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		<title>TAMAZGHA </title>
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		<title>Deux f&#234;tes amazighes : Yennayer et Amenzu n tefsut.</title>
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		<dc:date>2010-02-27T08:57:17Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Masin</dc:creator>


		<dc:subject>Yennayer</dc:subject>
		<dc:subject>Traditions</dc:subject>
		<dc:subject>Notre s&#233;lection</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#034;Le calendrier berb&#232;re est un calendrier agraire !&#034; Cette assertion, qui se r&#233;f&#232;re implicitement au calendrier julien et fait l'unanimit&#233; dans tous les travaux sur le sujet (Doutt&#233;, Genevois, Servier, Drouin) n'a pourtant pas le caract&#232;re d'&#233;vidence qu'elle veut bien nous montrer. Sommes-nous r&#233;ellement en pr&#233;sence d'un calendrier agraire issu de la r&#233;volution agricole du n&#233;olithique ou de ce qui est devenu une simple convention de langage ? Un bref rappel historique permettra de voir que ce (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.tamazgha.fr/-Yennayer-105-.html" rel="directory"&gt;Ennayer - Yennayer&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.tamazgha.fr/+-Yennayer-+.html" rel="tag"&gt;Yennayer&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tamazgha.fr/+-Traditions-+.html" rel="tag"&gt;Traditions&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tamazgha.fr/+-Notre-selection-+.html" rel="tag"&gt;Notre s&#233;lection&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.tamazgha.fr/local/cache-vignettes/L150xH150/arton2562-dd817.jpg?1774395104' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#034;Le calendrier berb&#232;re est un calendrier agraire !&#034; Cette assertion, qui se r&#233;f&#232;re implicitement au calendrier julien et fait l'unanimit&#233; dans tous les travaux sur le sujet (Doutt&#233;, Genevois, Servier, Drouin) n'a pourtant pas le caract&#232;re d'&#233;vidence qu'elle veut bien nous montrer. Sommes-nous r&#233;ellement en pr&#233;sence d'un calendrier agraire issu de la r&#233;volution agricole du n&#233;olithique ou de ce qui est devenu une simple convention de langage ? Un bref rappel historique permettra de voir que ce calendrier julien n'avait pas, au d&#233;part, le caract&#232;re agraire que lui pr&#234;tent les &#233;tudes contemporaines et qu'il n'a acquis cette qualit&#233; en Afrique du Nord qu'apr&#232;s avoir fait l'objet d'adaptations au cours du Moyen-&#226;ge.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Nnayer&lt;/i&gt;, terme employ&#233; dans toutes les r&#233;gions du nord de l'Afrique, depuis les c&#244;tes m&#233;diterran&#233;ennes jusqu'au Sahel, d&#233;signe bien le premier jour du premier mois de l'ann&#233;e (&lt;i&gt;ixf useggas, aqerru useggas, tawwurt useggas, amenzu useggas&lt;/i&gt;) et correspond au mois de &lt;i&gt;Ianiarius&lt;/i&gt; du calendrier dit &#034;julien&#034;. Ce mois est le premier des douze de ce calendrier, cr&#233;&#233; par l'astronome alexandrin Sosig&#232;ne, officialis&#233; &#224; Rome par Jules C&#233;sar en l'an 45 avant J&#233;sus-Christ et impos&#233; par son neveu Octave, dit &#034;Auguste&#034;, dans tout l'empire romain. Calendrier solaire, il se d&#233;compose en 12 mois totalisant 365,25 jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;sent en Afrique du Nord d&#232;s la r&#233;organisation de la province africaine et la cr&#233;ation du royaume de Juba II par Auguste, ce calendrier est bien attest&#233; dans le monde urbain par l'arch&#233;ologie, jusqu'&#224; l'effondrement de l'empire en 439. Sa trace se perd avec la fin des cit&#233;s latinis&#233;es &#224; partir du VIII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle mais, paradoxalement, r&#233;apparait dans le royaume d'Andalus en la ville de Cordoue, dans les milieux scientifiques. C'est l&#224; qu'il est largement remani&#233; par de nombreux agronomes et astronomes de l'Andalousie m&#233;di&#233;vale musulmane, au premier rang desquels ibn al Aww&#226;m dans son &lt;i&gt;Livre de l'agriculture&lt;/i&gt; r&#233;dig&#233; en 1175. Ces auteurs andalous utilisent en effet ce calendrier auquel ils ajoutent d'autres computs et traditions agraires (nabat&#233;enne, syriaque, perse) et ce faisant, adaptent les noms des mois latins : ainsi, &lt;i&gt;Ianiarius&lt;/i&gt; devient &lt;i&gt;Yennayer, Aprilis, Abril, December, Dujamber,&lt;/i&gt; etc. Ces travaux m&#233;di&#233;vaux d'Andalousie sont par la suite diffus&#233;s &#224; travers toute l'Afrique du Nord par l'interm&#233;diaire d'ouvrages de vulgarisation r&#233;dig&#233;s par des Nord-africains, notamment Abu Miqra (XIVe si&#232;cle), puis surtout As Susi (XVII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle). Il est frappant de constater qu'au d&#233;but du XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, l'utilisation de l'ouvrage d'As Susi pour d&#233;terminer la date du premier jour du premier