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	<title>TAMAZGHA </title>
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		<title>TAMAZGHA </title>
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		<title>Pour que nul n'oublie !</title>
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		<dc:date>2019-10-08T16:51:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Masin</dc:creator>



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&lt;p&gt;Cet article est publi&#233; le 8 octobre 2018 sur notre site. Il reprend, notamment, un t&#233;moignage sur l'attentat ayant vis&#233; Loun&#232;s Matoub le 9 octobre 1988 pr&#232;s de Michelet en Kabylie. L'attentat a &#233;t&#233; organis&#233; par la gendarmerie alg&#233;rienne. &lt;br class='autobr' /&gt;
Si nous publions de nouveau ce t&#233;moignage, c'est parce que nous ne voulons pas oublier. Nous ne voulons pas oublier que l'Etat alg&#233;rien tent&#233; d'assassiner Loun&#232;s Matoub en octobre 1988 avant de le tuer en 1998. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il n'est pas question aussi de laisser les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.tamazgha.fr/-Lounes-Matoub-.html" rel="directory"&gt;Loun&#232;s Matoub&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.tamazgha.fr/local/cache-vignettes/L150xH77/arton4614-bc2db.jpg?1774402270' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='77' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cet article est publi&#233; le 8 octobre 2018 sur notre site. Il reprend, notamment, un t&#233;moignage sur l'attentat ayant vis&#233; Loun&#232;s Matoub le 9 octobre 1988 pr&#232;s de Michelet en Kabylie. L'attentat a &#233;t&#233; organis&#233; par la gendarmerie alg&#233;rienne.&lt;br&gt;
Si nous publions de nouveau ce t&#233;moignage, c'est parce que nous ne voulons pas oublier. Nous ne voulons pas oublier que l'Etat alg&#233;rien tent&#233; d'assassiner Loun&#232;s Matoub en octobre 1988 avant de le tuer en 1998. &lt;br&gt;
Il n'est pas question aussi de laisser les relais de l'Etat alg&#233;rien, et autres prostitu&#233;s, faire oublier la v&#233;rit&#233; en organisant des actions par lesquelles l'Etat alg&#233;rien rendrait hommage &#224; celui qu'il a assassin&#233;.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;i&gt;La R&#233;daction.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;br&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;br&gt;
&lt;i&gt;L'article publi&#233; le 8 octobre 2018 :&lt;/i&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il y a trente ans, un certain dimanche 9 octobre 1988, un gendarme alg&#233;rien avait tir&#233; &#224; bout portant sur Loun&#232;s Matoub. Une rafale de cinq balles d'une kalachnikov pour faire taire un homme qui avait les mains en l'air. C'est pr&#232;s du village Lqern, pas loin d'Azrou Qellal, sur la route menant de Larb&#226;a n At Iraten (Fort National) &#224; Michelet, que le salaud de gendarme a commis le crime. Un tel acte, usant d'une arme de guerre, avait, sans doute aucun, comme intention de tuer.&lt;/strong&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5469 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tamazgha.fr/local/cache-vignettes/L500xH310/matoub-1988-98f7e.jpg?1774402270' width='500' height='310' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt;
Peut-on imaginer que le gendarme avait agi de son propre chef ? Difficile de le croire. Et rien ne pouvait justifier une initiative individuelle d'autant plus que le gendarme qui avait tir&#233; n'&#233;tait pas seul : ils &#233;taient trois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les autorit&#233;s de l'Etat alg&#233;rien sont ind&#233;niablement les responsables de cet acte. On peut ais&#233;ment dire que l'Etat alg&#233;rien voulait, ce dimanche 9 octobre 1988, tuer Loun&#232;s Matoub. Et d'ailleurs, le gendarme auteur de la rafale n'a jamais &#233;t&#233; inqui&#233;t&#233;. Le commandement de gendarmerie avait m&#234;me rendu public un communiqu&#233;, par voie de presse, par lequel il donnait sa version des faits ; une version truff&#233;e de mensonges.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce m&#234;me Etat, qui a depuis son existence cultiv&#233; la haine de l'Amazigh et du kabyle en particulier, n'a jamais h&#233;sit&#233; &#224; faire appel &#224; l'assassinat et &#224; la liquidation physique pour faire taire les voix qui se mettent sur son chemin et qui s'opposent &#224; son id&#233;ologie arabo-islamique ayant pour principal objectif l'&#233;radication de l'Amazighit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si Loun&#232;s Matoub a, cette fois-ci, &#233;chapp&#233; miraculeusement &#224; la mort, le 25 juin 1998 aucune chance ne lui a &#233;t&#233; laiss&#233;e. C'&#233;tait une pluie de rafales qui s'est abattue sur lui sur cette route de Tala Bounane, pas loin de son village natal. L'Etat alg&#233;rien venait de se d&#233;barrasser d'une voix d&#233;rangeante, d'une voix adul&#233;e par la jeunesse kabyle et amazighe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les suppl&#233;tifs de cet Etat criminel se sont pr&#233;cipit&#233;s &#224; pour d&#233;signer des responsables de cet assassinat barbare alors que l'Etat lui-m&#234;me n'a rien dit : il avait royalement ignor&#233; cet &#233;v&#232;nement, alors que le monde entier avait condamn&#233; l'assassinat et pr&#233;sent&#233; ses condol&#233;ances. Autant dire que l'Etat alg&#233;rien n'avait pas cach&#233; sa haine. Lors des manifestations des jeunes kabyles qui ont suivi cet assassinat, trois jeunes ont &#233;t&#233; tu&#233;s par les forces de r&#233;pression alg&#233;riennes et leurs suppl&#233;tifs. Nous avons tendance &#224; l'oublier, c'est pourquoi il est n&#233;cessaire de le rappeler. Redouane Salhi, 22 ans, tu&#233; par les gendarmes samedi 27 juin 1998 &#224; Sidi A&#239;ch ; Rachid A&#239;t Idir, 18 ans, tu&#233; par balle le 27 juin 1998 &#224; Tizi-Ouzou et Hamza Ouali, 17 ans, tu&#233; &#224; Tazmalt le 28 juin 1998. Et l&#224;, c'&#233;tait l'Etat alg&#233;rien qui avait assassin&#233; ces trois jeunes au vu et au su de tous. L'Etat alg&#233;rien est bien un Etat qui assassine en toute impunit&#233;. Et en 2001, qui a tu&#233; quelques 130 Kabyles ? C'&#233;taient bien les gendarmes et militaires alg&#233;riens. Dire aujourd'hui que cet Etat a assassin&#233; Loun&#232;s Matoub est l'hypoth&#232;se la plus plausible difficile &#224; remettre en cause.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5292 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tamazgha.fr/local/cache-vignettes/L500xH296/matoub_beaugeon1-7d4e2.jpg?1774402270' width='500' height='296' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;center&gt;&lt;i&gt;Loun&#232;s Matoub &#224; l'H&#244;pital Beaujon (R&#233;gion parisienne)&lt;/i&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et comment, alors, peut-on accepter aujourd'hui que cet Etat vienne s'occuper de la m&#233;moire de Loun&#232;s Matoub ? Comment peut-on accepter que cet Etat pr&#233;tende honorer sa m&#233;moire et consacrer &#224; celui qu'il aurait assassin&#233; un mus&#233;e ?&lt;br class='autobr' /&gt;
On ne peut imaginer que la m&#233;moire kabyle et amazighe soit si courte pour oublier la responsabilit&#233; criminelle d'un Etat anti-amazigh qui n'a aucune l&#233;gitimit&#233; si ce n'est celle de la force qui lui a &#233;t&#233; conc&#233;d&#233;e par la France coloniale. L'id&#233;ologie meurtri&#232;re et obscurantiste de cet Etat doit &#234;tre combattue. De sa disparition d&#233;pendent notre libert&#233; et notre dignit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui me concerne, aujourd'hui j'ai envie de m'adresser &#224; Lwennas et lui dire ceci : &#171; &lt;i&gt;jamais je n'oublierai qu'il y a de cela trente ans un gendarme t'avait arros&#233; avec une rafale de kalachnikov pr&#232;s de Michelet, en Kabylie. Je ne saurai oublier ton sang que j'avais port&#233; sur mes v&#234;tements une semaine durant. Je n'oublierai pas toutes les souffrances &#8211; aussi bien physiques que psychologiques &#8211; que tu as endur&#233;es pour que tu puisses t'en sortir et gu&#233;rir. Je n'oublierai pas qu'il y a vingt ans ils ont mis un terme &#224; ta vie. Et je ne pourrais me taire devant toutes ces tentatives des ennemis que tu as combattus qui visent &#224; souiller ta m&#233;moire : j'agirai de toutes mes forces pour que ton combat ne soit perverti par ceux-l&#224; qui ont programm&#233; notre disparition. Et je reste convaincu que nous sommes nombreuses et nombreux &#224; le faire&#8230; et nous allons le faire. Nous saurons &#234;tre dignes de ton combat et de celui de toutes celles et de tous ceux qui se sont battus pour la Libert&#233;, la dignit&#233; et l'Amazighit&#233;&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai toujours apport&#233; mon t&#233;moignage sur cet &#233;pisode d'octobre 1988 afin que la v&#233;rit&#233; se sache, afin que le mensonge de l'Etat alg&#233;rien soit d&#233;voil&#233; et afin que le crime ne passe pas sous silence. Je l'ai fait quelques jours apr&#232;s les faits, lorsque le commandement de gendarmerie avait publi&#233; dans la presse un communiqu&#233; mensonger, m&#234;me si la presse n'avait pas publi&#233; ma mise au point. Je l'ai fait le 20 avril 1989 devant des milliers de personnes venues assister au gala traditionnel organis&#233; par l'Universit&#233; de Tizi-Ouzou pour la c&#233;l&#233;bration de &lt;i&gt;Tafsut n Imazighen&lt;/i&gt;. Je l'ai fait sur les ondes d'une radio parisienne en 1994, accompagn&#233; de Loun&#232;s Matoub lui-m&#234;me. Je l'ai fait toutes les fois que j'&#233;tais sollicit&#233; notamment par des associations. Mais si je reviens aujourd'hui, trente apr&#232;s, avec ce t&#233;moignage sur cet &#233;pisode de la vie de Loun&#232;s, c'est pour que tout le monde le sache et pour ne pas laisser de place &#224; l'amn&#233;sie. Alors que nous sommes dans une p&#233;riode marqu&#233;e par une offensive sans pr&#233;c&#233;dent de l'Etat alg&#233;rien qui vise &#224; souiller la m&#233;moire de Loun&#232;s et pervertir son combat, j'estime qu'il est de mon devoir de rappeler &#224; l'opinion ce que Loun&#232;s Matoub avait subi ce dimanche 9 octobre 1988, ce que l'Etat alg&#233;rien lui a fait subir. Et l'opinion doit comprendre l'offense &#224; laquelle se livre cet Etat qui se croit tout permis maintenant qu'il pense que la Kabylie a baiss&#233; les bras&#8230; Mais il se trompe, car la Kabylie n'a jamais baiss&#233; les bras : nombreuses celles et nombreux ceux qui sont d&#233;termin&#233;s &#224; se battre pour leur dignit&#233; et pour que le combat des symboles comme Loun&#232;s Matoub aboutisse et que Timmuzgha triomphera un jour ou l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Masin Ferkal,&lt;/strong&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Paris, le 8 octobre 2018.&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;center&gt;
&lt;iframe width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/-V9wtsxSiCQ&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;autoplay; encrypted-media&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;/center&gt;&lt;center&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La gendarmerie alg&#233;rienne avait d&#233;j&#224; bien entam&#233; le corps de Loun&#232;s en 1988&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;TEMOIGNAGE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt; Comme pour tous les jeunes de Kabylie, pour moi Loun&#232;s &#233;tait celui qui exprimait, simplement, ce que j'ai toujours ressenti profond&#233;ment. Il &#233;tait v&#233;ritablement celui qui portait la voix de la Kabylie profonde plus haut et plus loin. Le rejet et la d&#233;nonciation de l'id&#233;ologie arabo-musulmane, le rejet du pouvoir central d'Alger qu'exprime Loun&#232;s dans ses chansons &#233;tait ce que la jeunesse kabyle &#8212; dans sa quasi-totalit&#233; &#8212; ressentait. C'est cela que Loun&#232;s a toujours chant&#233;. Sa voix et ses belles m&#233;lodies qui expriment ces sentiments profonds avaient conquis toute une jeunesse, tout un peuple. Les diverses manipulations visant &#224; discr&#233;diter l'artiste n'ont pas r&#233;ussi &#224; le couper de la population : sa sinc&#233;rit&#233; et la force de ce qu'il exprimait ont r&#233;sist&#233; &#224; toutes ces tentatives. Autant dire que Loun&#232;s d&#233;rangeait s&#233;rieusement et il a toujours &#233;t&#233; pour le r&#233;gime alg&#233;rien comme une &#233;pine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Me concernant, cette apr&#232;s-midi du 9 octobre 1988 m'avait permis de d&#233;couvrir un autre aspect de Loun&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	D&#233;but du mois d'octobre 1988, des &#233;v&#233;nements graves avaient secou&#233; Alger : des manifestations furent r&#233;prim&#233;es dans le sang. L'arm&#233;e alg&#233;rienne n'avait pas h&#233;sit&#233; &#224; tirer sur les foules. Tout ce qu'une arm&#233;e d'occupation ferait !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fid&#232;le &#224; ses traditions, la communaut&#233; universitaire de Tizi-Ouzou ne pouvait rester indiff&#233;rente. Elle tient une assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale le dimanche 9 octobre 1988 pour &#233;tudier la situation et prendre position. C'est ainsi qu'une d&#233;claration-appel a &#233;t&#233; adopt&#233;e. Par cette d&#233;claration l'Universit&#233; de Tizi-Ouzou tenait &#224; condamner la r&#233;pression exerc&#233;e par le pouvoir alg&#233;rien et avait exprim&#233; son soutien aux manifestants tout en appelant la population kabyle &#224; r&#233;agir et exprimer sa solidarit&#233; dans le calme tout en appelant &#224; la vigilance et ne pas r&#233;pondre aux &#233;ventuelles provocations du pouvoir. Nous avions &#233;galement appel&#233; la population &#224; observer une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale &#224; travers la Kabylie en guise de soutien aux manifestants d'Alger et comme signe de protestation aux agissements sauvages et criminels du pouvoir alg&#233;rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	L'appel, tir&#233; &#224; des milliers d'exemplaires, devait &#234;tre diffus&#233; &#224; travers la Kabylie et le plus rapidement possible vu la gravit&#233; de la situation. Des &#233;tudiants et des membres de la communaut&#233; universitaire devaient, bien entendu, se d&#233;vouer pour aller diffuser l'appel dans les villages et villes de Kabylie. Il est de tradition qu'en Kabylie la population, lors de moments graves, attend les directives qui viennent de l'Universit&#233; qui a toujours &#233;t&#233;, depuis 1980, l'avant-garde du &lt;i&gt;Mouvement culturel berb&#232;re&lt;/i&gt; qui prend toutes les d&#233;cisions concernant les appels &#224; mobilisation et actions &#224; mener &#224; travers la Kabylie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	C'est alors que moi et mon ami Mehdi Siam, d&#233;c&#233;d&#233; en octobre 1998 des suites d'une longue maladie, nous nous &#233;tions propos&#233;s pour participer &#224; cette op&#233;ration. Mehdi Siam devait faire parvenir des tracts &#224; Larbaa n'at Iraten (Fort National), moi &#224; Michelet et Iferhoun&#232;ne. Nous connaissions bien ces r&#233;gions car nous y habitions. Pour aller dans les villages et villes de Kabylie avec des paquets de tracts, il fallait quitter la ville de Tizi-Ouzou sans &#234;tre rep&#233;r&#233; par les regards vigilants des services de renseignement (S.M.) : en ces temps de clandestinit&#233;, sous la dictature du F.L.N., &#234;tre surpris en possession de tracts &#233;tait r&#233;prim&#233; s&#233;v&#232;rement notamment quand ces derniers sont hostiles au syst&#232;me. Nous &#233;tions donc sortis de l'enceinte universitaire en compagnie de trois &#233;tudiants en v&#233;hicule dans le but de quitter la ville ce qui nous aurait permis de faire du stop loin de la ville.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La rencontre&lt;/h2&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt; A peine avions d&#233;pass&#233; le portail de l'entr&#233;e principale de l'Universit&#233; que nous avions aper&#231;u la voiture de Loun&#232;s &#8212; elle &#233;tait connue de tous. Un peu plus loin, Loun&#232;s discutait avec une autre personne qui &#233;tait dans sa voiture. C'est alors que Karim Yefsah, un ami qui nous accompagnait, a eu l'id&#233;e d'aller demander &#224; Loun&#232;s s'il voulait bien nous conduire dans son v&#233;hicule pour nous d&#233;poser en dehors de la ville de Tizi-Ouzou en lui expliquant, bien entendu, les raisons. Sans aucune surprise, Loun&#232;s qui est connu pour son soutien &#224; l'Universit&#233; et &#224; l'action estudiantine au sein du Mouvement amazigh, avait bien accept&#233; la demande de Karim Yefsah qui le connaissait bien par ailleurs. Nous descendons alors de la voiture de l'&#233;tudiant pour monter dans celle de Loun&#232;s qui nous salue et qui fait tout de suite demi-tour pour se diriger vers la sortie de la ville par le chemin le plus court. Il nous demande alors o&#249; nous comptions nous y rendre. Nous lui pr&#233;cisions que l'essentiel &#233;tait de sortir de la ville pour &#233;chapper &#224; d'&#233;ventuels contr&#244;les de police. Il insiste pour savoir notre v&#233;ritable destination : c'&#233;tait pour nous y conduire. Pour la cause Loun&#232;s ne calcule rien. Pour moi et mon ami Mehdi, nous n'imaginions pas que Loun&#232;s allait se d&#233;ranger juste pour nous &#224; quelques 50 kilom&#232;tres ! Non, pour lui c'&#233;tait un devoir. Et il ne le faisait pas pour nous mais pour Tamazight, pour la cause.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Il nous demande de lui lire le tract en question. Il fallait au moins &#234;tre au courant du contenu du tract ! Chose que nous avions fait, bien entendu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&#8220;Bon ! Donnez-moi tous les tracts en votre possession. Ne laissez rien sur vous !&#8221;, disait Loun&#232;s. &#8220;Oui, parce si on m'arr&#234;te, moi je pourrais m'en sortir, mais pour vous &#231;a sera plus difficile ! Il vaut mieux que les risques soient pris par moi ! En plus, si jamais nous sommes arr&#234;t&#233;s, dites que je vous ai seulement pris en stop !&#8221; Il fallait s'attendre &#224; tout dans ce pays-l&#224;. Cela faisait partie du quotidien de tout militant : il fallait s'attendre en permanence &#224; &#234;tre arr&#234;t&#233; car l'on est en possession d'un tract, de l'alphabet amazigh, d'une photo d'un tel opposant, d'un livre interdit, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Ainsi, Loun&#232;s avait tenu &#224; nous d&#233;gager de tous les risques qu'il pr&#233;f&#233;rait prendre tout seul. Ce geste de sa part m'avait marqu&#233; et il s'est grav&#233; dans ma m&#233;moire ; c'est quelque chose que je ne puisse oublier. C'&#233;tait r&#233;ellement l'homme qui joignait le geste &#224; la parole. C'est vrai, Loun&#232;s ce n'&#233;tait pas seulement un po&#232;te, un chanteur. Non, Loun&#232;s &#233;tait vraiment engag&#233; et que pour tamazight il &#233;tait pr&#234;t &#224; tout. Sinon comment expliquer cette attitude qu'il a eu avec deux &#233;tudiants qu'il avait rencontr&#233;s pour la premi&#232;re fois ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Nous quittons alors la ville de Tizi-Ouzou en direction de Larb&#226;a n-At Iraten, premi&#232;re destination avant de se diriger vers Michelet puis Iferhoun&#232;ne. La voiture de Loun&#232;s &#233;tait un 4x4, donc bien adapt&#233;e aux difficiles routes de Kabylie. &lt;br class='autobr' /&gt;
