : il est d&#233;sormais attest&#233; que les g&#233;n&#233;raux du &#171; cabinet noir &#187;, qui l'avaient convaincu de prendre la t&#234;te de l'&#201;tat apr&#232;s le putsch de janvier 1992, ont organis&#233; son assassinat parce qu'il avait d&#233;cid&#233; d'enqu&#234;ter en profondeur sur leurs circuits de corruption. Boudiaf avait envoy&#233; &#224; Paris, en juin 1992, cinq officiers de confiance pour obtenir du Premier ministre Pierre B&#233;r&#233;govoy les informations d&#233;tenues par ses services sur ces circuits et leurs b&#233;n&#233;ficiaires[29]. Fin de non recevoir. De retour &#224; Alger, les cinq hommes ont &#233;t&#233; assassin&#233;s, bien s&#251;r par des &#171; islamistes &#187;... Quelques jours apr&#232;s, c'&#233;tait le tour de Boudiaf lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dix ans plus tard, rien n'a boug&#233; sur ce plan, le secret reste bien gard&#233;. Mais l'Alg&#233;rie est exsangue, et le &#171; syst&#232;me &#187; est au bout du rouleau, au point que ses protagonistes, apr&#232;s les r&#233;v&#233;lations des livres et des films de 2000-2001, se d&#233;chirent (clan Belkheir contre clan Tewfik) au grand jour, non sans relancer les tueries aveugles d'islamistes manipul&#233;s pour tenter de donner le change. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est plus que probable, dans ce contexte, que des &#171; tra&#238;tres &#187; commencent &#224; &#171; l&#226;cher le morceau &#187; pour se pr&#233;server. Et d&#232;s lors, on peut parier sans risque que, si la v&#233;rit&#233; sur la &#171; Fran&#231;alg&#233;rie &#187; &#233;clate, cela deviendra en France un scandale politique majeur, au c&#244;t&#233; duquel l'&#171; Affaire Elf &#187; fera figure de bluette... Le seul v&#339;u qui puisse &#234;tre formul&#233;, dans cette perspective, est que cela permette d'engager l'indispensable nettoyage des r&#233;seaux de la &#171; Fran&#231;alg&#233;rie &#187;, dont les membres fran&#231;ais (politiques et hommes d'affaires) ont permis trop longtemps aux g&#233;n&#233;raux d'Alger d'agir impun&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;(*) Directeur g&#233;n&#233;ral des &#201;ditions La D&#233;couverte. Article paru dans la revue fran&#231;aise Mouvements, n&#176; 21-22, le 16 mai 2002, dans le cadre d'un dossier &#171; De la Fran&#231;afrique &#224; la mafiafrique &#187; (&lt;a href=&#034;http://www.mouvements.asso.fr/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.mouvements.asso.fr/&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Jean-Baptiste RIVOIRE et Jean-Paul BILLAULT, &lt;i&gt;Bentalha, autopsie d'un massacre&lt;/i&gt; (diffus&#233; en Suisse le 8 avril 1999, dans le cadre de l'&#233;mission &#171; Temps pr&#233;sent &#187; de TSR 1, et en France, dans une version plus longue, le 23 septembre 1999 dans &#171; Envoy&#233; sp&#233;cial &#187;, sur France 2) ; Michel DESPRATX et &lt;i&gt;alii, L'affaire Lounes Matoub, la grande manip,&lt;/i&gt; Canal Plus, 31 octobre 2000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Nesroulah YOUS, &lt;i&gt;Qui a tu&#233; &#224; Bentalha ?,&lt;/i&gt; La D&#233;couverte, Paris, 2000 ; Habib SOUA&#207;DIA, &lt;i&gt;La sale guerre,&lt;/i&gt; La D&#233;couverte, Paris, 2001.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Depuis 1962, la S&#233;curit&#233; militaire est le c&#339;ur du pouvoir alg&#233;rien. C'est pourquoi, malgr&#233; son changement d'appellation en 1988, les Alg&#233;riens continuent le plus souvent &#224; la d&#233;signer par son acronyme redout&#233;, la &#171; SM &#187; (sur le r&#244;le de la SM, voir l'impressionnant dossier constitu&#233; par Salah-Eddine SIDHOUM, &#171; La S&#233;curit&#233; militaire au c&#339;ur du pouvoir. Quarante ans de r&#233;pression impunie en Alg&#233;rie, 1962-2001 &#187;, Algeria-watch, septembre 2001 (&lt;span class='ressource spip_out'&gt;&lt;&lt;a href=&#034;http://www.algeria-watch.de/mrv/mrvrepr/repression_1962_2001.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.algeria-watch.de/mrv/mrv...&lt;/a&gt;&gt;&lt;/span&gt;
