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	<title>TAMAZGHA </title>
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		<title>TAMAZGHA </title>
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		<title>Yennayer avec Tamazgha...</title>
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		<dc:date>2013-12-26T21:00:07Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Masin</dc:creator>


		<dc:subject>Yennayer</dc:subject>
		<dc:subject>Tamazgha</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;C'est sous le signe de la solidarit&#233; internationale entre peuples en lutte que Tamazgha vous propose de c&#233;l&#233;brer Yennayer 2964.Tout en marquant le nouvel an amazigh, Tamazgha c&#233;l&#232;bre avec les peuples Chiapas en lutte et et leurs amis le vingti&#232;me anniversaire du soul&#232;vement des communaut&#233;s Chiapas contre l'injustice et l'humiliation que l'Etat du Mexique leur faisait subir. &lt;br class='autobr' /&gt;
Projections vid&#233;o et musique seront au rendez-vous une journ&#233;e durant o&#249; les participants pourront partager un repas (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.tamazgha.fr/-La-Une-.html" rel="directory"&gt;La Une&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.tamazgha.fr/+-Yennayer-+.html" rel="tag"&gt;Yennayer&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tamazgha.fr/+-Tamazgha-+.html" rel="tag"&gt;Tamazgha&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.tamazgha.fr/local/cache-vignettes/L150xH79/arton3909-24c9b.jpg?1777967390' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='79' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;C'est sous le signe de la solidarit&#233; internationale entre peuples en lutte que &lt;i&gt;Tamazgha&lt;/i&gt; vous propose de c&#233;l&#233;brer Yennayer 2964.Tout en marquant le nouvel an amazigh, Tamazgha c&#233;l&#232;bre avec les peuples Chiapas en lutte et et leurs amis le vingti&#232;me anniversaire du soul&#232;vement des communaut&#233;s Chiapas contre l'injustice et l'humiliation que l'Etat du Mexique leur faisait subir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;br&gt;
Projections vid&#233;o et musique seront au rendez-vous une journ&#233;e durant o&#249; les participants pourront partager un repas et des moments d'&#233;changes et de convivialit&#233; (voir programme ci-dessous). Le rendz-vous est fix&#233; au samedi 11 janvier 2014 &#224; partir de 15h.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;br&gt;
&lt;center&gt;
&lt;strong&gt;F&#234;tons Yennayer 2964 et le vingti&#232;me anniversaire du soul&#232;vement zapatiste du Chiapas (Mexique)...&lt;br&gt;
... avec &lt;i&gt;Tamazgha&lt;/i&gt; le samedi 11 janvier 2014...&lt;br&gt;
au CICP (21 ter, rue Voltaire - 75011 Paris).
&lt;/center&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;div class='spip_document_4200 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tamazgha.fr/local/cache-vignettes/L475xH197/Zapatistes-d16cd.jpg?1777967390' width='475' height='197' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le 1er janvier 1994, les communaut&#233;s zapatistes ont pris par surprise l'arm&#233;e et la police mexicaines suite &#224; un soul&#232;vement arm&#233; men&#233; par l'EZLN (&lt;i&gt;Arm&#233;e zapatiste de lib&#233;ration nationale&lt;/i&gt; &#8211; en espagnol : &#034;&lt;i&gt;Ej&#233;rcito Zapatista de Liberaci&#243;n Nacional&lt;/i&gt;&#034;) et sept villes du Chiapas sont tomb&#233;es sous leur contr&#244;le. Le &#034;&lt;i&gt;&#161;Ya basta !&lt;/i&gt;&#034; (&#034;&#199;a suffit !&#034;) zapatiste a ainsi &#233;branl&#233; le Mexique et le monde entier. Les affrontements qui ont dur&#233; douze jours ont fait plusieurs morts et ont contraint plusieurs Indiens &#224; l'exode. Un cessez-le-feu est d&#233;cr&#233;t&#233; le 12 janvier 1994 (jour de &lt;i&gt;Yennayer&lt;/i&gt;), suite &#224; la mobilisation de la soci&#233;t&#233; civile mexicaine et internationale. Le mouvement zapatiste s'est transform&#233; en un mouvement pacifique ; aucune balle n'a &#233;t&#233; tir&#233;e par l'EZLN depuis ce cessez-le-feu malgr&#233; la guerre de basse intensit&#233; que poursuit le gouvernement du Mexique.&lt;br&gt;
Depuis le soul&#232;vement de 1994, le mouvement zapatiste n'a pas cess&#233; de gagner du terrain, de la sympathie et la solidarit&#233; de la communaut&#233; nationale et internationale. C'est notamment gr&#226;ce &#224; ses actions sans violence et ses offensives pacifiques comme la d&#233;claration des 38 communes autonomes, la cr&#233;ation des Aguascalientes (lieux de rencontres), la rencontre &#034;intergalactique &#034; pour l'humanit&#233; et contre le n&#233;olib&#233;ralisme de 1996, le voyage &#224; travers tout le pays de 1111 zapatistes en 1998, puis de 5000 en 1999, ou encore la Marche de la dignit&#233; indig&#232;ne en 2001. &lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Depuis 2003 les Indiens rebelles zapatistes du Chiapas refusent de continuer &#224; pratiquer clandestinement leur autonomie et d'attendre une autorisation ou une loi constitutionnelle qui ne viennent pas puisque le gouvernement refuse d'appliquer les accords qu'il a pourtant sign&#233;s en 1996. Les Indiens ont d&#233;cid&#233; de les mettre en pratique et d'agir ouvertement sur la place publique et au grand jour. En effet, l'autonomie existe depuis toujours chez les Indiens, il ne s'agit pas d'une id&#233;e mais d'une pratique. Aussi, en ao&#251;t 2003 les Zapatistes d&#233;clarent la naissance des Caracoles (escargots), sorte de lieux de coordination r&#233;gionale et autonome, et la cr&#233;ation de cinq &lt;i&gt;Juntas de buen gobierno&lt;/i&gt; (conseils de bonne gouvernance) charg&#233;s de la sant&#233;, de l'&#233;ducation (une &#233;cole bilingue : espagnol et langues indiennes), de la justice et de la r&#233;solution de toute sorte de probl&#232;mes dans le territoire autonome zapatiste.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
A partir de 1994, les communaut&#233;s zapatistes construisent leur autonomie en s'organisant elles-m&#234;mes, en r&#233;pondant aux besoins des peuples indiens en mati&#232;re de sant&#233;, d'&#233;ducation, d'agriculture, de culture..., en cr&#233;ant des structures d&#233;mocratiques incluant tous les habitants et en se dotant des moyens n&#233;cessaires &#224; leur d&#233;fense.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le 21 d&#233;cembre 2012, 40 000 Zapatistes ont cr&#233;&#233; la surprise en occupant les villes du Chiapas dans l'indiff&#233;rence totale des m&#233;dias fran&#231;ais.&lt;br&gt;
En 2013, ils ont invit&#233; des milliers de personnes du monde entier &#224; conna&#238;tre de plus pr&#232;s leur exp&#233;rience en partageant la vie des villages rebelles, &#224; l'occasion de &#034;l'&lt;i&gt;Escuelita zapatista&lt;/i&gt;&#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Vingt ans sont pass&#233;s et les Zapatistes sont toujours l&#224; ! Leur combat aussi !&lt;br&gt;
Plusieurs organisations, autour du &lt;i&gt;Comit&#233; de solidarit&#233; avec les peuples Chiapas en lutte&lt;/i&gt; (CSPCL), ont d&#233;cid&#233; de f&#234;ter en janvier 2014 le vingti&#232;me anniversaire du soul&#232;vement zapatiste ; c'est une fa&#231;on de briser le mur du silence des m&#233;dias et informer largement sur cette exp&#233;rience de r&#233;sistance au capitalisme. &lt;i&gt;Tamazgha&lt;/i&gt; en fait partie.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Si l'exemple zapatiste n'est pas forc&#233;ment un mod&#232;le &#224; reproduire tel quel, il est en revanche un exemple qui peut encourager &#224; trouver les voies propres &#224; l'aboutissement de nos luttes respectives pour la lib&#233;ration de nos territoires et nos pays.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Autonomie ; d&#233;fense de la culture, d&#233;fense de la langue ; libert&#233;, justice et d&#233;mocratie&#8230; Voil&#224; ce qui est soulev&#233; par les rebelles du Chiapas et &#224; quoi sont aussi confront&#233;s Imazighen, mais encore d'autres questions comme l'ind&#233;pendance, la lib&#233;ration du joug arabo-islamiste, etc.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;i&gt;Tamazgha&lt;/i&gt; fera donc du 11 janvier 2014 une double c&#233;l&#233;bration : celle du nouvel an amazigh (&lt;i&gt;Yennayer&lt;/i&gt;) et le vingti&#232;me anniversaire du soul&#232;vement zapatiste. Et c'est naturellement que &lt;i&gt;Tamazgha&lt;/i&gt; marque cette date et exprime par la m&#234;me sa solidarit&#233; avec les peuples Chiapas en lutte. Elle propose une journ&#233;e d'activit&#233;s &#224; Paris qui sera un moment d'&#233;changes sur les luttes des Imazighen et des Indiens du Chiapas dans une ambiance conviviale et festive.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Programme de la journ&#233;e du 11 janvier 2014&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;15h00 :&lt;/i&gt; Ouverture des portes au public. &lt;/strong&gt; &lt;br&gt;
Des stands d'information d'associations et collectifs qui participent &#224; la quinzaine zapatiste &#224; Paris.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;16h00 :&lt;/i&gt; Pr&#233;sentation de la journ&#233;e par Tamazgha.&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;16h45 :&lt;/i&gt; Projection du film &#034;&lt;i&gt;Teshumara, les guitares de la r&#233;bellion touar&#232;gue&#034;&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
Un film de J&#233;r&#233;mie Reichenbach (2005).&lt;br&gt; La projection sera suivie par une discussion.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;18h00 :&lt;/i&gt; Projection d'un documentaire r&#233;alis&#233; par les Zapatistes. &lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
La projection sera suive par une discussion anim&#233;e par le CSPCL (&lt;i&gt;Comit&#233; de solidarit&#233; avec les peuples Chiapas en lutte&lt;/i&gt;).&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;19h30 :&lt;/i&gt; Repas&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
(&lt;i&gt;Askaf&lt;/i&gt;, soupe traditionnelle des montagnes de Kabylie avec des l&#233;gumes et de la viande). &lt;br&gt;
Participation au repas : 5 euros&lt;br&gt;
&lt;br&gt; - La caf&#233;t&#233;ria sera ouverte toute la journ&#233;e (de 15h00 &#224; 23h30) : Bar et petite restauration.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;20h30 &#224; 23h45 :&lt;/i&gt; Soir&#233;e musicale &lt;/strong&gt; &lt;br&gt;
avec :&lt;br&gt; - Le groupe kabyle &lt;strong&gt;AFALU&lt;/strong&gt;,&lt;br&gt; - &lt;strong&gt;Los Traidores&lt;/strong&gt;, son jarocho groupe mexicain,&lt;br&gt; - &lt;strong&gt;Micipsa Touahri&lt;/strong&gt;, chansons modernes de Kabylie, &lt;br&gt; - &lt;strong&gt;La Rabia&lt;/strong&gt;, chant de lutte, rock de classe. Groupe fran&#231;ais.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Entr&#233;e : Participation libre.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;i&gt;Les b&#233;n&#233;fices seront vers&#233;s communaut&#233;s Chiapas.&lt;/i&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;center&gt;
&lt;br&gt;
L'ensemble des activit&#233;s auront lieu &#224; :&lt;br&gt;
&lt;strong&gt;CICP &lt;/strong&gt; (Centre international des cultures populaires)&lt;br&gt;
&lt;strong&gt;21 ter, rue Voltaire - 75011 Paris&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
&lt;i&gt;M&#233;tro &lt;/i&gt; : &lt;strong&gt;Rue des Boulets&lt;/strong&gt; (ligne 9).