Sur la route d&#233;j&#224;, Loun&#232;s faisait signe pour les chauffeurs d'autocars pour s'arr&#234;ter. Ces autocars transportaient les voyageurs et les travailleurs sortant des usines et qui se dirigeaient vers les villages de Kabylie. Loun&#232;s remettait des tracts aux passagers. C'&#233;tait un moyen tr&#232;s efficace pour toucher un nombre important de villages de Kabylie. En plus, l'image de Loun&#232;s, sa position de chanteur populaire tr&#232;s connu ne posait aucun probl&#232;me pour que les chauffeurs d'autocars s'arr&#234;tent et pour que les passagers prennent le tract.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Arriv&#233;s &#224; Larbaa n-at-Iraten, nous avions distribu&#233; des tracts sur la rue principale de la ville. Loun&#232;s avait m&#234;me remis des tracts &#224; des policiers que nous avions trouv&#233;s sur notre route &#224; Larbaa n-at-Iraten. Tout au long de notre route, nous nous arr&#234;tions ou ralentissions &#224; chaque fois que nous rencontrions des gens sur la route pour leur remettre des tracts. Cela permet de multiplier le nombre de villages &#224; toucher par l'information.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1945 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tamazgha.fr/local/cache-vignettes/L450xH309/Matoub_peinture-af5de.jpg?1774402270' width='450' height='309' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le salaud avait os&#233; tirer...&lt;/h2&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt; A deux ou trois kilom&#232;tres de Michelet, nous avions aper&#231;u, de loin, une voiture de la gendarmerie. Nous &#233;tions s&#251;rs qu'elle venait pour nous. Les gendarmes devaient avoir pour mission de nous arr&#234;ter avant d'atteindre la ville. Ils projetaient, vraisemblablement, nous couper la route avec leur voiture. Une R4 qui &#233;tait devant nous nous a permis d'&#233;chapper &#224; la &lt;i&gt;Land-Rover&lt;/i&gt; de la gendarmerie. En effet, Loun&#232;s avait bien serr&#233; la R4 ce qui n'avait laiss&#233; aucune chance aux gendarmes pour nous couper la route &#224; moins de provoquer un accident. Nous voulions alors faire tout pour atteindre la ville (Michelet) et ne pas se laisser rattraper par la gendarmerie. Les gendarmes avaient fait demi-tour et nous ont poursuivis. Malgr&#233; la vitesse &#224; laquelle Loun&#232;s conduisait, la voiture de la gendarmerie nous a rattrap&#233;s et nous avions compris, &#224; un certain moment, qu'il fallait absolument s'arr&#234;ter car les gendarmes &#233;taient pr&#234;ts &#224; tirer sur nous : &#233;tant assis &#224; l'arri&#232;re, je me retournais r&#233;guli&#232;rement pour voir o&#249; &#233;tait la voiture des gendarmes, et &#224; ce moment justement je la voyais derri&#232;re nous et le gendarme assis devant du c&#244;t&#233; droit avait entrouvert la porti&#232;re de la voiture et avait sorti son arme que j'ai vue point&#233;e sur nous, et c'est alors que j'avais demand&#233; &#224; Loun&#232;s de s'arr&#234;ter imm&#233;diatement. Loun&#232;s s'arr&#234;te et &#224; peine on s'est arr&#234;t&#233;, la &lt;i&gt;Land-Rover&lt;/i&gt; avait percut&#233; la voiture de Loun&#232;s et dans le m&#234;me temps des balles avaient aussi percut&#233; la carrosserie. Nous nous sommes pr&#233;cipit&#233; pour descendre de la voiture, les mains en l'air, comme l'avaient bien demand&#233; les gendarmes. Ils nous avaient ordonn&#233; de monter dans leur v&#233;hicule les mains en l'air. Moi et Mehdi avions ob&#233;i &#224; l'ordre sans aucun commentaire puisque les canons des &lt;i&gt;kalachnikov&lt;/i&gt; &#233;taient point&#233;s sur nous. Loun&#232;s, lui, les mains en l'air, s'&#233;tait adress&#233; aux gendarmes pour leur demander les raisons de cette arrestation. Les gendarmes ne voulaient rien entendre et l'un parmi eux l'avait alors pouss&#233; avec la crosse de son arme l'invitant &#224; monter dans le v&#233;hicule. Loun&#232;s se dirigeait, toujours les mains en l'air, vers le v&#233;hicule des gendarmes pour nous rejoindre tout en protestant contre cette arrestation arbitraire. Il allait mettre un pied dans la &lt;i&gt;Land-Rover&lt;/i&gt; pour nous rejoindre lorsqu'il avait re&#231;u une rafale de balles dans son corps. Oui, c'&#233;tait &#224; bout portant que le gendarme lui a tir&#233; dessus. Oui, je l'avais vu de mes propres yeux, j'avais entendu la rafale, j'avais vu le gendarme appuyer sur la g&#226;chette, sans piti&#233;. Il avait tir&#233; sur un homme sans d&#233;fense et ayant les mains en l'air.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Les gendarmes avaient pouss&#233; violemment Loun&#232;s et son corps s'est &#233;tal&#233; dans l'arri&#232;re du v&#233;hicule. Une partie de son corps s'&#233;tait retrouv&#233; sur mes pieds. Les gendarmes avaient pris le temps de nous attacher avec des menottes tout en laissant le sang de Loun&#232;s couler avant de d&#233;marrer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Ils se sont dirig&#233;s &#224; l'h&#244;pital de Michelet qui n'&#233;tait pas loin du lieu o&#249; nous f&#251;mes arr&#234;t&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Apr&#232;s nous avoir attach&#233;s, moi et Mehdi, avec des menottes, ils nous avaient laiss&#233;s avec le corps de Loun&#232;s. Nous &#233;tions pris de panique et nous ne savions pas quoi faire : nous avions devant nous un corps qui souffrait. Loun&#232;s avait perdu conscience. Il commen&#231;ait &#224; pousser des petits cris de douleur ; je tenais ses joues avec ma main libre et j'essayais de lui donner du courage. Au d&#233;but, je n'avais pas pris la mesure de la gravit&#233; de sa blessure. Je pensais que c'&#233;tait sa main qui &#233;tait atteinte par les balles du gendarme. Mais Loun&#232;s essayait de d&#233;boutonner son pantalon. Au d&#233;but je n'avais pas compris pourquoi, mais le voyant insister j'avais compris que la v&#233;ritable douleur il la sentait au niveau de sa cuisse droite. L'ayant aid&#233; &#224; baisser son pantalon, je m'aper&#231;ois d'une mare de sang ; et c'est l&#224; que je me rends compte de la gravit&#233; des choses. Je n'ai pas os&#233; regarder davantage ; c'&#233;tait horrible. J'avais vraiment peur et &#233;tais d&#233;sesp&#233;r&#233; et j'avais compris la raison de la perte de conscience de Loun&#232;s. Tant&#244;t je lui prends la main, tant&#244;t je lui tiens le visage (je n'avais qu'une seule main de libre) pour donner du courage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Arriv&#233;s dans la cour de l'h&#244;pital, c'est sans aucun humanisme que les gendarmes avaient tir&#233; le corps de Loun&#232;s de leur v&#233;hicule. A l'agent hospitalier qui voulait prendre soin du corps souffrant de blessures graves en le maniant avec d&#233;licatesse comme son m&#233;tier le lui dictait certainement, un des gendarmes avait dit : &#8220;&lt;i&gt;Tires-le et laisses-le mourir, sale chien !&lt;/i&gt;&#8221; (traduction de l'arabe). Cela donne une image du m&#233;pris qu'a le syst&#232;me envers le peuple et surtout quand il s'agit d'un militant d&#233;fendant sa berb&#233;rit&#233;. Cela trahit &#233;galement le racisme ambiant qui r&#232;gne au sein de l'institution militaire alg&#233;rienne. Ce gendarme est &#233;videmment l'image du syst&#232;me qu'il repr&#233;sente bien par ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Nous venions d'assister &#224; un drame. Nous n'avions jamais imagin&#233; cette issue &#224; notre aventure. Le premier sentiment qui m'est venu &#224; l'esprit c'&#233;tait que je sois responsable de ce qui est arriv&#233; &#224; Loun&#232;s. Je me suis donc senti coupable de ce drame. Oui, coupable, car si je n'avais pas d&#233;cid&#233; de venir diffuser les tracts &#224; Michelet et Iferhoun&#232;ne, il n'y aurait jamais eu cette rencontre avec Loun&#232;s et il n'aurait jamais eu &#224; faire &#224; ce salaud de gendarme, l'assassin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Nous nous sommes donc retrouv&#233;s, mon ami Mehdi et moi, devant une situation que nous n'avions jamais imagin&#233;e. Nous &#233;tions incapables de faire quoi que ce soit. De toute fa&#231;on nous avions les mains li&#233;es avec les menottes des gendarmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&#192; l'h&#244;pital de Michelet, nous avions quitt&#233; le corps de Loun&#232;s sans savoir ce qu'il allait devenir. Moi, j'avais son sang r&#233;pandu sur mon pantalon et mes chaussures et j'ai d&#251; regarder cela une semaine durant. En effet, nous avions eu droit &#224; une semaine de d&#233;tention dans des endroits secrets. Les gendarmes de Michelet nous avaient gard&#233;s &#224; la brigade de Michelet jusqu'&#224; la tomb&#233;e de la nuit o&#249; ils nous ont transf&#233;r&#233; la nuit m&#234;me &#224; Alger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Sans aucune surprise, aucune enqu&#234;te n'a &#233;t&#233; effectu&#233;e par les autorit&#233;s pour d&#233;terminer les conditions du drame et pour juger le gendarme qui avait tir&#233; &#224; bout portant sur Loun&#232;s. Une seule chose a &#233;t&#233; faite ; le gendarme a &#233;t&#233; affect&#233; ailleurs. Les autorit&#233;s s'inqui&#233;taient, certainement, pour sa s&#233;curit&#233;.
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Masin FERKAL.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lire &#233;galement :&lt;br&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='http://www.tamazgha.fr/Non-a-l-instrumentalisation-de-la.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;strong&gt;Non &#224; l'instrumentalisation de la m&#233;moire de Loun&#232;s Matoub.&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;center&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#201;couter un extrait d'une &#233;mission avec Loun&#232;s Matoub &#224; Paris en 1994&lt;/h2&gt;&lt;/center&gt;
&lt;div class=&#034;spip_document_1950 spip_document spip_documents spip_document_audio spip_documents_center spip_document_center&#034;&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;audio-wrapper&#034; style='width:400px;max-width:100%;'&gt; &lt;audio class=&#034;mejs mejs-1950 &#034; data-id=&#034;df1ce2456998c108ef07ff69aff80873&#034; src=&#034;IMG/mp3/Matoub-1994.mp3&#034; type=&#034;audio/mpeg&#034; preload=&#034;none&#034; data-mejsoptions='{&#034;iconSprite&#034;: &#034;plugins-dist/medias/lib/mejs/mejs-controls.svg&#034;,&#034;alwaysShowControls&#034;: true,&#034;loop&#034;:false,&#034;audioWidth&#034;:&#034;100%&#034;}' controls=&#034;controls&#034; &gt;&lt;/audio&gt; &lt;/div&gt;
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&lt;/div&gt;
&lt;br&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;br&gt;
&lt;div class='spip_document_5290 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tamazgha.fr/local/cache-vignettes/L500xH303/matoub_mcb_1991-13cd4.jpg?1774402270' width='500' height='303' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;center&gt;&lt;i&gt;Loun&#232;s Matoub &#224; Alger, le 25 janvier 1990, entour&#233; de militants du MCB&lt;/i&gt;&lt;/center&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Ce t&#233;moignage a &#233;t&#233; publi&#233; la premi&#232;re fois en 2008 sur &lt;i&gt;Tamazgha.fr&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Loun&#232;s Matoub, nous d&#233;fendrons ta m&#233;moire !</title>
		<link>http://www.tamazgha.fr/Lounes-Matoub-nous-defendrons-ta.html</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.tamazgha.fr/Lounes-Matoub-nous-defendrons-ta.html</guid>
		<dc:date>2019-02-26T14:02:05Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Masin</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Le Collectif pour la d&#233;fense de la m&#233;moire de Loun&#232;s Matoub se f&#233;licite de la r&#233;ussite du rassemblement qu'il organis&#233; le dimanche 24 f&#233;vrier 2019 au Trocad&#233;ro &#224; Paris. Un rassemblement qui a r&#233;uni des centaines de personnes venues exprimer leur soutien au Collectif mais surtout pour d&#233;noncer les tentatives de l'Etat alg&#233;rien qui visent l'instrumentalisation de la m&#233;moire de Loun&#232;s Matoub. &lt;br class='autobr' /&gt;
Sur sa page Facebook, le Collectif a tenu &#224; remercier &#034;toutes celles et tous ceux qui ont contribu&#233;, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.tamazgha.fr/-Lounes-Matoub-.html" rel="directory"&gt;Loun&#232;s Matoub&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.tamazgha.fr/local/cache-vignettes/L150xH77/arton4662-2f277.jpg?1774402270' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='77' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le &lt;i&gt;Collectif pour la d&#233;fense de la m&#233;moire de Loun&#232;s Matoub&lt;/i&gt; se f&#233;licite de la r&#233;ussite du rassemblement qu'il organis&#233; le dimanche 24 f&#233;vrier 2019 au Trocad&#233;ro &#224; Paris. Un rassemblement qui a r&#233;uni des centaines de personnes venues exprimer leur soutien au Collectif mais surtout pour d&#233;noncer les tentatives de l'Etat alg&#233;rien qui visent l'instrumentalisation de la m&#233;moire de Loun&#232;s Matoub.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Sur sa page &lt;a href=&#034;https://www.facebook.com/Collectif.Matoub/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Facebook&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, le &lt;i&gt;Collectif&lt;/i&gt; a tenu &#224; remercier &#034;toutes celles et tous ceux qui ont contribu&#233;, de pr&#232;s ou de loin, &#224; la r&#233;ussite de cette action&#034;. Plusieurs intervenants ont pris la parole &#224; la tribune pour exprimer leur soutien et s'exprimer sur les attaques men&#233;es par l'Etat alg&#233;rien sur la m&#233;moire et le combat de Lwennas. Ils ont tous dit l'importance de la mobilisation en vue de faire barrage &#224; ces attaques. Des messages de soutien sont &#233;galement parvenus aux organisateurs du rassemblements ; de Taknara (Iles Canaries), des USA, d'Europe et d'Afrique du nord.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;br&gt;
&lt;div class='spip_document_5369 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tamazgha.fr/local/cache-vignettes/L500xH293/trocadero1-5737e.jpg?1774402270' width='500' height='293' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt;
Dans son message, l'association &lt;i&gt;TIWIZI-USA&lt;/i&gt; des Etats-Unis estime que l'Etat alg&#233;rien ne fait que manigancer pour nous confisquer le symbole qu'est Loun&#232;s Matoub et souiller sa m&#233;moire. Dans leur messages, les membres de &lt;i&gt;Tiwizi-USA&lt;/i&gt; &#233;crivent ceci : &#034;&lt;i&gt;Apr&#232;s l'avoir assassin&#233; physiquement, ils veulent le liquider moralement. Ainsi, leur but est de le soustraire &#224; sa soci&#233;t&#233;, r&#233;&#233;crire l'histoire de Loun&#232;s et nous confisquer ce &#224; jamais ce symbole. En tuant le Loun&#232;s que nous connaissons, ils nous enl&#232;vent ce carburant que consomme tout militant amazigh. En tuant la m&#233;moire de Loun&#232;s ils &#244;tent ce rep&#232;re majeur &#224; la jeunesse amazighe&lt;/i&gt;&#034;. Ce message r&#233;sument tr&#232;s bien les intentions de l'Etat alg&#233;rien et les cons&#233;quences auxquelles nous serions expos&#233;es si par malheur le projet alg&#233;rien aboutit.&lt;br&gt;
L'existence et l'action du Collectif sont donc plus que n&#233;cessaires pour mener ce combat qui consiste &#224; prot&#233;ger la m&#233;moire de Loun&#232;s de toute r&#233;cup&#233;ration et faire en sorte que son combat continue &#224; &#234;tre ce &lt;i&gt;carburant&lt;/i&gt; qui nous permettra de nous d&#233;barrasser, un jour ou l'autre, de cette id&#233;ologie d&#233;vastatrice de nos valeur et notre identit&#233;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5368 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tamazgha.fr/local/cache-vignettes/L500xH304/hanine-d9b9c.jpg?1774402271' width='500' height='304' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;center&gt;&lt;i&gt;Hanine Zenati, pr&#233;sident de l'association AZAR d'Ares-sur-Moselle&lt;/i&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt;
D'autres associations comme &lt;i&gt;AZAR&lt;/i&gt; de Taknara (Iles Canaries), l'&lt;i&gt;Association des Kabyles de Suisse&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Tamazgha-Provence&lt;/i&gt; en Occitanie ont adress&#233; des messages au rassemblement. D'autres associations et organisations &#233;taient repr&#233;sent&#233;es &#224; cette rencontre ; c'est le cas de l'Association&lt;i&gt; AZAR d'Ares-sur-Moselle&lt;/i&gt;, d'&lt;i&gt;Axxam n Tmusni&lt;/i&gt; (la maison du savoir) en Kabylie, du &lt;i&gt;Mouvement pour l'ind&#233;pendance de la Kabylie&lt;/i&gt; bas&#233; en Su&#232;de ; d'&lt;i&gt;IZMULEN pour les droits d'At-Mzab&lt;/i&gt;, bas&#233; &#224; Paris ; de l'association&lt;i&gt; AZROU&lt;/i&gt; du village du m&#234;me nom de la r&#233;gion d'At-Wab (Matmata) en Tunisie ; de l'organisation &lt;i&gt;Tamazgha&lt;/i&gt;, bas&#233;e &#224; Paris. Par ailleurs, Tayeb Abdelli qui a &#233;voqu&#233; son livre sur Loun&#232;s Matoub qui para&#238;tra incessamment ; Omar Zanifi, &#233;crivain, de Tamazgha occidentale ; Aksil Azergui, &#233;crivain, de Tamazgha occidentale ; Ahbib Mkeddem, ind&#233;pendantiste kabyle ; Uli Rohde, artiste allemande et par ailleurs membre du Collectif ont pris la parole pour apporter leur soutien au &lt;i&gt;Collectif&lt;/i&gt; et d&#233;noncer les atteintes &#224; la m&#233;moire de Loun&#232;s Matoub par l'Etat alg&#233;rien.&lt;br&gt;
Sur sa page &lt;a href=&#034;https://www.facebook.com/Collectif.Matoub/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Facebook&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, le &lt;i&gt;Collectif&lt;/i&gt; a tenu &#224; remercier l'ensemble de celles et ceux qui ont apport&#233; leur pierre &#224; l'&#233;difice et faire en sorte que le rassemblement soit une r&#233;ussite, le Collectif qui r&#233;it&#232;re sa d&#233;termination &#224; mener son combat et &#224; &#339;uvrer pour la d&#233;fense de la m&#233;moire de Loun&#232;s Matoub.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
A l'occasion de ce rassemblement le &lt;i&gt;Collectif&lt;/i&gt; a rendu public une d&#233;claration par laquelle il affirme que &#034;les attaques visant la m&#233;moire de Loun&#232;s Matoub et son combat doivent cesser !&#034; et que nous publions dans son int&#233;gralit&#233; ci-apr&#232;s.