mois de l'ann&#233;e (&lt;i&gt;Yennayer&lt;/i&gt;) selon le calendrier julien ait &#233;t&#233; relev&#233;e aussi bien en Maur&#233;tanie qu'en Kabylie et en Tunisie ; les clercs des zones rurales du nord comme du sud utilisent des carnets sur lesquels les mois de la liturgie musulmane trouvent leurs correspondants juliens. Les p&#233;riodes des grands froids (&lt;i&gt;lyali&lt;/i&gt;), des grandes chaleurs (&lt;i&gt;smayem&lt;/i&gt;) et des pluies d'avril (&lt;i&gt;Nisan&lt;/i&gt;) connues partout en Afrique du Nord sont des termes syriaques contenus dans ces travaux et proviennent directement de leur diffusion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'origine, le calendrier julien &#233;tait donc un calendrier scientifique qui n'&#233;tait pas une cr&#233;ation des paysans romains ni africains mais l'&#339;uvre de savants &#233;gyptiens et grecs (astronomes, math&#233;maticiens). Un calendrier agraire au sens strict est un calendrier qui se pr&#233;occupe d'exposer les pratiques &#224; respecter pour obtenir les r&#233;coltes optimales en indiquant avec pr&#233;cision le moment o&#249; l'on doit planter, semer, traiter, greffer, r&#233;colter, ce qui n'&#233;tait pas le souci de Jules C&#233;sar. Le but de celui-ci &#233;tait d'obtenir un comput qui soit le reflet exact de l'ann&#233;e tropique (temps mis par la terre pour effectuer sa r&#233;volution compl&#232;te autour du soleil) afin de donner une stabilit&#233; et une r&#233;gularit&#233; aux actes officiels et religieux, ce qui, jusque-l&#224;, constituait un v&#233;ritable casse-t&#234;te. Bien avant l'instauration de ce calendrier, les Romains d&#233;butaient leur ann&#233;e (tr&#232;s imparfaite d'ailleurs) en mars. Ainsi, en Afrique du Nord, ce calendrier n'a acquis son caract&#232;re &#034;agraire&#034; qu'apr&#232;s le travail d'un autre type de savants, celui des agronomes andalous. Jusque-l&#224;, les paysans s'inspiraient de leur exp&#233;rience et de leurs traditions propres (r&#233;cits, croyances) pour obtenir de bonnes r&#233;coltes. Avant de s'appeler &#034;&lt;i&gt;Yennayer&lt;/i&gt;&#034;, cette f&#234;te portait sans doute un autre nom et devait marquer, non le d&#233;but de l'ann&#233;e, mais le solstice d'hiver, moment o&#249; le soleil reprenait sa course ascendante, amenant le retour de la lumi&#232;re. C'est le m&#234;me ph&#233;nom&#232;ne qui s'est produit en Europe o&#249; l'ancienne f&#234;te du solstice d'hiver (par exemple la f&#234;te de &lt;i&gt;Yule&lt;/i&gt; dans les langues germaniques) est devenue le No&#235;l des Chr&#233;tiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Yennayer&lt;/i&gt; fait donc partie des c&#233;l&#233;brations annuelles en rapport direct avec les ph&#233;nom&#232;nes naturels qui marquent le renouveau, tout comme l'est une autre f&#234;te deux mois plus tard, &lt;i&gt;tafsut&lt;/i&gt;. Solstice d'hiver avec &lt;i&gt;Ennayer&lt;/i&gt;, &#233;quinoxe de printemps avec &lt;i&gt;amenzu n tefsut&lt;/i&gt;, chacune de ces deux f&#234;tes du renouveau se caract&#233;rise par des prescriptions et des interdits, des rites et des c&#233;r&#233;monies dont il est possible de d&#233;gager une certaine unit&#233; au sein d'une infinit&#233; de variations r&#233;gionales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#034;Yennayer&#034;, f&#234;te du solstice d'hiver&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est une p&#233;riode de deux &#224; trois jours selon les r&#233;gions, parfois davantage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;- Prescriptions :&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Nettoyage et blanchiment de la maison ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Renouvellement des ustensiles usag&#233;s ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Je&#251;ne de vingt et un jours par les femmes &#226;g&#233;es (Kabylie) ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; R&#233;fection du foyer et changement des trois pierres ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Sacrifice de coq (&lt;i&gt;ayazid&lt;/i&gt;), poule, chevreau (&lt;i&gt;aqelwach&lt;/i&gt;), lapin ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; D&#233;p&#244;t de grains de bl&#233; ou d'orge dans le moulin domestique, le foyer, l'ensouple inf&#233;rieure du m&#233;tier &#224; tisser, la poutre ma&#238;tresse ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Premi&#232;re coupe de cheveux du gar&#231;on ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Tapissage du sol, de la cour, de la liti&#232;re des b&#234;tes avec des plantes vertes ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Prophylaxie corporelle par la coloration des sourcils avec la s&#232;ve br&#251;l&#233;e du gen&#234;t (&lt;i&gt;Timmi s imetti uzezzu akken ad ssihent wallen&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;- Interdits&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les interdits sont nombreux :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Interdiction