&lt;br&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le groupe Afalu en concert &#224; Paris...&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;&lt;iframe width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;//www.youtube.com/embed/Tn6AOXcSdMM&#034; frameborder=&#034;0&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/center&gt;
&lt;div class='spip_document_4198 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tamazgha.fr/local/cache-vignettes/L500xH237/semaine-zapatiste1-7bf7e.jpg?1777967390' width='500' height='237' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_4197 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tamazgha.fr/local/cache-vignettes/L500xH470/semaine-zapatiste2-85ec2.jpg?1777967391' width='500' height='470' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;T&#233;l&#233;charger le d&#233;pliant du programme de la semaine zapatiste &#224; Paris&lt;/center&gt;&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_4199 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://www.tamazgha.fr/IMG/pdf/depliant_semaine-zapatiste.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 1.4 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://www.tamazgha.fr/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1777930753' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;http://www.cspcl.ouvaton.org&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pour plus informations sur la lutte zapatiste, cliquer ici&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;http://www.csia-nitassinan.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Voir &#233;galement le site du CISIA-Nitassinan (&lt;i&gt;Comit&#233; de solidarit&#233; avec les Indiens d'Am&#233;rique&lt;/i&gt;)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;br&gt;
&lt;center&gt;&lt;a href=&#034;http://tamazgha.fr/-Ennayer-Yennayer-.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Savoir un peu plus sur &lt;i&gt;Yennayer&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/center&gt;
&lt;div class='spip_document_4211 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;http://tamazgha.fr/-Ennayer-Yennayer-.html&#034; class=&#034;spip_out spip_doc_lien&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tamazgha.fr/local/cache-vignettes/L500xH97/logo-ennayer-2646e.jpg?1777967391' width='500' height='97' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Deux f&#234;tes amazighes : Yennayer et Amenzu n tefsut.</title>
		<link>http://www.tamazgha.fr/Deux-fetes-amazighes-Yennayer-et-Amenzu-n-tefsut,2562.html</link>
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		<dc:date>2010-02-27T08:57:17Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Masin</dc:creator>


		<dc:subject>Yennayer</dc:subject>
		<dc:subject>Traditions</dc:subject>
		<dc:subject>Notre s&#233;lection</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#034;Le calendrier berb&#232;re est un calendrier agraire !&#034; Cette assertion, qui se r&#233;f&#232;re implicitement au calendrier julien et fait l'unanimit&#233; dans tous les travaux sur le sujet (Doutt&#233;, Genevois, Servier, Drouin) n'a pourtant pas le caract&#232;re d'&#233;vidence qu'elle veut bien nous montrer. Sommes-nous r&#233;ellement en pr&#233;sence d'un calendrier agraire issu de la r&#233;volution agricole du n&#233;olithique ou de ce qui est devenu une simple convention de langage ? Un bref rappel historique permettra de voir que ce (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.tamazgha.fr/-Yennayer-105-.html" rel="directory"&gt;Ennayer - Yennayer&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.tamazgha.fr/+-Yennayer-+.html" rel="tag"&gt;Yennayer&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tamazgha.fr/+-Traditions-+.html" rel="tag"&gt;Traditions&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.tamazgha.fr/+-Notre-selection-+.html" rel="tag"&gt;Notre s&#233;lection&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.tamazgha.fr/local/cache-vignettes/L150xH150/arton2562-dd817.jpg?1777934316' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#034;Le calendrier berb&#232;re est un calendrier agraire !&#034; Cette assertion, qui se r&#233;f&#232;re implicitement au calendrier julien et fait l'unanimit&#233; dans tous les travaux sur le sujet (Doutt&#233;, Genevois, Servier, Drouin) n'a pourtant pas le caract&#232;re d'&#233;vidence qu'elle veut bien nous montrer. Sommes-nous r&#233;ellement en pr&#233;sence d'un calendrier agraire issu de la r&#233;volution agricole du n&#233;olithique ou de ce qui est devenu une simple convention de langage ? Un bref rappel historique permettra de voir que ce calendrier julien n'avait pas, au d&#233;part, le caract&#232;re agraire que lui pr&#234;tent les &#233;tudes contemporaines et qu'il n'a acquis cette qualit&#233; en Afrique du Nord qu'apr&#232;s avoir fait l'objet d'adaptations au cours du Moyen-&#226;ge.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Nnayer&lt;/i&gt;, terme employ&#233; dans toutes les r&#233;gions du nord de l'Afrique, depuis les c&#244;tes m&#233;diterran&#233;ennes jusqu'au Sahel, d&#233;signe bien le premier jour du premier mois de l'ann&#233;e (&lt;i&gt;ixf useggas, aqerru useggas, tawwurt useggas, amenzu useggas&lt;/i&gt;) et correspond au mois de &lt;i&gt;Ianiarius&lt;/i&gt; du calendrier dit &#034;julien&#034;. Ce mois est le premier des douze de ce calendrier, cr&#233;&#233; par l'astronome alexandrin Sosig&#232;ne, officialis&#233; &#224; Rome par Jules C&#233;sar en l'an 45 avant J&#233;sus-Christ et impos&#233; par son neveu Octave, dit &#034;Auguste&#034;, dans tout l'empire romain. Calendrier solaire, il se d&#233;compose en 12 mois totalisant 365,25 jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;sent en Afrique du Nord d&#232;s la r&#233;organisation de la province africaine et la cr&#233;ation du royaume de Juba II par Auguste, ce calendrier est bien attest&#233; dans le monde urbain par l'arch&#233;ologie, jusqu'&#224; l'effondrement de l'empire en 439. Sa trace se perd avec la fin des cit&#233;s latinis&#233;es &#224; partir du VIII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle mais, paradoxalement, r&#233;apparait dans le royaume d'Andalus en la ville de Cordoue, dans les milieux scientifiques. C'est l&#224; qu'il est largement remani&#233; par de nombreux agronomes et astronomes de l'Andalousie m&#233;di&#233;vale musulmane, au premier rang desquels ibn al Aww&#226;m dans son &lt;i&gt;Livre de l'agriculture&lt;/i&gt; r&#233;dig&#233; en 1175. Ces auteurs andalous utilisent en effet ce calendrier auquel ils ajoutent d'autres computs et traditions agraires (nabat&#233;enne, syriaque, perse) et ce faisant, adaptent les noms des mois latins : ainsi, &lt;i&gt;Ianiarius&lt;/i&gt; devient &lt;i&gt;Yennayer, Aprilis, Abril, December, Dujamber,&lt;/i&gt; etc. Ces travaux m&#233;di&#233;vaux d'Andalousie sont par la suite diffus&#233;s &#224; travers toute l'Afrique du Nord par l'interm&#233;diaire d'ouvrages de vulgarisation r&#233;dig&#233;s par des Nord-africains, notamment Abu Miqra (XIVe si&#232;cle), puis surtout As Susi (XVII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle). Il est frappant de constater qu'au d&#233;but du XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, l'utilisation de l'ouvrage d'As Susi pour d&#233;terminer la date du premier jour du premier mois de l'ann&#233;e (&lt;i&gt;Yennayer&lt;/i&gt;) selon le calendrier julien ait &#233;t&#233; relev&#233;e aussi bien en Maur&#233;tanie qu'en Kabylie et en Tunisie ; les clercs des zones rurales du nord comme du sud utilisent des carnets sur lesquels les mois de la liturgie musulmane trouvent leurs correspondants juliens. Les p&#233;riodes des grands froids (&lt;i&gt;lyali&lt;/i&gt;), des grandes chaleurs (&lt;i&gt;smayem&lt;/i&gt;) et des pluies d'avril (&lt;i&gt;Nisan&lt;/i&gt;) connues partout en Afrique du Nord sont des termes syriaques contenus dans ces travaux et proviennent directement de leur diffusion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'origine, le calendrier julien &#233;tait donc un calendrier scientifique qui n'&#233;tait pas une cr&#233;ation des paysans romains ni africains mais l'&#339;uvre de savants &#233;gyptiens et grecs (astronomes, math&#233;maticiens). Un calendrier agraire au sens strict est un calendrier qui se pr&#233;occupe d'exposer les pratiques &#224; respecter pour obtenir les r&#233;coltes optimales en indiquant avec pr&#233;cision le moment o&#249; l'on doit planter, semer, traiter, greffer, r&#233;colter, ce qui n'&#233;tait pas le souci de Jules C&#233;sar. Le but de celui-ci &#233;tait d'obtenir un comput qui soit le reflet exact de l'ann&#233;e tropique (temps mis par la terre pour effectuer sa r&#233;volution compl&#232;te autour du soleil) afin de donner une stabilit&#233; et une r&#233;gularit&#233; aux actes officiels et religieux, ce qui, jusque-l&#224;, constituait un v&#233;ritable casse-t&#234;te. Bien avant l'instauration de ce calendrier, les Romains d&#233;butaient leur ann&#233;e (tr&#232;s imparfaite d'ailleurs) en mars. Ainsi, en Afrique du Nord, ce calendrier n'a acquis son caract&#232;re &#034;agraire&#034; qu'apr&#232;s le travail d'un autre type de savants, celui des agronomes andalous. Jusque-l&#224;, les paysans s'inspiraient de leur exp&#233;rience et de leurs traditions propres (r&#233;cits, croyances) pour obtenir de bonnes r&#233;coltes. Avant de s'appeler &#034;&lt;i&gt;Yennayer&lt;/i&gt;&#034;, cette f&#234;te portait sans doute un autre nom et devait marquer, non le d&#233;but de l'ann&#233;e, mais le solstice d'hiver, moment o&#249; le soleil reprenait sa course ascendante, amenant le retour de la lumi&#232;re. C'est le m&#234;me ph&#233;nom&#232;ne qui s'est produit en Europe o&#249; l'ancienne f&#234;te du solstice d'hiver (par exemple la f&#234;te de &lt;i&gt;Yule&lt;/i&gt; dans les langues germaniques) est devenue le No&#235;l des Chr&#233;tiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Yennayer&lt;/i&gt; fait donc partie des c&#233;l&#233;brations annuelles en rapport direct avec les ph&#233;nom&#232;nes naturels qui marquent le renouveau, tout comme l'est une autre f&#234;te deux mois plus tard, &lt;i&gt;tafsut&lt;/i&gt;. Solstice d'hiver avec &lt;i&gt;Ennayer&lt;/i&gt;, &#233;quinoxe de printemps avec &lt;i&gt;amenzu n tefsut&lt;/i&gt;, chacune de ces deux f&#234;tes du renouveau se caract&#233;rise par des prescriptions et des interdits, des rites et des c&#233;r&#233;monies dont il est possible de d&#233;gager une certaine unit&#233; au sein d'une infinit&#233; de variations r&#233;gionales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#034;Yennayer&#034;, f&#234;te du solstice d'hiver&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est une p&#233;riode de deux &#224; trois jours selon les r&#233;gions, parfois davantage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;- Prescriptions :&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Nettoyage et blanchiment de la maison ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Renouvellement des ustensiles usag&#233;s ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Je&#251;ne de vingt et un jours par les femmes &#226;g&#233;es (Kabylie) ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; R&#233;fection du foyer et changement des trois pierres ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Sacrifice de coq (&lt;i&gt;ayazid&lt;/i&gt;), poule, chevreau (&lt;i&gt;aqelwach&lt;/i&gt;), lapin ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; D&#233;p&#244;t de grains de bl&#233; ou d'orge dans le moulin domestique, le foyer, l'ensouple inf&#233;rieure du