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;i&gt; &lt;strong&gt;La R&#233;daction.&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5371 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tamazgha.fr/local/cache-vignettes/L500xH312/trocadero3-1618b.jpg?1774402271' width='500' height='312' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;center&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;center&gt;Les attaques visant la m&#233;moire de Loun&#232;s Matoub et son combat doivent cesser !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;claration&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/center&gt;
&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Cela fait quelques ann&#233;es d&#233;j&#224; que l'Etat alg&#233;rien, aid&#233; par des suppl&#233;tifs kabyles, se livre &#224; des attaques en r&#232;gle visant un des symboles du combat amazigh : Loun&#232;s Matoub. Ces attaques se sont multipli&#233;es ces derniers temps jusqu'&#224; friser l'humiliation. Souvenons-nous, le pr&#233;fet de police de Tizi-Ouzou et un ministre alg&#233;rien ont os&#233; se rendre dans la demeure de Loun&#232;s Matoub et se sont mis &#224; l'aise sur les fauteuils du salon du chantre de l'Amazighit&#233; qui a, sa vie durant, combattu l'Etat alg&#233;rien et l'id&#233;ologie arabo-islamique qu'il v&#233;hicule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet Etat a eu l'id&#233;e de lancer et financer le projet d'un mus&#233;e d&#233;di&#233; &#224; Loun&#232;s Matoub &#224; Taourirt Moussa, portant ainsi une grave atteinte &#224; la m&#233;moire de Loun&#232;s. Il est m&#234;me question que la demeure de Loun&#232;s soit int&#233;gr&#233;e dans ce mus&#233;e. M&#234;me l'Universit&#233; de Tizi-Ouzou a &#233;t&#233; instrumentalis&#233;e pour souiller la m&#233;moire de Loun&#232;s Matoub. En effet, le pr&#233;fet de police de Tizi-Ouzou s'&#233;tait invit&#233; &#224; un colloque que l'Universit&#233; Mouloud Mammeri a d&#233;di&#233; &#224; Loun&#232;s Matoub. Il a prononc&#233; un discours &#224; l'ouverture du colloque, le 23 janvier 2019, par lequel il a &#171; rendu hommage &#187; &#224; Loun&#232;s Matoub et il a m&#234;me d&#233;cern&#233; le &#171; Prix de la m&#233;moire &#187;, &#224; titre posthume, au Rebelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loun&#232;s Matoub a consacr&#233; sa vie &#224; combattre le r&#233;gime alg&#233;rien et son id&#233;ologie d&#233;vastatrice. Il a toujours dit tr&#232;s haut ce que le peuple pensait tout bas. Il s'&#233;tait attaqu&#233;, et dans sa chanson et dans sa vie de tous les jours, &#224; l'arabo-islamisme, l'arme dont l'Etat alg&#233;rien se servait pour faire aboutir son projet d'assimilation des Amazighs par l'arabisation et l'islamisation totales. Loun&#232;s &#233;tait celui qui avait syst&#233;matiquement d&#233;nonc&#233; l'Etat alg&#233;rien et ses pratiques ; il n'avait pas h&#233;sit&#233; &#224; nommer, y compris dans ses chansons, la s&#233;curit&#233; militaire qui terrorisait &#8211; et qui terrorise toujours d'ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment croire qu'un Etat criminel anti-amazigh n'ayant cess&#233; de s'attaquer &#224; la Kabylie, programmant sa destruction, serait-il soudainement &#171; habilit&#233; &#187; &#224; honorer la m&#233;moire du Rebelle ? En quoi l'Etat alg&#233;rien qui pratique ouvertement une politique liberticide, r&#233;pressive et m&#234;me criminelle serait-il apte &#224; rendre hommage &#224; Matoub Loun&#232;s ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faudrait-il rappeler que durant les manifestations qui ont suivi l'assassinat de Lounes Matoub en 1998, l'Etat alg&#233;rien a assassin&#233; Redouane Salhi, Rachid A&#239;t-Idir et Ouali Hamza ? Faudrait-il rappeler qu'en 2001, ce m&#234;me Etat a assassin&#233; plus de 128 Kabyles ? Et qui a tir&#233; une rafale de cinq balles sur le m&#234;me Loun&#232;s Matoub le 9 octobre 1988, pr&#232;s de Michelet ? C'&#233;tait bien un gendarme de l'Etat alg&#233;rien. Et c'est ce m&#234;me Etat que la population kabyle accuse de l'assassinat de Loun&#232;s depuis 1998.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment peut-on accepter alors aujourd'hui que cet Etat soit associ&#233; de pr&#232;s ou de loin &#224; la m&#233;moire de Loun&#232;s ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si certains milieux kabyles avertis ont observ&#233; le silence et l'indiff&#233;rence devant ces attaques de l'Etat alg&#233;rien visant la m&#233;moire de Loun&#232;s Matoub qu'ils semblent cautionner, des militants amazighs &#224; travers le monde ont d&#233;cid&#233; de s'exprimer collectivement pour d&#233;noncer les manigances de l'Etat alg&#233;rien et alerter l'opinion publique sur les menaces qui p&#232;sent sur le Symbole. Ils ont appel&#233; &#224; une large mobilisation en vue de prot&#233;ger la m&#233;moire et le combat de Loun&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce contexte que le 24 novembre 2018, suite &#224; plusieurs r&#233;unions tenues &#224; Paris depuis fin septembre de la m&#234;me ann&#233;e, que notre Collectif a vu le jour. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le &lt;i&gt;Collectif pour la d&#233;fense de la m&#233;moire de Lounes Matoub &lt;/i&gt;s'est fix&#233; comme objectif de mener une action de sensibilisation et d'information pour d&#233;voiler les plans machiav&#233;liques de l'Etat alg&#233;rien. Il &#339;uvre pour emp&#234;cher la confiscation de la m&#233;moire du Rebelle et la perversion de son combat. Il entend susciter une plus large mobilisation, notamment en Kabylie, afin de dresser un rempart &#224; m&#234;me de prot&#233;ger la m&#233;moire de celui qui s'est battu pour d&#233;fendre la dignit&#233; de la Kabylie. &lt;br class='autobr' /&gt;
Et si nous sommes l&#224; aujourd'hui, c'est pour d&#233;noncer l'instrumentalisation de la m&#233;moire de Loun&#232;s Matoub par l'Etat alg&#233;rien qui n'a d'autre objectif que de se l'approprier afin de d&#233;naturer son combat. Il est plus que jamais urgent d'agir ! Car si nous ne faisons rien, la m&#233;moire de Lounes Matoub sera, sans doute aucun, s&#233;questr&#233;e par ceux-l&#224; m&#234;mes qui l'ont assassin&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et par ses man&#339;uvres visant la r&#233;cup&#233;ration de la m&#233;moire du Rebelle, l'Etat alg&#233;rien compte l'assassiner une deuxi&#232;me fois. Mais nous n'allons pas le laisser faire et nous allons nous battre pour emp&#234;cher ce sacril&#232;ge. La m&#233;moire de Lounes Matoub appartient aux Amazighs &#224; qui il revient de la d&#233;fendre et de l'entretenir afin d'emp&#234;cher sa souillure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le &lt;i&gt;Collectif pour la d&#233;fense de la m&#233;moire de Loun&#232;s Matoub&lt;/i&gt; se battra jusqu'au bout et ne laissera pas profaner le Symbole Loun&#232;s Matoub.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous vous invitons, toutes et tous ici pr&#233;sents, &#224; rejoindre le &lt;i&gt;Collectif &lt;/i&gt;pour que, ensemble, nous puissions emp&#234;cher l'Etat alg&#233;rien de d&#233;tourner la m&#233;moire de Loun&#232;s Matoub au profit de ce qu'il a toujours combattu. Nous avons le devoir de contrer l'offensive de cet Etat criminel, aid&#233; par les suppl&#233;tifs kabyles, qui tente par tous les moyens de profaner la m&#233;moire de Loun&#232;s Matoub et, par la m&#234;me, d&#233;naturer son combat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensemble, nous allons d&#233;ployer les efforts n&#233;cessaires pour &#233;veiller les consciences et expliquer le fondement du projet de l'Etat alg&#233;rien qui n'est rien d'autre qu'une volont&#233; d'instrumentalisation dans le but de s&#233;questrer la m&#233;moire de Loun&#232;s Matoub et d&#233;voyer son combat. Nous avons le devoir d'agir et ne pas assister indiff&#233;rents &#224; la profanation de la m&#233;moire du Rebelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Collectif pour la d&#233;fense de la m&#233;moire de Loun&#232;s Matoub,&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Paris, le 24 f&#233;vrier 2019.&lt;/i&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5372 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tamazgha.fr/local/cache-vignettes/L416xH568/trocadero5-3990e.jpg?1774402271' width='416' height='568' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;br&gt;
&lt;center&gt;
&lt;i&gt;Contact :&lt;/i&gt;
&lt;strong&gt;collectif.matoub@gmail.com&lt;/strong&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Le Collectif sur &lt;i&gt;Facebook&lt;/i&gt;
&lt;strong&gt;@Collectif.Matoub&lt;/strong&gt;
&lt;div class='spip_document_5373 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.facebook.com/Collectif.Matoub/&#034; class=&#034;spip_out spip_doc_lien&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tamazgha.fr/local/cache-vignettes/L235xH348/collectif_fb-4cd96.jpg?1774402271' width='235' height='348' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le Collectif sur&lt;i&gt; Twitter&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;@CollectifMatoub&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5374 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://twitter.com/CollectifMatoub&#034; class=&#034;spip_out spip_doc_lien&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tamazgha.fr/local/cache-vignettes/L322xH335/twitter_cm-c791f.jpg?1774402271' width='322' height='335' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/center&gt;&lt;div class='spip_document_5372 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tamazgha.fr/local/cache-vignettes/L416xH568/trocadero5-3990e.jpg?1774402271' width='416' height='568' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La m&#233;moire de Loun&#232;s Matoub appartient au peuple kabyle et amazigh !</title>
		<link>http://www.tamazgha.fr/Matoub.html</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.tamazgha.fr/Matoub.html</guid>
		<dc:date>2019-01-14T23:32:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Masin</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Signer la d&#233;claration : &#034;La m&#233;moire de Loun&#232;s Matoub appartient au peuple kabyle et amazigh !&#034;&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.tamazgha.fr/-Lounes-Matoub-.html" rel="directory"&gt;Loun&#232;s Matoub&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.tamazgha.fr/local/cache-vignettes/L150xH77/arton4664-f54ee.jpg?1774402271' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='77' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;center&gt;
&lt;a href=&#034;http://petitionpublique.fr/PeticaoVer.aspx?pi=P2018N50127&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Signer la d&#233;claration : &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#034;La m&#233;moire de Loun&#232;s Matoub appartient au peuple kabyle et amazigh !&#034;&lt;/h2&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/center&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Loun&#232;s Matoub : pour que personne n'oublie !</title>
		<link>http://www.tamazgha.fr/Lounes-Matoub-pour-que-personne-n.html</link>
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		<dc:date>2012-06-24T11:21:49Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Masin</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Quatorze ans apr&#232;s l'assassinat de Loun&#232;s Matoub, le r&#233;gime alg&#233;rien ne fait que confirmer sa haine &#224; l'&#233;gard des Kabyles. La gestion faite de l'affaire de l'assassinat de l'idole des jeunes kabyles, de celui qui disait plus haut ce que les Kabyles pensaient plus bas, ne fait que &#034;l&#233;gitimer&#034; le caract&#232;re criminel de ce r&#233;gime. &lt;br class='autobr' /&gt;
Objectivement parlant, peut-on accuser aujourd'hui autre que l'&#201;tat alg&#233;rien ? Le terrorisme &#233;tait un proc&#233;d&#233; si cher aux tenants de ce r&#233;gime. Avant m&#234;me (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.tamazgha.fr/-Lounes-Matoub-.html" rel="directory"&gt;Loun&#232;s Matoub&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.tamazgha.fr/local/cache-vignettes/L150xH73/arton3489-5fc67.jpg?1774402271' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='73' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Quatorze ans apr&#232;s l'assassinat de Loun&#232;s Matoub, le r&#233;gime alg&#233;rien ne fait que confirmer sa haine &#224; l'&#233;gard des Kabyles. La gestion faite de l'affaire de l'assassinat de l'idole des jeunes kabyles, de celui qui disait plus haut ce que les Kabyles pensaient plus bas, ne fait que &#034;l&#233;gitimer&#034; le caract&#232;re criminel de ce r&#233;gime.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Objectivement parlant, peut-on accuser aujourd'hui autre que l'&#201;tat alg&#233;rien ? Le terrorisme &#233;tait un proc&#233;d&#233; si cher aux tenants de ce r&#233;gime. Avant m&#234;me l'existence de l'&#201;tat, pendant la guerre qui opposait le FLN &#224; la France, le FLN usait du terrorisme notamment &#224; l'&#233;gard de militants favorables &#224; la question amazighe, m&#234;me lorsque ces derniers &#233;taient militants du FLN. Combien de militants qualifi&#233;s de &#034;berb&#233;ristes&#034; ont &#233;t&#233; ex&#233;cut&#233;s par le FLN ?&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Apr&#232;s la naissance de cet &#201;tat, le terrorisme a pris d'autres formes, la liquidation physique des porteurs d'espoir pour la cause berb&#232;re a suivi, puis les gros moyens ont &#233;t&#233; d&#233;p&#234;ch&#233;s : &#034;le terrorisme islamiste&#034; comme d&#233;guisement &#224; tout crime...&lt;br&gt;
C'est pourquoi, aujourd'hui, le meilleur hommage &#224; rendre &#224; Matoub Loun&#232;s, qui s'est sacrifi&#233; pour Tamazight et pour la Kabylie, est de se battre contre cette barbarie qui occupe l'Afrique du Nord et qui projette d'&#233;radiquer son amazighit&#233;. Rendre hommage &#224; Loun&#232;s Matoub aujourd'hui, c'est de ne pas avoir peur de dire les choses cr&#251;ment &#224; ces syst&#232;mes ill&#233;gitimement install&#233;s en Afrique du Nord et &#339;uvrer pour que Tamazgha soit d&#233;barrass&#233;e &#224; jamais de cette peste.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Rendre hommage &#224; Loun&#232;s Matoub aujourd'hui, c'est aussi &#234;tre aux c&#244;t&#233;s des Touaregs qui ont lib&#233;r&#233; l'Azawad et qui se battent, seuls contre tous, pour que leur ind&#233;pendance ne leur soit pas vol&#233;e. Car si l'Etat d'Azawad voit le jour, c'est la voie vers la lib&#233;ration de l'ensemble de Tamazgha qui verra le jour...&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Ci-apr&#232;s un article d&#233;j&#224; publi&#233; sur &lt;i&gt;Tamazgha.fr&lt;/i&gt;, toujours d'actualit&#233;, qui &#233;voque l'assassinat de Loun&#232;s Matoub.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;i&gt;La R&#233;daction.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;br&gt;
&lt;center&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Assassinat de Loun&#232;s Matoub : onze apr&#232;s, la question ne se pose plus !