de moudre et de balayer ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Interdit du henn&#233; ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Pas de beaux habits de f&#234;te ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Interdiction de parler la nuit du basculement (Anti-Atlas marocain) ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Interdit du tissage : si l'ouvrage n'est pas achev&#233;, on le d&#233;monte et on le remonte plusieurs jours apr&#232;s &lt;i&gt;Yennayer&lt;/i&gt;. La femme fait porter au loin dans la montagne la natte non termin&#233;e et la r&#233;cup&#232;re &#224; la fin de la p&#233;riode (Ouest alg&#233;rien) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Interdit du lait et du beurre, parfois durant huit jours ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Interdiction de donner du levain ou du feu aux voisins ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Interdit sexuel la nuit de &lt;i&gt;Yennayer&lt;/i&gt; ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Interdit de se couper les ongles, de se raser ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Interdit de &#034;fermer&#034; les deux parties du couscoussier par la bande habituelle de tissu &lt;i&gt;meqful&lt;/i&gt;, (Miliana).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;- Aliments :&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le souper de la veille et le repas du lendemain sont les deux agapes r&#233;unissant tous les membres de la famille. Les ingr&#233;dients devant composer le repas de &lt;i&gt;Yennayer&lt;/i&gt; varient sensiblement d'une r&#233;gion &#224; l'autre mais les constantes sont parfaitement rep&#233;rables. Le premier soir, ce sont les beignets (&lt;i&gt;sfen&#487;&lt;/i&gt;) que l'on mange &#224; volont&#233; ou les l&#233;gumes secs bouillis. Le lendemain, jour du repas festif, on consomme le couscous aux sept l&#233;gumes ou &lt;i&gt;berkukes&lt;/i&gt; selon les r&#233;gions. Les f&#232;ves, lentilles, pois-chiche, bl&#233;, navets, carottes, tomates, raisins secs, amandes, noix, c&#339;ur de palmier-nain font partis des aliments requis. Le repas doit se composer &#233;galement de viande de volaille, l'id&#233;al &#233;tant de sacrifier un coq par convive. Chacun doit manger &#224; sati&#233;t&#233; afin d'&#233;viter la faim durant toute l'ann&#233;e. On associe &#224; ce repas la nouvelle belle-famille et les filles mari&#233;es pour lesquelles on r&#233;serve la part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;- Pr&#233;sages :&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La journ&#233;e de &lt;i&gt;Yennayer&lt;/i&gt; est la plus augurale d'entre toutes, ce qui s'accomplit ce jour-l&#224; se poursuivra tout au long de l'ann&#233;e. L'on essaie de tirer des pr&#233;sages par l'observation de toutes sortes de signes ou d'actions des hommes et des animaux. La pluie &#233;tant toujours tr&#232;s fortement souhait&#233;e, on d&#233;pose sur le toit quatre petites marmites de terre contenant du gros sel, chacune repr&#233;sentant un des quatre premiers mois de l'ann&#233;e. Le lendemain on mesure le taux d'humidit&#233; et le degr&#233; de fonte du sel pour savoir en quel mois tombera la pr&#233;cieuse pluie. Parfois c'est une boule de p&#226;te entour&#233;e de douze tas de sel repr&#233;sentant les douze mois de l'ann&#233;e (r&#233;gion de Cherchell). On interroge les animaux domestiques, si ceux-ci r&#233;pondent, l'ann&#233;e devrait se r&#233;v&#233;ler prosp&#232;re (Kabylie).&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien que les mascarades se d&#233;roulent surtout &#224; la f&#234;te de &lt;i&gt;Ta&#949;acu&#7771;t&lt;/i&gt;, on en trouve aussi au moment de &lt;i&gt;Yennayer&lt;/i&gt;, m&#234;me si celles-ci n'ont pas le m&#234;me caract&#232;re spectaculaire. Arr&#234;tons-nous un instant sur un vocable dont le sens est parfaitement inconnu des populations qui l'utilisent. Ici ou l&#224;, il d&#233;signe le jour de l'an (plusieurs groupes amazighs du Maroc, Touaregs, Aur&#232;s), ailleurs il fait partie int&#233;grante des expressions rituelles que le cort&#232;ge des enfants chante en allant de maison en maison qu&#234;ter des friandises. Il poss&#232;de de nombreuses variantes, &#224; forme masculine ou f&#233;minine : &lt;i&gt;Biannu, Bu-Ini, Tabennayut, Tabelyut, Tabernayut, Lalla Babiyanu, Tafaska n Lalla Babyannu&lt;/i&gt; (Ouargla). Ce nom est donn&#233; soit &#224; la f&#234;te elle-m&#234;me, soit &#224; la vieille de janvier (&lt;i&gt;tam&#947;art n Yennayer&lt;/i&gt;), soit au masque du lion (Tlemcen), soit encore aux feux de joie de la f&#234;te de &lt;i&gt;Ta&#949;acu&#7771;t&lt;/i&gt;. Certains auteurs ont voulu y voir une origine latine form&#233;e &#224; partir de l'expression &lt;i&gt;Bonus annus&lt;/i&gt;, &#034;Bonne ann&#233;e&#034; (Masqueray, Doutt&#233;, Westermarck). Mais cette &#233;tymologie fantaisiste d'auteurs habitu&#233;s &#224; rechercher les origines des faits amazighs syst&#233;matiquement ailleurs