m&#233;tier &#224; tisser, la poutre ma&#238;tresse ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Premi&#232;re coupe de cheveux du gar&#231;on ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Tapissage du sol, de la cour, de la liti&#232;re des b&#234;tes avec des plantes vertes ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Prophylaxie corporelle par la coloration des sourcils avec la s&#232;ve br&#251;l&#233;e du gen&#234;t (&lt;i&gt;Timmi s imetti uzezzu akken ad ssihent wallen&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;- Interdits&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les interdits sont nombreux :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Interdiction de moudre et de balayer ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Interdit du henn&#233; ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Pas de beaux habits de f&#234;te ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Interdiction de parler la nuit du basculement (Anti-Atlas marocain) ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Interdit du tissage : si l'ouvrage n'est pas achev&#233;, on le d&#233;monte et on le remonte plusieurs jours apr&#232;s &lt;i&gt;Yennayer&lt;/i&gt;. La femme fait porter au loin dans la montagne la natte non termin&#233;e et la r&#233;cup&#232;re &#224; la fin de la p&#233;riode (Ouest alg&#233;rien) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Interdit du lait et du beurre, parfois durant huit jours ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Interdiction de donner du levain ou du feu aux voisins ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Interdit sexuel la nuit de &lt;i&gt;Yennayer&lt;/i&gt; ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Interdit de se couper les ongles, de se raser ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Interdit de &#034;fermer&#034; les deux parties du couscoussier par la bande habituelle de tissu &lt;i&gt;meqful&lt;/i&gt;, (Miliana).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;- Aliments :&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le souper de la veille et le repas du lendemain sont les deux agapes r&#233;unissant tous les membres de la famille. Les ingr&#233;dients devant composer le repas de &lt;i&gt;Yennayer&lt;/i&gt; varient sensiblement d'une r&#233;gion &#224; l'autre mais les constantes sont parfaitement rep&#233;rables. Le premier soir, ce sont les beignets (&lt;i&gt;sfen&#487;&lt;/i&gt;) que l'on mange &#224; volont&#233; ou les l&#233;gumes secs bouillis. Le lendemain, jour du repas festif, on consomme le couscous aux sept l&#233;gumes ou &lt;i&gt;berkukes&lt;/i&gt; selon les r&#233;gions. Les f&#232;ves, lentilles, pois-chiche, bl&#233;, navets, carottes, tomates, raisins secs, amandes, noix, c&#339;ur de palmier-nain font partis des aliments requis. Le repas doit se composer &#233;galement de viande de volaille, l'id&#233;al &#233;tant de sacrifier un coq par convive. Chacun doit manger &#224; sati&#233;t&#233; afin d'&#233;viter la faim durant toute l'ann&#233;e. On associe &#224; ce repas la nouvelle belle-famille et les filles mari&#233;es pour lesquelles on r&#233;serve la part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;- Pr&#233;sages :&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La journ&#233;e de &lt;i&gt;Yennayer&lt;/i&gt; est la plus augurale d'entre toutes, ce qui s'accomplit ce jour-l&#224; se poursuivra tout au long de l'ann&#233;e. L'on essaie de tirer des pr&#233;sages par l'observation de toutes sortes de signes ou d'actions des hommes et des animaux. La pluie &#233;tant toujours tr&#232;s fortement souhait&#233;e, on d&#233;pose sur le toit quatre petites marmites de terre contenant du gros sel, chacune repr&#233;sentant un des quatre premiers mois de l'ann&#233;e. Le lendemain on mesure le taux d'humidit&#233; et le degr&#233; de fonte du sel pour savoir en quel mois tombera la pr&#233;cieuse pluie. Parfois c'est une boule de p&#226;te entour&#233;e de douze tas de sel repr&#233;sentant les douze mois de l'ann&#233;e (r&#233;gion de Cherchell). On interroge les animaux domestiques, si ceux-ci r&#233;pondent, l'ann&#233;e devrait se r&#233;v&#233;ler prosp&#232;re (Kabylie).&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien que les mascarades se d&#233;roulent surtout &#224; la f&#234;te de &lt;i&gt;Ta&#949;acu&#7771;t&lt;/i&gt;, on en trouve aussi au moment de &lt;i&gt;Yennayer&lt;/i&gt;, m&#234;me si celles-ci n'ont pas le m&#234;me caract&#232;re spectaculaire. Arr&#234;tons-nous un instant sur un vocable dont le sens est parfaitement inconnu des populations qui l'utilisent. Ici ou l&#224;, il d&#233;signe le jour de l'an (plusieurs groupes amazighs du Maroc, Touaregs, Aur&#232;s), ailleurs il fait partie int&#233;grante des expressions rituelles que le cort&#232;ge des enfants chante en allant de maison en maison qu&#234;ter des friandises. Il poss&#232;de de nombreuses variantes, &#224; forme masculine ou f&#233;minine : &lt;i&gt;Biannu, Bu-Ini, Tabennayut, Tabelyut, Tabernayut, Lalla Babiyanu, Tafaska n Lalla Babyannu&lt;/i&gt; (Ouargla). Ce nom est donn&#233; soit &#224; la f&#234;te elle-m&#234;me, soit &#224; la vieille de janvier (&lt;i&gt;tam&#947;art n Yennayer&lt;/i&gt;), soit au masque du lion (Tlemcen), soit encore aux feux de joie de la f&#234;te de &lt;i&gt;Ta&#949;acu&#7771;t&lt;/i&gt;. Certains auteurs ont voulu y voir une origine latine form&#233;e &#224; partir de l'expression &lt;i&gt;Bonus annus&lt;/i&gt;, &#034;Bonne ann&#233;e&#034; (Masqueray, Doutt&#233;, Westermarck). Mais cette &#233;tymologie fantaisiste d'auteurs habitu&#233;s &#224; rechercher les origines des faits amazighs syst&#233;matiquement ailleurs que l&#224; o&#249; ils les observaient, ob&#233;issant au postulat selon lequel Imazighen ne poss&#233;daient ni religion, ni pens&#233;e a &#233;t&#233; abandonn&#233;e dans les travaux post&#233;rieurs. Les Touaregs de l'A&#239;r donnent le nom de &lt;i&gt;Bianu&lt;/i&gt; &#224; une f&#234;te de deux jours le 20 &lt;i&gt;Moharram&lt;/i&gt; : une &#034;f&#234;te d'amour&#034; qui rappelle &#034;la nuit de l'an&#034;, &#034;la nuit de la confusion&#034;, &#034;la nuit du bien-&#234;tre&#034;, &#034;la nuit du bonheur&#034; connue de nombreux groupes amazighs marocains et au cours de laquelle, jeunes gens et jeunes filles se rencontrent la nuit dans un lieu d&#233;termin&#233;. On ignore tout de la nature de ce &lt;i&gt;Bianu&lt;/i&gt;. Etait-il un personnage masculin ou f&#233;minin ? Repr&#233;sentait-il une divinit&#233; androgyne ? Attach&#233;e &#224; quelle fonction ? &lt;i&gt;Bu-Ini&lt;/i&gt;, litt&#233;ralement 'celui &#224; la pierre du foyer' aurait-il un lien avec &lt;i&gt;Ccix lkanun&lt;/i&gt;, 'le vieux du foyer', personnage imaginaire &#224; longue barbe, de tr&#232;s petite taille, pas plus haut que les pierres du foyer ? Ce 'ma&#238;tre du feu' dont on r&#233;am&#233;nage l'espace au moment de &lt;i&gt;Yennayer&lt;/i&gt; par la r&#233;fection totale du foyer jouerait-il un r&#244;le en lien avec la renaissance du soleil ? De plus, malgr&#233; sa petitesse et sa vieillesse, il conserve &#233;ternellement sa verdeur sexuelle puisqu'il convoite les jeunes filles de la maison qui se m&#233;fient de lui. De mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, on ne marche pas sur les cendres, signe de la crainte qu'il inspire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le choix du sacrifice du coq appelle aussi quelques commentaires. D'apr&#232;s H. Genevois, quelques villages de Maatkas, les At Abbas, Taguemount azouz n'immolent pas de coq pour &lt;i&gt;Yennayer&lt;/i&gt; car, disent-ils, &#034;c'est une pratique propre aux Arabes&#034;. En r&#233;alit&#233;, le coq rev&#234;t sans doute un caract&#232;re sacr&#233; : dans les campagnes, il est &#034;le g&#233;nie&#034; du temps liturgique puisqu'il peut faire l'appel &#224; la pri&#232;re et indiquer le moment de la rupture du je&#251;ne du ramadhan &#034;idden uyazi&#7693; !&#034;, dit-on dans les campagnes. Ce coq domestique serait lui-m&#234;me un des messagers du Roi des coqs qui informerait tous les coqs du moment du retour du jour. Le g&#233;ographe du Moyen-&#226;ge, Al Bakri, dans sa &lt;i&gt;Description de l'Afrique septentrionale&lt;/i&gt; affirme que les Berghawata utilisaient le cri du coq pour calculer le temps. D'autre part, il faut rappeler que le coq est l'animal du sacrifice de l'expulsion du mal, &lt;i&gt;asfel &lt;/i&gt;et que c'est un coq qu'on sacrifie au seuil de la nouvelle maison. Il existe dans le souvenir de nombreuses personnes un sacrificateur pr&#233;pos&#233; &#224; l'&#233;gorgement des volailles nomm&#233; &lt;i&gt;adebba&#7717; bu yuza&#7693;&lt;/i&gt;. Une poule et un coq blancs accompagnent les deux mari&#233;s du couple symbolique du printemps dans le rite de Duzru (Anti-Atlas marocain). Enfin, On sait par Al Bakri qu'il existait au Moyen-&#226;ge un interdit sur la consommation de volaille et d'&#339;ufs pr&#233;conis&#233; par les doctrines de deux proph&#232;tes amazighs (Maroc actuel), s&#233;par&#233;s par deux si&#232;cles d'intervalle, Salih Ibn Tarif au VIIIe si&#232;cle et H&#226;-Mim au Xe. Cet interdit est encore observ&#233; aujourd'hui chez les Touaregs et dans certaines familles du nord. Il faut souligner le caract&#232;re individuel du coq, puisque id&#233;alement on doit sacrifier un coq par personne, enfant ou adulte, et la femme enceinte devrait en consommer deux (Maroc, ouest alg&#233;rien). Son importance est confirm&#233;e par sa repr&#233;sentation sous forme de peinture ou de sculpture dans plusieurs tombeaux de l'antiquit&#233; nord-africaine, &#233;tablissant un lien &#233;troit avec le monde de l'au-del&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est certain que la pr&#233;sence de cet animal, attach&#233; au lever du jour, n'est pas fortuite dans un moment dramatique comme celui du solstice d'hiver, marqu&#233; par des rites de deuil (interdits nombreux, silence et abstinence dans la nuit du basculement, etc.) suivis des r&#233;jouissances du lendemain (repas plantureux) destin&#233;es &#224; donner au soleil une vigueur nouvelle. L'entretien du feu toute la nuit de &lt;i&gt;Yennayer&lt;/i&gt; pourrait aller dans le m&#234;me sens ainsi que les feux de &lt;i&gt;ta&#949;cu&#7771;t&lt;/i&gt; dont le caract&#232;re solsticial est ind&#233;niable ; chez les Ketama au sud du Rif, en hiver, hommes, femmes et enfants, rassembl&#233;s autour du feu, lancent des tisons enflamm&#233;s dans la neige en m&#233;moire d'une vieille tradition o&#249; il est question des Anciens qui savaient ramener au firmament le soleil et l'azur. Enfin, l'on sait que ces f&#234;tes de solstice sont surtout r&#233;pandues chez les peuples &#233;loign&#233;s de l'Equateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;TAFSUT&lt;/i&gt;, f&#234;te de l'&#233;quinoxe de printemps&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Tafsut&lt;/i&gt; vient de la racine &lt;b&gt;FSU&lt;/b&gt; &#034;d&#233;faire, &#233;tirer la laine, s'&#233;panouir&#034;. La f&#234;te du retour du printemps se d&#233;roule sur pr&#232;s de trois semaines au cours desquelles sont mis en relief deux moments majeurs, l'un &#224; la fin du mois de f&#233;vrier avec &lt;i&gt;amenzu n tefsut&lt;/i&gt; et l'autre, le 21 mars (gr&#233;gorien) avec &lt;i&gt;tiririt uzal&lt;/i&gt;. Bien que l'arriv&#233;e du printemps soit partout ritualis&#233;e, ce sont la Kabylie et les Aur&#232;s qui nous en fournissent les donn&#233;es les plus riches.&lt;br class='autobr' /&gt;