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;(derni&#232;re mise &#224; jour : juin 2009)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/center&gt;
&lt;br&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le 25 juin 1998 &#224; la mi-journ&#233;e, Loun&#232;s Matoub fut assassin&#233; pas loin de son village au c&#339;ur de la Kabylie. Cet assassinat a boulevers&#233; le monde entier et la Kabylie en particulier. La population kabyle a aussit&#244;t d&#233;ferl&#233; sur Tizi-Ouzou. Des manifestations publiques ont gagn&#233; le pays Kabyle entier.&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quelques heures apr&#232;s cet assassinat, Noureddine A&#239;t-Hamouda intervient dans les m&#233;dias internationaux (comme France-Infos) pour affirmer que les assassins sont les islamistes du GIA, id&#233;e fixe &#233;galement d&#233;velopp&#233;e par Khalida Messaoudi, alors d&#233;put&#233;e-RCD au parlement alg&#233;rien. C'est ainsi une v&#233;ritable &#034;pression&#034; m&#233;diatique qui s'exerce pour faire admettre la th&#232;se du GIA dans l'assassinat de Loun&#232;s. M&#234;me Malika Matoub, la s&#339;ur de Loun&#232;s, d&#233;clare que les assassins sont les islamistes du GIA. Plusieurs observateurs se posaient d&#233;j&#224; la question de l'int&#233;r&#234;t du RCD &#224; vouloir imposer &#224; l'opinion la th&#232;se du GIA dans cet assassinat.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; cette pression, les jeunes manifestants de Kabylie envahissant les rues clamaient fort &#034;Pouvoir assassin !&#034;. Cette phrase &#224; elle seule r&#233;sume ce que pense la Kabylie profonde de cet assassinat. La junte militaire, au pouvoir depuis 1962, est clairement mise en cause et rendue responsable de ce crime politique par les foules des manifestants.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques jours plus tard, Malika Matoub revient sur ses d&#233;clarations initiales et, avec sa m&#232;re, demande &#224; ce que toute la v&#233;rit&#233; soit faite sur l'assassinat. Elles exigent qu'une v&#233;ritable enqu&#234;te soit diligent&#233;e. Elles rel&#232;vent plusieurs points d'ombre dans la gestion faite par les autorit&#233;s de cette affaire. A ce jour elles ne cessent de demander &#224; ce que toute la lumi&#232;re soit faite sur cette affaire.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est au tour de Nadia Matoub, par la suite, de se joindre aux voix de Malika et sa m&#232;re pour demander une enqu&#234;te sur l'assassinat. Elle n'exclut aucune piste quant aux auteurs et commanditaires de l'assassinat.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un texte rendu public par le MAOL, Mouvement alg&#233;rien des officiers libres, en d&#233;saccord avec les g&#233;n&#233;raux au pouvoir, il est donn&#233; des d&#233;tails tr&#232;s accablants concernant l'assassinat de Matoub Loun&#232;s. Des responsables du RCD &#224; l'&#233;poque de l'assassinat de Loun&#232;s, en l'occurrence Noureddine A&#239;t-Hamouda et Khalida Messaoudi, ont &#233;t&#233; cit&#233;s dans ce texte. D'apr&#232;s le MAOL, Noureddine A&#239;t Hamouda aurait jou&#233; un r&#244;le important dans le complot de l'assassinat de Loun&#232;s commandit&#233; par le haut commandement militaire alg&#233;rien dans le but de d&#233;stabiliser Zeroual et le pousser au d&#233;part. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;l&#233;ments du MAOL ne peuvent &#234;tre qu'une frange de la junte militaire alg&#233;rienne ; ils sont donc du s&#233;rail et s'ils ont &#233;voqu&#233; l'affaire Matoub ce n'est que parce qu'ils ont un quelconque int&#233;r&#234;t. Ce n'est sans doute pas le d&#233;sir de contribuer &#224; faire conna&#238;tre la v&#233;rit&#233; sur cette affaire qui les anime. Eux qui sont des nationalo-arabo-islamistes. Mais dans leurs d&#233;clarations ils ont cit&#233; des noms et ont &#233;voqu&#233; des faits ; ce sont ces &#233;l&#233;ments qui nous int&#233;ressent. Et aux personnes cit&#233;es de se prononcer et donner leurs versions quant aux faits relev&#233;s par le MAOL. Ces personnes doivent notamment d&#233;mentir les d&#233;clarations des officiers du MAOL s'il y a diffamation. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre &#233;pisode ayant marqu&#233; l'affaire Matoub est le reportage r&#233;alis&#233; par la cha&#238;ne de t&#233;l&#233;vision fran&#231;aise Canal+, dans le cadre de son &#233;mission &#034;90 minutes&#034;, consacr&#233; &#224; l'affaire Matoub et intitul&#233; &#034;la grande manip&#034;. Ce que l'on peut retenir de ce reportage c'est la convergence de l'ensemble des t&#233;moignages vers la th&#232;se d'un assassinat organis&#233; par la junte militaire alg&#233;rienne. Les t&#233;moignages de Malika et Nadia Matoub incitent &#224; se poser des questions quant &#224; l'int&#233;r&#234;t du RCD, ou du moins de certains de ses membres dont Noureddine A&#239;t-Hamouda, &#224; vouloir imposer &#224; l'opinion la th&#232;se du GIA dans l'assassinat de Matoub. Ainsi Malika Matoub affirme &#234;tre f&#233;licit&#233;e par Noureddine A&#239;t-Hamouda pour avoir soutenu que le GIA &#233;tait le responsable de l'assassinat. Il lui aurait m&#234;me propos&#233; de lui faire rencontrer des personnes du haut commandement militaire qui sont satisfaits de ses d&#233;clarations. Nadia Matoub, affirme n&#233;anmoins que des &#233;l&#233;ments du RCD lui avaient promis des visas pour elle et ses s&#339;urs ; en contrepartie, elle devait tenir une conf&#233;rence de presse &#224; Tizi-Ouzou pour laquelle ils lui ont r&#233;dig&#233; la d&#233;claration pr&#233;liminaire qui disait en substance que les assassins &#233;taient des &#233;l&#233;ments du GIA. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans leur ouvrage&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L. Aggoun et J.-B. Rivoire, Fran&#231;alg&#233;rie. Crimes et mensonges d'Etats, La (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; publi&#233; chez les &#233;ditions La D&#233;couverte, Lounis Aggoun et Jean-Baptiste Rivoire reviennent sur l'assassinat de Loun&#232;s et donnent un certain nombre de d&#233;tails sur l'avant et apr&#232;s assassinat. Ils nous apprennent, par exemple, que le jour de l'assassinat un barrage de gendarmerie s'est mis en place sur la route d'At-Douala et les gendarmes se sont mis &#224; d&#233;vier la circulation de cette route : seule la Mercedes noire de Loun&#232;s sera autoris&#233;e &#224; emprunter cette route sur laquelle elle sera mitraill&#233;e quelques minutes plus tard...&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec tous les &#233;l&#233;ments que nous connaissons &#224; ce jour, il est difficile de ne pas penser que le r&#233;gime alg&#233;rien ne soit pas responsable de l'assassinat de Matoub Loun&#232;s. La complicit&#233; de Kabyles de service est plus qu'&#233;vidente ; il &#233;tait m&#234;me n&#233;cessaire. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si l'on admet cette hypoth&#232;se, est-il raisonnable aujourd'hui de s'attendre &#224; ce que l'Etat alg&#233;rien fasse la lumi&#232;re sur cette affaire ? Cet Etat est-il en mesure de r&#233;v&#233;ler la v&#233;rit&#233; sur cet assassinat tant que les clans qui l'ont confisqu&#233; ont tout int&#233;r&#234;t &#224; la cacher ? Peut-on vraiment parler de justice dans un Etat o&#249; la mafia militaire fait de la &#034;bonne gouvernance&#034; ? A force d'attendre la lumi&#232;re sur cette affaire, nous finirait-on pas par rester dans l'obscurit&#233;... et oublier ?&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vaut mieux donc dire que la v&#233;rit&#233; nous la connaissons : l'ordre d'ex&#233;cution &#233;manerait du haut commandement militaire alg&#233;rien. L'ex&#233;cution de cette t&#226;che aurait &#233;t&#233; confi&#233;e aux gendarmes et aux suppl&#233;tifs locaux...&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;&lt;i&gt;Masin Ferkal.&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_591 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tamazgha.fr/local/cache-vignettes/L450xH346/Lounes-1-e0ba8.jpg?1774402271' width='450' height='346' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Muhand Sa&#239;di
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;br&gt;
&lt;p&gt;Cet article est une reprise, revue et mise &#224; jour en juin 2009, de l'article intitul&#233; &#034;Affaire Matoub : qui sont les assassins ?&#034; paru dans &lt;i&gt;Kra Isallen&lt;/i&gt; (Kilkzanfu) n&#176; 12-13, novembre-d&#233;cembre 2000.&lt;br&gt;
D&#233;j&#224; publi&#233; sur &lt;i&gt;Tamazgha.fr&lt;/i&gt; en juin 2004.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire aussi :&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='http://www.tamazgha.fr/Un-an-apres,893.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Un an apr&#232;s (d&#233;claration de Tamazgha)&lt;/a&gt;- &lt;a href='http://www.tamazgha.fr/Qui-a-tue-Lounes,311.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Qui a tu&#233; Loun&#232;s ?&lt;/a&gt;&lt;br&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='http://www.tamazgha.fr/L-assassinat-de-Lounes-Matoub-ou-comment-soulever-la-Kabylie,1376.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;L'assassinat de Loun&#232;s Matoub ou comment &#034;soulever&#034; la Kabylie...&lt;/a&gt;&lt;br&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='http://www.tamazgha.fr/Qui-a-tue-Lounes-Matoub,797.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Qui a tu&#233; Loun&#232;s Matoub ?&lt;/a&gt;&lt;br&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='http://www.tamazgha.fr/Qui-a-dit-que-ce-n-est-pas-l-Etat-algerien-qui-a-tue-Lounes-Matoub,1364.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Qui a dit que ce n'est pas l'&#201;tat alg&#233;rien qui a tu&#233; Matoub Loun&#232;s ?&lt;/a&gt;&lt;br&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='http://www.tamazgha.fr/Matoub-ce-tatouage-indelebile,1853.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Matoub Loun&#232;s, ce tatouage ind&#233;l&#233;bile&lt;/a&gt;&lt;br&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='http://www.tamazgha.fr/Affaire-Matoub-qui-sont-les-assassins,1366.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Affaire Matoub : qu sont les assassins ?&lt;/a&gt;&lt;br&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='http://www.tamazgha.fr/Il-y-a-vingt-ans-un-gendarme-algerine-avait-tire-sur-Lounes-Matoub,2330.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;En 1988, un gendarme alg&#233;rien avait tir&#233; sur Loun&#232;s Matoub&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L. Aggoun et J.-B. Rivoire, &lt;i&gt;Fran&#231;alg&#233;rie. Crimes et mensonges d'Etats&lt;/i&gt;, La D&#233;couverte, Paris, 2004 (&lt;a href='http://www.tamazgha.fr/Francalgerie-crimes-et-mensonges-d-Etats,723.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;voir sommaire&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>En 1988, un gendarme alg&#233;rien avait tir&#233; sur Loun&#232;s Matoub...</title>
		<link>http://www.tamazgha.fr/Il-y-a-vingt-ans-un-gendarme-algerine-avait-tire-sur-Lounes-Matoub,2330.html</link>
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		<dc:date>2009-10-07T22:39:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Masin</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;C'&#233;tait un certain 9 octobre 1988, un gendarme alg&#233;rien avait tir&#233; &#224; bout portant sur Loun&#232;s Matoub. C'&#233;tait sur la route menant de Fort National (Larbaa n At Iraten) &#224; Michelet que le salaud de gendarme lui a tir&#233; dessus : une rafale de cinq balles lui a travers&#233; le corps. Rien ne pouvait justifier cela si ce n'est la haine du kabyle. Cette haine et ce m&#233;pris qui est celle d'un r&#233;gime qui dirige l'&#201;tat alg&#233;rien envers un peuple et son identit&#233;. Cet acte est, bien entendu, rest&#233; impuni. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.tamazgha.fr/-Lounes-Matoub-.html" rel="directory"&gt;Loun&#232;s Matoub&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.tamazgha.fr/local/cache-vignettes/L132xH150/arton2330-f1e5c.jpg?1774402271' class='spip_logo spip_logo_right' width='132' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;C'&#233;tait un certain 9 octobre 1988, un gendarme alg&#233;rien avait tir&#233; &#224; bout portant sur Loun&#232;s Matoub. C'&#233;tait sur la route menant de Fort National (Larbaa n At Iraten) &#224; Michelet que le salaud de gendarme lui a tir&#233; dessus : une rafale de cinq balles lui a travers&#233; le corps. Rien ne pouvait justifier cela si ce n'est la haine du kabyle. Cette haine et ce m&#233;pris qui est celle d'un r&#233;gime qui dirige l'&#201;tat alg&#233;rien envers un peuple et son identit&#233;. Cet acte est, bien entendu, rest&#233; impuni.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cet &#233;pisode de la vie de Loun&#232;s est peu connu. C'est pourquoi nous avons voulu revenir l&#224;-dessus en publiant le t&#233;moignage de Masin Ferkal, pr&#233;sent avec Loun&#232;s lors de ce drame.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La R&#233;daction.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;strong&gt;La gendarmerie alg&#233;rienne avait d&#233;j&#224; bien entam&#233; le corps de Loun&#232;s en 1988&lt;/strong&gt; &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;strong&gt;TEMOIGNAGE&lt;/strong&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;	Comme pour tous les jeunes de Kabylie, pour moi Loun&#232;s &#233;tait celui qui exprimait, simplement, ce que j'ai toujours ressenti profond&#233;ment. Il &#233;tait v&#233;ritablement celui qui portait la voix de la Kabylie profonde plus haut et plus loin. Le rejet et la d&#233;nonciation de l'id&#233;ologie arabo-musulmane, le rejet du pouvoir central d'Alger qu'exprime Loun&#232;s dans ses chansons &#233;tait ce que la jeunesse kabyle &#8212; dans sa quasi-totalit&#233; &#8212; ressentait. C'est cela que Loun&#232;s a toujours chant&#233;. Sa voix et ses belles m&#233;lodies qui expriment ces sentiments profonds avaient conquis toute une jeunesse, tout un peuple. Les diverses manipulations visant &#224; discr&#233;diter l'artiste n'ont pas r&#233;ussi &#224; le couper de la population : sa sinc&#233;rit&#233; et la force de ce qu'il exprimait ont r&#233;sist&#233; &#224; toutes ces tentatives. Autant dire que Loun&#232;s d&#233;rangeait s&#233;rieusement et il a toujours &#233;t&#233; pour le r&#233;gime alg&#233;rien comme une &#233;pine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Me concernant, cette apr&#232;s-midi du 9 octobre 1988 m'avait permis de d&#233;couvrir un autre aspect de Loun&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	D&#233;but du mois d'octobre 1988, des &#233;v&#233;nements graves avaient secou&#233; Alger : des manifestations furent r&#233;prim&#233;es dans le sang. L'arm&#233;e alg&#233;rienne n'avait pas h&#233;sit&#233; &#224; tirer sur les foules. Tout ce qu'une arm&#233;e d'occupation ferait !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fid&#232;le &#224; ses traditions, la communaut&#233; universitaire de Tizi-Ouzou ne pouvait rester indiff&#233;rente. Elle tient une assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale le dimanche 8 octobre 1988 pour &#233;tudier la situation et prendre position. C'est ainsi qu'une d&#233;claration-appel a &#233;t&#233; adopt&#233;e. Par cette d&#233;claration l'Universit&#233; de Tizi-Ouzou tenait &#224; condamner la r&#233;pression exerc&#233;e par le pouvoir alg&#233;rien et avait exprim&#233; son soutien aux manifestants tout en appelant la population kabyle &#224; r&#233;agir et exprimer sa solidarit&#233; dans le calme tout en appelant &#224; la vigilance et ne pas r&#233;pondre aux &#233;ventuelles provocations du pouvoir. Nous avions &#233;galement appel&#233; la population &#224; observer une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale &#224; travers la Kabylie en guise de soutien aux manifestants d'Alger et comme signe de protestation aux agissements sauvages et criminels du pouvoir alg&#233;rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	L'appel, tir&#233; &#224; des milliers d'exemplaires, devait &#234;tre diffus&#233; &#224; travers la Kabylie et le plus rapidement possible vu la gravit&#233; de la situation. Des &#233;tudiants et des membres de la communaut&#233; universitaire devaient, bien entendu, se d&#233;vouer pour aller diffuser l'appel dans les villages et villes de Kabylie. Il est de tradition qu'en Kabylie la population, lors de moments graves, attend les directives qui viennent de l'Universit&#233; qui a toujours &#233;t&#233;, depuis 1980, l'avant-garde du &lt;i&gt;Mouvement culturel berb&#232;re&lt;/i&gt; qui prend toutes les d&#233;cisions concernant les appels &#224; mobilisation et actions &#224; mener &#224; travers la Kabylie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	C'est alors que moi et mon ami Mehdi Siam, d&#233;c&#233;d&#233; en octobre 1998 des suites d'une longue maladie, nous nous &#233;tions propos&#233;s pour participer &#224; cette op&#233;ration. Mehdi Siam devait faire parvenir des tracts &#224; Larbaa n'at Iraten (Fort National), moi &#224; Michelet et Iferhoun&#232;ne. Nous connaissions bien ces r&#233;gions car nous y habitions. Pour aller dans les villages et villes de Kabylie avec des paquets de tracts, il fallait quitter la ville de Tizi-Ouzou sans &#234;tre rep&#233;r&#233; par les regards vigilants des services de renseignement (S.M.) : en ces temps de clandestinit&#233;, sous la dictature du F.L.N., &#234;tre surpris en possession de tracts &#233;tait r&#233;prim&#233; s&#233;v&#232;rement notamment quand ces derniers sont hostiles au syst&#232;me. Nous &#233;tions donc sortis de l'enceinte universitaire en compagnie de trois &#233;tudiants en v&#233;hicule dans le but de quitter la ville ce qui nous aurait permis de faire du stop loin de la ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La rencontre&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt; A peine avions d&#233;pass&#233; le portail de l'entr&#233;e principale de l'Universit&#233; que nous avions aper&#231;u la voiture de Loun&#232;s &#8212; elle &#233;tait connue de tous. Un peu plus loin, Loun&#232;s discutait avec une autre personne qui &#233;tait dans sa voiture. C'est alors que Karim Yefsah, un ami qui nous accompagnait, a eu l'id&#233;e d'aller demander &#224; Loun&#232;s s'il voulait bien nous conduire dans son v&#233;hicule pour nous d&#233;poser en dehors de la ville de Tizi-Ouzou en lui expliquant, bien entendu, les raisons. Sans aucune surprise, Loun&#232;s qui est connu pour son soutien &#224; l'Universit&#233; et &#224; l'action estudiantine au sein du Mouvement amazigh, avait bien accept&#233; la demande de Karim Yefsah qui le connaissait bien par ailleurs. Nous descendons alors de la voiture de l'&#233;tudiant pour monter dans celle de Loun&#232;s qui nous salue et qui fait tout de suite demi-tour pour se diriger vers la sortie de la ville par le chemin le plus court. Il nous demande alors o&#249; nous comptions nous y rendre. Nous lui pr&#233;cisions que l'essentiel &#233;tait de sortir de la ville pour &#233;chapper &#224; d'&#233;ventuels contr&#244;les de police. Il insiste pour savoir notre v&#233;ritable destination : c'&#233;tait pour nous y conduire. Pour la cause Loun&#232;s ne calcule rien. Pour moi et mon ami Mehdi, nous n'imaginions pas que Loun&#232;s allait se d&#233;ranger juste pour nous &#224; quelques 50 kilom&#232;tres ! Non, pour lui c'&#233;tait un devoir. Et il ne le faisait pas pour nous mais pour Tamazight, pour la cause.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Il nous demande de lui lire le tract en question. Il fallait au moins &#234;tre au courant du contenu du tract ! Chose que nous avions fait, bien entendu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&#8220;Bon ! Donnez-moi tous les tracts en votre possession. Ne laissez rien sur vous !&#8221;, disait Loun&#232;s. &#8220;Oui, parce si on m'arr&#234;te, moi je pourrais m'en sortir, mais pour vous &#231;a sera plus difficile ! Il vaut mieux que les risques soient pris par moi ! En plus, si jamais nous sommes arr&#234;t&#233;s, dites que je vous ai seulement pris en stop !&#8221; Il fallait s'attendre &#224; tout dans ce pays-l&#224;. Cela faisait partie du quotidien de tout militant : il fallait s'attendre en permanence &#224; &#234;tre arr&#234;t&#233; car l'on est en possession d'un tract, de l'alphabet amazigh, d'une photo d'un tel opposant, d'un livre interdit, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Ainsi, Loun&#232;s avait tenu &#224; nous d&#233;gager de tous les risques qu'il pr&#233;f&#233;rait prendre tout seul. Ce geste de sa part m'avait marqu&#233; et il s'est grav&#233; dans ma m&#233;moire ; c'est quelque chose que je ne puisse oublier. C'&#233;tait r&#233;ellement l'homme qui joignait le geste &#224; la parole. C'est vrai, Loun&#232;s ce n'&#233;tait pas seulement un po&#232;te, un chanteur. Non, Loun&#232;s &#233;tait vraiment engag&#233; et que pour tamazight il &#233;tait pr&#234;t &#224; tout. Sinon comment expliquer cette attitude qu'il a eu avec deux &#233;tudiants qu'il avait rencontr&#233;s pour la premi&#232;re fois ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Nous quittons alors la ville de Tizi-Ouzou en direction de Larb&#226;a n-At Iraten, premi&#232;re destination avant de se diriger vers Michelet puis Iferhoun&#232;ne. La voiture de Loun&#232;s &#233;tait un 4x4, donc bien adapt&#233;e aux difficiles routes de Kabylie. &lt;br class='autobr' /&gt;