).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Hichem ABOUD, &lt;i&gt;La mafia des g&#233;n&#233;raux,&lt;/i&gt; Latt&#232;s, Paris, 2002.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Voir notamment : Lahouari ADDI, &#171; L'arm&#233;e alg&#233;rienne confisque le pouvoir &#187;, Le Monde diplomatique, f&#233;vrier 1998 (&lt;span class='ressource spip_out'&gt;&lt;&lt;a href=&#034;http://www.monde-diplomatique.fr/md/1998/02/ADDI/10029.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.monde-diplomatique.fr/md...&lt;/a&gt;&gt;&lt;/span&gt; ; Fran&#231;ois GEZE, &#171; Aux origines de la violence &#187;, &lt;i&gt;Mouvements,&lt;/i&gt; nov.-d&#233;c. 1998.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. &#171; L'Alg&#233;rie apr&#232;s le 11 septembre : et les droits de l'homme ? &#187;, &lt;span class='ressource spip_out'&gt;&lt;&lt;a href=&#034;http://www.algeria-watch.de/farticle/appel_accord_association.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.algeria-watch.de/farticl...&lt;/a&gt;&gt;&lt;/span&gt;
.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7. Bernard RAVENEL, &#171; La gauche fran&#231;aise au miroir de l'Alg&#233;rie &#187;, &lt;i&gt;Mouvements,&lt;/i&gt; nov.-d&#233;c. 1998.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8. Lucile PROVOST, &#171; Poursuite de la violence, impasses politiques : Paris et Alger entre brouilles et complicit&#233;s &#187;, &lt;i&gt;Le Monde diplomatique,&lt;/i&gt; septembre 1996.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9. Selon les termes de Jocelyne C&#233;sari, chercheuse au CNRS, dans un article de 1995 fort pertinent, qui ne formulait toutefois pas &#224; l'&#233;poque l'hypoth&#232;se de la manipulation (Jocelyne CESARI, &#171; Les rapports France-Alg&#233;rie : l'effet &#034;Airbus&#034; &#187;, &lt;i&gt;Les Cahiers de l'Orient,&lt;/i&gt; n&#176; 36-37, 1994-1995, p. 179).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10. Roger FALIGOT et Pascal KROP, &lt;i&gt;DST police secr&#232;te,&lt;/i&gt; Flammarion, Paris, 1999, p. 450-452 ; voir aussi la version, un peu diff&#233;rente, qu'en donne le Mouvement alg&#233;Fran&#231;alg&#233;rie : sang, intox et corruptionrien des officiers libres (MAOL), &#171; L'affaire des otages du consulat fran&#231;ais &#187;, septembre 2000, &lt;span class='ressource spip_out'&gt;&lt;&lt;a href=&#034;http://www.anp.org/affairedesotages/affairedesotages.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.anp.org/affairedesotages...&lt;/a&gt;&gt;&lt;/span&gt;
.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11. Cit&#233; par Claude ANGELI et St&#233;phanie MESNIER, &lt;i&gt;Sale temps pour la R&#233;publique, 1995-1997,&lt;/i&gt; Grasset, Paris, 1997, p. 81.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12. Henri TINCQ, &#171; La s&#233;curit&#233; alg&#233;rienne pourrait &#234;tre impliqu&#233;e dans le drame de Tibehirine &#187;, &lt;i&gt;Le Monde,&lt;/i&gt; 7-8 juin 1998.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13. Interview &#224; &lt;i&gt;Lib&#233;ration,&lt;/i&gt; 27 janvier 1997.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14. Interview au &lt;i&gt;Monde,&lt;/i&gt; 16 septembre 1997.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15. Voir Fran&#231;ois GEZE et Salima MELLAH, &#171; Crimes contre l'humanit&#233; &#187;, postface &#224; Nesroulah YOUS, &lt;i&gt;Qui a tu&#233; &#224; Bentalha ?, op. cit.,&lt;/i&gt; p. 293-298.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;16. Yvette ROUDY, &lt;i&gt;El Watan,&lt;/i&gt; 1er mars 1998.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17. Claude CHEYSSON, &lt;i&gt;L'Express,&lt;/i&gt; 22 janvier 1998.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;18. Bernard-Henri LEVY, &#171; Choses vues en Alg&#233;rie &#187;, &lt;i&gt;Le Monde,&lt;/i&gt; 8 et 9 janvier 1998 ; &#171; Ce que j'ai vu en Alg&#233;rie &#187;, Carnets de route d'Andr&#233; Glucksmann, documentaire de Malik A&#239;t Aoudia, France 3, 6 mars 1998.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;19. Cit&#233; par Jean-Pierre TUQUOI, &#171; Les succ&#232;s de communication du pouvoir alg&#233;rien &#187;, &lt;i&gt;Le Monde,&lt;/i&gt; 20 f&#233;vrier 1998.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;20. Il s'est dit convaincu &#171; que la d&#233;mocratie [alg&#233;rienne] a r&#233;ussi &#224; construire un Parlement pluraliste, un Conseil de la nation, &#224; tenir des &#233;lections locales et &#224; donner la parole et la responsabilit&#233; au peuple et la libert&#233; d'expression &#224; la lumi&#232;re d'un pluralisme r&#233;el et un &#201;tat de droit au sens propre du terme &#187; (Reuters, 4 avril 1998).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;21. Cit&#233; par Marcel SCOTTO, &#171; Les d&#233;put&#233;s europ&#233;ens qui se sont rendus &#224; Alger sont hostiles &#224; une enqu&#234;te internationale &#187;, &lt;i&gt;Le Monde,&lt;/i&gt; 19 f&#233;vrier 1998 ; voir aussi : Andr&#233; SOULIER, &#171; Le d&#233;clic ? &#187;, &lt;i&gt;La Provence,&lt;/i&gt; 21 f&#233;vrier 1998.