La veille du premier jour est celui de la pr&#233;paration de &lt;i&gt;seksu uderyis&lt;/i&gt; : hommes , femmes, enfants, munis d'une &lt;i&gt;tagelzimt &lt;/i&gt;(binette) vont faire une ample moisson de &lt;i&gt;aderyis&lt;/i&gt; (thapsia) pour en utiliser l'&#233;corce des racines. Une fois rentr&#233;es, les femmes pr&#233;parent la d&#233;coction en extrayant le suc qu'elles jettent dans une marmite contenant de l'eau &#224; laquelle elles ajoutent des &#339;ufs et de l'orge, le couscous est cuit par-dessus. Lors de la seconde cuisson &#224; la vapeur, elles int&#232;grent entre deux couches de couscous, des oignons &#233;minc&#233;s et de l'ail hach&#233;, de la graisse coup&#233;e en petits morceaux, poudre de poivron rouge. Il est consomm&#233; arros&#233; d'huile d'olive ou de beurre fra&#238;chement baratt&#233; et agr&#233;ment&#233; de miel ou de sucre. Les &#339;ufs durs sont mang&#233;s &#224; part ou coup&#233;s et m&#233;lang&#233;s au couscous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'orge, elle, est destin&#233;e &#224; la volaille, confin&#233;e ce jour-l&#224; dans le poulailler avec interdiction de boire. D'ailleurs on ne boit pas du tout durant cette journ&#233;e. Ce couscous est consomm&#233; tr&#232;s t&#244;t le lendemain matin afin que la soif puisse &#234;tre supportable. Pour &#233;viter la soif, on ne mange rien d'autre de la journ&#233;e jusqu'au soir. Parfois, pour &#233;viter les affres de la soif, on le consomme le soir m&#234;me. La thapsia est un purgatif puissant et poss&#232;de des vertus m&#233;dicinales contre divers maux (coup de froid, douleurs articulaires, troubles digestifs), il ne faut donc pas la diluer en buvant. L'accueil du printemps se fait le lendemain avec un corps purifi&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain, donc, on se l&#232;ve t&#244;t le matin, les femmes se fardent, se v&#234;tent de leurs plus beaux atours, se parent de leurs bijoux et partent avec les enfants en emportant une assiette de &lt;i&gt;ti&#947;rifin&lt;/i&gt; (cr&#234;pes) qu'elle l&#232;ve vers le ciel en souhaitant la bienvenue au printemps, c'est &lt;i&gt;Amager n tefsut &lt;/i&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;&lt;i&gt;A Lalla Tafsut, a m ij&#287;&#287;igen, &lt;/i&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;&#212; Dame Printemps &#224; la parure fleurie&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;&lt;i&gt;A tikli n tsekkurt ger iberwaqen, &lt;/i&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;&#212; d&#233;marche de la perdrix entre les asphod&#232;les&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;&lt;i&gt;Nekki mugre&#947;-kem-id s icebbwa&#7693;en&lt;/i&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Je viens vers toi, charg&#233;e de cr&#234;pes&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;&lt;i&gt;Kemmi, mager-yi-d s ije&#287;&#287;igen !&lt;/i&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Viens vers moi, charg&#233;e de fleurs !&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;L'activit&#233; r&#233;serv&#233;e aux jeunes est celle de d&#233;nicher des &#339;ufs dans les nids d'oiseaux ; les enfants, quant &#224; eux, vont cueillir des bouquets de thym, de lavande et d'&#233;glantine ainsi que de quoi composer le d&#233;jeuner du reverdissement de la nature (&lt;i&gt;ad-tezzegzew tefsut&lt;/i&gt;). Les femmes confectionnent pour les bergers des petites galettes que ces derniers font rouler comme des disques solaires sur le chemin du p&#226;turage, tout en souhaitant la bienvenue au printemps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La galette du printemps se d&#233;cline en trois versions : la &#034;&lt;i&gt;mella&lt;/i&gt;&#034; de Bgayet, fourr&#233;e &#224; la p&#226;te de dattes, la &#034;&lt;i&gt;timxelle&#949;t&lt;/i&gt;&#034;, farcie aux oignons &#233;minc&#233;s et aux morceaux de graisse mang&#233;e chaude d&#232;s le matin, et enfin &#034;&lt;i&gt;a&#947;rum n le&#7717;wal&lt;/i&gt;&#034; fourr&#233; aux sept plantes potag&#232;res ou sauvages (oignon, ail, piment), menthe velout&#233;e (&lt;i&gt;nne&#949;na&#949;&lt;/i&gt;), menthe pouliot (&lt;i&gt;felgu&lt;/i&gt;), menthe &#224; feuilles rondes (&lt;i&gt;timijja&lt;/i&gt;), serpolet (&lt;i&gt;zze&#949;te&#7771;&lt;/i&gt;) et de la graisse s&#233;ch&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
La f&#234;te du printemps comporte quelques prescriptions mais se distingue de &lt;i&gt;Yennayer&lt;/i&gt; par l'absence quasi-totale d'interdits ; les gestes requis sont les suivants :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Nettoyage de la maison
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; D&#233;p&#244;t de p&#226;te &#224; cr&#234;pes sur les trois pierres du foyer ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; habits de f&#234;tes, maquillage complet, youyous ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; cueillette de roses dont on se pare (Ouargla) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Aliments :&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;Sfen&#487;&lt;/i&gt; (beignets) ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;Acebbwa&#7693;&lt;/i&gt; (grande cr&#234;pe tremp&#233;e dans du lait) ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;Imensi n seksu uderyis&lt;/i&gt; (couscous et &#339;ufs durs cuits dans la d&#233;coction de thapsia) ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Galette fourr&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Kabylie, on offre ce jour-l&#224; leur d&#238;ner aux insectes, &lt;i&gt;imensi ibe&#949;&#949;ac&lt;/i&gt;, compos&#233; des m&#234;mes aliments que ceux des humains, &#224; savoir des cr&#234;pes ou de la galette. Au moment de d&#233;poser la nourriture qui leur est r&#233;serv&#233;e, une femme s'adresse &#224; eux en leur disant simplement comme elle le ferait pour ses enfants, &#034;&lt;i&gt;Atan imensi-nnwen, ay ibe&#949;&#949;ac !&lt;/i&gt;&#034; Ce partage de nourriture avec les insectes a pour but de se les concilier afin qu'ils ne viennent pas se rendre nuisibles aux hommes en leur d&#233;truisant leurs cultures ; c'est pourquoi on leur donne une nourriture s&#232;che afin de limiter leur multiplication : &lt;i&gt;ti&#947;rifin akken ad &#947;erfen !&lt;/i&gt;, c'est-&#224;-dire qu'ils ne soient pas virulents ou, selon une expression plus radicale, &#034;&lt;i&gt;a&#947;rum aquran akken ad qqaren !&lt;/i&gt;&#034;, c'est-&#224;-dire &#034;le pain sec afin qu'ils se dess&#232;chent !&#034;. C'est aussi pour &#233;viter le pullulement des fourmis qu'on ne roule pas le couscous le premier jour du printemps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me moment de la p&#233;riode festive du printemps est marqu&#233; par l'inauguration d'un nouvel horaire de p&#226;turage, &lt;i&gt;tiririt uzal&lt;/i&gt; (21 mars gr&#233;gorien en Kabylie et dans les Aur&#232;s) accompagn&#233; de jeux et batailles rituels (les Hauts Seksawa du Maroc connaissent une f&#234;te joyeuse de la reprise du p&#226;turage au d&#233;but juillet, &lt;i&gt;tizi n ticka&lt;/i&gt;). &#034;C'est une v&#233;ritable deuxi&#232;me f&#234;te de Printemps !&#034;, se plaisaient &#224; dire les femmes kabyles et aurasiennes interrog&#233;es au milieu du vingti&#232;me si&#232;cle. C'est au berger qu'il revient de mesurer la longueur de l'ombre port&#233;e par son corps pour d&#233;terminer le jour de l'inauguration du nouvel horaire de p&#226;turage pour le b&#233;tail. D&#232;s ce jour, ce dernier sortira deux fois par jour au lieu d'une, une fois t&#244;t le matin, une autre fois l'apr&#232;s-midi, apr&#232;s la grosse chaleur de la mi-journ&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme au premier jour de &lt;i&gt;Tafsut&lt;/i&gt;, les femmes habill&#233;s, fard&#233;es, portant leurs bijoux partent le matin faire moisson de branchages (laurier-rose, feuilles de cactus, gen&#234;ts, bouquets d'orties) avec lesquels bergers et gens de la maison se frappent en riant et qui seront suspendus ensuite au-dessus de la porte de la maison. C'est le jour o&#249; l'on fait la plus grande consommation de laitages, sous forme de lait, de beurre et de fromage (&lt;i&gt;aguglu&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux alentours de onze heures, c'est-&#224;-dire au moment de &lt;i&gt;azal azaylal&lt;/i&gt;, o&#249; la chaleur et la lumi&#232;re sont les plus intenses, les bergers et leur b&#233;tail rentrent de la s&#233;quence matinale du p&#226;turage et sont accueillis dans un d&#233;sordre joyeux m&#234;l&#233; d'excitation. C'est &lt;i&gt;tiririt uzal&lt;/i&gt; (litt&#233;ralement, le retour du jour) o&#249;, dit-on, le chant du coucou (&lt;i&gt;&#7789;ikkuk&lt;/i&gt;) affole les b&#339;ufs qui partent de tous c&#244;t&#233;s ; parfois le berger a le plus grand mal &#224; les rassembler et s'empresse de les rentrer pour &#233;viter qu'ils ne s'&#233;garent, ce qui arrive parfois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un esprit rationnel dirait que la p&#233;riode en question est aussi celle du retour des taons qui piquent les b&#339;ufs, lesquels se mettent &#224; s'agiter et &#224; courir en tous sens. Mais les Kabyles pr&#233;f&#232;rent expliquer le ph&#233;nom&#232;ne par la l&#233;gende &#233;tiologique que voici. &#171; Un jour que le coucou poussait son cri en regardant labourer des b&#339;ufs, il fut chass&#233; par le laboureur. Il raconta sa m&#233;saventure au Seigneur qui le dota d'un nouveau chant qui ne manquera pas de plaire aux b&#339;ufs. Le coucou revint alors vers ces derniers et se mit &#224; chanter &#034;&lt;i&gt;tikkuk, tikkuk !&lt;/i&gt;&#034;. La r&#233;action des b&#339;ufs ne se fit pas attendre ; ils se mirent &#224; s'agiter en tous sens, cassant le joug et la charrue. Les gens interrog&#232;rent l'oiseau sur le sens de cette r&#233;action, ce &#224; quoi le coucou r&#233;pondit que son chant contient tout ce que les gens ressentent sans jamais l'avoir vu. Il fut maudit par les hommes. Il leur r&#233;torqua que, d&#233;sormais, les 16, 17 et 18 mars (julien ?), les n&#339;uds des colliers de labour seront cass&#233;s et les hommes auront int&#233;r&#234;t &#224; pr&#233;parer les bergers &#224; bien tenir les b&#339;ufs (lesquels s'agiteront joyeusement en l'entendant chanter !) &#187; (Youcef Allioui). Le fait est que le coucou parasite les nids des autres oiseaux, la femelle y d&#233;pose ses oeufs et les laisse couver par d'autres, ce qui a bien &#233;t&#233; remarqu&#233; par les Kabyles qui n'appr&#233;cient gu&#232;re cette mani&#232;re d'agir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Jeux et batailles rituels.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Math&#233;a Gaudry d&#233;crit le jeu de &lt;i&gt;takurt&lt;/i&gt; tel qu'il se d&#233;roulait dans les Aur&#232;s en 1929.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La veille du premier jour du printemps, &lt;i&gt;tifswin&lt;/i&gt; (remarquer le pluriel qui indique bien que le printemps ne comporte pas qu'un seul jour mais plusieurs moments s'&#233;coulant sur une p&#233;riode), hommes et femmes partent dans la for&#234;t. Chacun se coupe une branche d'arbre qu'il recourbe &#224; la chaleur d'un grand feu pour faire une crosse, &lt;i&gt;quc&lt;/i&gt;, qui servira &#224; jouer &#224; &lt;i&gt;takurt&lt;/i&gt;. Puis, le groupe des femmes charg&#233;es de rameaux verts chantent en marchant et en ululant vers la maison, tandis que le groupe des hommes accompagne les musiciens et r&#233;pondent aux you-yous des femmes en tirant des coups de feu. Apr&#232;s le d&#233;jeuner tout le monde repart vers la zaouia locale avant de partir vers l'aire &#224; battre o&#249; doit se d&#233;rouler le jeu. On doit absolument jouer &#224; ce jeu car &#034;cela donne de la force&#034;. Le terrain de jeu se situe sur un mamelon qui fait face au village ; &#034;si on ne jouait pas &#224; cet endroit, la peste s'ensuivrait !