Sur la route d&#233;j&#224;, Loun&#232;s faisait signe pour les chauffeurs d'autocars pour s'aar&#234;ter. Ces autocars transportaient les voyageurs et les travailleurs sortant des usines et qui se dirigeaient vers les villages de Kabylie. Loun&#232;s remettait des tracts aux passagers. C'&#233;tait un moyen tr&#232;s efficace pour toucher un nombre important de villages de Kabylie. En plus, l'image de Loun&#232;s, sa position de chanteur populaire tr&#232;s connu ne posait aucun probl&#232;me pour que les chauffeurs d'autocars s'arr&#234;tent et pour que les passagers prennent le tract.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Arriv&#233;s &#224; Larbaa n-at-Iraten, nous avions distribu&#233; des tracts sur la rue principale de la ville. Loun&#232;s avait m&#234;me remis des tracts &#224; des policiers que nous avions trouv&#233;s sur notre route &#224; Larbaa n-at-Iraten. Tout au long de notre route, nous nous arr&#234;tions ou ralentissions &#224; chaque fois que nous rencontrions des gens sur la route pour leur remettre des tracts. Cela permet de multiplier le nombre de villages &#224; toucher par l'information.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1945 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tamazgha.fr/local/cache-vignettes/L450xH309/Matoub_peinture-af5de.jpg?1774402270' width='450' height='309' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le salaud avait os&#233; tirer...&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt; A deux ou trois kilom&#232;tres de Michelet, nous avions aper&#231;u, de loin, une voiture de la gendarmerie. Nous &#233;tions s&#251;rs qu'elle venait pour nous. Les gendarmes devaient avoir pour mission de nous arr&#234;ter avant d'atteindre la ville. Ils projetaient, vraisemblablement, nous couper la route avec leur voiture. Une R4 qui &#233;tait devant nous nous a permis d'&#233;chapper &#224; la &lt;i&gt;Land-Rover&lt;/i&gt; de la gendarmerie. En effet, Loun&#232;s avait bien serr&#233; la R4 ce qui n'avait laiss&#233; aucune chance aux gendarmes pour nous couper la route &#224; moins de provoquer un accident. Nous voulions alors faire tout pour atteindre la ville (Michelet) et ne pas se laisser rattraper par la gendarmerie. Les gendarmes avaient fait demi-tour et nous ont poursuivis. Malgr&#233; la vitesse &#224; laquelle Loun&#232;s conduisait, la voiture de la gendarmerie nous a rattrap&#233;s et nous avions compris, &#224; un certain moment, qu'il fallait absolument s'arr&#234;ter car les gendarmes &#233;taient pr&#234;ts &#224; tirer sur nous : &#233;tant assis &#224; l'arri&#232;re, je me retournais r&#233;guli&#232;rement pour voir o&#249; &#233;tait la voiture des gendarmes, et &#224; ce moment justement je la voyais derri&#232;re nous et le gendarme assis devant du c&#244;t&#233; droit avait entrouvert la porti&#232;re de la voiture et avait sorti son arme que j'ai vue point&#233;e sur nous, et c'est alors que j'avais demand&#233; &#224; Loun&#232;s de s'arr&#234;ter imm&#233;diatement. Loun&#232;s s'arr&#234;te et &#224; peine on s'est arr&#234;t&#233;, la &lt;i&gt;Land-Rover&lt;/i&gt; avait percut&#233; la voiture de Loun&#232;s et dans le m&#234;me temps des balles avaient aussi percut&#233; la carrosserie. Nous nous sommes pr&#233;cipit&#233; pour descendre de la voiture, les mains en l'air, comme l'avaient bien demand&#233; les gendarmes. Ils nous avaient ordonn&#233; de monter dans leur v&#233;hicule les mains en l'air. Moi et Mehdi avions ob&#233;i &#224; l'ordre sans aucun commentaire puisque les canons des &lt;i&gt;kalachnikov&lt;/i&gt; &#233;taient point&#233;s sur nous. Loun&#232;s, lui, les mains en l'air, s'&#233;tait adress&#233; aux gendarmes pour leur demander les raisons de cette arrestation. Les gendarmes ne voulaient rien entendre et l'un parmi eux l'avait alors pouss&#233; avec la crosse de son arme l'invitant &#224; monter dans le v&#233;hicule. Loun&#232;s se dirigeait, toujours les mains en l'air, vers le v&#233;hicule des gendarmes pour nous rejoindre tout en protestant contre cette arrestation arbitraire. Il allait mettre un pied dans la &lt;i&gt;Land-Rover&lt;/i&gt; pour nous rejoindre lorsqu'il avait re&#231;u une rafale de balles dans son corps. Oui, c'&#233;tait &#224; bout portant que le gendarme lui a tir&#233; dessus. Oui, je l'avais vu de mes propres yeux, j'avais entendu la rafale, j'avais vu le gendarme appuyer sur la g&#226;chette, sans piti&#233;. Il avait tir&#233; sur un homme sans d&#233;fense et ayant les mains en l'air.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Les gendarmes avaient pouss&#233; violemment Loun&#232;s et son corps s'est &#233;tal&#233; dans l'arri&#232;re du v&#233;hicule. Une partie de son corps s'&#233;tait retrouv&#233; sur mes pieds. Les gendarmes avaient pris le temps de nous attacher avec des menottes tout en laissant le sang de Loun&#232;s couler avant de d&#233;marrer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Ils se sont dirig&#233;s &#224; l'h&#244;pital de Michelet qui n'&#233;tait pas loin du lieu o&#249; nous f&#251;mes arr&#234;t&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Apr&#232;s nous avoir attach&#233;s, moi et Mehdi, avec des menottes, ils nous avaient laiss&#233;s avec le corps de Loun&#232;s. Nous &#233;tions pris de panique et nous ne savions pas quoi faire : nous avions devant nous un corps qui souffrait. Loun&#232;s avait perdu conscience. Il commen&#231;ait &#224; pousser des petits cris de douleur ; je tenais ses joues avec ma main libre et j'essayais de lui donner du courage. Au d&#233;but, je n'avais pas pris la mesure de la gravit&#233; de sa blessure. Je pensais que c'&#233;tait sa main qui &#233;tait atteinte par les balles du gendarme. Mais Loun&#232;s essayait de d&#233;boutonner son pantalon. Au d&#233;but je n'avais pas compris pourquoi, mais le voyant insister j'avais compris que la v&#233;ritable douleur il la sentait au niveau de sa cuisse droite. L'ayant aid&#233; &#224; baisser son pantalon, je m'aper&#231;ois d'une marre de sang ; et c'est l&#224; que je me rends compte de la gravit&#233; des choses. Je n'ai pas os&#233; regarder davantage ; c'&#233;tait horrible. J'avais vraiment peur et &#233;tais d&#233;sesp&#233;r&#233; et j'avais compris la raison de la perte de conscience de Loun&#232;s. Tant&#244;t je lui prends la main, tant&#244;t je lui tiens le visage (je n'avais qu'une seule main de libre) pour donner du courage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Arriv&#233;s dans la cour de l'h&#244;pital, c'est sans aucun humanisme que les gendarmes avaient tir&#233; le corps de Loun&#232;s de leur v&#233;hicule. A l'agent hospitalier qui voulait prendre soin du corps soufrant de blessures graves en le maniant avec d&#233;licatesse comme son m&#233;tier le lui dictait certainement, un des gendarmes avait dit : &#8220;Tires-le et laisses-le mourir, sale chien !&#8221; (traduction de l'arabe). Cela donne une image du m&#233;pris qu'a le syst&#232;me envers le peuple et surtout quand il s'agit d'un militant d&#233;fendant sa berb&#233;rit&#233;. Cela trahit &#233;galement le racisme ambiant qui r&#232;gne au sein de l'institution militaire alg&#233;rienne. Ce gendarme est &#233;videmment l'image du syst&#232;me qu'il repr&#233;sente bien par ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Nous venions d'assister &#224; un drame. Nous n'avions jamais imagin&#233; cette issue &#224; notre aventure. Le premier sentiment qui m'est venu &#224; l'esprit c'&#233;tait que je sois responsable de ce qui est arriv&#233; &#224; Loun&#232;s. Je me suis donc senti coupable de ce drame. Oui, coupable, car si je n'avais pas d&#233;cid&#233; de venir diffuser les tracts &#224; Michelet et Iferhoun&#232;ne, il n'y aurait jamais eu cette rencontre avec Loun&#232;s et il n'aurait jamais eu &#224; faire &#224; ce salaud de gendarme, l'assassin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Nous nous sommes donc retrouv&#233;s, mon ami Mehdi et moi, devant une situation que nous n'avions jamais imagin&#233;e. Nous &#233;tions incapables de faire quoi que ce soit. De toute fa&#231;on nous avions les mains li&#233;es avec les menottes des gendarmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&#192; l'h&#244;pital de Michelet, nous avions quitt&#233; le corps de Loun&#232;s sans savoir ce qu'il allait devenir. Moi, j'avais son sang r&#233;pandu sur mon pantalon et mes chaussures et j'ai du regarder cela une semaine durant. En effet, nous avions eu droit &#224; une semaine de d&#233;tention dans des endroits secrets. Les gendarmes de Michelet nous avaient gard&#233;s &#224; la brigade de Michelet jusqu'&#224; la tomb&#233;e de la nuit o&#249; ils nous ont transf&#233;r&#233; la nuit m&#234;me &#224; Alger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Sans aucune surprise, aucune enqu&#234;te n'a &#233;t&#233; effectu&#233;e par les autorit&#233;s pour d&#233;terminer les conditions du drame et pour juger le gendarme qui avait tir&#233; &#224; bout portant sur Loun&#232;s. Une seule chose a &#233;t&#233; faite ; le gendarme a &#233;t&#233; affect&#233; ailleurs. Les autorit&#233;s s'inqui&#233;taient, certainement, pour sa s&#233;curit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Masin FERKAL.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#201;couter un extrait d'une &#233;mission avec Loun&#232;s Matoub &#224; Paris en 1994&lt;/strong&gt;&lt;/h2&gt;&lt;div class=&#034;spip_document_1950 spip_document spip_documents spip_document_audio spip_documents_center spip_document_center&#034;&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;audio-wrapper&#034; style='width:400px;max-width:100%;'&gt; &lt;audio class=&#034;mejs mejs-1950 &#034; data-id=&#034;df1ce2456998c108ef07ff69aff80873&#034; src=&#034;IMG/mp3/Matoub-1994.mp3&#034; type=&#034;audio/mpeg&#034; preload=&#034;none&#034; data-mejsoptions='{&#034;iconSprite&#034;: &#034;plugins-dist/medias/lib/mejs/mejs-controls.svg&#034;,&#034;alwaysShowControls&#034;: true,&#034;loop&#034;:false,&#034;audioWidth&#034;:&#034;100%&#034;}' controls=&#034;controls&#034; &gt;&lt;/audio&gt; &lt;/div&gt;
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&lt;/div&gt;
&lt;br&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;br&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;En octobre 2008, cet article a &#233;t&#233; publi&#233; sur Tamazgha.fr avec le titre &#034;Il y a vingt ans, un gendarme alg&#233;rien avait tir&#233; sur Loun&#232;s Matoub...&#034;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Assassinat de Loun&#232;s Matoub : onze ans apr&#232;s, la question ne se pose plus !</title>
		<link>http://www.tamazgha.fr/Assassinat-de-Lounes-Matoub-onze-apres-la-question-ne-se-pose-plus,2472.html</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.tamazgha.fr/Assassinat-de-Lounes-Matoub-onze-apres-la-question-ne-se-pose-plus,2472.html</guid>
		<dc:date>2009-06-25T21:27:55Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Masin</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Le 25 juin 1998 &#224; la mi-journ&#233;e, Loun&#232;s Matoub fut assassin&#233; pas loin de son village au c&#339;ur de la Kabylie. Cet assassinat a boulevers&#233; le monde entier et la Kabylie en particulier. La population kabyle a aussit&#244;t d&#233;ferl&#233; sur Tizi-Ouzou. Des manifestations publiques ont gagn&#233; le pays Kabyle entier. &lt;br class='autobr' /&gt;
Quelques heures apr&#232;s cet assassinat, Noureddine A&#239;t-Hamouda intervient dans les m&#233;dias internationaux (comme France-Infos) pour affirmer que les assassins sont les islamistes du GIA, id&#233;e fixe (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.tamazgha.fr/-Lounes-Matoub-.html" rel="directory"&gt;Loun&#232;s Matoub&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.tamazgha.fr/local/cache-vignettes/L132xH150/arton2472-115fa.jpg?1774402271' class='spip_logo spip_logo_right' width='132' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 25 juin 1998 &#224; la mi-journ&#233;e, Loun&#232;s Matoub fut assassin&#233; pas loin de son village au c&#339;ur de la Kabylie. Cet assassinat a boulevers&#233; le monde entier et la Kabylie en particulier. La population kabyle a aussit&#244;t d&#233;ferl&#233; sur Tizi-Ouzou. Des manifestations publiques ont gagn&#233; le pays Kabyle entier.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
Quelques heures apr&#232;s cet assassinat, Noureddine A&#239;t-Hamouda intervient dans les m&#233;dias internationaux (comme France-Infos) pour affirmer que les assassins sont les islamistes du GIA, id&#233;e fixe &#233;galement d&#233;velopp&#233;e par Khalida Messaoudi, alors d&#233;put&#233;e-RCD au parlement alg&#233;rien. C'est ainsi une v&#233;ritable &#034;pression&#034; m&#233;diatique qui s'exerce pour faire admettre la th&#232;se du GIA dans l'assassinat de Loun&#232;s. M&#234;me Malika Matoub, la s&#339;ur de Loun&#232;s, d&#233;clare que les assassins sont les islamistes du GIA. Plusieurs observateurs se posaient d&#233;j&#224; la question de l'int&#233;r&#234;t du RCD &#224; vouloir imposer &#224; l'opinion la th&#232;se du GIA dans cet assassinat.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; cette pression, les jeunes manifestants de Kabylie envahissant les rues clamaient fort &#034;Pouvoir assassin !&#034;. Cette phrase &#224; elle seule r&#233;sume ce que pense la Kabylie profonde de cet assassinat. La junte militaire, au pouvoir depuis 1962, est clairement mise en cause et rendue responsable de ce crime politique par les foules des manifestants.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques jours plus tard, Malika Matoub revient sur ses d&#233;clarations initiales et, avec sa m&#232;re, demande &#224; ce que toute la v&#233;rit&#233; soit faite sur l'assassinat. Elles exigent qu'une v&#233;ritable enqu&#234;te soit diligent&#233;e. Elles rel&#232;vent plusieurs points d'ombre dans la gestion faite par les autorit&#233;s de cette affaire. A ce jour elles ne cessent de demander &#224; ce que toute la lumi&#232;re soit faite sur cette affaire.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est au tour de Nadia Matoub, par la suite, de se joindre aux voix de Malika et sa m&#232;re pour demander une enqu&#234;te sur l'assassinat. Elle n'exclut aucune piste quant aux auteurs et commanditaires de l'assassinat.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un texte rendu public par le MAOL, Mouvement alg&#233;rien des officiers libres, en d&#233;saccord avec les g&#233;n&#233;raux au pouvoir, il est donn&#233; des d&#233;tails tr&#232;s accablants concernant l'assassinat de Matoub Loun&#232;s. Des responsables du RCD &#224; l'&#233;poque de l'assassinat de Loun&#232;s, en l'occurrence Noureddine A&#239;t-Hamouda et Khalida Messaoudi, ont &#233;t&#233; cit&#233;s dans ce texte. D'apr&#232;s le MAOL, Noureddine A&#239;t Hamouda aurait jou&#233; un r&#244;le important dans le complot de l'assassinat de Loun&#232;s commandit&#233; par le haut commandement militaire alg&#233;rien dans le but de d&#233;stabiliser Zeroual et le pousser au d&#233;part. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;l&#233;ments du MAOL ne peuvent &#234;tre qu'une frange de la junte militaire alg&#233;rienne ; ils sont donc du s&#233;rail et s'ils ont &#233;voqu&#233; l'affaire Matoub ce n'est que parce qu'ils ont un quelconque int&#233;r&#234;t. Ce n'est sans doute pas le d&#233;sir de contribuer &#224; faire conna&#238;tre la v&#233;rit&#233; sur cette affaire qui les anime. Eux qui sont des nationalo-arabo-islamistes. Mais dans leurs d&#233;clarations ils ont cit&#233; des noms et ont &#233;voqu&#233; des faits ; ce sont ces &#233;l&#233;ments qui nous int&#233;ressent. Et aux personnes cit&#233;es de se prononcer et donner leurs versions quant aux faits relev&#233;s par le MAOL. Ces personnes doivent notamment d&#233;mentir les d&#233;clarations des officiers du MAOL s'il y a diffamation. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre &#233;pisode ayant marqu&#233; l'affaire Matoub est le reportage r&#233;alis&#233; par la cha&#238;ne de t&#233;l&#233;vision fran&#231;aise Canal+, dans le cadre de son &#233;mission &#034;90 minutes&#034;, consacr&#233; &#224; l'affaire Matoub et intitul&#233; &#034;la grande manip&#034;. Ce que l'on peut retenir de ce reportage c'est la convergence de l'ensemble des t&#233;moignages vers la th&#232;se d'un assassinat organis&#233; par la junte militaire alg&#233;rienne. Les t&#233;moignages de Malika et Nadia Matoub incitent &#224; se poser des questions quant &#224; l'int&#233;r&#234;t du RCD, ou du moins de certains de ses membres dont Noureddine A&#239;t-Hamouda, &#224; vouloir imposer &#224; l'opinion la th&#232;se du GIA dans l'assassinat de Matoub. Ainsi Malika Matoub affirme &#234;tre f&#233;licit&#233;e par Noureddine A&#239;t-Hamouda pour avoir soutenu que le GIA &#233;tait le responsable de l'assassinat. Il lui aurait m&#234;me propos&#233; de lui faire rencontrer des personnes du haut commandement militaire qui sont satisfaits de ses d&#233;clarations. Nadia Matoub, affirme n&#233;anmoins que des &#233;l&#233;ments du RCD lui avaient promis des visas pour elle et ses s&#339;urs ; en contrepartie, elle devait tenir une conf&#233;rence de presse &#224; Tizi-Ouzou pour laquelle ils lui ont r&#233;dig&#233; la d&#233;claration pr&#233;liminaire qui disait en substance que les assassins &#233;taient des &#233;l&#233;ments du GIA. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans leur ouvrage&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L. Aggoun et J.-B. Rivoire, Fran&#231;alg&#233;rie. Crimes et mensonges d'Etats, La (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; publi&#233; chez les &#233;ditions La D&#233;couverte, Lounis Aggoun et Jean-Baptiste Rivoire reviennent sur l'assassinat de Loun&#232;s et donnent un certain nombre de d&#233;tails sur l'avant et apr&#232;s assassinat. Ils nous apprennent, par exemple, que le jour de l'assassinat un barrage de gendarmerie s'est mis en place sur la route d'At Douala et les gendarmes se sont mis &#224; d&#233;vier la circulation de cette route : seule la Mercedes noire de Loun&#232;s sera autoris&#233;e &#224; emprunter cette route sur laquelle elle sera mitraill&#233;e quelques minutes plus tard...&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec tous les &#233;l&#233;ments que nous connaissons &#224; ce jour, il est difficile de ne pas penser que le r&#233;gime alg&#233;rien ne soit pas responsable de l'assassinat de Matoub Loun&#232;s. La complicit&#233; de Kabyles de service est plus qu'&#233;vidente ; il &#233;tait m&#234;me n&#233;cessaire. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si l'on admet cette hypoth&#232;se, est-il raisonnable aujourd'hui de s'attendre &#224; ce que l'Etat alg&#233;rien fasse la lumi&#232;re sur cette affaire ? Cet Etat est-il en mesure de r&#233;v&#233;ler la v&#233;rit&#233; sur cet assassinat tant que les clans qui l'ont confisqu&#233; ont tout int&#233;r&#234;t &#224; la cacher ? Peut-on vraiment parler de justice dans un Etat o&#249; la mafia militaire fait de la &#034;bonne gouvernance&#034; ? A force d'attendre la lumi&#232;re sur cette affaire, nous finirait-on pas par rester dans l'obscurit&#233;... et oublier ?&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vaut mieux donc dire que la v&#233;rit&#233; nous la connaissons : l'ordre d'ex&#233;cution &#233;manerait du haut commandement militaire alg&#233;rien. L'ex&#233;cution de cette t&#226;che aurait &#233;t&#233; confi&#233;e aux gendarmes et aux suppl&#233;tifs locaux...&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;&lt;i&gt;Masin Ferkal.&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_591 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tamazgha.fr/local/cache-vignettes/L450xH346/Lounes-1-e0ba8.jpg?1774402271' width='450' height='346' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Muhand Sa&#239;di