que l&#224; o&#249; ils les observaient, ob&#233;issant au postulat selon lequel Imazighen ne poss&#233;daient ni religion, ni pens&#233;e a &#233;t&#233; abandonn&#233;e dans les travaux post&#233;rieurs. Les Touaregs de l'A&#239;r donnent le nom de &lt;i&gt;Bianu&lt;/i&gt; &#224; une f&#234;te de deux jours le 20 &lt;i&gt;Moharram&lt;/i&gt; : une &#034;f&#234;te d'amour&#034; qui rappelle &#034;la nuit de l'an&#034;, &#034;la nuit de la confusion&#034;, &#034;la nuit du bien-&#234;tre&#034;, &#034;la nuit du bonheur&#034; connue de nombreux groupes amazighs marocains et au cours de laquelle, jeunes gens et jeunes filles se rencontrent la nuit dans un lieu d&#233;termin&#233;. On ignore tout de la nature de ce &lt;i&gt;Bianu&lt;/i&gt;. Etait-il un personnage masculin ou f&#233;minin ? Repr&#233;sentait-il une divinit&#233; androgyne ? Attach&#233;e &#224; quelle fonction ? &lt;i&gt;Bu-Ini&lt;/i&gt;, litt&#233;ralement 'celui &#224; la pierre du foyer' aurait-il un lien avec &lt;i&gt;Ccix lkanun&lt;/i&gt;, 'le vieux du foyer', personnage imaginaire &#224; longue barbe, de tr&#232;s petite taille, pas plus haut que les pierres du foyer ? Ce 'ma&#238;tre du feu' dont on r&#233;am&#233;nage l'espace au moment de &lt;i&gt;Yennayer&lt;/i&gt; par la r&#233;fection totale du foyer jouerait-il un r&#244;le en lien avec la renaissance du soleil ? De plus, malgr&#233; sa petitesse et sa vieillesse, il conserve &#233;ternellement sa verdeur sexuelle puisqu'il convoite les jeunes filles de la maison qui se m&#233;fient de lui. De mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, on ne marche pas sur les cendres, signe de la crainte qu'il inspire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le choix du sacrifice du coq appelle aussi quelques commentaires. D'apr&#232;s H. Genevois, quelques villages de Maatkas, les At Abbas, Taguemount azouz n'immolent pas de coq pour &lt;i&gt;Yennayer&lt;/i&gt; car, disent-ils, &#034;c'est une pratique propre aux Arabes&#034;. En r&#233;alit&#233;, le coq rev&#234;t sans doute un caract&#232;re sacr&#233; : dans les campagnes, il est &#034;le g&#233;nie&#034; du temps liturgique puisqu'il peut faire l'appel &#224; la pri&#232;re et indiquer le moment de la rupture du je&#251;ne du ramadhan &#034;idden uyazi&#7693; !&#034;, dit-on dans les campagnes. Ce coq domestique serait lui-m&#234;me un des messagers du Roi des coqs qui informerait tous les coqs du moment du retour du jour. Le g&#233;ographe du Moyen-&#226;ge, Al Bakri, dans sa &lt;i&gt;Description de l'Afrique septentrionale&lt;/i&gt; affirme que les Berghawata utilisaient le cri du coq pour calculer le temps. D'autre part, il faut rappeler que le coq est l'animal du sacrifice de l'expulsion du mal, &lt;i&gt;asfel &lt;/i&gt;et que c'est un coq qu'on sacrifie au seuil de la nouvelle maison. Il existe dans le souvenir de nombreuses personnes un sacrificateur pr&#233;pos&#233; &#224; l'&#233;gorgement des volailles nomm&#233; &lt;i&gt;adebba&#7717; bu yuza&#7693;&lt;/i&gt;. Une poule et un coq blancs accompagnent les deux mari&#233;s du couple symbolique du printemps dans le rite de Duzru (Anti-Atlas marocain). Enfin, On sait par Al Bakri qu'il existait au Moyen-&#226;ge un interdit sur la consommation de volaille et d'&#339;ufs pr&#233;conis&#233; par les doctrines de deux proph&#232;tes amazighs (Maroc actuel), s&#233;par&#233;s par deux si&#232;cles d'intervalle, Salih Ibn Tarif au VIIIe si&#232;cle et H&#226;-Mim au Xe. Cet interdit est encore observ&#233; aujourd'hui chez les Touaregs et dans certaines familles du nord. Il faut souligner le caract&#232;re individuel du coq, puisque id&#233;alement on doit sacrifier un coq par personne, enfant ou adulte, et la femme enceinte devrait en consommer deux (Maroc, ouest alg&#233;rien). Son importance est confirm&#233;e par sa repr&#233;sentation sous forme de peinture ou de sculpture dans plusieurs tombeaux de l'antiquit&#233; nord-africaine, &#233;tablissant un lien &#233;troit avec le monde de l'au-del&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est certain que la pr&#233;sence de cet animal, attach&#233; au lever du jour, n'est pas fortuite dans un moment dramatique comme celui du solstice d'hiver, marqu&#233; par des rites de deuil (interdits nombreux, silence et abstinence dans la nuit du basculement, etc.) suivis des r&#233;jouissances du lendemain (repas plantureux) destin&#233;es &#224; donner au soleil une vigueur nouvelle. L'entretien du feu toute la nuit de &lt;i&gt;Yennayer&lt;/i&gt; pourrait aller dans le m&#234;me sens ainsi que les feux de &lt;i&gt;ta&#949;cu&#7771;t&lt;/i&gt; dont le caract&#232;re solsticial est ind&#233;niable ; chez les Ketama au sud du Rif, en hiver, hommes, femmes et enfants, rassembl&#233;s autour du feu, lancent des tisons enflamm&#233;s dans la neige en m&#233;moire d'une vieille tradition o&#249; il est question des Anciens qui savaient ramener au firmament le soleil et l'azur. Enfin, l'on sait que ces f&#234;tes de solstice sont surtout r&#233;pandues