&#034;. Rien ne diff&#233;rencie le jeu des femmes de celui des hommes en dehors du degr&#233; de violence. Les m&#234;l&#233;es laissent des blessures. Autour des joueurs, le cercle des spectateurs se compose de femmes tandis qu'autour des joueuses, il se compose d'hommes. Chez les hommes le jeu est tr&#232;s violent et provoque souvent des accidents ; normalement la balle est en alfa mais parfois elle est en bois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le Sud-ouest alg&#233;rien (Sahara nord-occidental, oasis de tabalbala), on raconte qu'autrefois, on jouait &#224; la &lt;i&gt;koura&lt;/i&gt; en deux camps : c&#233;libataires/hommes mari&#233;s en m&#234;me temps que le rite de &lt;i&gt;ta&#947;enja&lt;/i&gt;, ou bien, au lendemain de la tomb&#233;e de la pluie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le nord du Maroc, un jeu de balle d&#233;crit par Mouli&#233;ras &#224; la fin du XIXe si&#232;cle se pratique avec une balle bourr&#233;e de laine, de chiffons ou d'alfa, entour&#233;e d'une peau souple et travers&#233;e par une grosse aiguille qui d&#233;passe de vingt centim&#232;tres de part et d'autre, un dard redoutable qui perce les mains et les t&#234;tes des joueurs insuffisamment adroits. Ceux-ci sont torse nu et v&#234;tus d'un pantalon tr&#232;s court et doivent faire preuve d'une grande adresse : lorsque la balle est lanc&#233;e, il s'agit, dans un grand bond vertical, de se saisir de l'aiguille sans l'arr&#234;ter dans sa course. Le caract&#232;re sacr&#233; ne fait pas de doute puisqu'il &#034;est interdit &#224; ceux qui ne savent ni lire ni &#233;crire et n'ont donc pas acc&#232;s &#224; la science des clercs&#034;. Dans la zone de Marrakech se rencontre un jeu rituel pour faire cesser la s&#233;cheresse : les femmes d'un c&#244;t&#233;, les hommes de l'autre, chaque camp tire de son c&#244;t&#233; sur une corde jusqu'&#224; ce qu'elle casse ; les spectateurs jettent ensuite de l'eau sur les deux camps et on partage le couscous commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Touaregs poss&#232;dent un jeu de balle lanc&#233;e avec une crosse et qu'ils appellent &#034;karey&#034; (compar&#233; au hockey). Les deux camps s'appellent &#034;aman&#034; ; seuls les nobles y participent, on dit du vainqueur qu'il &#034;a bu&#034;, &lt;i&gt;icwa&lt;/i&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le jeu de &lt;i&gt;takurt&lt;/i&gt; fait partie des jeux rituels (marquer le printemps, amener la pluie) et est souvent le privil&#232;ge d'une classe &#224; caract&#232;re religieux ; les anciennes c&#233;r&#233;monies &#233;taient sans doute pr&#233;sid&#233;es par une caste sp&#233;ciale. Ces batailles rituelles &#233;taient connues depuis au moins l'antiquit&#233; et rev&#234;taient un caract&#232;re religieux (H&#233;rodote les signalait d&#233;j&#224; chez les Libyens et, par la suite, Saint-Augustin &#224; Caesarea, (Cherchell). Ces combats opposent deux &#233;l&#233;ments dont la rencontre est &#224; la fois union et opposition. Ils s'agencent toujours en deux camps oppos&#233;s et compl&#233;mentaires (les deux moiti&#233;s d'un village, les deux sexes, deux saisons, Est /Ouest). Leur fonction est de tracer les limites entre deux moiti&#233;s sym&#233;triques : masculin/f&#233;minin, moiti&#233; haut/moiti&#233; bas du village, saison s&#232;che/saison humide. Ils poss&#232;dent une force magique et divinatoire. Leur issue pr&#233;sage de l'avenir du fait que chaque camp porte en lui un &#233;l&#233;ment de l'opposition. Les bless&#233;s et les morts devaient sans doute produire une jubilation car le d&#233;c&#232;s faisait partie int&#233;grante du rituel. Ils ont aussi pour fonction de fertiliser les humains, les b&#234;tes et la terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le solstice d'hiver et l'&#233;quinoxe de printemps, deux moments d&#233;cisifs du renouveau annuel, se distinguent par leurs rites et leurs prescriptions alimentaires. De nombreux interdits caract&#233;risent &lt;i&gt;Yennayer&lt;/i&gt;, qui, loin d'&#234;tre une c&#233;l&#233;bration joyeuse, pr&#233;sente un visage o&#249; l'anxi&#233;t&#233; de la nuit du basculement vers un nouveau cycle est renforc&#233;e par la crainte du changement de corne du b&#339;uf cosmique portant le monde. Cette nuit-l&#224;, on demeure &#224; l'aff&#251;t de l'instant o&#249; le taureau va faire basculer le monde sur l'autre corne, ce qui peut provoquer un tremblement de terre. De plus, &#233;tait-on, jadis, totalement assur&#233; de la reprise de l'ascension du soleil ? La nuit critique de &lt;i&gt;Yennayer&lt;/i&gt; est une nuit de passage o&#249; le silence et le recueillement sont de mise avant les r&#233;jouissances du lendemain, lesquelles ne peuvent avoir lieu qu'apr&#232;s le passage effectu&#233; avec succ&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en est tout autrement pour le retour du printemps qui provoque la liesse g&#233;n&#233;rale de voir revenir la v&#233;g&#233;tation dont on fait abondante cueillette. Le reverdissement de la nature, li&#233; &#224; l'alimentation des b&#234;tes, inaugure le p&#226;turage avec sa promesse de production de lait ; c'est avec les bouquets des herbes nouvelles que l'on nettoie la baratte. Souvenons-nous de l'interdit du lait au moment de &lt;i&gt;Yennayer&lt;/i&gt; et de sa consommation maximale au moment de &lt;i&gt;Tafsut&lt;/i&gt;. Un ensemble complexe de rites d'emp&#234;chement du vol magique de lait et de sa restitution se d&#233;roule au cours des f&#234;tes de printemps, montrant ainsi l'importance de ce produit &#224; ce moment de l'ann&#233;e. Enfin, mentionnons la c&#233;l&#233;bration des mariages au printemps, saison de la r&#233;g&#233;n&#233;ration de la fertilit&#233; de la terre, des hommes et des b&#234;tes ; c'est au printemps que se d&#233;roule le rite du mariage symbolique de &lt;i&gt;Taslit lxir&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Asli lxir&lt;/i&gt;, rapport&#233; par E. Laoust dans son ouvrage &lt;i&gt;Mots et choses berb&#232;res&lt;/i&gt; (1920).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La difficult&#233; se fait jour d&#232;s lors qu'on tente de retrouver un sens ou de fournir une interpr&#233;tation &#224; ce foisonnement de rites et de croyances. Et pourtant, le travail des folkloristes doit absolument &#234;tre d&#233;pass&#233;, la collecte de donn&#233;es sous forme accumulative n'ayant pas donn&#233; grand-chose en dehors de sa valeur informative. A l'avenir, toute tentative d'analyse de cette masse imposante de faits exigera le concours de plusieurs disciplines (arch&#233;ologie, histoire, anthropologie, linguistique) si l'on veut pouvoir un jour rendre compte de la profondeur de cet oc&#233;an de croyances qu'&lt;i&gt;Imazighen&lt;/i&gt; ont su conserver de fa&#231;on exceptionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Nedjima Plantade.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2184 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tamazgha.fr/local/cache-vignettes/L450xH443/Nplantade1-feb54.jpg?1777934317' width='450' height='443' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
BIBLIOGRAPHIE&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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	</item>
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		<title>Yennayer : histoire d'un mot</title>
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		<dc:subject>Yennayer</dc:subject>
		<dc:subject>Notre s&#233;lection</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Yennayer est un terme pan-nord-africain d&#233;signant le premier mois de l'ann&#233;e calcul&#233;e selon le comput solaire dit julien. Qu'on l'orthographie yennayer, ennayer, yannayer ou yannayr, ce terme est attest&#233; aussi bien parmi les divers parlers amazighs qu'en arabe vernaculaire nord-africain, dans les r&#233;gions du Tell comme dans les zones d&#233;sertiques sahariennes. Cette unit&#233; remarquable d'un bout &#224; l'autre de l'Afrique du Nord pousse &#224; s'interroger sur les origines de la pr&#233;sence de ce vocable (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.tamazgha.fr/-Yennayer-105-.html" rel="directory"&gt;Ennayer - Yennayer&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.tamazgha.fr/+-Notre-selection-+.html" rel="tag"&gt;Notre s&#233;lection&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.tamazgha.fr/local/cache-vignettes/L150xH147/arton2388-b663f.jpg?1777934317' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='147' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Yennayer&lt;/i&gt; est un terme pan-nord-africain d&#233;signant le premier mois de l'ann&#233;e calcul&#233;e selon le comput solaire dit julien&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;DROUIN, Jeannine. &#034;Calendriers berb&#232;res&#034;, Etudes berb&#232;res et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Qu'on l'orthographie &lt;i&gt;yennayer, ennayer, yannayer &lt;/i&gt;ou &lt;i&gt;yannayr&lt;/i&gt;, ce terme est attest&#233; aussi bien parmi les divers parlers amazighs&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Par exemple, cf. p. 922 de DALLET, Jean-Marie. Dictionnaire kabyle-fran&#231;ais (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qu'en arabe vernaculaire nord-africain&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. p. 43, MARCEL, Jean Joseph. Vocabulaire fran&#231;ais-arabe des dialectes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, dans les r&#233;gions du Tell comme dans les zones d&#233;sertiques sahariennes. Cette unit&#233; remarquable d'un bout &#224; l'autre de l'Afrique du Nord pousse &#224; s'interroger sur les origines de la pr&#233;sence de ce vocable dans la r&#233;gion. &lt;i&gt;Yennayer&lt;/i&gt; &#233;tant le premier mois du calendrier julien, sa pr&#233;sence en Afrique du Nord est n&#233;cessairement li&#233;e &#224; celle de ce dernier. Afin de remonter aux origines de &lt;i&gt;Yennayer,&lt;/i&gt; il est donc indispensable d'analyser l'histoire de ce calendrier et de ses modes d'introduction et de diffusion &#224; l'&#233;chelle nord-africaine. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le calendrier julien est ainsi nomm&#233; du fait de son officialisation &#224; Rome par Jules C&#233;sar, le c&#233;l&#232;bre g&#233;n&#233;ral, pontife et consul, en l'an 45 avant J&#233;sus-Christ. Invent&#233; par l'astronome et philosophe grec Sosig&#232;ne d'Alexandrie et s'inspirant partiellement de l'antique calendrier &#233;gyptien, ce calendrier organise l'ann&#233;e civile en tentant de l'identifier &#224; la seule ann&#233;e tropique (ou ann&#233;e solaire). Celle-ci, connue au moins depuis l'astronome grec Hipparque (2&#232;me si&#232;cle avant JC), se compose d'environ 365,242 jours. L'ann&#233;e julienne en compte 365,25 lesquels se d&#233;composent en 12 mois de 28, 30 et 31 jours, ainsi qu'un jour intercalaire tous les 4 ans (ann&#233;e bissextile). Le calendrier julien est le premier calendrier construit selon une m&#233;thode &#034;scientifique&#034; bas&#233;e sur une observation fine de l'&#233;cliptique solaire. Il constitue la base de ce qui est aujourd'hui connu comme &#034;calendrier universel&#034; ou &#034;calendrier gr&#233;gorien&#034;, n&#233; d'une r&#233;forme de ce calendrier julien par le pape Gr&#233;goire XIII, le 4 octobre 1582&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour de plus amples d&#233;tails sur les computs calendaires, leurs histoires, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Officialis&#233; &#224; Rome en remplacement de l'ancien calendrier romain, le calendrier julien se voit naturellement dot&#233; de noms de mois et de jours en langue latine. Ce sont ces noms, comme le rel&#232;ve Henri Genevois&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. p.9 de GENEVOIS, Henri. &#034;Le calendrier agraire et sa composition&#034;, Le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, que l'ont retrouve encore presqu'&#224; l'identique en Afrique du Nord, tant en tamazight qu'en arabe. Ainsi, par exemple, &lt;i&gt;Yennayer &lt;/i&gt;correspond au mois d'&lt;i&gt;Ianiarius&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On trouve souvent le mois latin Ianiarius not&#233; Janiarius, particuli&#232;rement (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; (janvier), &lt;i&gt;Abril &lt;/i&gt;&#224; &lt;i&gt;Aprilis &lt;/i&gt;(avril), &#8216;Sutambar &lt;/i&gt;&#224; &lt;i&gt;September &lt;/i&gt;(septembre) ou &lt;i&gt;Dujember&lt;/i&gt; &lt;/i&gt;&#224; &lt;i&gt;December&lt;/i&gt; (d&#233;cembre). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le fait que les calendriers nord-africains fassent d&#233;buter l'ann&#233;e solaire par le mois de &lt;i&gt;Yennayer &lt;/i&gt;est une indication suppl&#233;mentaire de leur origine latine. En effet, les Romains faisaient d&#233;buter l'ann&#233;e par &lt;i&gt;Ianiarius,&lt;/i&gt; mois d&#233;di&#233; au dieu &lt;i&gt;Ianus,&lt;/i&gt; divinit&#233; des seuils, particuli&#232;rement appropri&#233;e pour symboliser l'ann&#233;e nouvelle&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. pp. 40-41, HERODIANUS. Trad. du grec par HALEVY L&#233;on. Histoire romaine (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme on le sait, Rome projeta sa puissance en Afrique dans le cadre d'une politique d'extension imp&#233;riale et de colonisation : de la conqu&#234;te de Carthage (146 av. JC) au d&#233;membrement du royaume numide de Juba Ier (46 av. JC) et enfin &#224; l'administration directe de la Maur&#233;tanie suite &#224; la mort de son roi Bocchus II (33 av. JC), Rome &#233;tablit son empire &#224; travers toute l'Afrique du Nord. Cette domination romaine se perp&#233;tue bon an mal an pendant cinq si&#232;cles jusqu'&#224; la prise de Carthage par le roi vandale Gens&#233;ric (439 apr&#232;s JC)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Se reporter &#224; la chronologie figurant pp 311-314 de HUGONIOT Christophe. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. On comprend donc pourquoi Jeannine Drouin, dans son article &lt;i&gt;Calendriers Berb&#232;res&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;DROUIN J., op. cit., p. 114&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, affirme (sans en donner de preuves) que la pr&#233;sence de &lt;i&gt;Yennayer &lt;/i&gt;et du calendrier julien en Afrique du Nord constitue un h&#233;ritage direct de la p&#233;riode romaine. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De fait, il existe en Afrique du Nord des traces anciennes de la c&#233;l&#233;bration pendant cette p&#233;riode de la f&#234;te du Nouvel An romain, appel&#233;e &#034;calendes de Janvier&#034;. Nous en retiendrons trois des plus significatives. C'est Tertullien (env. 150 &#8211; env. 230) qui nous fournit la premi&#232;re. De souche africaine, n&#233; et mort &#224; Carthage, rigoureux P&#232;re de l'Eglise et premier th&#233;ologien chr&#233;tien de langue latine, il s'est int&#233;ress&#233; &#224; la question des calendes de Janvier, ainsi qu'aux autres f&#234;tes romaines pr&#233;chr&#233;tiennes, au chapitre XIV de son ouvrage &lt;i&gt;De l'idol&#226;trie,&lt;/i&gt; compos&#233; en 212. S'adressant &#224; ses coreligionnaires chr&#233;tiens (&#224; l'&#233;poque encore minoritaires dans le monde latin), il d&#233;plore et condamne leur habitude de c&#233;l&#233;brer ces f&#234;tes constitutives d'un ordre pa&#239;en qu'il rejette radicalement : &#034;&lt;i&gt;(&#8230;) la plupart [des Chr&#233;tiens] se sont persuad&#233; qu'il &#233;tait pardonnable d'agir comme les pa&#239;ens (...) Etait-ce en c&#233;l&#233;brant les saturnales et les kalendes de janvier qu'il [l'Ap&#244;tre] plaisait aux hommes ? (&#8230;) [Il] est interdit de suivre les superstitions pa&#239;ennes (&#8230;) n&#233;anmoins, nous assistons aux f&#234;tes de Saturne, de Janus, du solstice d'hiver, de la grande matrone ! Nous &#233;changeons des pr&#233;sents ! Nous donnons et recevons des &#233;trennes ! Les jeux, les banquets retentissent pour nous ! (&#8230;) nous ne craignons pas qu'on ne nous prenne pour des pa&#239;ens !&#034;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. pp. 234-236 de TERTULLIEN, trad. De GENOUDE Eug&#232;ne Antoine. &#338;uvres de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Si Tertullien &#233;prouve le besoin de d&#233;crire ces r&#233;jouissances pour s'en indigner, c'est qu'il peut constater leur pratique massive &#224; Carthage, tant chez les pratiquants des cultes polyth&#233;istes que chez les Chr&#233;tiens. &lt;br /&gt;
La deuxi&#232;me est une illustration concr&#232;te de cette c&#233;l&#233;bration des calendes d'Ianiarius et se trouve parmi les mosa&#239;ques du calendrier mural retrouv&#233; sur le site de l'antique Thysdrus (El Jem, Tunisie)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;FOUCHER Louis. &#034;Le calendrier de Thysdrus&#034;, Antiquit&#233;s africaines, t.36, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dat&#233; entre 222 et 235, ce superbe ensemble de mosa&#239;ques, remarquablement bien conserv&#233;, repr&#233;sente, entre autres, dans la salle 6, les quatre saisons et les mois. La figure symbolisant &lt;i&gt;Ianiarius&lt;/i&gt; repr&#233;sente deux hommes se donnant l'accolade, embrassades pratiqu&#233;es au moins &#224; partir du III&#232;me si&#232;cle &#224; l'occasion du Nouvel An (coutume encore en vigueur de nos jours en Europe lors des f&#234;tes de la Saint Sylvestre). A l'arri&#232;re-plan on distingue &lt;i&gt;&#034;une galette, le reste &#233;tant des fruits&#034;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid, p. 72&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La consommation de fruits, frais si possible, constitue une marque des repas du Nouvel An latin. Nous sommes donc en pr&#233;sence d'une repr&#233;sentation des calendes de Janvier, pratiqu&#233;es alors en Afrique du Nord comme partout ailleurs dans l'empire romain. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, une troisi&#232;me attestation de l'ancrage des c&#233;l&#233;brations de la f&#234;te de &lt;i&gt;Ianus&lt;/i&gt; dans l'Afrique du Nord d'&#233;poque romaine nous est donn&#233;e un si&#232;cle et demi plus tard par Saint Augustin d'Hippone (354-430). Le natif de Thagaste (aujourd'hui Souk-Ahras, &#224; l'Est de l'Alg&#233;rie actuelle), &#233;galement P&#232;re de l'Eglise, rejoint Tertullien et d'autres auteurs chr&#233;tiens de l'Antiquit&#233; (Jean Chrysostome, Asterios d'Amas&#233;e&#8230;) dans la condamnation des calendes de Janvier. A ses yeux, les f&#234;tes de Nouvel An ne sont que les survivances de cultes &#224; &#233;radiquer dans la &#034;&lt;i&gt;Cit&#233; de Dieu&lt;/i&gt;&#034; qu'il aspire &#224; construire &#034;&lt;i&gt;contre les pa&#239;ens&lt;/i&gt;&#034;. D'ailleurs, pendant des si&#232;cles, l'Eglise va chercher &#224; faire dispara&#238;tre les calendes de Janvier, tentant de les remplacer par des f&#234;tes chr&#233;tiennes telles que No&#235;l ou P&#226;ques. Cependant, Augustin ne semble pas &#234;tre plus &#233;cout&#233; par ses coreligionnaires africains que Tertullien ne l'&#233;tait deux si&#232;cles plus t&#244;t. Parmi un ensemble de 26 sermons r&#233;cemment d&#233;couverts et publi&#233;s en latin&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;AUGUSTIN d'Hippone, Vingt-six sermons au peuple d'Afrique, retrouv&#233;s &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, s'en trouve un, suppos&#233;ment prononc&#233; en 397 &#224; Carthage par Augustin, alors tout jeune &#233;v&#234;que d'Hippone, &#224; l'occasion des calendes de Janvier. V&#233;ritable r&#233;quisitoire contre les c&#233;l&#233;brations de Nouvel An pendant qu'elles se d&#233;roulent dans la ville, ce sermon est anormalement long : deux heures trente. L'&#233;v&#234;que cherchait manifestement &#224; retenir ses ouailles dans la basilique le plus longtemps possible afin de les emp&#234;cher de prendre part aux r&#233;jouissances du dehors&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. p. 85 de : BROWN Peter Robert Lamont. The Rise of Western Christendom : (&#8230;)&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il s'av&#232;re donc que durant plusieurs si&#232;cles d'occupation romaine les f&#234;tes d'&lt;i&gt;Ianiarus, &lt;/i&gt;anc&#234;tre de &lt;i&gt;Yennayer, &lt;/i&gt;ont &#233;t&#233; c&#233;l&#233;br&#233;es en Afrique du Nord. Cependant, cela ne suffit pas pour pr&#233;sumer de la filiation directe de &lt;i&gt;Yennayer &lt;/i&gt;avec l'&lt;i&gt;Ianiarus&lt;/i&gt; romain. En effet, comme nous l'avons not&#233;, &lt;i&gt;Yennayer&lt;/i&gt; est connu dans toute l'Afrique du Nord, y compris dans l'extr&#234;me-sud du Sahara, chez les Touaregs (aujourd'hui Niger, Mali). Or ces zones n'ont jamais fait partie de l'empire romain et l'influence latine y &#233;tait faible. De plus, on semble perdre la trace du vocable &#034;Ianiarus&#034; en Afrique du Nord apr&#232;s la chute de l'empire romain d'Occident. Saint Augustin est la derni&#232;re source latine africaine &#233;voquant les calendes de Janvier. Ces c&#233;l&#233;brations ont probablement surv&#233;cu &#224; Rome, au moins dans certaines zones profond&#233;ment romanis&#233;es, durant la p&#233;riode vandale (439-533) puis byzantine (533-711). Cependant, il n'existe pas &#224; notre connaissance de document &#233;crit ou iconographique l'attestant en Afrique du Nord qui, &#224; la fin du VII&#232;me si&#232;cle, connait un brutal bouleversement de civilisation : apr&#232;s des si&#232;cles pass&#233;s sous domination romaine, la r&#233;gion passe en l'espace d'une conqu&#234;te de cinquante ans sous le contr&#244;le d'un nouvel acteur politique et id&#233;ologique : le califat islamique, dirig&#233; dans un premier temps par les arabes Omeyades &#233;tablis &#224; Damas. Bouleversant toutes les habitudes, un syst&#232;me de croyance in&#233;dit, l'Islam, auquel va progressivement adh&#233;rer la majorit&#233; de la population, s'&#233;tablit en Afrique du Nord, port&#233; par un syst&#232;me administratif neuf. Les conqu&#233;rants musulmans am&#232;nent avec eux un nouveau calendrier liturgique et civil : le calendrier dit &#034;de l'H&#233;gire&#034; (dont l'an 1 correspond &#224; l'an 622 de l'&#232;re chr&#233;tienne) ou &#034;calendrier musulman&#034;. Exclusivement lunaire, ce calendrier comprend 12 mois et 354 jours (355 tous les 10 ans), soit 11 de moins que l'ann&#233;e tropique. Ce calendrier est d&#233;connect&#233; du rythme de saisons, qui d&#233;pendent du soleil&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. pp 290-299 de BIEMON Emile, Jean-Claude PECKER. Rythmes du temps : (&#8230;)&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le premier jour et premier mois de l'ann&#233;e sont appel&#233;s &lt;i&gt;Muharram. &lt;/i&gt;Aujourd'hui, les f&#234;tes de l'&lt;i&gt;Achoura (ta&#226;curt &lt;/i&gt;en tamazight), de l'&lt;i&gt;A&#239;d al Fitr (l&#949;&#239;d amezyan)&lt;/i&gt; ou de l'&lt;i&gt;A&#239;d al Adha (l&#949;&#239;d amqran)&lt;/i&gt;, calcul&#233;e selon le comput musulman sont &#8211; tout comme &lt;i&gt;Yennayer &lt;/i&gt;&#8211; c&#233;l&#233;br&#233;es dans toute l'Afrique du Nord. L'arriv&#233;e de la langue arabe et de la religion islamique a &#233;galement provoqu&#233; un effondrement des centres de civilisation latine qui y subsistaient (sac de Carthage en 698). Dans l'&#233;tat actuel des connaissances, les diff&#233;rents &#233;crits des &#233;rudits arabes des premiers si&#232;cles de la conqu&#234;te de l'Afrique du Nord ne mentionnent ni calendrier julien, ni &lt;i&gt;Ianiarius,&lt;/i&gt; ni &lt;i&gt;Yennayer&lt;/i&gt;. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