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;br&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Cet article est une reprise, revue et mise &#224; jour, de l'article intitul&#233; &#034;Affaire Matoub : qui sont les assassins ?&#034; paru dans Kra Isallen (Kilkzanfu) n&#176; 12-13, novembre-d&#233;cembre 2000.&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;j&#224; publi&#233; sur &lt;i&gt;Tamazgha.fr&lt;/i&gt; en juin 2004.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L. Aggoun et J.-B. Rivoire, &lt;i&gt;Fran&#231;alg&#233;rie. Crimes et mensonges d'Etats&lt;/i&gt;, La D&#233;couverte, Paris, 2004 (&lt;a href='http://www.tamazgha.fr/Francalgerie-crimes-et-mensonges-d-Etats,723.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;voir sommaire&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La r&#233;cup&#233;ration de la m&#233;moire de Loun&#232;s Matoub continue</title>
		<link>http://www.tamazgha.fr/La-recuperation-de-la-memoire-de-Lounes-Matoub-continue,2294.html</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.tamazgha.fr/La-recuperation-de-la-memoire-de-Lounes-Matoub-continue,2294.html</guid>
		<dc:date>2008-07-07T00:35:55Z</dc:date>
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		<dc:creator>Masin</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Une comm&#233;moration pollu&#233;e par une d&#233;bauche de drapeaux alg&#233;riens qui rappelle les c&#233;l&#233;brations du FLN, en oubliant que Loun&#232;s, dans son dernier album, a carr&#233;ment incendi&#233; cet oripeau symbole de la mort amazighe. &lt;br class='autobr' /&gt; Scandaleux, honteux, inadmissible,&#8230; Difficile de trouver les mots pour qualifier ce que l'on fait subir &#224; Loun&#232;s Matoub dans sa tombe. Sur une vid&#233;o tourn&#233;e le 25 juin 2008 dans sa maison &#224; Taourit Moussa en Kabylie, nous sommes frapp&#233;s par la pr&#233;sence excessive du drapeau (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.tamazgha.fr/-Lounes-Matoub-.html" rel="directory"&gt;Loun&#232;s Matoub&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.tamazgha.fr/local/cache-vignettes/L150xH150/arton2294-49ec4.jpg?1774402271' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Une comm&#233;moration pollu&#233;e par une d&#233;bauche de drapeaux alg&#233;riens qui rappelle les c&#233;l&#233;brations du FLN, en oubliant que Loun&#232;s, dans son dernier album, a carr&#233;ment incendi&#233; cet oripeau symbole de la mort amazighe.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;br&gt;
&lt;div class='spip_document_5293 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tamazgha.fr/local/cache-vignettes/L450xH346/memoire-matoub-01d6c.jpg?1774402271' width='450' height='346' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt;
Scandaleux, honteux, inadmissible,&#8230; Difficile de trouver les mots pour qualifier ce que l'on fait subir &#224; Loun&#232;s Matoub dans sa tombe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur une vid&#233;o tourn&#233;e le 25 juin 2008 dans sa maison &#224; Taourit Moussa en Kabylie, nous sommes frapp&#233;s par la pr&#233;sence excessive du drapeau alg&#233;rien. L'on se croirait dans un de ces innombrables carr&#233;s des martyrs, sp&#233;cialit&#233; du pouvoir alg&#233;rien ! Dans ce d&#233;cor, aucun drapeau amazigh n'est pr&#233;sent. Il est vrai qu'il n'a pas sa place au milieu de cette d&#233;bauche de drapeaux alg&#233;riens !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme venue du fond des &#226;ges, la voix d'une femme vient rappeler le devoir de m&#233;moire. Dans un langage simple, elle n'a pas h&#233;sit&#233; &#224; exprimer sa d&#233;ception et son amertume, mais aussi &#224; rappeler le combat du peuple kabyle et son ostracisme par le pouvoir d'Alger. Elle revient notamment sur les &#233;v&#233;nements du Printemps noir et les crimes commis par l'&#201;tat alg&#233;rien notamment lors de la grande manifestation kabyle du 14 juin 2001. Tr&#232;s affect&#233;e par le spectacle, cette femme trouve scandaleux que &#231;a soit le drapeau alg&#233;rien qui soit mis &#224; l'honneur dans la maison o&#249; est enterr&#233; Loun&#232;s alors que, selon elle, il est mort pour le drapeau amazigh.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous vous livrons ses propos, car ils nous semblent tr&#232;s pertinents. Son message est tellement fort que nous avons tenu &#224; les mettre en ligne. Cette vid&#233;o montre &#233;galement la gravit&#233; de la situation politique aujourd'hui en Kabylie, une situation on ne peut plus inqui&#233;tante tellement elle semble annonciatrice de toutes les d&#233;rives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour revenir &#224; la d&#233;bauche de drapeaux alg&#233;riens qui font le d&#233;cor de la maison de Loun&#232;s et l'absence totale de drapeaux amazighs, l'on se pose des questions sur la responsabilit&#233; de la famille de Loun&#232;s Matoub ainsi que de la Fondation qui porte son nom.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;La R&#233;daction.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
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&lt;iframe frameborder=&#034;0&#034; width=&#034;480&#034; height=&#034;270&#034; src=&#034;//www.dailymotion.com/embed/video/x61kvq&#034; allowfullscreen allow=&#034;autoplay&#034;&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
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&lt;a href=&#034;http://www.dailymotion.com/-koceila-/video/x5zu38_25-juin-2008-recueil-sur-la-tombe-d_news&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pour voir la totalit&#233; de la vid&#233;o&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Tamazgha boycotte la c&#233;r&#233;monie d'inauguration de la rue Loun&#232;s Matoub &#224; Paris</title>
		<link>http://www.tamazgha.fr/Tamazgha-boycotte-la-ceremonie-d-inauguration-de-la-rue-Lounes-Matoub-a-Paris,2289.html</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.tamazgha.fr/Tamazgha-boycotte-la-ceremonie-d-inauguration-de-la-rue-Lounes-Matoub-a-Paris,2289.html</guid>
		<dc:date>2008-06-30T06:10:30Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Masin</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Lors de la c&#233;l&#233;bration du nouvel an berb&#232;re (Yennayer) 2007 &#224; l'H&#244;tel de Ville, le Maire de Paris, Bertrand Delano&#235;, avait fait savoir sa volont&#233; d'honorer une personnalit&#233; berb&#232;re en donnant son nom &#224; une rue de Paris. Les Berb&#232;res s'&#233;taient r&#233;jouit de cette promesse qu'ils consid&#232;raient comme un signe de reconnaissance des Berb&#232;res et de leur culture. Et lorsque le choix du Maire de Paris s'est port&#233; sur Loun&#232;s Matoub, cela a &#233;t&#233; appr&#233;ci&#233; davantage dans la mesure o&#249; l'on pouvait un geste (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.tamazgha.fr/-Lounes-Matoub-.html" rel="directory"&gt;Loun&#232;s Matoub&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.tamazgha.fr/local/cache-vignettes/L125xH150/arton2289-33a1d.jpg?1774402271' class='spip_logo spip_logo_right' width='125' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Lors de la c&#233;l&#233;bration du nouvel an berb&#232;re (Yennayer) 2007 &#224; l'H&#244;tel de Ville, le Maire de Paris, Bertrand Delano&#235;, avait fait savoir sa volont&#233; d'honorer une personnalit&#233; berb&#232;re en donnant son nom &#224; une rue de Paris. Les Berb&#232;res s'&#233;taient r&#233;jouit de cette promesse qu'ils consid&#232;raient comme un signe de reconnaissance des Berb&#232;res et de leur culture. Et lorsque le choix du Maire de Paris s'est port&#233; sur Loun&#232;s Matoub, cela a &#233;t&#233; appr&#233;ci&#233; davantage dans la mesure o&#249; l'on pouvait un geste de sympathie pour le combat des Imazighen dont Loun&#232;s Matoub est le symbole.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Naturellement, tout le monde s'attendait &#224; ce que Loun&#232;s Matoub soit pr&#233;sent&#233; comme chanteur amazigh (berb&#232;re), ce qui aurait &#233;t&#233; conforme &#224; la promesse du Maire de Paris en janvier 2007. Mais &#224; la veille de cette cons&#233;cration, on apprend avec stup&#233;faction que sur la plaque qui sera appos&#233;e dans la rue sera &#233;crit ceci : &#034;Loun&#232;s Matoub (1956-1998) po&#232;te chanteur alg&#233;rien d'expression berb&#232;re assassin&#233; en Kabylie le 25 juin 1998&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En feignant d'honorer une personnalit&#233; berb&#232;re, le Maire de Paris a honor&#233; une personnalit&#233; alg&#233;rienne par biais de Loun&#232;s Matoub.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Mairie de Paris a r&#233;duit ce symbole du combat amazigh &#224; un chanteur alg&#233;rien d'expression berb&#232;re, ce qui laisserait supposer que Loun&#232;s Matoub peut ne pas &#234;tre Berb&#232;re. Et, le comble, la pr&#233;cision &#034;assassin&#233; en Kabylie&#034;, supposerait que Loun&#232;s Matoub fut assassin&#233; par les Kabyles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les membres de Tamazgha, scandalis&#233;s par cette pr&#233;sentation de Loun&#232;s Matoub ont adress&#233; une lettre au Maire de Paris pour lui signifier leur m&#233;contentement. Ils ont d&#233;cid&#233;, en outre, de d&#233;cliner l'invitation du Maire de Paris &#224; l'inauguration de la rue Loun&#232;s Maoub pr&#233;vue pour le 3 juillet 2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tamazgha refuse de cautionner cette supercherie et compte, en plus, &#339;uvrer de toutes ses forces afin de sensibiliser l'opinion quant &#224; cette mascarade. Elle appelle l'ensemble des personnes ayant pris conscience de l'ampleur du scandale &#224; se mobiliser afin de d&#233;noncer la d&#233;marche de la Mairie de Paris tout en sommant Bertrand Delano&#235; de &#034;rectifier le tir&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous publions ci-dessous la lettre adress&#233;e par Tamazgha au Maire de Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;La R&#233;daction.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Proposition raisonnable d'une plaque par Tamazgha&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_1930 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tamazgha.fr/local/cache-vignettes/L300xH265/rue_matoub-1bd40.jpg?1774402271' width='300' height='265' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Lettre de Tamazgha &#224; Bertrand Delano&#235;, Maire de Paris
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Monsieur le Maire,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En janvier 2008, &#224; la veille de la campagne pour les &#233;lections municipales, vous aviez fait savoir &#224; l'opinion votre volont&#233; de donner le nom de Loun&#232;s Matoub &#224; une rue de Paris. Cette promesse a &#233;t&#233; re&#231;ue par les Berb&#232;res comme un gage de sympathie de votre part vis-&#224;-vis de leur combat pour le recouvrement de leurs langue, culture et identit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, les Berb&#232;res s'attendaient &#224; ce que Loun&#232;s Matoub soit honor&#233; en tant que chanteur berb&#232;re conform&#233;ment &#224; votre promesse faite en janvier 2007, lors de la c&#233;l&#233;bration du nouvel an berb&#232;re &#224; l'H&#244;tel de Ville. En effet, vous aviez, ce soir-l&#224;, manifest&#233; votre souhait d'honorer une personnalit&#233; berb&#232;re en donnant son nom &#224; une rue de Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais &#224; notre grande surprise, nous apprenons que vous avez finalement d&#233;cid&#233; de pr&#233;senter Loun&#232;s Matoub, personnalit&#233; berb&#232;re, comme &#034;po&#232;te chanteur alg&#233;rien d'expression berb&#232;re assassin&#233; en Kabylie le 25 juin 1998&#034;, ce qui a scandalis&#233; plus d'un(e) berb&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous, membres de Tamazgha, ONG de d&#233;fense des droits et int&#233;r&#234;ts des Berb&#232;res, tenons &#224; d&#233;noncer cette qualification qui, pour nous, rel&#232;ve du m&#233;pris vis-&#224;-vis des Berb&#232;res et de leur combat. Combat que feu Matoub a men&#233; tout au long de sa vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, nous estimons que l'expression &#034;assassin&#233; en Kabylie&#034; sugg&#232;re une lecture insidieuse &#224; savoir que l'on pourrait supposer que Loun&#232;s Matoub fut assassin&#233; par les Kabyles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Veuillez agr&#233;er, Monsieur le Maire, nos salutations les plus distingu&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Tamazgha,&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paris, le 29 juin 2008.&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Pour &#233;crire au Maire de Paris :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Adresse postale :&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Monsieur le Maire de Paris,&lt;br /&gt;
H&#244;tel de Ville&lt;br /&gt;
75196 Paris Cedex 04.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.paris.fr/portail/contacts/Portal.lut?page_id=5722&amp;document_type_id=12&amp;document_id=10737&amp;portlet_id=12354&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Envoyer un message &#233;lectronique au Maire de Paris&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.paris.fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Site de la Mairie de Paris&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Matoub... ce tatouage ind&#233;l&#233;bile ...</title>
		<link>http://www.tamazgha.fr/Matoub-ce-tatouage-indelebile,1853.html</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Masin</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;C'est en 1990, alors coll&#233;gien, que j'ai d&#233;couvert pour la premi&#232;re fois Matoub Loun&#232;s. &#034;Ironie du sort&#034;. Cet album, n&#233; dans la douleur de son auteur, et que je garde toujours jalousement, m'a ouvert les yeux sur le combat du peuple berb&#232;re pour la libert&#233;. Gr&#226;ce &#224; lui, j'ai aussi d&#233;couvert la Kabylie ainsi que l'engagement d'un homme pour la survie de la culture amazighe tenue sous respiration artificielle par toutes les dictatures qui gouvernement l'Afrique du Nord. &#034;Isem-iw imenghi&#034;. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.tamazgha.fr/-Lounes-Matoub-.html" rel="directory"&gt;Loun&#232;s Matoub&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.tamazgha.fr/local/cache-vignettes/L114xH150/arton1853-d70ca.jpg?1774402271' class='spip_logo spip_logo_right' width='114' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est en 1990, alors coll&#233;gien, que j'ai d&#233;couvert pour la premi&#232;re fois Matoub Loun&#232;s. &#034;Ironie du sort&#034;. Cet album, n&#233; dans la douleur de son auteur, et que je garde toujours jalousement, m'a ouvert les yeux sur le combat du peuple berb&#232;re pour la libert&#233;. Gr&#226;ce &#224; lui, j'ai aussi d&#233;couvert la Kabylie ainsi que l'engagement d'un homme pour la survie de la culture amazighe tenue sous respiration artificielle par toutes les dictatures qui gouvernement l'Afrique du Nord. &lt;i&gt;&#034;Isem-iw imenghi&#034;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'avais 15 ans. Je me for&#231;ais &#224; comprendre les paroles des chansons. Moha, qui m'avait apport&#233; la cassette m'avait racont&#233; que Matoub Loun&#232;s est une l&#233;gende dans son pays. Un rebelle qui &#233;ternise la r&#233;sistance des Hommes libres pour la libert&#233; et la dignit&#233;. &lt;i&gt;&#034;An-nerr'ez Ul'anneknu&#034;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec le temps, Matoub est devenu pour nous une sorte de proph&#232;te. Un messie qui pr&#234;che dans notre langue. Loun&#232;s est une voix qui r&#233;pand la parole interdite sur la terre de son peuple. Pers&#233;cut&#233;, il a endur&#233; toutes les souffrances des proph&#232;tes. Toute une g&#233;n&#233;ration s'identifie &#224; ses textes cisel&#233;s dans la belle langue mal aim&#233;e des anc&#234;tres. On buvait sa parole interdite d'antenne et on r&#234;vait de r&#233;volution. &lt;i&gt;&#034;Tagrawla, nebgha at-tenz'er&#034;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce cri, cette langue, ce refus sont aussi les n&#244;tres, mais &#233;touff&#233;s par tant d'ann&#233;es de colonisation et de m&#233;pris. Matoub est un r&#233;sistant, un esprit libre comme l'&#233;tait Yugerten, Dihya, Hend-U-Merri et Zayd-U-Hmad, h&#233;ros de ma r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les multiples blessures de Matoub, les balles qu'il avait re&#231;ues sur la route de Michelet, ses diff&#233;rentes op&#233;rations chirurgicales, les paroles de ses chansons qu'on essayait de d&#233;chiffrer ponctuaient nos discussions de jeunes militants berb&#232;res. &lt;i&gt;&#034;Xels'egh adrar s idammen-iw&#034;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'&#233;poque &#224; Tamazgha Occidentale, Matoub Loun&#232;s &#233;tait moins connu qu'Idir et A&#239;t Menguellet. On pouvait &#233;couter leurs chansons dans quelques caf&#233;s de Tizi n Imnayen (Goulmima), Tinejdad, Tinghir ou de Boumalen n Dad&#232;s, dont les propri&#233;taires sont sensibles aux revendications du mouvement berb&#232;re. Cela relevait du courage. Un acte de militantisme et d'engagement. Suite &#224; l'&#233;touffement dont souffraient les artistes locaux, les chanteurs de la Kabylie lointaine et rebelle comblent parfaitement ce vide. Cette situation d&#233;rangea le pouvoir de Rabat. &#034;Je suis de la race des guerriers&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs habitants du Grand Tafilalt, notamment les lyc&#233;ens et les coll&#233;giens, d&#233;couvriront le combat des Imazighen pour la libert&#233; gr&#226;ce aux chanteurs kabyles engag&#233;s. Conscientes de ce &#034;danger&#034;, les autorit&#233;s finissent par intimer aux propri&#233;taires des caf&#233;s de ne plus diffuser des chansons kabyles dans leurs &#233;tablissements sous peine de repr&#233;sailles. Cette d&#233;cision d&#233;bile a &#233;t&#233; prise suite &#224; l'arrestation arbitraire en mai 1994 de sept membres de l'Association Tilelli de Tizi n Imnayen. Absurde. Qui peut arr&#234;ter une chanson ? &lt;i&gt;&#034;Add yeqqim later-iw&#034;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les textes de Matoub, aff&#251;t&#233;s comme des couteaux, cisel&#233;s dans l'Histoire plusieurs fois mill&#233;naire de notre peuple, son courage l&#233;gendaire, son enl&#232;vement par les chasseurs des lumi&#232;res &lt;i&gt;(inegmaren n tafat)&lt;/i&gt;, son engagement en faveur de toutes les causes justes finit par le consacrer comme une l&#233;gende vivante, un symbole de lutte pour des milliers de jeunes militants. &#034;Je suis le patriote de toutes les patries opprim&#233;es&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sein du Mouvement amazigh estudiantin de Mekn&#232;s, avant et apr&#232;s son assassinat, le portrait de Matoub Loun&#232;s, ses CD, ses photos et son autobiographie &#034;Rebelle&#034; &#233;taient toujours pr&#233;sents. Ils le sont toujours. Un stand lui a &#233;t&#233; m&#234;me consacr&#233; chaque ann&#233;e lors des activit&#233;s du mouvement dans diff&#233;rentes universit&#233;s. On a finit par l'appeler affectueusement &lt;i&gt;&#034;Taxamt n Matub&#034;&lt;/i&gt;. Ses photos, les paroles de ses chansons ornent les m&#251;rs des chambres des &#233;tudiants dans diff&#233;rentes cit&#233;s universitaires. Matoub est partout. Son esprit libre habite les c&#339;urs de tous les amoureux de la libert&#233;, de la justice sociale et de la d&#233;mocratie. &lt;i&gt;&#034;Ars'ed' ad yeffi&#034;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son assassinat par les ennemis de la libert&#233; a affect&#233; s&#233;rieusement tous les amoureux de la culture amazighe et de la d&#233;mocratie de par le monde. Des jeunes de ma r&#233;gion avaient d&#233;cid&#233; de se rendre en Kabylie pour assister &#224; l'enterrement du rebelle. Le consulat d'Alg&#233;rie &#224; Rabat leur a refus&#233; des visas. Muhand Sa&#239;di, artiste et militant infatigable de la cause amazigh, a rendu hommage &#224; Matoub Loun&#232;s en &#233;crivant son nom avec son propre sang. Le tableau porte le nom &lt;i&gt;&#034;Idammen n Matub&#034;&lt;/i&gt;. Son sang trahi est aussi le n&#244;tre. Unis pour toujours dans cet &#233;ternel combat pour la libert&#233; et l'amazighit&#233;. &lt;i&gt;&#034;Ku lhaja tes&#226;a Bab-is&#034;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1434 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tamazgha.fr/local/cache-vignettes/L447xH309/Matoub-idammen-14dce.jpg?1774402271' width='447' height='309' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Lwennas, &lt;i&gt;&#034;Tura sta&#226;fu&#034;&lt;/i&gt;. La r&#233;sistance continue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;&lt;i&gt;Lhoussain Azergui&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'assassinat de Loun&#232;s Matoub ou comment &#034;soulever&#034; la Kabylie...</title>