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;p&gt;23. &lt;i&gt;Daily Press Briefing released by the Office of the Spokeman,&lt;/i&gt; US Department of State, 6 janvier 1998.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;24. Voir Hocine A&#207;T-AHMED, &lt;i&gt;L'Affaire M&#233;cili,&lt;/i&gt; La D&#233;couverte, Paris, 1989.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;25. Voir &#224; ce sujet l'une des tr&#232;s rares &#233;tudes document&#233;es sur la question : Abderrahim ZEROUALI, &#171; Les circuits de l'argent noir &#187;, &lt;i&gt;in&lt;/i&gt; REPORTERS SANS FRONTIERES (&#233;d.), &lt;i&gt;Le drame alg&#233;rien,&lt;/i&gt; La D&#233;couverte, Paris, 1996, p. 112. Ainsi que : Fatiha TALAHITE, &#171; &#201;conomie administr&#233;e, corruption et engrenage de la violence en Alg&#233;rie &#187;, Revue Tiers-Monde, n&#176; 161, septembre 2000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;26. Sma&#239;l GOUMEZIANE, &#171; &#201;conomie alg&#233;rienne : enjeux et perspectives &#187;, intervention au s&#233;minaire du CIPA &#224; Paris le 27 avril 2000, &lt;span class='ressource spip_out'&gt;&lt;&lt;a href=&#034;http://www.algeria-watch.de/farticle/tribune/goumeziane.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.algeria-watch.de/farticl...&lt;/a&gt;&gt;&lt;/span&gt;
.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;27. Lucile PROVOST, &lt;i&gt;La Seconde Guerre d'Alg&#233;rie,&lt;/i&gt; Flammarion, Paris, 1996, p. 41.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;28. Baudouin LOOS, &#171; L'Europe et l'Alg&#233;rie &#187;, Institut europ&#233;en de l'Universit&#233; de Gen&#232;ve, Gen&#232;ve, 26 mai 1999 (revu et augment&#233; le 13 mars 2000), &lt;span class='ressource spip_out'&gt;&lt;&lt;a href=&#034;http://www.algeria-watch.de/farticle/tribune/loos3.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.algeria-watch.de/farticl...&lt;/a&gt;&gt;&lt;/span&gt;
.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;29. MOUVEMENT ALGERIEN DES OFFICIERS LIBRES (MAOL), &#171; Op&#233;ration Boudiaf &#187;, &lt;span class='ressource spip_out'&gt;&lt;&lt;a href=&#034;http://www.anp.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.anp.org&lt;/a&gt;&gt;&lt;/span&gt;
, juin 2000.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Article reproduit avec l'autorisation de l'auteur.&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;&lt;/center&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>A qui profite la l&#233;gitimation des r&#233;gimes anti-amazighs en Afrique du Nord ?</title>
		<link>http://www.tamazgha.fr/A-qui-profite-la-legitimation-des-regimes-anti-amazighs-en-Afrique-du-Nord,2534.html</link>
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		<dc:creator>Masin</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Les multiples visites effectu&#233;es en Libye par des repr&#233;sentants d'une soi-disant organisation qui pr&#233;tend d&#233;fendre les droits du peuple amazigh ne font pas l'unanimit&#233; au sein du Mouvement amazigh, notamment &#224; Tamazgha occidentale. Alors que certains critiquent l'organisation en question, qualifiant son pr&#233;sident de &#034;tra&#238;tre&#034;, d'autres soulignent que les critiques visent &#224; affaiblir l'organisation qui a &#034;r&#233;ussi &#224; faire conna&#238;tre la cause amazighe &#224; l'&#233;chelle internationale&#034;. Lumi&#232;re sur une (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.tamazgha.fr/-Analyses-debats-et-reflexions-.html" rel="directory"&gt;D&#233;bats&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.tamazgha.fr/local/cache-vignettes/L150xH149/arton2534-752bc.jpg?1777936851' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='149' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les multiples visites effectu&#233;es en Libye par des repr&#233;sentants d'une soi-disant organisation qui pr&#233;tend d&#233;fendre les droits du peuple amazigh ne font pas l'unanimit&#233; au sein du Mouvement amazigh, notamment &#224; Tamazgha occidentale. Alors que certains critiquent l'organisation en question, qualifiant son pr&#233;sident de &#034;tra&#238;tre&#034;, d'autres soulignent que les critiques visent &#224; affaiblir l'organisation qui a &#034;r&#233;ussi &#224; faire conna&#238;tre la cause amazighe &#224; l'&#233;chelle internationale&#034;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Lumi&#232;re sur une pol&#233;mique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Kadhafi, &#034;l'exemple&#034;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.dailymotion.com/video/xb0st4_supercherie-en-libye-6-novembre-200_news&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Une