Ailleurs pourtant, dans les zones rassembl&#233;es sous l'autorit&#233; califale lors des &lt;i&gt;f&#251;tuhat &lt;/i&gt;(conqu&#234;tes islamiques), il est attest&#233; que les pratiques de Nouvel An li&#233;es aux calendriers ant&#233;islamiques ont subsist&#233; pendant des si&#232;cles. En 947, le c&#233;l&#232;bre historien et g&#233;ographe al-Mas'&#251;di, connu comme &#034;l'H&#233;rodote arabe&#034;, mentionne dans son ouvrage &lt;i&gt;Muruj adh-dhahab wa ma'adin al-jawahir&lt;/i&gt; (Les prairies d'or et les mines de gemmes) que les calendes du nouvel an &#034;chr&#233;tien&#034; sont encore c&#233;l&#233;br&#233;es en Syrie et en Irak (premiers territoires conquis par les Arabes hors de leur p&#233;ninsule, d&#232;s 640), y compris par de nombreux Musulmans. Il utilise pour d&#233;crire cette date et les f&#234;tes qui l'entourent le terme latin &lt;i&gt;kalendae&lt;/i&gt;, arabis&#233; en &lt;i&gt;qalandas.&lt;/i&gt; Ce m&#234;me terme de &lt;i&gt;qalandas&lt;/i&gt; est utilis&#233; en 985 par le chroniqueur j&#233;rusal&#233;mite al-Muqaddasi pour d&#233;crire le 1er janvier, &#233;galement f&#234;t&#233; dans sa r&#233;gion&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour ces deux r&#233;f&#233;rences, cf. pp. 445-446 de GIL Moshe. trad. BROIDO Ethel. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En Egypte, c'est le Nouvel An copte (le mois de Th&#244;t) qui reste une grande f&#234;te populaire sous le califat des Fatimides isma&#233;liens (Xe-XIIe si&#232;cles). La population de la nouvelle capitale du Caire et de la vall&#233;e du Nil joue &#224; s'asperger d'eau, &#233;change des pr&#233;sents, &#233;lit parmi la foule un &#034;roi&#034; comique pour la journ&#233;e&#8230; toutes sortes de coutumes h&#233;rit&#233;es de l'Antiquit&#233;. Apr&#232;s la chute des Fatimides et la conqu&#234;te de l'Egypte par Saladin, le vizir de ce dernier, al-Fadhil, promulgue en 1195 un &#233;dit interdisant cette f&#234;te, jug&#233;e contraire &#224; l'Islam. Le fait que des &#233;dits similaires aient &#233;t&#233; promulgu&#233;s des d&#233;cennies plus tard signifie que la population &#233;gyptienne n'a pas renonc&#233; facilement aux c&#233;l&#233;brations de Th&#244;t qu'elle a continu&#233; &#224; pratiquer malgr&#233; leur interdiction&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. pp. 139-140 de HALM Heinz. Die Kalifen von Kairo : Die Fatimiden in (&#8230;)&#034; id=&#034;nh17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A la lumi&#232;re de ces exemples orientaux, il apparait significatif que le seul texte connu ayant trait au 1er janvier julien en Afrique du Nord &#224; la m&#234;me &#233;poque utilise lui aussi le vocable de &lt;i&gt;qalendas&lt;/i&gt;. Il s'agit d'un passage d'un opuscule sur les r&#232;gles r&#233;gissant les rapports entre ma&#238;tres et &#233;l&#232;ves, r&#233;dig&#233; par Ab&#251; l-Hasan al-Q&#226;bis&#238;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour tout ce paragraphe, se r&#233;f&#233;rer &#224; IDRIS Hedy Roger, &#034;F&#234;tes chr&#233;tiennes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ce dernier est un docteur musulman de rite mal&#233;kite, demeurant &#224; Kairouan (Tunisie actuelle) et ayant v&#233;cu entre 935 et 1012, sous le r&#232;gne de la dynastie amazighe des Zirides. Voici un extrait de la traduction dudit passage, propos&#233;e par H. R. Idris : &lt;i&gt;&#034;De m&#234;me, il est bl&#226;mable d'accepter (des cadeaux) pour les f&#234;tes des polyth&#233;istes au nombre desquelles figurent aussi : No&#235;l, P&#226;ques et les Calendes (de Janvier) chez nous, la Saint Jean en Andalousie (&#8230;) Que les Musulmans adoptent de bon c&#339;ur pareilles pratiques (&#8230;) qu'ils fassent quelques uns de ces pr&#233;paratifs, que les enfants s'amusent (&#8230;) &#224; fabriquer des tabernacles aux Calendes (de Janvier) et &#224; faire bombance &#224; No&#235;l, il ne le faut pas. Toutes ces pratiques ne conviennent pas aux Musulmans.&#034;&lt;/i&gt; Cette recommandation faite par un religieux musulman &#224; l'ensemble de ses coreligionnaires, particuli&#232;rement ceux de sa r&#233;gion (&lt;i&gt;&#034;chez nous&#034;&lt;/i&gt;), est une indication forte de la perp&#233;tuation de la c&#233;l&#233;bration des calendes de Janvier en Afrique du Nord orientale, du moins dans certaines zones urbaines. On sait effectivement qu'ont subsist&#233; jusqu'au XII&#232;me si&#232;cle dans ces villes (Kairouan, Mahdia, Tripoli, Tunis, Qal'a Beni Hammad&#8230;) des communaut&#233;s chr&#233;tiennes autochtones, lesquelles ont conserv&#233; l'antique calendrier romain. L'admonestation d'al-Q&#226;bisi montre que cette f&#234;te, ainsi que certaines f&#234;tes chr&#233;tiennes, &#233;tait &#233;galement c&#233;l&#233;br&#233;e par des Musulmans de Kairouan et d'ailleurs. Ironie de l'histoire : alors que durant l'Antiquit&#233; les pr&#233;dicateurs chr&#233;tiens enjoignaient leurs ouailles de se tenir &#224; l'&#233;cart du Nouvel An &#034;pa&#239;en&#034;, au Moyen-&#226;ge c'est au tour des pr&#233;dicateurs musulmans d'interdire aux fid&#232;les de participer &#224; cette f&#234;te qu'ils qualifient de &#034;chr&#233;tienne&#034; ! &lt;br /&gt;
Cependant, on doit &#233;galement noter qu'al-Q&#226;bisi utilise le terme de &lt;i&gt;qalandas &lt;/i&gt;&#224; l'instar des auteurs moyen-orientaux. S'il apporte donc la preuve que la nouvelle ann&#233;e julienne &#233;tait c&#233;l&#233;br&#233;e dans les villes de l'Est de l'Afrique du Nord au X&#232;me si&#232;cle, il ne nous renseigne pas sur l'&#233;ventuelle pr&#233;sence du vocable &lt;i&gt;&#034;Yennayer&#034;&lt;/i&gt;. De plus, la pr&#233;sence en Ifriqiya de minorit&#233;s chr&#233;tiennes autochtones, encore latinis&#233;es et gardiennes du calendrier julien, touche &#224; sa fin. Les faiblesses de la dynastie Ziride entra&#238;nent au XII&#232;me si&#232;cle la conqu&#234;te de la plupart des villes c&#244;ti&#232;res de Lybie et d'Ifriqiya depuis Tripoli jusqu'&#224; B&#244;ne (Annaba) par Roger II, souverain normand de Sicile. Ce dernier privil&#233;gie les minorit&#233;s chr&#233;tiennes nord-africaines, et en fait ses alli&#233;s face aux Musulmans. Cependant, cette pr&#233;pond&#233;rance normande ne dure que quelques d&#233;cennies et prend fin lors de la conqu&#234;te de toute l'Afrique du Nord par les amazighs almohades (milieu du XII&#232;me si&#232;cle). L'&#233;mir almohade Abd el Moumin, par souci d'&#233;liminer des alli&#233;s des Normands tout autant que par z&#232;le religieux, massacre et expulse les chr&#233;tiens d'Ifriqiya.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. pp. 77-84 de HOUBEN Hubert. trad. LOUD Graham. Roger II of Sicily : a (&#8230;)&#034; id=&#034;nh19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Ces &#233;v&#233;nements marquent la disparition de la chr&#233;tient&#233; autochtone d'Afrique du Nord qui se servait encore du calendrier julien pour fixer son calendrier liturgique. La cha&#238;ne de transmission du calendrier romain est bris&#233;e. Il semble que l'on doive chercher ailleurs qu'en Afrique du Nord les origines de &lt;i&gt;Yennayer &lt;/i&gt;tel qu'il est encore c&#233;l&#233;br&#233; de nos jours.&lt;br /&gt;
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Mais vers quel ailleurs se tourner ? Il a &#233;t&#233; vu que, si les calendes de Nouvel An sont toujours c&#233;l&#233;br&#233;es en Egypte et au Proche et Moyen Orient &#224; l'&#233;poque m&#233;di&#233;vale (il y subsiste de tr&#232;s importantes communaut&#233;s chr&#233;tiennes), on les d&#233;signe en arabe sous le nom de &lt;i&gt;qalendas &lt;/i&gt;ou de &lt;i&gt;nawroz &lt;/i&gt;(vocable perse). Nulles traces &#233;crites du terme &lt;i&gt;Yennayer &lt;/i&gt;dans ces r&#233;gions, pas plus qu'en Afrique du Nord. Dans l'ensemble du pourtour m&#233;diterran&#233;en m&#233;di&#233;val, nous n'avons de trace de l'utilisation du vocable &#8216;&#034;Yannayr&#034;&lt;/i&gt; pour d&#233;signer le mois de janvier latin que dans un seul et unique lieu : l'Andalousie musulmane&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. entr&#233;e &#034;Yannayr&#034; p. 525 de CORRIENTE Frederico. A dictionary of Andalusi (&#8230;)&#034; id=&#034;nh20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Conquise pour le compte du calife omeyade de Damas par les troupes amazighes de Tarik Ibn Ziad en 711, l'Andalousie wisigothe est bien plus profond&#233;ment latinis&#233;e que l'agonisante Afrique du Nord byzantine &#224; la m&#234;me &#233;poque. La population de souche hispanique y parle une forme de latin tardif et populaire, le romance, qui influencera dans une certaine mesure la langue arabe amen&#233;e par les nouveaux conqu&#233;rants. Ici aussi l'utilisation du vieux calendrier julien christianis&#233; va perdurer par del&#224; la conqu&#234;te islamique. C'est en effet un Andalou, natif de Cordoue, Muhammad ibn Waddah al-Qurtubi (mort en 900), qui est le premier auteur &#224; condamner la pratique des c&#233;l&#233;brations du Nouvel An comme contraire &#224; l'Islam&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. pp. 49-50 de WAINES David. An introduction to Islam, Cambridge, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; dans son ouvrage &lt;i&gt;Al-Bida' wa'l-Nahiy &#8216;anhaa,&lt;/i&gt; premier livre sp&#233;cifiquement &#233;crit par un savant musulman contre la &lt;i&gt;bid'a&lt;/i&gt; (l'innovation en religion). Cependant al-Qurtubi utilise le terme perse pass&#233; en arabe &lt;i&gt;Nawroz&lt;/i&gt; et non pas &lt;i&gt;Yannayr.&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La premi&#232;re trace formelle et syst&#233;matique de la transmission du calendrier julien latin chez les lettr&#233;s arabophones musulmans se rencontre dans le c&#233;l&#232;bre &lt;i&gt;Calendrier de Cordoue&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Annotations PELLAT Charles, Le Calendrier de Cordoue, Leiden, Brill, 1961.&#034; id=&#034;nh22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cet ouvrage est compos&#233; en 961 par Recemundo, &#233;v&#234;que chr&#233;tien d'Elvira &#233;galement connu sous le nom arabe de Rab&#238; ibn Zayd, conseiller et diplomate &#224; la cour des califes cordouans Abd el Rahman III et al-Hakam II&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. pp. 61-62 de LEVY-PROVENCAL Evariste. Histoire de l'Espagne musulmane, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ce calendrier compos&#233; en arabe (il est traduit en latin au XII&#232;me si&#232;cle par G&#233;rard de Cr&#233;mone) reprend la division romaine du temps (calendrier julien), &#224; laquelle vient s'ajouter &lt;i&gt;&#034;un trait&#233; arabe de m&#233;t&#233;orologie populaire&#034;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. p. 28 de URVOY Dominique. Pensers d'Al-Andalus, la vie intellectuelle &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Le &lt;i&gt;Calendrier de Cordoue&lt;/i&gt; indique pour chaque mois les diff&#233;rentes f&#234;tes chr&#233;tiennes, les grands aspects m&#233;t&#233;orologiques du mois, les principaux &#233;v&#233;nements agricoles qui le scandent ainsi que l'alignement des constellations astrales (selon la mode moyen orientale). &lt;br /&gt;