chez les peuples &#233;loign&#233;s de l'Equateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;TAFSUT&lt;/i&gt;, f&#234;te de l'&#233;quinoxe de printemps&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Tafsut&lt;/i&gt; vient de la racine &lt;b&gt;FSU&lt;/b&gt; &#034;d&#233;faire, &#233;tirer la laine, s'&#233;panouir&#034;. La f&#234;te du retour du printemps se d&#233;roule sur pr&#232;s de trois semaines au cours desquelles sont mis en relief deux moments majeurs, l'un &#224; la fin du mois de f&#233;vrier avec &lt;i&gt;amenzu n tefsut&lt;/i&gt; et l'autre, le 21 mars (gr&#233;gorien) avec &lt;i&gt;tiririt uzal&lt;/i&gt;. Bien que l'arriv&#233;e du printemps soit partout ritualis&#233;e, ce sont la Kabylie et les Aur&#232;s qui nous en fournissent les donn&#233;es les plus riches.&lt;br class='autobr' /&gt;
La veille du premier jour est celui de la pr&#233;paration de &lt;i&gt;seksu uderyis&lt;/i&gt; : hommes , femmes, enfants, munis d'une &lt;i&gt;tagelzimt &lt;/i&gt;(binette) vont faire une ample moisson de &lt;i&gt;aderyis&lt;/i&gt; (thapsia) pour en utiliser l'&#233;corce des racines. Une fois rentr&#233;es, les femmes pr&#233;parent la d&#233;coction en extrayant le suc qu'elles jettent dans une marmite contenant de l'eau &#224; laquelle elles ajoutent des &#339;ufs et de l'orge, le couscous est cuit par-dessus. Lors de la seconde cuisson &#224; la vapeur, elles int&#232;grent entre deux couches de couscous, des oignons &#233;minc&#233;s et de l'ail hach&#233;, de la graisse coup&#233;e en petits morceaux, poudre de poivron rouge. Il est consomm&#233; arros&#233; d'huile d'olive ou de beurre fra&#238;chement baratt&#233; et agr&#233;ment&#233; de miel ou de sucre. Les &#339;ufs durs sont mang&#233;s &#224; part ou coup&#233;s et m&#233;lang&#233;s au couscous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'orge, elle, est destin&#233;e &#224; la volaille, confin&#233;e ce jour-l&#224; dans le poulailler avec interdiction de boire. D'ailleurs on ne boit pas du tout durant cette journ&#233;e. Ce couscous est consomm&#233; tr&#232;s t&#244;t le lendemain matin afin que la soif puisse &#234;tre supportable. Pour &#233;viter la soif, on ne mange rien d'autre de la journ&#233;e jusqu'au soir. Parfois, pour &#233;viter les affres de la soif, on le consomme le soir m&#234;me. La thapsia est un purgatif puissant et poss&#232;de des vertus m&#233;dicinales contre divers maux (coup de froid, douleurs articulaires, troubles digestifs), il ne faut donc pas la diluer en buvant. L'accueil du printemps se fait le lendemain avec un corps purifi&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain, donc, on se l&#232;ve t&#244;t le matin, les femmes se fardent, se v&#234;tent de leurs plus beaux atours, se parent de leurs bijoux et partent avec les enfants en emportant une assiette de &lt;i&gt;ti&#947;rifin&lt;/i&gt; (cr&#234;pes) qu'elle l&#232;ve vers le ciel en souhaitant la bienvenue au printemps, c'est &lt;i&gt;Amager n tefsut &lt;/i&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;&lt;i&gt;A Lalla Tafsut, a m ij&#287;&#287;igen, &lt;/i&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;&#212; Dame Printemps &#224; la parure fleurie&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;&lt;i&gt;A tikli n tsekkurt ger iberwaqen, &lt;/i&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;&#212; d&#233;marche de la perdrix entre les asphod&#232;les&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;&lt;i&gt;Nekki mugre&#947;-kem-id s icebbwa&#7693;en&lt;/i&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Je viens vers toi, charg&#233;e de cr&#234;pes&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;&lt;i&gt;Kemmi, mager-yi-d s ije&#287;&#287;igen !&lt;/i&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Viens vers moi, charg&#233;e de fleurs !&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;L'activit&#233; r&#233;serv&#233;e aux jeunes est celle de d&#233;nicher des &#339;ufs dans les nids d'oiseaux ; les enfants, quant &#224; eux, vont cueillir des bouquets de thym, de lavande et d'&#233;glantine ainsi que de quoi composer le d&#233;jeuner du reverdissement de la nature (&lt;i&gt;ad-tezzegzew tefsut&lt;/i&gt;). Les femmes confectionnent pour les bergers des petites galettes que ces derniers font rouler comme des disques solaires sur le chemin du p&#226;turage, tout en souhaitant la bienvenue au printemps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La galette du printemps se d&#233;cline en trois versions : la &#034;&lt;i&gt;mella&lt;/i&gt;&#034; de Bgayet, fourr&#233;e &#224; la p&#226;te de dattes, la &#034;&lt;i&gt;timxelle&#949;t&lt;/i&gt;&#034;, farcie aux oignons &#233;minc&#233;s et aux morceaux de graisse mang&#233;e chaude d&#232;s le matin, et enfin &#034;&lt;i&gt;a&#947;rum n le&#7717;wal&lt;/i&gt;&#034; fourr&#233; aux sept plantes potag&#232;res ou sauvages (oignon, ail, piment), menthe velout&#233;e (&lt;i&gt;nne&#949;na&#949;&lt;/i&gt;), menthe pouliot (&lt;i&gt;felgu&lt;/i&gt;), menthe &#224; feuilles rondes (&lt;i&gt;timijja&lt;/i&gt;), serpolet (&lt;i&gt;zze&#949;te&#7771;&lt;/i&gt;) et de la graisse s&#233;ch&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