vid&#233;o&lt;/a&gt;, en noir et blanc, dat&#233;e du 6 novembre 2005, circule depuis quelques mois sur Internet. On y d&#233;couvre un petit homme moustachu assis dans un fauteuil. A la t&#233;l&#233;vision libyenne, il d&#233;clare qu'il est &#034;honor&#233;&#034; d'avoir rencontr&#233; &#034;le guide de la r&#233;volution&#034;. &#034;Je suis tr&#232;s content d'&#234;tre ici en Libye pour la premi&#232;re fois&#034;, a-t-il affirm&#233;, indiquant que cette rencontre &#034;est une occasion historique et extraordinaire&#034;. Il ajoute qu'il &#233;tait &#034;impressionn&#233;&#034; par &#034;le guide&#034; alors qu'il &#233;tait &#034;petit&#034; : il voyait en lui un &#034;exemple de lutte contre l'imp&#233;rialisme et la colonisation&#034;. Il rend hommage aussi aux &#034;positions&#034; de cet &#034;homme de droit&#034;, &#034;simple&#034; qui fait le bonheur du peuple libyen. Le petit homme s'appelle Loun&#232;s Belkacem. En ao&#251;t dernier, il a &#224; nouveau rencontr&#233; sa nouvelle idole &#224; Tripoli.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un dictateur sanguinaire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Kadhafi &#034;l'exemple&#034; a du sang amazigh sur les mains. Il a broy&#233; les vies de milliers de familles amazighes. La terreur aveugle ponctue depuis des d&#233;cennies la vie des militants de la cause amazighe contraints &#224; l'exil. Son r&#233;gime a tu&#233;, a mutil&#233; et a ex&#233;cut&#233; des centaines de militants. Durant les ann&#233;es 1970, le r&#233;gime libyen a assassin&#233; Ali Yaya Maamar, &#233;crivain, et le Docteur Omar Nami, professeur &#224; l'universit&#233; de Tripoli. Leur crime &#233;tait d'oser d&#233;fendre l'identit&#233; amazighe.&lt;br class='autobr' /&gt;
En 1979, le penseur, po&#232;te et &#233;crivain amazigh Sa&#239;d Sifaw Mahroug a fait objet d'une tentative d'assassinat. Handicap&#233; &#224; vie, il continuera son combat pour la dignit&#233; jusqu'&#224; sa mort en 1994 &#224; Djerba (Tunisie). La barbarie atteint son paroxysme en 1984 avec la pondaison publique de plusieurs &#233;tudiants amazighs dans le campus de l'universit&#233; de Tripoli. En 1985, le m&#234;me sort a &#233;t&#233; r&#233;serv&#233; &#224; Ferhat Ammar Hleb, un jeune amazigh revenu au pays au terme d'&#233;tudes effectu&#233;es aux Etats Unis. Il a &#233;t&#233; pendu sur une place publique &#224; Zouara au c&#339;ur du pays amazigh. Ferhat &#233;tait connu pour ses positions favorables &#224; l'identit&#233; amazighe.&lt;br class='autobr' /&gt;
Certains des plus &#034;chanceux&#034; parmi militants, qui ont r&#233;ussi &#224; fuir le pays, ont &#233;t&#233; rattrap&#233;s par les services secrets de Kadhafi et assassin&#233;s. C'est ainsi que le 26 juin 1987, Youssef Salah Kherbich a &#233;t&#233; tu&#233; &#224; Rome (Italie). Ces crimes macabres sont l&#233;gitim&#233;s au nom d'une id&#233;ologie barbare, raciste et imp&#233;rialiste : l'arabo-islamisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
Voil&#224; ainsi trac&#233; un tableau de l'homme juste et d&#233;fenseur de la libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La r&#233;cidive&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le 19 ao&#251;t dernier, Loun&#232;s Belkacem, invit&#233; par Seif El-Islam Kadhafi, fils du dictateur, s'&#233;tait rendu &#224; Tripoli &#224; la t&#234;te d'une d&#233;l&#233;gation pour assister &#224; la f&#234;te nationale de la jeunesse libyenne. D'apr&#232;s un communiqu&#233; publi&#233; sur le site de l'organisation qu'il pr&#233;side, la d&#233;l&#233;gation avait &#034;particip&#233; &#224; plusieurs s&#233;ances de travail avec les membres du bureau ex&#233;cutif de &lt;i&gt;Kaddafi International Foundation&lt;/i&gt;&#034;. &#034;Parmi les sujets examin&#233;s et sur lesquels les deux organisations pourraient coop&#233;rer dans l'avenir, figurent la d&#233;colonisation des derniers territoires colonis&#233;s en Afrique du Nord (&#8230;) la protection et la promotion des patrimoines locaux, l'union des pays et des peuples d'Afrique du Nord et Sahara, dans le respect de leur diversit&#233;, la r&#233;affirmation des droits &#233;conomiques, sociaux, culturels et linguistiques des peuples d'Afrique du Nord et Sahara, sans aucune discrimination&#034;. Les deux parties auraient &#233;galement trait&#233; de &#034;la situation de d&#233;ni qui frappe la question amazighe en Libye et ont soulign&#233; les obstacles, les interdits, les discriminations et parfois m&#234;me la violence exerc&#233;s &#224; l'encontre des militants et des citoyens amazighs. L'agression des membres libyens du CMA en d&#233;cembre 2008 dernier et le cas des exil&#233;s politiques amazighs ont &#233;galement &#233;t&#233; soumis au pr&#233;sident de la &lt;i&gt;Kaddafi International Foundation&lt;/i&gt;&#034;. 