		<link>http://www.tamazgha.fr/L-assassinat-de-Lounes-Matoub-ou-comment-soulever-la-Kabylie,1376.html</link>
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		<dc:creator>Masin</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Il est difficile de dissocier l'assassinat de Loun&#232;s Matoub de la strat&#233;gie d'un clan de la junte militaire alg&#233;rienne de d&#233;stabiliser le g&#233;n&#233;ral Zeroual. Pour cela, le moyen &#233;tait de provoquer la Kabylie et la pousser &#224; la &#034;r&#233;volte&#034;... une r&#233;volte cependant contr&#244;l&#233;e et qui devait servir les seuls int&#233;r&#234;ts de ses &#034;organisateurs&#034;... &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais pourquoi c'est Loun&#232;s qui devait en faire les frais ? Et pourquoi la Kabylie, encore une fois, n'a pas su d&#233;jouer le pi&#232;ge ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avons vu comment les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.tamazgha.fr/-Lounes-Matoub-.html" rel="directory"&gt;Loun&#232;s Matoub&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.tamazgha.fr/local/cache-vignettes/L95xH150/arton1376-541fb.jpg?1774402271' class='spip_logo spip_logo_right' width='95' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il est difficile de dissocier l'assassinat de Loun&#232;s Matoub de la strat&#233;gie d'un clan de la junte militaire alg&#233;rienne de d&#233;stabiliser le g&#233;n&#233;ral Zeroual. Pour cela, le moyen &#233;tait de provoquer la Kabylie et la pousser &#224; la &#034;r&#233;volte&#034;... une r&#233;volte cependant contr&#244;l&#233;e et qui devait servir les seuls int&#233;r&#234;ts de ses &#034;organisateurs&#034;...&lt;br&gt;
Mais pourquoi c'est Loun&#232;s qui devait en faire les frais ? Et pourquoi la Kabylie, encore une fois, n'a pas su d&#233;jouer le pi&#232;ge ? &lt;br&gt;
Nous avons vu comment les relais locaux de la junte militaire en Kabylie avaient tout fait pour faire admettre la th&#232;se islamiste dans l'assassinat de Loun&#232;s. Pourtant l'opinion kabyle &#233;tait, et l'est toujours, claire : jamais la th&#232;se de l'assassinat de Loun&#232;s par les services du DRS et leurs relais locaux n'a &#233;t&#233; remise en cause... Le slogan &#034;Pouvoir assassin&#034; &#224; lui seul en dit long quant &#224; ce que pensent les Kabyles de cette affaire.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Mais malgr&#233; cela, il n'y a pas eu vraiment de litt&#233;rature &#224; ce sujet ! Et l'un des ouvrages qui traite de cet assassinat est celui intitul&#233; &#034;Fran&#231;alg&#233;rie. Crimes et mensonges d'Etats&#034;, de Lounis Aggoun et Jean-Baptiste Rivoire, publi&#233; aux &#233;ditions &lt;i&gt;La D&#233;couverte&lt;/i&gt; en 2004.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Avec l'aimable autorisation de l'&#233;diteur ainsi que des auteurs de l'ouvrage, nous reproduisons ci-apr&#232;s le chapitre de l'ouvrage qui traite de l'assassinat de Loun&#232;s Matoub. Il apportera certainement des &#233;l&#233;ments de compr&#233;hension suppl&#233;mentaires &#224; celles et ceux qui ne comptent pas oublier l'assassinat de Loun&#232;s...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr&gt;
&lt;br&gt;
&lt;center&gt;&lt;b&gt;La carte kabyle contre Zeroual&lt;/b&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
En organisant les terribles massacres de l'&#233;t&#233; 1997, le &#034;clan &#233;radicateur&#034; visait notamment, on l'a vu, &#224; d&#233;stabiliser le clan pr&#233;sidentiel et emp&#234;cher le g&#233;n&#233;ral Betchine d'accro&#238;tre son pouvoir. Selon le MAOL, le conflit entre les deux clans atteint son apog&#233;e au printemps 1988. L'urgence pour le &#034;clan fran&#231;ais&#034; devient critique lorsque le g&#233;n&#233;ral Betchine est soup&#231;onn&#233; &#171; de pr&#233;parer avec d'autres officiers [...] une &#034;nuit des longs couteaux&#034;. [...] Un des grands coups r&#233;alis&#233;s par le bureau de Betchine est le limogeage du g&#233;n&#233;ral Abdelmadjid Taright pour cause de corruption ou celui du g&#233;n&#233;ral Sa&#239;d Bey [...] suite &#224; sa passivit&#233; coupable avant et apr&#232;s les grands massacres de 1997&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;MAOL, &#034;L'affaire Matoub&#034;, www.anp.org, 2002.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;br&gt;
La situation est donc s&#233;rieuse pour le &#034;clan Belkheir&#034; et celui-ci est d&#233;sormais d&#233;cid&#233; &#224; se d&#233;barrasser du g&#233;n&#233;ral Z&#233;roual, pr&#233;sident trop indocile. Encore faut-il lui trouver un rempla&#231;ant cr&#233;dible. Abdelaziz Bouteflika, l'ancien ministre des Affaires &#233;trang&#232;res de Boumediene, marginalis&#233; des all&#233;es du pouvoir depuis de longues ann&#233;es, est alors discr&#232;tement approch&#233;. Selon l'ex-colonel B. Ali, &#171; Bouteflika savait qu'il allait &#234;tre pr&#233;sident bien avant le d&#233;part de Z&#233;roual. Des contacts avaient &#233;t&#233; pris en Suisse (r&#233;unions &#224; Gen&#232;ve et aux &#201;mirats, sous le patronage de cheikh Za&#239;d) d&#232;s mars 1998&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Interview de l'ex-colonel B. Ali pour le documentaire Alg&#233;rie, la grande (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Voil&#224; pour la rel&#232;ve... Il reste &#224; provoquer son enfantement. Mais que faire lorsque les massacres de masse de l'ann&#233;e 1997 n'ont pas r&#233;ussi &#224; faire plier le duo Z&#233;roual-Betchine ? La solution, quand rien ne marche, consiste &#224; jouer la &#034;carte kabyle&#034;. Les &#034;d&#233;cideurs&#034; envisagent ainsi de mobiliser la Kabylie pour contrer le projet d'&#034;arabisation totale&#034; promu par le gouvernement Ouyahia&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le 17 d&#233;cembre 1996, le Conseil national de transition avait vot&#233; une loi (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, mais cela ne constitue pas en soi une nouveaut&#233; susceptible de justifier une explosion &#224; m&#234;me de fragiliser le pouvoir pr&#233;sidentiel... Fin juin, c'est l'assassinat du tr&#232;s populaire chanteur Loun&#232;s Matoub qui va faire basculer la r&#233;gion dans la violence et provoquer finalement la chute du pr&#233;sident Z&#233;roual.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;b&gt;L'assassinat de Loun&#232;s Matoub&lt;/b&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Le jeudi 25 juin 1998, vers 13 h 30, alors qu'il aborde un virage serr&#233; si route le ramenant de Tizi-Ouzou &#224; B&#233;ni-Douala, son village, la voitun Loun&#232;s Matoub essuie des rafales de mitraillette provenant d'un talus plombant la route. Le chanteur meurt sur place. Quelques jours plus tard, la Kabylie tout enti&#232;re s'embrase contre le r&#233;gime, en protestation contre l'assassinat de son chanteur f&#233;tiche. Quelques semaines apr&#232;s Liamine Zen annoncera sa d&#233;mission.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Le jour de l'embuscade mortelle, cribl&#233; de balles, le chanteur agoni en se vidant de son sang. &#201;galement pr&#233;sentes dans la voiture, son &#233;pouse Nadia et les deux s&#339;urs de celle-ci sont l&#233;g&#232;rement bless&#233;es. Apr&#232;s s'&#234;tre approch&#233;s de la voiture pour s'assurer de la mort du chanteur, les tueurs quittent les en criant ostensiblement des &#034;&lt;i&gt;Allah akbar !&lt;/i&gt;&#034; caract&#233;ristiques des islamistes.&lt;br&gt;
Dans les minutes qui suivent l'op&#233;ration, Noureddine A&#239;t-Hamouda, d&#233;put&#233; local du RCD et chef des &#034;patriotes&#034; (miliciens) de Kabylie, appelle fr&#233;n&#233;tiquement les t&#233;l&#233;s fran&#231;aises. Manifestement bien renseign&#233; sur ce qui vient de se produire, il annonce la mort de Loun&#232;s Matoub et mart&#232;le un message : &#171; Les tueurs sont des islamistes du GIA. &#187; La plupart des m&#233;dias fran&#231;ais relaient la version d'A&#239;t-Hamouda pendant plusieurs jours, contribuant ainsi &#224; accr&#233;diter dans le monde entier l'id&#233;e que Matoub a bien &#233;t&#233; victime de la &#034;barbarie islamiste&#034;.&lt;br&gt;
Mais la population kabyle, elle, n'en croit pas un mot : au cri de &#034;Pouvoir assassin !&#034;, des milliers de jeunes persuad&#233;s que leur idole a &#233;t&#233; assassin&#233;e sur ordre du DRS se mettent &#224; manifester. Dans les semaines pr&#233;c&#233;dant l'op&#233;ration, les habitants de Tala-Bounane, le hameau o&#249; s'est d&#233;roul&#233; l'attentat, ont en effet surpris des militaires en train d'effectuer d'&#233;tranges rep&#233;rages sur la route : &#171; La S&#233;curit&#233; militaire a &#233;tudi&#233; le terrain pendant des mois, raconte ainsi un habitant. Chaque jour, un officier de Tizi-Ouzou&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;II s'agirait de Rachid Nehal, commandant au secteur militaire de Tizi-Ouzou, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; venait faire son petit footing le long de la route&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir le documentaire Alg&#233;rie, la grande manipulation, op. cit.&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Choqu&#233;s, les habitants racontent &#233;galement les harc&#232;lements que leur ont fait subir des civils arm&#233;s se d&#233;pla&#231;ant manifestement en toute impunit&#233; : &#034;Ils r&#244;daient dans les alentours de Tala-Bounane depuis plusieurs mois, raconte ainsi une habitante. Ils cognaient aux portes vers 9 ou 10 heures du soir, comme pour nous effrayer. Ils se faisaient passer pour des islamistes. Ils portaient barbes et perruques, ils &#233;taient sales, mais nous savions qu'il s'agissait de gens de l'&#201;tat, de la S&#233;curit&#233; militaire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid&#034; id=&#034;nh3-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&#034; Pr&#233;occup&#233;s, les habitants tentent d'alerter les autorit&#233;s : &#034;On a pr&#233;venu la gendarmerie, on leur a signal&#233; la pr&#233;sence d'&#233;trangers arm&#233;s se promenant en plein jour dans le secteur. Mais les gendarmes nous ont r&#233;pondu que ces individus ne nous avaient rien fait et qu'il fallait leur foutre la paix&#034;, ajoute un autre habitant&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid&#034; id=&#034;nh3-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Le 22 juin 1998, soit trois jours avant l'attentat, tr&#232;s inquiets de la passivit&#233; des autorit&#233;s et persuad&#233;s qu'un massacre est en pr&#233;paration dans la r&#233;gion, les habitants de Tala-Bounane alertent par fax les autorit&#233;s alg&#233;riennes, plusieurs m&#233;dias fran&#231;ais et Amnesty International.&lt;br&gt;
Le matin du 25 juin, la menace se pr&#233;cise : sur la route qui descend vers Tizi-Ouzou, plusieurs voitures banalis&#233;es immatricul&#233;es &#224; Alger se postent sous les arbres ou au d&#233;tour des virages. &#192; bord, des civils munis de ta&#239;kieswalkies. En fin de matin&#233;e, pr&#233;textant un ratissage en pr&#233;paration dans la zone, les gendarmes ordonnent aux habitants de Tala-Bounane de ne pas sortir de chez eux. Vers midi, alors que Matoub d&#233;jeune avec son &#233;pouse et ses deux belles-s&#339;urs au restaurant Le Concorde de Tizi-Ouzou, les gendarmes d&#233;vient la circulation vers la route passant par le centre de Tala-Bounane. Seule la Mercedes noire de Loun&#232;s sera autoris&#233;e &#224; emprunter la route principale sur laquelle elle sera mitraill&#233;e.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Quelques instants avant que le v&#233;hicule arrive &#224; la hauteur du lieu de l'embuscade, un habitant aper&#231;oit le commando de tueurs, des hommes manifestement &#233;trangers &#224; la r&#233;gion : &#034;J'ai entendu un gr&#233;sillement de ta&#239;kie-&lt;br class='autobr' /&gt;
walkie. Je me suis retourn&#233;, et j'ai vu sept hommes descendre de l'oliveraie. J'ai fait semblant de ne pas les voir... Ce qui &#233;tait bizarre, c'est que les terroristes de la r&#233;gion ne passent jamais par la for&#234;t. Ils empruntent la route normale. Si c'&#233;tait les GIA du coin, j'en aurais au moins reconnu un ou deux, on les conna&#238;t&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid&#034; id=&#034;nh3-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&#034; D'autant plus curieux que cela se passe en plein jour, dans une zone infest&#233;e de militaires et de gendarmes. Vers 13 h 30, Matoub arrive &#224; la hauteur de Tala-Bounane... C'est l'embuscade. On rel&#232;vera plus de soixante-dix-huit impacts de balles sur la carrosserie de sa Mercedes.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Occup&#233;s &#224; ramasser des cailloux sur la route, deux gamins assistent &#224; la sc&#232;ne : &#034;Apr&#232;s avoir tu&#233; Matoub, ils l'ont sorti de la voiture et ils l'ont film&#233;&#034;, affirmera l'un d'eux. &#034;Un peu plus tard, je les ai vus revenir avec des tenues militaires&#034;, dira son camarade. &#034;II y avait un camion de l'arm&#233;e sur la route&#034;, confirme une femme habitant en contrebas du lieu de l'attentat. &#034;Apr&#232;s l'assassinat, les assaillants sont repartis en longeant ma maison. Ils sont descendus sous la route et l&#224; [peu apr&#232;s], ils sont remont&#233;s habill&#233;s en tenue militaire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid&#034; id=&#034;nh3-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&#034; Quelques jours apr&#232;s l'attentat, les gendarmes locaux, qui avaient &#233;t&#233; impliqu&#233;s dans la s&#233;curisation du secteur sous pr&#233;texte de ratissage, sont mut&#233;s et l'affaire Matoub est class&#233;e.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
D&#232;s le 25 juin, les plus hauts dirigeants du RCD d&#233;ploient une &#233;nergie consid&#233;rable pour convaincre le monde entier que, contrairement &#224; ce que d&#233;noncent les jeunes manifestants kabyles, l'op&#233;ration a bien &#233;t&#233; par des islamistes : dans les heures qui suivent l'attentat, certains de ses dirigeants appellent Malika Matoub, en r&#233;gion parisienne, et l'incitent &#224; raconter &#224; la t&#233;l&#233;vision fran&#231;aise que son fr&#232;re a &#233;t&#233; assassin&#233; &#034;par le GIA&#034; - th&#232;se qu'elle relaiera pendant longtemps. En Kabylie, le RCD &#233;dite et distribue 10 000 exemplaires un tract d&#233;non&#231;ant un assassinat &#034;islamiste&#034;. Il est placard&#233; sur les fa&#231;ades de Tizi-Ouzou dans l'heure qui suit le meurtre.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
La campagne lanc&#233;e par le RCD produit son effet : en quelques jours, la communaut&#233; internationale et une partie de l'opinion alg&#233;rienne se laissent convaincre que Loun&#232;s a &#233;t&#233; tu&#233; par des islamistes. Une fois encore, un assassinat commandit&#233; par l'un des clans du pouvoir est donc faussement attribu&#233; au GIA. Reste &#224; comprendre qui avait int&#233;r&#234;t &#224; &#233;liminer l'un des plus grands chanteurs kabyles et pourquoi.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;b&gt;Assassins DRS et complicit&#233;s locales&lt;/b&gt;&lt;/center&gt;
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L'assassinat de Loun&#232;s Matoub compte parmi les affaires qui ont fait couler le plus d'encre et donn&#233; lieu &#224; de nombreux documents t&#233;l&#233;vis&#233;s et divers proc&#232;s. Elle est &#224; la mesure du personnage, controvers&#233;e, riche en ramifications et en manipulations. En Kabylie, chaque habitant ou presque est en mesure de donner son propre d&#233;tail croustillant sur les circonstances de cette mort. Tous mettent en cause le r&#233;gime et la plupart impliquent les milices locales dans l'ex&#233;cution. D&#232;s le d&#233;but, le z&#232;le des responsables du RCD &#224; mettre tout de suite le meurtre sur le dos du &#034;GIA&#034; en a intrigu&#233; plus d'un. Le jour de l'enterrement, Sa&#239;d Sadi, qui met lui-m&#234;me en cause des &#034;complicit&#233;s locales&#034; - dans sa dialectique, il faut les chercher au sein du FFS -, est pris &#224; partie par la population.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Faute de commission d'enqu&#234;te ind&#233;pendante du r&#233;gime - on peut comprendre ses r&#233;ticences &#224; la r&#233;unir - et ne pouvant jouir des libert&#233;s et de la s&#233;curit&#233; n&#233;cessaires pour enqu&#234;ter et faire le tri parmi toutes les versions qui circulent, ne pouvant exposer les multiples t&#233;moins que nous avons entendus sans mettre leur vie en p&#233;ril, nous avons choisi de ne retenir ici que l'essentiel. Un r&#233;cit d&#233;taill&#233; du &#034;complot&#034; qui serait derri&#232;re la mort du chanteur a &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233; en 2002 par le MAOL sur son site web. Souvent confus (&#224; la diff&#233;rence de la plupart des dossiers publi&#233;s ant&#233;rieurement par les officiers dissidents), il est impossible de confirmer ce r&#233;cit, faute de t&#233;moignages de l'&#034;int&#233;rieur&#034; du pouvoir permettant les recoupements que dicte une enqu&#234;te s&#233;rieuse. Nous ne donnerons pas davantage &#233;cho aux aspects graveleux de l'affaire (&#233;voqu&#233;s aussi sur le site du MAOL), qui expliqueraient le choix de Loun&#232;s Matoub comme victime expiatoire, comme &#034;allumette&#034; de l'incendie qui secouera la Kabylie.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