La f&#234;te du printemps comporte quelques prescriptions mais se distingue de &lt;i&gt;Yennayer&lt;/i&gt; par l'absence quasi-totale d'interdits ; les gestes requis sont les suivants :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Nettoyage de la maison
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; D&#233;p&#244;t de p&#226;te &#224; cr&#234;pes sur les trois pierres du foyer ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; habits de f&#234;tes, maquillage complet, youyous ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; cueillette de roses dont on se pare (Ouargla) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Aliments :&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;Sfen&#487;&lt;/i&gt; (beignets) ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;Acebbwa&#7693;&lt;/i&gt; (grande cr&#234;pe tremp&#233;e dans du lait) ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;Imensi n seksu uderyis&lt;/i&gt; (couscous et &#339;ufs durs cuits dans la d&#233;coction de thapsia) ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Galette fourr&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Kabylie, on offre ce jour-l&#224; leur d&#238;ner aux insectes, &lt;i&gt;imensi ibe&#949;&#949;ac&lt;/i&gt;, compos&#233; des m&#234;mes aliments que ceux des humains, &#224; savoir des cr&#234;pes ou de la galette. Au moment de d&#233;poser la nourriture qui leur est r&#233;serv&#233;e, une femme s'adresse &#224; eux en leur disant simplement comme elle le ferait pour ses enfants, &#034;&lt;i&gt;Atan imensi-nnwen, ay ibe&#949;&#949;ac !&lt;/i&gt;&#034; Ce partage de nourriture avec les insectes a pour but de se les concilier afin qu'ils ne viennent pas se rendre nuisibles aux hommes en leur d&#233;truisant leurs cultures ; c'est pourquoi on leur donne une nourriture s&#232;che afin de limiter leur multiplication : &lt;i&gt;ti&#947;rifin akken ad &#947;erfen !&lt;/i&gt;, c'est-&#224;-dire qu'ils ne soient pas virulents ou, selon une expression plus radicale, &#034;&lt;i&gt;a&#947;rum aquran akken ad qqaren !&lt;/i&gt;&#034;, c'est-&#224;-dire &#034;le pain sec afin qu'ils se dess&#232;chent !&#034;. C'est aussi pour &#233;viter le pullulement des fourmis qu'on ne roule pas le couscous le premier jour du printemps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me moment de la p&#233;riode festive du printemps est marqu&#233; par l'inauguration d'un nouvel horaire de p&#226;turage, &lt;i&gt;tiririt uzal&lt;/i&gt; (21 mars gr&#233;gorien en Kabylie et dans les Aur&#232;s) accompagn&#233; de jeux et batailles rituels (les Hauts Seksawa du Maroc connaissent une f&#234;te joyeuse de la reprise du p&#226;turage au d&#233;but juillet, &lt;i&gt;tizi n ticka&lt;/i&gt;). &#034;C'est une v&#233;ritable deuxi&#232;me f&#234;te de Printemps !&#034;, se plaisaient &#224; dire les femmes kabyles et aurasiennes interrog&#233;es au milieu du vingti&#232;me si&#232;cle. C'est au berger qu'il revient de mesurer la longueur de l'ombre port&#233;e par son corps pour d&#233;terminer le jour de l'inauguration du nouvel horaire de p&#226;turage pour le b&#233;tail. D&#232;s ce jour, ce dernier sortira deux fois par jour au lieu d'une, une fois t&#244;t le matin, une autre fois l'apr&#232;s-midi, apr&#232;s la grosse chaleur de la mi-journ&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme au premier jour de &lt;i&gt;Tafsut&lt;/i&gt;, les femmes habill&#233;s, fard&#233;es, portant leurs bijoux partent le matin faire moisson de branchages (laurier-rose, feuilles de cactus, gen&#234;ts, bouquets d'orties) avec lesquels bergers et gens de la maison se frappent en riant et qui seront suspendus ensuite au-dessus de la porte de la maison. C'est le jour o&#249; l'on fait la plus grande consommation de laitages, sous forme de lait, de beurre et de fromage (&lt;i&gt;aguglu&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux alentours de onze heures, c'est-&#224;-dire au moment de &lt;i&gt;azal azaylal&lt;/i&gt;, o&#249; la chaleur et la lumi&#232;re sont les plus intenses, les bergers et leur b&#233;tail rentrent de la s&#233;quence matinale du p&#226;turage et sont accueillis dans un d&#233;sordre joyeux m&#234;l&#233; d'excitation. C'est &lt;i&gt;tiririt uzal&lt;/i&gt; (litt&#233;ralement, le retour du jour) o&#249;, dit-on, le chant du coucou (&lt;i&gt;&#7789;ikkuk&lt;/i&gt;) affole les b&#339;ufs qui partent de tous c&#244;t&#233;s ; parfois le berger a le plus grand mal &#224; les rassembler et s'empresse de les rentrer pour &#233;viter qu'ils ne s'&#233;garent, ce qui arrive parfois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un esprit rationnel dirait que la p&#233;riode en question est aussi celle du retour des taons qui piquent les b&#339;ufs, lesquels se mettent &#224; s'agiter et &#224; courir en tous sens. Mais les Kabyles pr&#233;f&#232;rent expliquer le ph&#233;nom&#232;ne par la l&#233;gende &#233;tiologique que voici. &#171; Un jour que le coucou poussait son cri en regardant labourer des b&#339;ufs, il fut chass&#233; par le laboureur. Il raconta sa m&#233;saventure au Seigneur qui le dota d'un nouveau chant qui ne manquera pas de plaire aux b&#339;ufs. Le coucou revint alors vers ces derniers et se mit &#224; chanter &#034;&lt;i&gt;tikkuk, tikkuk !