'Au cours de son s&#233;jour en Libye, la d&#233;l&#233;gation du CMA a &#233;galement rencontr&#233; diff&#233;rents repr&#233;sentants du mouvement culturel amazigh. Les d&#233;bats ont notamment port&#233; sur les atteintes aux droits et aux libert&#233;s des Amazighs de ce pays et sur les revendications notamment culturelles et linguistiques que l'Etat libyen est appel&#233; &#224; satisfaire', indique par ailleurs le communiqu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Col&#232;re&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La nouvelle visite a suscit&#233; une large col&#232;re dans les milieux amazighs, notamment &#224; Tamazgha occidentale. Un communiqu&#233; rendu public par des &#034;activistes du mouvement amazigh marocain&#034; r&#233;v&#232;le que cette rencontre a co&#239;ncid&#233; avec une campagne d'arrestations qui avait vis&#233; plusieurs militants de la cause amazighe &#224; Kebaw, accus&#233;s d'avoir distribu&#233; des documents &#233;crits en tamazight. Le communiqu&#233; pr&#233;cise que &#034;les m&#234;mes &#233;l&#233;ments&#034; qui s'&#233;taient rendus en Libye en 2005 avaient d&#233;cid&#233; d'organiser en juin dernier une conf&#233;rence &#224; Rabat sur &#034;l'arabit&#233; de l'Afrique du Nord&#034; en coordination avec l'ambassade libyenne &#224; Rabat. La repr&#233;sentation diplomatique avait &#233;t&#233; forc&#233;e d'annuler cette conf&#233;rence par la suite. Il ajoute que &#034;le colonel &#233;tait intervenu personnellement pour exiger des autorit&#233;s marocaines l'interdiction d'une activit&#233; portant sur la pr&#233;sentation du livre noir&#034; d&#233;taillant les crimes commis par le r&#233;gime libyen contre le peuple amazigh. Le &#034;guide de la r&#233;volution&#034; aurait affirm&#233; que &#034;cette activit&#233; menace les int&#233;r&#234;ts de la Libye&#034;. Pr&#233;vue le 18 juin dernier, cette conf&#233;rence avait &#233;t&#233; interdite par les autorit&#233;s marocaines. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le communiqu&#233; qualifie les membres de la d&#233;l&#233;gation d'&#034;espions&#034; et de &#034;tra&#238;tres &#224; la cause amazighe&#034;, appelant les associations amazighes &#224; rejeter &#034;le mercenaire Loun&#232;s Belkacem et ses compagnons&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Des &#034;visas&#034; promis pour l'Europe&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;De son c&#244;t&#233;, Mohamed Ajghough, le pr&#233;sident de la coordination Amyafa des associations amazighes au Moyen Atlas et l'un des membres du conseil f&#233;d&#233;ral de la soi-disant organisation, affirme dans une &#034;lettre&#034; &#224; l'adresse de Loun&#232;s Belkacem et de Khalid Zirari que les deux hommes lui avaient promis &#034;quatre visas pour l'Europe&#034; au profit des membres de son association en contrepartie de leur participation au &#034;congr&#232;s de Mekn&#232;s&#034;. Il rappelle que les deux hommes n'avaient pas honor&#233; leur engagement, une ann&#233;e apr&#232;s cette promesse. Il interroge par ailleurs Belkacem et Zirari &#224; propos d'une somme de &#034;100 000 euros&#034; que chacun d'eux aurait re&#231;u &#034;de la part de Seif Al-islam Kadhafi lors de la derni&#232;re visite en Libye&#034;. &#034;Ces fonds seront-ils int&#233;gr&#233;s dans le budget du congr&#232;s ou dans leurs propres comptes ?&#034;, se questionne Ajghough. Ce dernier ne tarde pas toutefois &#224; renier la paternit&#233; de la &#034;lettre&#034; en question. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il est d'ailleurs connu que plusieurs d&#233;l&#233;gu&#233;s d'associations bas&#233;es en Afrique du Nord profitent des rencontres de cette soi-disant organisation pour obtenir des visas pour l'Europe, ce qui permet &#224; certains d'en faire un fond de commerce.