En septembre 2000, l'ex-colonel B. Ali, du MAOL, nous a en tout cas confirm&#233; que le &#034;clan &#233;radicateur&#034; au sein du pouvoir cherchait &#224; l'&#233;poque &#224; provoquer des r&#233;voltes en Kabylie pour justifier un coup d'&#201;tat contre le pr&#233;sident Z&#233;roual et aurait imagin&#233; pour cela d'&#233;liminer le chanteur : &#034;II fallait mettre la r&#233;gion &#224; feu et &#224; sang, la mobiliser quels que soient les moyens&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Interview de l'ex-colonel B. Ali pour le documentaire Alg&#233;rie, la grande (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#034;&#192; notre connaissance, il y avait trois ou quatre types en couverture et cinq tueurs&#034;, pr&#233;cisera l'ancien porte-parole du MAOL. Parmi les tueurs, fid&#232;les &#224; leur strat&#233;gie, les agents du DRS ont sans doute pris le soin de d&#233;p&#234;cher sur les lieux de l'attentat des &#034;terroristes islamistes&#034; dont le r&#244;le consistera &#224; accr&#233;diter la th&#232;se d'un acte des GIA. Depuis, le r&#233;gime se perdra d'ailleurs dans les invraisemblances des boucs &#233;missaires pr&#233;sent&#233;s &#224; la t&#233;l&#233;vision alg&#233;rienne - comme pour tous les autres attentats spectaculaires, notamment celui de Kasdi Merbah - et avouant &#234;tre les auteurs de l'assassinat.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
En l'&#233;tat actuel des informations disponibles, il est impossible de savoir dans quelle mesure certains responsables du RCD auraient &#233;t&#233; impliqu&#233;s, comme cela a &#233;t&#233; dit, dans l'op&#233;ration. Car le motif, en effet hautement probable, de soulever la Kabylie par cet assassinat, n'explique pas pourquoi des responsables du RCD auraient consenti &#224; pr&#234;ter main-forte &#224; la liquidation d'un homme qui comptait selon eux parmi leurs amis - ce qui d'ailleurs constitue l'un des rares arguments qu'ils invoquent pour nier leur implication.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Sans qu'on puisse en d&#233;duire qu'ils &#233;taient inform&#233;s de l'assassinat qui se pr&#233;parait, il est en tout cas &#233;tabli que certains de ces responsables ont jou&#233; un r&#244;le dans les pr&#233;liminaires de l'op&#233;ration. Ainsi, il fallait amener Loun&#232;s Matoub sur les lieux de l'attentat, ce &#224; quoi collabora efficacement le RCD en le faisant revenir de Paris au motif de l'aider &#224; obtenir le visa de son &#233;pouse qu'il comptait emmener avec lui en France. Selon le MAOL, &#034;c'est le chef d'antenne du DRS &#224; Paris, le colonel Sma&#239;n Seghir, de son vrai nom Ali Benguedda (tr&#232;s intime de Sma&#239;l Lamari qui l'a nomm&#233; &#224; ce poste apr&#232;s le d&#233;c&#232;s du lieutenant-colonel Mahmoud Souam&#232;s), qui a annonc&#233; &#224; Toufik et Sma&#239;l Lamari l'imminence du voyage de Matoub &#224; Alger avant m&#234;me que celui-ci ne prenne son billet d'avion&#034;.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Le 18 juin, l'ambassade de France &#224; Alger avertit le RCD que le visa est accord&#233;. Mais Matoub n'en saura rien. Le 25 juin, c'est l'embuscade mortelle. Depuis quelques jours, on l'a vu, la gendarmerie de B&#233;ni-Douala avait s&#233;curis&#233; la zone, aid&#233;e des miliciens locaux et aussi, d'apr&#232;s certains t&#233;moignages, de la milice de Bougie.&lt;br&gt;
&lt;br&gt; |&lt;br class='autobr' /&gt;
Un documentaire d&#233;voilant les dessous de cette affaire sera diffus&#233; le 31 octobre 2000 sur Canal Plus, dans le cadre de l'&#233;mission &#034;90 minutes&#034;. Quelques semaines apr&#232;s une premi&#232;re diffusion crypt&#233;e, Alain de Greef, le directeur des programmes de Canal Plus, acceptera une rediffusion exceptionnelle en clair. Gravement mis en cause par cette enqu&#234;te, Sa&#239;d Sadi et Noureddine A&#239;t-Hamouda n'engageront aucune proc&#233;dure en justice contre Canal Plus. Seule la cellule &#034;Immigration&#034; du RCD intentera un proc&#232;s &#224; la cha&#238;ne mais elle sera d&#233;bout&#233;e en raison d'une erreur de proc&#233;dure.&lt;br&gt;
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&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;b&gt;La chute du duo Z&#233;roual-Betchine&lt;/b&gt;&lt;/center&gt;
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Au plan politique, l'assassinat de Loun&#232;s Matoub est un v&#233;ritable cataclysme pour le pr&#233;sident Z&#233;roual. &#192; dix jours de l'entr&#233;e en vigueur de sa loi d'arabisation, il provoque en Kabylie de tr&#232;s graves &#233;meutes qui d&#233;stabilisent l'ensemble du clan pr&#233;sidentiel. Le 1er juillet, alors qu'il est tr&#232;s gravement contest&#233; dans toute la Kabylie, Z&#233;roual lance une mise en garde contre tous ceux qui &#034;portent la haine en Alg&#233;rie&#034;.&lt;br&gt;
Le calcul du &#034;clan Beikheir&#034; &#233;tait bien que le meurtre du chanteur kabyle provoque une pouss&#233;e de fi&#232;vre dans sa r&#233;gion, suffisante pour mettre l'arm&#233;e en situation d'intervenir dans le cadre d'un &#233;tat d'exception (pour cela, les g&#233;n&#233;raux pouvaient se passer de l'aval du pr&#233;sident, puisque le chef d'&#233;tat-major Mohamed Lamari disposait d'une d&#233;l&#233;gation de signature au titre de ministre de la D&#233;fense) et pour enclencher le m&#233;canisme habituel &#233;meutes-r&#233;pression-suspension des institutions-reprise en main du pouvoir par Larbi Beikheir et ses acolytes. Mais cela sera inutile : &#034;Le soir de la mort de Matoub, nous a affirm&#233; l'ex-colonel B. Ali, Z&#233;roual a accept&#233; de quitter le pouvoir. Ses adversaires n'ont m&#234;me pas eu &#224; appliquer l'&#233;tat d'exception. Ils lui ont par contre demand&#233; de ne pas partir dans la chaleur de l'action, son &#233;viction aurait &#233;t&#233; trop flagrante.&#034;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Suite &#224; cet &#233;pisode, les g&#233;n&#233;raux &#233;radicateurs orchestrent une violente campagne de presse contre le g&#233;n&#233;ral Betchine, visant &#224; l'emp&#234;cher d'&#234;tre candidat &#224; la prochaine &#233;lection pr&#233;sidentielle... Fin ao&#251;t, le pr&#233;sident tente encore de d&#233;fendre son ami et conseiller, d&#233;non&#231;ant dans un discours les &#034;man&#339;uvres politiciennes, rumeurs et atteintes &#224; l'ordre public&#034;. Mais &#224; la fin de l'&#233;t&#233;, la campagne de presse prend une tournure encore plus violente : alors que L'Authentique, journal proche de Betchine, accuse le directeur du Matin d'avoir le visage &#034;lav&#233; &#224; l'urine&#034;, celui-ci r&#233;plique au journaliste de L'Authentique en l'accusant de se &#034;complaire dans le r&#244;le de la favorite dans le harem de Betchine&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Claude Angeli, &#034;Paris pris au pi&#232;ge de ses illusions alg&#233;riennes&#034;, Le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&#034;.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Le 1er septembre 1998, r&#233;pondant aux attaques contre Betchine, le clan Z&#233;roual lance dans &lt;i&gt;Demain l'Alg&#233;rie&lt;/i&gt; des accusations gravissimes : un article, intitul&#233; &#034;Qui est Mister Jeannot et Chap&#244;t ?&#034; - que nous avons d&#233;j&#224; cit&#233; (voir &lt;i&gt;supra&lt;/i&gt;, chapitre 13) -, accuse sans le nommer le g&#233;n&#233;ral Larbi Belkheir, le patron du &#034;clan &#233;radicateur&#034;, d'avoir longtemps &#233;t&#233; un &#034;indicateur de l'Elys&#233;e&#034; et d'avoir cr&#233;&#233; des &#034;escadrons de la mort&#034;, ce qui dans le contexte de l'&#233;poque revient &#224; accuser les g&#233;n&#233;raux proches de Belkheir d'&#234;tre derri&#232;re certains massacres. La ligne rouge est franchie. Le 9 septembre, convoqu&#233; par ses coll&#232;gues les g&#233;n&#233;raux Mohamed Lamari, Touf&#238;k M&#233;di&#232;ne et Sma&#239;l Lamari, Liamine Z&#233;roual accepte de pr&#233;cipiter son d&#233;part&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid&#034; id=&#034;nh3-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Le 11, il annonce dans un discours radiot&#233;l&#233;vis&#233; sa d&#233;mission et l'organisation d'une &#233;lection pr&#233;sidentielle anticip&#233;e avant f&#233;vrier 1999 (elles seront ensuite repouss&#233;es &#224; avril). Comme pour rassurer ses coll&#232;gues du &#171; clan &#233;radicateur &#187;, il garantit qu'il ne sera pas candidat. Mais, comme s'il &#233;tait &#233;galement d&#233;sireux de montrer qu'on lui a forc&#233; la main, il ne donne aucune justification &#224; ce d&#233;part pr&#233;cipit&#233;. D&#233;but octobre, la campagne de presse contre le g&#233;n&#233;ral Betchine, qui n'a toujours pas d&#233;missionn&#233;, s'accentue : le 12, Hichem Aboud, ancien membre de la S&#233;curit&#233; militaire, publie une lettre ouverte accusant le conseiller de Liamine Z&#233;roual d'&#234;tre impliqu&#233; dans les tortures de 1988 (ce qui, on l'a vu au chapitre 5, est parfaitement exact). Le m&#234;me jour, &lt;i&gt;El-Watan&lt;/i&gt; met gravement en cause Mohamed Adami, ministre de la Justice et proche de Betchine. Le 14, le quotidien d'Omar Belhouchet ajoute que le ministre est impliqu&#233; dans un trafic de voitures. Le 15, Kamel Rezzag-Bara, directeur de l'ONDH, enfonce encore un peu plus l'ami du g&#233;n&#233;ral Betchine en le mettant en cause &#224; propos d'une bavure p&#233;nitentiaire survenue un an auparavant.&lt;br&gt;
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Le 17 octobre, exc&#233;d&#233; par cette campagne de la presse &#233;radicatrice le gouvernement ordonne aux imprimeries d'&#201;tat de ne plus imprimer &lt;i&gt;El-Watan&lt;/i&gt; ni &lt;i&gt;Le Matin&lt;/i&gt; sous pr&#233;texte de dettes. Mais le 19 octobre, Adami est contraint de d&#233;missionner. Le lendemain, Mohamed Betchine est &#224; son tour contraint de quitter son poste de ministre conseiller du pr&#233;sident de la R&#233;publique. Gr&#226;ce au soul&#232;vement de la Kabylie et au relais d'une partie de la presse, le &#034;clan &#233;radicateur&#034; a donc obtenu la chute du clan pr&#233;sidentiel. Il ne lui reste alors qu'&#224; organiser l'&#233;lection d'Abdelaziz Bouteflika, un nouveau paravent destin&#233; &#224; conf&#233;rer au haut commandement militaire une vitrine civile de nature &#224; faire &#224; nouveau oublier qui d&#233;tient le vrai pouvoir en Alg&#233;rie...&lt;br&gt;
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&lt;center&gt;&lt;b&gt;Bouteflika, le nouveau paravent&lt;/b&gt;&lt;/center&gt;
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Mais si la &#034;solution Bouteflika&#034;, on l'a vu, est dans les tablettes de Larbi Belkheir depuis d&#233;j&#224; quelques mois, ce choix risque de rencontrer des r&#233;sistances au sein de l'&#201;tat fran&#231;ais. Lorsque son nom avait &#233;t&#233; &#233;voqu&#233; d&#233;but 1994 pour succ&#233;der au HCE &#224; la t&#234;te de l'&#201;tat (voir &lt;i&gt;supra&lt;/i&gt;, chapitre 19), le Quai d'Orsay avait &#233;mis ses r&#233;serves &#224; la perspective de voir l'ancien second de Boumediene reprendre du service. Mais de l'eau a coul&#233; sous les ponts et Bouteflika a eu le temps de comprendre que la main qu'il n'a pas pu mordre, mieux valait l'embrasser.&lt;br&gt;
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Selon Le Canard encha&#238;n&#233;, c'est le g&#233;n&#233;ral Larbi Beikheir lui-m&#234;me qui se charge d&#232;s la fin 1998 de &#034;vendre&#034; la candidature Bouteflika aux dirigeants politiques fran&#231;ais : &#034;Au mieux avec les proches de Charles Pasqua, comme avec l'entourage de Fran&#231;ois Mitterrand, notamment Hubert V&#233;drine et Jack Lang, Belkheir peut aussi compter &#224; Paris sur l'aide de quelques hommes d'affaires alg&#233;riens. Le plus proche, Abdeikader Koudjeti, [...] francophone s&#233;duisant, qui a conserv&#233; de nombreuses relations chez Thomson et Total, n'a pas son pareil pour vanter l'amiti&#233; franco-alg&#233;rienne autour d'un alcool fort dans son h&#244;tel particulier du 16e arrondissement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#034;Abdelaziz Bouteflika, l'homme des casernes&#034;, Le Canard encha&#238;n&#233;, 14 avril 1999.&#034; id=&#034;nh3-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&#034;&lt;br&gt;
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Le 15 avril 1999, Abdelaziz Bouteflika est finalement &#034;&#233;lu&#034;, mais dans des conditions plus que douteuses : constatant que le DRS faisait pression sur les administrations pour organiser la fraude en sa faveur, les six autres candidats (Hocine A&#239;t-Ahmed, Mouloud Hamrouche, Ahmed Taleb Ibrahimi, Abdallah Djaballah, Mokdad Sifi et Youcef Khatib) ont en effet d&#233;cid&#233; de se retirer du scrutin au dernier moment&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean-Pierre Tuquoi, &#034;Les rivaux de M. Bouteflika &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Du coup, Bouteflika appara&#238;t comme le &#034;candidat unique&#034; de l'arm&#233;e et peu d'&#233;lecteurs se d&#233;placent, ce qui ne d&#233;pla&#238;t pas &#224; ses soutiens militaires, dont le souci principal est qu'il ne tente pas de s'&#233;manciper&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ses adversaires n'en seront pas moins &#034;cr&#233;dit&#233;s&#034; de suffrages, tendant &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Alors que l'arm&#233;e ne voulait lui allouer que 53 % des suffrages pour raccourcir la bride par laquelle ils le tiennent, Bouteflika fera pression aupr&#232;s de cette institution tutrice pour qu'il soit cr&#233;dit&#233; d'un meilleur score que son pr&#233;d&#233;cesseur Z&#233;roual en 1995&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir notamment Sylvain Pasquier et Mina Baki, L'Express, 22 avril 1999 ; et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il recueille donc officiellement 73,79 % des suffrages exprim&#233;s, pour un taux de participation flatteur de 60,25 %, moyennant une fraude effectivement massive (que des &#034;sources militaires&#034; s'empressent de confirmer &#224; la presse internationale - t&#233;moin d'un scrutin &#224; bureaux d&#233;serts&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir les articles de Jos&#233; Gar&#231;on et Florence Aubenas, Lib&#233;ration, 16-17 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; -, en pr&#233;cisant que le taux de participation ne d&#233;passe pas 25 % ).&lt;br&gt;
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Le 16 avril 1999, les dissidents du MAOL publient un communiqu&#233; d&#233;taillant les &#034;vrais r&#233;sultats des &#233;lections&#034; : pour eux, seuls 23,03 % des &#233;lecteurs se sont d&#233;plac&#233;s pour voter. &#034;Si le gouvernement n'a pas d&#233;menti nos chiffres, c'est parce qu'il sait que nous avons la disquette informatique des r&#233;sultats&#034;, assurera plus tard l'ex-colonel B. Ali&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;AFP, 18 mai 1999.&#034; id=&#034;nh3-18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Extrait de l'ouvrage :&lt;br&gt;
Lounis AGGOUN et Jean-Baptiste RIVOIRE, &lt;i&gt;Fran&#231;alg&#233;rie, crimes et mensonges d'&#201;tats. Histoire secr&#232;te, de la guerre d'ind&#233;pendance &#224; la &#034;troisi&#232;me guerre&#034; d'Alg&#233;rie,&lt;/i&gt; &#233;ditions La D&#233;couverte, Paris, 2004.&lt;br class='autobr' /&gt;
Collection &#034;Cahiers libres&#034;&lt;br&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='http://www.tamazgha.fr/Francalgerie-crimes-et-mensonges-d-Etats,723.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Voir pr&#233;sentation de l'ouvrage&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A lire &#233;galement :&lt;br&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='http://www.tamazgha.fr/Francalgerie-sang-intox-et.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Fran&#231;alg&#233;rie : sang, intox et corruption&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Nous tenons &#224; remercier vivement Fran&#231;ois G&#232;ze, Directeur des &#233;ditions &lt;i&gt;La D&#233;couverte&lt;/i&gt;, ainsi que Lounis Aggoun et Jean-Baptiste Rivoire, auteurs de l'ouvrage, de nous avoir autoris&#233; &#224; reprendre ce chapitre qui &#233;voque l'assassinat de Loun&#232;s Matoub.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;MAOL, &#034;L'affaire Matoub&#034;, &lt;a href=&#034;http://www.eldjeich.org/affairematoub/affairmat.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.anp.org&lt;/a&gt;, 2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Interview de l'ex-colonel B. Ali pour le documentaire &lt;i&gt;Alg&#233;rie, la grande manipulation, op. cit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le 17 d&#233;cembre 1996, le Conseil national de transition avait vot&#233; une loi imposant classique comme unique langue de communication &#224; l'&#233;cole, &#224; la t&#233;l&#233;vision publique et dans les administrations, et ce au d&#233;triment du fran&#231;ais et de l'amazigh, la langue berb&#232;re. Le dernier d&#233;lai fix&#233; pour sa mise en &#339;uvre compl&#232;te &#233;tait le 5 juillet 1998.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;II s'agirait de Rachid Nehal, commandant au secteur militaire de Tizi-Ouzou, coordonnateur des op&#233;rations sensibles et qui sera myst&#233;rieusement assassin&#233; le 23 juin 2003 &#224; son domicile.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir le documentaire &lt;i&gt;Alg&#233;rie, la grande manipulation, op. cit.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Interview de l'ex-colonel B. Ali pour le documentaire &lt;i&gt;Alg&#233;rie, la grande manipulation, op. cit.&lt;/i&gt;.&#034; Le DRS, explique-t-il, tenta tout d'abord de faire faire le &#034;sale boulot&#034; par Hassan Hattab, le chef du GSPC, un groupe arm&#233; islamiste au sein duquel il avait infiltr&#233; un de ses agents : &#034;Hattab a refus&#233; l'assassinat. Il &#233;tait parvenu &#224; bien s'implanter en Kabylie, il ne voulait pas se couper de la population. Alors notre capitaine a rendu compte &#224; l'&#233;tat-major du DRS, par des moyens appropri&#233;s, en disant que cela ne marchait pas, que Hattab refusait, qu'il fallait passer au deuxi&#232;me plan.&#034;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Ce &#034;deuxi&#232;me plan&#034;, selon le colonel Ali, consistait &#224; faire assassiner le chanteur par le service &#034;action&#034; du DRS, avec l'aide de certains miliciens locaux[[L'un d'eux mourra myst&#233;rieusement apr&#232;s que, ayant compris le r&#244;le qu'il joua dans l'assassinat d'un chanteur qu'il adulait, il s'est mis &#224; mener sa propre enqu&#234;te pour identifier les tueurs parmi des GLD.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Claude Angeli, &#034;Paris pris au pi&#232;ge de ses illusions alg&#233;riennes&#034;, &lt;i&gt;Le Canard encha&#238;n&#233;&lt;/i&gt;, 16 septembre 1998.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#034;Abdelaziz Bouteflika, l'homme des casernes&#034;, &lt;i&gt;Le Canard encha&#238;n&#233;&lt;/i&gt;, 14 avril 1999.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jean-Pierre Tuquoi, &#034;Les rivaux de M. Bouteflika &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle alg&#233;rienne crient &#224; la fraude&#034;, &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, 15 avril 1999.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ses adversaires n'en seront pas moins &#034;cr&#233;dit&#233;s&#034; de suffrages, tendant &#224; attester que face &#224; Bouteflika, seuls les islamistes auraient pu tirer leur &#233;pingle du jeu : 12,53 % pour Ahmed Taleb Ibrahimi, 3,95 % pour Abdallah Djaballah, 3,7 % pour Hocine A&#239;t-Ahmed et 3 % pour Mouloud Hamrouche (voir Jos&#233; GAR&#199;ON, &#034;Des r&#233;sultats loin du r&#233;el... Les autorit&#233;s font la politique de l'autruche face au fiasco&#034;, &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, 17 avril 1999).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir notamment Sylvain Pasquier et Mina Baki, &lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt;, 22 avril 1999 ; et Mohamed Benchicou, &lt;i&gt;Bouteflika, une imposture alg&#233;rienne&lt;/i&gt;, Le Matin, Alger, 2003, p. 18-19.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir les articles de Jos&#233; Gar&#231;on et Florence Aubenas, &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, 16-17 avril 1999.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;AFP, 18 mai 1999.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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