&lt;/i&gt;&#034;. La r&#233;action des b&#339;ufs ne se fit pas attendre ; ils se mirent &#224; s'agiter en tous sens, cassant le joug et la charrue. Les gens interrog&#232;rent l'oiseau sur le sens de cette r&#233;action, ce &#224; quoi le coucou r&#233;pondit que son chant contient tout ce que les gens ressentent sans jamais l'avoir vu. Il fut maudit par les hommes. Il leur r&#233;torqua que, d&#233;sormais, les 16, 17 et 18 mars (julien ?), les n&#339;uds des colliers de labour seront cass&#233;s et les hommes auront int&#233;r&#234;t &#224; pr&#233;parer les bergers &#224; bien tenir les b&#339;ufs (lesquels s'agiteront joyeusement en l'entendant chanter !) &#187; (Youcef Allioui). Le fait est que le coucou parasite les nids des autres oiseaux, la femelle y d&#233;pose ses oeufs et les laisse couver par d'autres, ce qui a bien &#233;t&#233; remarqu&#233; par les Kabyles qui n'appr&#233;cient gu&#232;re cette mani&#232;re d'agir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Jeux et batailles rituels.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Math&#233;a Gaudry d&#233;crit le jeu de &lt;i&gt;takurt&lt;/i&gt; tel qu'il se d&#233;roulait dans les Aur&#232;s en 1929.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La veille du premier jour du printemps, &lt;i&gt;tifswin&lt;/i&gt; (remarquer le pluriel qui indique bien que le printemps ne comporte pas qu'un seul jour mais plusieurs moments s'&#233;coulant sur une p&#233;riode), hommes et femmes partent dans la for&#234;t. Chacun se coupe une branche d'arbre qu'il recourbe &#224; la chaleur d'un grand feu pour faire une crosse, &lt;i&gt;quc&lt;/i&gt;, qui servira &#224; jouer &#224; &lt;i&gt;takurt&lt;/i&gt;. Puis, le groupe des femmes charg&#233;es de rameaux verts chantent en marchant et en ululant vers la maison, tandis que le groupe des hommes accompagne les musiciens et r&#233;pondent aux you-yous des femmes en tirant des coups de feu. Apr&#232;s le d&#233;jeuner tout le monde repart vers la zaouia locale avant de partir vers l'aire &#224; battre o&#249; doit se d&#233;rouler le jeu. On doit absolument jouer &#224; ce jeu car &#034;cela donne de la force&#034;. Le terrain de jeu se situe sur un mamelon qui fait face au village ; &#034;si on ne jouait pas &#224; cet endroit, la peste s'ensuivrait !&#034;. Rien ne diff&#233;rencie le jeu des femmes de celui des hommes en dehors du degr&#233; de violence. Les m&#234;l&#233;es laissent des blessures. Autour des joueurs, le cercle des spectateurs se compose de femmes tandis qu'autour des joueuses, il se compose d'hommes. Chez les hommes le jeu est tr&#232;s violent et provoque souvent des accidents ; normalement la balle est en alfa mais parfois elle est en bois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le Sud-ouest alg&#233;rien (Sahara nord-occidental, oasis de tabalbala), on raconte qu'autrefois, on jouait &#224; la &lt;i&gt;koura&lt;/i&gt; en deux camps : c&#233;libataires/hommes mari&#233;s en m&#234;me temps que le rite de &lt;i&gt;ta&#947;enja&lt;/i&gt;, ou bien, au lendemain de la tomb&#233;e de la pluie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le nord du Maroc, un jeu de balle d&#233;crit par Mouli&#233;ras &#224; la fin du XIXe si&#232;cle se pratique avec une balle bourr&#233;e de laine, de chiffons ou d'alfa, entour&#233;e d'une peau souple et travers&#233;e par une grosse aiguille qui d&#233;passe de vingt centim&#232;tres de part et d'autre, un dard redoutable qui perce les mains et les t&#234;tes des joueurs insuffisamment adroits. Ceux-ci sont torse nu et v&#234;tus d'un pantalon tr&#232;s court et doivent faire preuve d'une grande adresse : lorsque la balle est lanc&#233;e, il s'agit, dans un grand bond vertical, de se saisir de l'aiguille sans l'arr&#234;ter dans sa course. Le caract&#232;re sacr&#233; ne fait pas de doute puisqu'il &#034;est interdit &#224; ceux qui ne savent ni lire ni &#233;crire et n'ont donc pas acc&#232;s &#224; la science des clercs&#034;. Dans la zone de Marrakech se rencontre un jeu rituel pour faire cesser la s&#233;cheresse : les femmes d'un c&#244;t&#233;, les hommes de l'autre, chaque camp tire de son c&#244;t&#233; sur une corde jusqu'&#224; ce qu'elle casse ; les spectateurs jettent ensuite de l'eau sur les deux camps et on partage le couscous commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Touaregs poss&#232;dent un jeu de balle lanc&#233;e avec une crosse et qu'ils appellent &#034;karey&#034; (compar&#233; au hockey). Les deux camps s'appellent &#034;aman&#034; ; seuls les nobles y participent, on