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#034;Mercenaires&#034;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La visite effectu&#233;e en Libye n'avait pas fait que des d&#233;tracteurs. Dans un entretien accord&#233; &#224; l'hebdomadaire &lt;i&gt;Agraw Amazigh&lt;/i&gt;, Ali Khadaoui, ancien membre de l'IRCAM (Institut royal de la culture amazighe) estime que ces &#034;critiques&#034; visent &#224; affaiblir l'organisation qui a &#034;r&#233;ussi &#224; faire conna&#238;tre la cause amazighe &#224; l'&#233;chelle internationale&#034;. Il qualifie les d&#233;tracteurs de Belkacem et de Zirari de &#034;mercenaires&#034;. Il ajoute que l'organisation devrait discuter et nouer des contacts avec tous les r&#233;gimes de l'Afrique du Nord. Khadaoui a par ailleurs appel&#233; les associations &#224; soutenir &#034;cette jeune organisation&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L&#233;gitimation&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nous estimons que le fait d'accepter de &#034;n&#233;gocier&#034; avec les r&#233;gimes ill&#233;gitimes qui ont usurp&#233; le pouvoir &#224; Tamazgha est inadmissible. Et le mouvement amazigh doit se dresser avec force contre ces r&#233;gimes arabistes tristement c&#233;l&#232;bres afin de les extirper de la terre amazighe. &#034;Discuter&#034;, c'est cautionner les crimes de ces r&#233;gimes et leur accorder la l&#233;gitimit&#233; tant recherch&#233;e. Discuter, c'est aussi une autre fa&#231;on de participer &#224; l'&#233;radication de l'amazighit&#233; de l'Afrique du Nord. Mais parfois, ceux qui discutent ne sont que les acteurs d'une mise en sc&#232;ne o&#249; chacun doit jouer son r&#244;le : eux, leur r&#244;le est de faire croire &#224; la &#034;bonne volont&#233;&#034; des r&#233;gimes et de donner ainsi de faux espoirs, et surtout que cela permet de neutraliser les initiatives ind&#233;pendantes de celles et ceux qui ont compris que seule une rupture avec ces r&#233;gimes pourra assurer le salut de Tamazgha.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
Un peu d'histoire : une supercherie qui a presque bien r&#233;ussi&#8230;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'on regarde un peu en arri&#232;re, on ne peut &#234;tre &#233;tonn&#233;s de ce &#224; quoi nous assistons aujourd'hui. Le &lt;i&gt;Congr&#232;s mondial amazigh &lt;/i&gt;a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; en 1995. Au del&#224; des passerelles n&#233;cessaires &#224; mettre entre les diff&#233;rentes composantes de Tamazgha, ses fondateurs l'avaient voulu une organisation qui puisse accompagner le peuple amazigh dans la reconqu&#234;te de sa souverainet&#233;. Mais tr&#232;s vite, les services des r&#233;gimes en place en Afrique du Nord, notamment les alg&#233;riens et marocains et dans une moindre mesure les libyens, ont r&#233;ussi &#224; d&#233;stabiliser l'organisation. Et faute de l'&#233;touffer, ils ont fini par la r&#233;cup&#233;rer. Un premier conflit a vu le jour au sein de l'organisation d&#233;j&#224; en 1999 &#8211; si nous faisons abstraction de l'&#233;pisode de Tafira o&#249; les services avaient tout fait pour faire &#233;chouer le premier congr&#232;s. Quelques membres du Conseil f&#233;d&#233;ral, dont la plupart n'avaient aucune l&#233;gitimit&#233; du fait qu'ils n'avaient pas &#233;t&#233; &#233;lus, avaient refus&#233; de se soumettre &#224; une d&#233;cision de la majorit&#233; du Conseil et ont cr&#233;&#233; la scission au sein de l'organisation. &lt;br class='autobr' /&gt;
A l'&#233;poque, ceux qui se disputent aujourd'hui la l&#233;gitimit&#233; &#233;taient ensemble et avaient fait front contre des militants fondateurs du CMA. Le Tribunal de grande instance de Cr&#233;teil avait suivi ces usurpateurs et avait rendu une d&#233;cision en leur faveur. N'ayant pas envie de s'engouffrer dans les d&#233;boires des tribunaux, et ne voulant pas contribuer &#224; enliser le mouvement amazigh dans des luttes st&#233;riles et nuisibles &#224; la cause, les tenants de la l&#233;gitimit&#233;, par ailleurs majoritaires, avaient d&#233;cid&#233; d'abandonner l'organisation qui est devenu, selon eux, une v&#233;ritable supercherie. L'Association Tamazgha qui fait partie des organisations qui avaient d&#233;fendu la l&#233;gitimit&#233; au sein du CMA, a d&#233;nonc&#233;, dans une &lt;a href='http://www.tamazgha.fr/Declaration-de-l-AG-de-decembre-2002,1512.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;d&#233;claration dat&#233;e du 28 d&#233;cembre 2002&lt;/a&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D&#233;claration de l'Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale de l'association TAMAZGHA : 28 d&#233;cembre 2002&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &#034;la confiscation du &lt;i&gt;Congr&#232;s mondial amazigh&lt;/i&gt; (CMA) pour des int&#233;r&#234;ts occultes&#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis, la supercherie a fait du chemin. &lt;br /&gt;
Ceux qui parlent aujourd'hui du CMA connaissent-ils vraiment l'histoire de cette organisation ? Connaissent-ils vraiment ceux qui la dirigent aujourd'hui ? J'en doute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut se rendre &#224; l'&#233;vidence. Le peuple amazigh doit cesser de cautionner les r&#233;gimes arabo-musulmans en place en Afrique du Nord, car il accompagnerait sa propre disparition. Pour survivre, il s'agit de repenser nos m&#233;thodes de lutte face &#224; ces r&#233;gimes et ne pas laisser des pseudos militants, qui prennent des dictateurs pour &#034;exemples&#034;, repr&#233;senter Imazighen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Lhoussain Azergui&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;center&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Appr&#233;ciez les louanges au dictateur de Tripoli !&lt;/h2&gt;&lt;/center&gt;&lt;center&gt;
&lt;div style=&#034;position:relative;padding-bottom:56.25%;height:0;overflow:hidden;&#034;&gt; &lt;iframe src=&#034;https://geo.dailymotion.com/player.html?video=xb0st4&#034; style=&#034;width:100%; height:100%; position:absolute; left:0px; top:0px; overflow:hidden; border:none;&#034; allowfullscreen title=&#034;Dailymotion Video Player&#034; allow=&#034;web-share&#034;&gt; &lt;/iframe&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/center&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href='http://www.tamazgha.fr/Declaration-de-l-AG-de-decembre-2002,1512.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;D&#233;claration de l'Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale de l'association TAMAZGHA : 28 d&#233;cembre 2002&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les minarets : peut-on tout dire ?</title>
		<link>http://www.tamazgha.fr/Les-minarets-peut-on-tout-dire.html</link>
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		<dc:date>2009-12-10T22:23:31Z</dc:date>
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		<dc:creator>Masin</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Suite &#224; la votation suisse contre les minarets, nous avons assist&#233; &#224; une lev&#233;e de bouclier des intellectuels et de la classe politique &#224; travers l'Europe. Ils ont cri&#233; au scandale et montr&#233; du doigt l'extr&#234;me droite. Racisme, x&#233;nophobie... tout est bon pour jeter l'anath&#232;me sur le r&#233;sultat de la votation. Mais une telle position n'est-elle pas l'expression d'une sorte de m&#233;pris pour les 57 % de citoyens suisses, qui sont ainsi qualifi&#233;s de racistes ? Lorsqu'on sait qu'un large d&#233;bat a eu (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.tamazgha.fr/-Tribune-libre-.html" rel="directory"&gt;Tribune libre&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.tamazgha.fr/local/cache-vignettes/L150xH149/arton2527-51332.jpg?1777933124' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='149' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Suite &#224; la votation suisse contre les minarets, nous avons assist&#233; &#224; une lev&#233;e de bouclier des intellectuels et de la classe politique &#224; travers l'Europe. Ils ont cri&#233; au scandale et montr&#233; du doigt l'extr&#234;me droite. Racisme, x&#233;nophobie... tout est bon pour jeter l'anath&#232;me sur le r&#233;sultat de la votation. Mais une telle position n'est-elle pas l'expression d'une sorte de m&#233;pris pour les 57 % de citoyens suisses, qui sont ainsi qualifi&#233;s de racistes ? Lorsqu'on sait qu'un large d&#233;bat a eu lieu avant la votation o&#249; les &#034;partisans des minarets&#034; ont domin&#233; les d&#233;bats (d'ailleurs aucun sondage n'avait vu arriver un tel r&#233;sultat), comment peut-on remettre en cause la l&#233;gitimit&#233; et la repr&#233;sentativit&#233; de cette position exprim&#233;e par la votation ?&lt;br class='autobr' /&gt;
N'allons-nous pas vers une protection de l'Islam qui deviendrait de plus en plus intouchable ? Toute critique de cette religion ou m&#233;fiance exprim&#233;e envers elle est tout de suite condamn&#233;e et assimil&#233;e &#224; du racisme, sous pr&#233;texte d'atteinte &#224; la libert&#233; d'expression et de culte. Que deviendra alors la libert&#233; d'expression des ath&#233;es et des agnostiques ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est tout de m&#234;me int&#233;ressant de noter le silence et l'indiff&#233;rence de tous ces esprits bien-pensants, scandalis&#233;s entre autres par la votation suisse sur les minarets, face aux atteintes aux libert&#233;s dont sont responsables certains