dit du vainqueur qu'il &#034;a bu&#034;, &lt;i&gt;icwa&lt;/i&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le jeu de &lt;i&gt;takurt&lt;/i&gt; fait partie des jeux rituels (marquer le printemps, amener la pluie) et est souvent le privil&#232;ge d'une classe &#224; caract&#232;re religieux ; les anciennes c&#233;r&#233;monies &#233;taient sans doute pr&#233;sid&#233;es par une caste sp&#233;ciale. Ces batailles rituelles &#233;taient connues depuis au moins l'antiquit&#233; et rev&#234;taient un caract&#232;re religieux (H&#233;rodote les signalait d&#233;j&#224; chez les Libyens et, par la suite, Saint-Augustin &#224; Caesarea, (Cherchell). Ces combats opposent deux &#233;l&#233;ments dont la rencontre est &#224; la fois union et opposition. Ils s'agencent toujours en deux camps oppos&#233;s et compl&#233;mentaires (les deux moiti&#233;s d'un village, les deux sexes, deux saisons, Est /Ouest). Leur fonction est de tracer les limites entre deux moiti&#233;s sym&#233;triques : masculin/f&#233;minin, moiti&#233; haut/moiti&#233; bas du village, saison s&#232;che/saison humide. Ils poss&#232;dent une force magique et divinatoire. Leur issue pr&#233;sage de l'avenir du fait que chaque camp porte en lui un &#233;l&#233;ment de l'opposition. Les bless&#233;s et les morts devaient sans doute produire une jubilation car le d&#233;c&#232;s faisait partie int&#233;grante du rituel. Ils ont aussi pour fonction de fertiliser les humains, les b&#234;tes et la terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le solstice d'hiver et l'&#233;quinoxe de printemps, deux moments d&#233;cisifs du renouveau annuel, se distinguent par leurs rites et leurs prescriptions alimentaires. De nombreux interdits caract&#233;risent &lt;i&gt;Yennayer&lt;/i&gt;, qui, loin d'&#234;tre une c&#233;l&#233;bration joyeuse, pr&#233;sente un visage o&#249; l'anxi&#233;t&#233; de la nuit du basculement vers un nouveau cycle est renforc&#233;e par la crainte du changement de corne du b&#339;uf cosmique portant le monde. Cette nuit-l&#224;, on demeure &#224; l'aff&#251;t de l'instant o&#249; le taureau va faire basculer le monde sur l'autre corne, ce qui peut provoquer un tremblement de terre. De plus, &#233;tait-on, jadis, totalement assur&#233; de la reprise de l'ascension du soleil ? La nuit critique de &lt;i&gt;Yennayer&lt;/i&gt; est une nuit de passage o&#249; le silence et le recueillement sont de mise avant les r&#233;jouissances du lendemain, lesquelles ne peuvent avoir lieu qu'apr&#232;s le passage effectu&#233; avec succ&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en est tout autrement pour le retour du printemps qui provoque la liesse g&#233;n&#233;rale de voir revenir la v&#233;g&#233;tation dont on fait abondante cueillette. Le reverdissement de la nature, li&#233; &#224; l'alimentation des b&#234;tes, inaugure le p&#226;turage avec sa promesse de production de lait ; c'est avec les bouquets des herbes nouvelles que l'on nettoie la baratte. Souvenons-nous de l'interdit du lait au moment de &lt;i&gt;Yennayer&lt;/i&gt; et de sa consommation maximale au moment de &lt;i&gt;Tafsut&lt;/i&gt;. Un ensemble complexe de rites d'emp&#234;chement du vol magique de lait et de sa restitution se d&#233;roule au cours des f&#234;tes de printemps, montrant ainsi l'importance de ce produit &#224; ce moment de l'ann&#233;e. Enfin, mentionnons la c&#233;l&#233;bration des mariages au printemps, saison de la r&#233;g&#233;n&#233;ration de la fertilit&#233; de la terre, des hommes et des b&#234;tes ; c'est au printemps que se d&#233;roule le rite du mariage symbolique de &lt;i&gt;Taslit lxir&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Asli lxir&lt;/i&gt;, rapport&#233; par E. Laoust dans son ouvrage &lt;i&gt;Mots et choses berb&#232;res&lt;/i&gt; (1920).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La difficult&#233; se fait jour d&#232;s lors qu'on tente de retrouver un sens ou de fournir une interpr&#233;tation &#224; ce foisonnement de rites et de croyances. Et pourtant, le travail des folkloristes doit absolument &#234;tre d&#233;pass&#233;, la collecte de donn&#233;es sous forme accumulative n'ayant pas donn&#233; grand-chose en dehors de sa valeur informative. A l'avenir, toute tentative d'analyse de cette masse imposante de faits exigera le concours de plusieurs disciplines (arch&#233;ologie, histoire, anthropologie, linguistique) si l'on veut pouvoir un jour rendre compte de la profondeur de cet oc&#233;an de croyances qu'&lt;i&gt;Imazighen&lt;/i&gt; ont su conserver de fa&#231;on exceptionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Nedjima Plantade.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2184 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tamazgha.fr/local/cache-vignettes/L450xH443/Nplantade1-feb54.jpg?1774395104' width='450' height='443' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
BIBLIOGRAPHIE&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
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