musulmans. A titre d'exemple, pourquoi les rues barr&#233;es au sein m&#234;me de la capitale fran&#231;aise pendant quelques heures les vendredis &#224; l'heure de la pri&#232;re des musulmans n'ont-elles jamais suscit&#233; la r&#233;action de nos intellectuels et politiques ? Pourquoi ce que font subir les musulmans aux non-musulmans au sein de certains Etats comme l'Egypte et l'Alg&#233;rie, pour ne citer que ces deux l&#224;, n'a-t-il jamais fait r&#233;agir ces d&#233;fenseurs des libert&#233;s ? Ces &#233;tats qui ont institutionnalis&#233; l'h&#233;g&#233;monie de l'Islam et l'exclusion de toute autre religion sont parfois des partenaires privil&#233;gi&#233;s des d&#233;mocraties dites occidentales sans que cela puisse choquer. A moins que les musulmans puissent se permettre tout sur les territoires sur lesquels ils exercent leur pouvoir et qu'il soit tout &#224; fait normal qu'on ne leur demande pas des comptes ? Pourquoi seraient-ils oblig&#233;s de tol&#233;rer la construction d'&#233;glises par exemple ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Me concernant, je me passerai bien et des minarets et des mosqu&#233;es qui vont avec&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Masin Ferkal.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2159 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tamazgha.fr/local/cache-vignettes/L314xH448/Votation_minarets-a7c3f.jpg?1777933124' width='314' height='448' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le Nif kabyle&#8230;</title>
		<link>http://www.tamazgha.fr/Le-Nif-kabyle,2406.html</link>
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		<dc:date>2009-03-09T01:00:30Z</dc:date>
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		<dc:creator>Masin</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;On dit que les Kabyles ont le Nif. Encore faudrait-il d&#233;finir cette notion de Nif. Tout le monde en parle, mais personne n'explique ce que ce mot signifie exactement. &lt;br class='autobr' /&gt;
Passons sur le Nif que l'on pratique au village. Ce Nif qui signifie &#234;tre plus fort que son voisin, plus riche que son cousin, plus &#034;nifi&#034; que son fr&#232;re, plus fier que son ami, plus rancunier que son ennemi, etc. Parlons plut&#244;t du Nif que l'on oppose &#224; la politique du pouvoir alg&#233;rien, &#224; nos &#034;compatriotes&#034; arabophones, aux (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.tamazgha.fr/-Tribune-libre-.html" rel="directory"&gt;Tribune libre&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.tamazgha.fr/local/cache-vignettes/L150xH150/arton2406-76073.jpg?1777933124' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On dit que les Kabyles ont le &lt;i&gt;Nif&lt;/i&gt;. Encore faudrait-il d&#233;finir cette notion de Nif. Tout le monde en parle, mais personne n'explique ce que ce mot signifie exactement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Passons sur le &lt;i&gt;Nif&lt;/i&gt; que l'on pratique au village. Ce &lt;i&gt;Nif&lt;/i&gt; qui signifie &#234;tre plus fort que son voisin, plus riche que son cousin, plus &#034;nifi&#034; que son fr&#232;re, plus fier que son ami, plus rancunier que son ennemi, etc. Parlons plut&#244;t du Nif que l'on oppose &#224; la politique du pouvoir alg&#233;rien, &#224; nos &#034;compatriotes&#034; arabophones, aux islamistes et aux autres &#233;trangers. Un &lt;i&gt;Nif&lt;/i&gt; qui se limite &#224; parler en kabyle &#224; Alger, &#224; supporter la JSK, &#224; &#233;couter de la chanson kabyle, &#224; appeler sa fille Kahina et son fils Massinissa, &#224; voter pour le FFS ou le RCD, &#224; vanter l'huile d'olive de Kabylie, &#224; faire des clips avec des burnous et les robes traditionnelles kabyles, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; le &lt;i&gt;Nif&lt;/i&gt; que l'on brandisse en attendant notre disparition pure et simple. Ils jurent par tous les saints de Kabylie que personne ne pourra les emp&#234;cher de parler leur langue &#224; la maison, de chanter le kabyle &#224; la cha&#238;ne 2, d'&#233;crire des po&#232;mes en tifinagh et chaque ann&#233;e rendre hommage aux militants de la cause berb&#232;re morts pour l'Alg&#233;rie libre et d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le drame est que ces Kabyles sont sinc&#232;res et d&#233;termin&#233;s &#224; crever Kabyles pour une Alg&#233;rie qu'ils ne savent pas arabe et musulmane !.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Inzer Azeggwagh&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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