Cet ouvrage va s'av&#233;rer d&#233;cisif car il est r&#233;utilis&#233; par de tr&#232;s nombreux agronomes musulmans d'Al Andalus. En effet, ces derniers reconnaissent que le calendrier solaire julien permet de suivre les saisons (d&#233;termin&#233;es par la r&#233;volution de la Terre autour du soleil) contrairement au calendrier lunaire musulman. De nombreux agronomes, m&#233;t&#233;orologues et m&#233;decins tels qu'al-Mam&#251;n de Tol&#232;de, Ab&#251;-l-Mutarrif ibn W&#226;fid, Ab&#251; Abd All&#226;h ibn Bass&#226;l, Abu Umar ibn Hajjaj, Ab&#251;-l-Khayr, al-Tighnari de Grenade et surtout Ab&#251; Zakariy&#226; ibn al-Aww&#226;m avec son c&#233;l&#232;bre trait&#233; d'agriculture &#034;&lt;i&gt;Kit&#226;b al Filaha&lt;/i&gt;&#034; r&#233;dig&#233; en 1175, vont cr&#233;er une &lt;i&gt;&#034;v&#233;ritable r&#233;volution scientifique&#034;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid. p. 64&#034; id=&#034;nh25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; dans le domaine agraire. Ils combinent avantageusement la ma&#238;trise du calendrier solaire julien transmis par Recemundo avec les trait&#233;s d'agriculture pr&#233;-arabe venus de Syrie, au premier rang desquels le trait&#233; d'&lt;i&gt;Agriculture Nabat&#233;enne&lt;/i&gt; publi&#233; en arabe par Ibn Wahsiyya&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. pp. 38-39 de BOLENS Lucie. Agronomes andalous du Moyen-&#194;ge, Gen&#232;ve, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ainsi, l'&#339;uvre ma&#238;tresse de cette &#233;cole, le &lt;i&gt;Kit&#226;b al Filaha&lt;/i&gt; d'al-Aww&#226;m, se base sur le calendrier julien pour d&#233;crire le d&#233;roul&#233; de l'ensemble des activit&#233;s agricoles de l'ann&#233;e, le faisant correspondre en permanence avec les calendriers syrien, persan et h&#233;breu. C'est de cet ouvrage encyclop&#233;dique andalou que sont entr&#233;s dans le vocabulaire nord-africain des termes tels que&lt;i&gt; lyali &lt;/i&gt;ou &lt;i&gt;smayem&lt;/i&gt;, encore utilis&#233;s au XX&#232;me si&#232;cle et d&#233;signant des p&#233;riodes de 40 jours chacune, l'une hivernale, l'autre estivale&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;GENEVOIS. Op. cit. pp. 21-22&#034; id=&#034;nh27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ces termes (que l'on prend parfois par erreur pour de l'arabe) sont en effet des noms syriaques, utilis&#233;s par al-Aww&#226;m dans son livre en compl&#233;ment du comput julien. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons maintenant &#233;tabli que, tandis que l'Afrique du Nord islamis&#233;e perdait progressivement l'usage des traditions latines, les &#233;lites musulmanes d'Andalousie s'appropriaient le calendrier julien d'une fa&#231;on originale et r&#233;pandaient son usage dans tous les travaux agricoles, lesquels occupaient la majeure partie de la population &#224; cette &#233;poque. Qu'en est-il cependant du terme de &lt;i&gt;&#034;Yannayr&#034;&lt;/i&gt; ?&lt;br /&gt;
Ce dernier appara&#238;t pour la premi&#232;re fois, et ce n'est pas un hasard, dans des po&#232;mes r&#233;dig&#233;s par le turbulent auteur cordouan Muhammad Ibn Quzman (1078-1116). Aujourd'hui encore consid&#233;r&#233; comme le ma&#238;tre du genre po&#233;tique &lt;i&gt;zajal &lt;/i&gt;(lequel, par son aspect populaire, s'oppose &#224; la qasida, plus formelle), Ibn Quzman, po&#232;te ribaud, buveur et aventurier, est un des premiers auteurs arabophones d'Al-Andalus &#224; utiliser un grand nombre de termes romances dans ses textes. L&#224; o&#249; le bon go&#251;t de l'&#233;poque demande que l'on use d'un arabe &#034;purement&#034; moyen-oriental, Ibn Quzman n'h&#233;site pas &#224; puiser dans l'arabe populaire andalou, lequel a absorb&#233; de nombreux mots romances. C'est ainsi qu'&#224; deux reprises (po&#232;mes 40 et 79 de son &lt;i&gt;Diwan&lt;/i&gt;) le po&#232;te utilise le terme &lt;i&gt;&#034;a&#239;d al Yannayr&#034;&lt;/i&gt; pour &#233;voquer les c&#233;l&#233;brations du 1er Janvier. Mieux encore, il d&#233;crit avec minutie les diff&#233;rents fruits consomm&#233;s par le peuple de Cordoue pour l'occasion&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. p. 225 de DE LA GRANJA Fernando. Estudios de historia de Al-andalus, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il appara&#238;t donc que le calendrier julien est non seulement connu des &#233;lites lettr&#233;es arabo-andalouses, mais &#233;galement de la population, laquelle (Chr&#233;tiens et Musulmans, &#224; l'instar d'ibn Quzman) c&#233;l&#232;bre la nouvelle ann&#233;e lors d'une f&#234;te appel&#233;e &lt;i&gt;&#034;Yannayr&#034;&lt;/i&gt;, terme hispano-romance pass&#233; en arabe andalou. L'existence de ce &lt;i&gt;Yannayr &lt;/i&gt;romance est confirm&#233;e par le docteur religieux mal&#233;kite Abu Bakr Muhammad al Turtusi (1059-1126), qui affirme dans son ouvrage contre les nouveaut&#233;s et les innovations en religion intitul&#233; &lt;i&gt;Kitab al hawadit wa-l bida&lt;/i&gt; que les mozarabes (chr&#233;tiens de souche hispanique vivant en Al-Andalus) c&#233;l&#232;brent chaque ann&#233;e Yannayr en mangeant des fruits frais (al-fawak&#299;h)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb29&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid p. 253&#034; id=&#034;nh29&#034;&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
S'il est av&#233;r&#233; que les Musulmans andalous connaissaient le calendrier julien et qu'au moins une partie de leur population c&#233;l&#233;brait la f&#234;te de &lt;i&gt;Yannayr&lt;/i&gt;, quelle preuve a-t-on de sa diffusion en Afrique du Nord ? Outre le fait qu'&#224; partir du XI&#232;me si&#232;cle l'Andalousie est int&#233;gr&#233;e politiquement aux grands empires amazighs almoravide puis almohade (ce qui favorise la diffusion des livres, des id&#233;es et des coutumes entre les deux r&#233;gions), la r&#233;ponse est contenue dans un manuscrit du XIII&#232;me si&#232;cle, &lt;i&gt;Al durr al munazam&lt;/i&gt;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb30&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le texte arabe int&#233;gral et sa traduction en castillan sont int&#233;gr&#233;s &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh30&#034;&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Ce texte a &#233;t&#233; r&#233;dig&#233; sur plusieurs d&#233;cennies par Abu al Abbas al-Azafi, puis par son fils Abu al Qasim al-Azafi. Le p&#232;re, Abu al Abbas, en commence la composition en 1236. Apr&#232;s sa mort et &#224; sa demande, son fils apporte la touche finale &#224; l'ouvrage en 1259. L'int&#233;r&#234;t de cet ouvrage est que leurs auteurs ne sont pas des Andalous mais des Nord-Africains : Abu al Abbas al-Azafi est grand cadi (juge musulman) de la ville de Ceuta (nord du Maroc actuel) et son fils Abu al Qasim parvient &#224; y prendre le pouvoir en 1250, se parant du titre d'&#233;mir et y fondant une br&#232;ve dynastie. Il s'agit donc de personnages importants, vers&#233;s dans les lettres islamiques. C'est d'ailleurs au titre de la religion qu'Abu al Abbas entreprend la r&#233;daction d'&lt;i&gt;Al durr&lt;/i&gt; : il souhaite lancer &#224; ses coreligionnaires un &lt;i&gt;&#034;avertissement contre les nouveaut&#233;s&#034; &lt;/i&gt;(muhdathat al-umur) qui font sortir les Musulmans d'Afrique du Nord du sentier trac&#233; par &lt;i&gt;&#034;les pieux anciens&#034;&lt;/i&gt; (salaf al-muslimin), &#224; savoir le proph&#232;te Muhammad et ses compagnons, qu'il convient d'imiter en tous points. Il est particuli&#232;rement int&#233;ressant de noter qu'al-Azafi p&#232;re et fils sont horrifi&#233;s par les &#034;innovations&#034; &lt;i&gt;(bida)&lt;/i&gt; qui se r&#233;pandent en Afrique du Nord en provenance d'Al-Andalus et qui semblent particuli&#232;rement pris&#233;es par les habitants, malgr&#233; leur foi musulmane. Parmi ces derni&#232;res, les al-Azafi distinguent tout particuli&#232;rement &lt;i&gt;&#034;l'anniversaire de J&#233;sus&lt;/i&gt; [No&#235;l] (&#8230;) &lt;i&gt;et al-Yannayr, sept jours plus tard&#034;&lt;/i&gt;. Ils expliquent &#224; leurs lecteurs nord-africains que ces f&#234;tes ont &#233;t&#233; condamn&#233;es par les oul&#233;mas andalous et qu'ils ne doivent pas s'y pr&#234;ter. Le ton alarmiste employ&#233; par les auteurs laisse supposer que les c&#233;l&#233;brations de &lt;i&gt;Yannayr &lt;/i&gt;sont d&#233;j&#224; tr&#232;s largement r&#233;pandues dans la r&#233;gion &#224; l'&#233;poque de la r&#233;daction de leur ouvrage. On doit &#233;galement signaler &#224; titre anecdotique qu'Abu al Abbas al-Azafi propose, afin de contrer ces f&#234;tes impies, d'introduire en Afrique du Nord une f&#234;te musulmane qui serait certes une innovation, mais non bl&#226;mable : la c&#233;l&#233;bration de l'anniversaire du proph&#232;te Muhammad, dite &#034;Mouloud&#034;. Al Azafi pense qu'en c&#233;l&#233;brant le &lt;i&gt;Mouloud,&lt;/i&gt; les Musulmans pourront assouvir leurs d&#233;sirs de rituels festifs sans d&#233;roger aux principes de la religion islamique. Cette f&#234;te, d&#233;j&#224; connue &#224; l'&#233;poque en Syrie et en Egypte, ne semblait pas pratiqu&#233;e en Afrique du Nord. C'est Abu al Qasim al-Azafi, lorsqu'il acc&#232;de au pouvoir &#224; Ceuta qui, le premier et afin de satisfaire aux d&#233;sirs de son p&#232;re d&#233;funt, officialise dans la r&#233;gion la f&#234;te du &lt;i&gt;Mouloud.&lt;/i&gt; Cette f&#234;te est encore c&#233;l&#233;br&#233;e de nos jours en Afrique du Nord. Peu de gens savent qu'elle y a &#233;t&#233; introduite afin de faire concurrence &#224; &lt;i&gt;Yannayr &lt;/i&gt;et aux feux de joies de l'&lt;i&gt;Ansara &lt;/i&gt;(Saint Jean)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb31&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour approfondir tous les points &#233;voqu&#233;s dans ce paragraphe, se reporter au (&#8230;)&#034; id=&#034;nh31&#034;&gt;31&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La piste du &lt;i&gt;Yannayr&lt;/i&gt; andalou aboutit donc bien en Afrique du Nord, puisque les &#233;crits d'al-Azafi nous informent que cette f&#234;te, qui pour lui provient d'Andalousie, a largement gagn&#233; la r&#233;gion au d&#233;but du XIII&#232;me si&#232;cle. Au-del&#224; de l'aspect festif, la diffusion du calendrier julien &#224; l'&#233;chelle nord-africaine &#224; partir de la science andalouse s'effectue par l'interm&#233;diaire d'ouvrages r&#233;dig&#233;s par des savants nord-africains apr&#232;s la perte de l'essentiel des territoires d'Al-Andalus par les Musulmans (XIII&#232;me si&#232;cle). L'astronomie et l'&#233;tablissement de dates &#224; partir du calendrier julien devient un savoir pratiqu&#233; par de nombreux lettr&#233;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb32&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Toutes les r&#233;f&#233;rences qui vont suivre sont issues de l'inventaire de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh32&#034;&gt;32&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ils s'appuient tout d'abord sur le c&#233;l&#232;bre ouvrage d'Abu Miqra al Battawi, originaire du Rif (Maroc actuel), auteur d'un trait&#233; d'astronomie dat&#233; aux alentours de 1330 et qui fait autorit&#233; jusqu'au XVIII&#232;me si&#232;cle. La science d'Abu Miqra est explicit&#233;e dans un ouvrage en vers d'al-Marghiti, contenant notamment un &lt;i&gt;&#034;po&#232;me didactique sur le calendrier&#034;&lt;/i&gt;. Al Akhdari (1512-1585), natif de Biskra (Alg&#233;rie actuelle), r&#233;dige un trait&#233; enti&#232;rement consacr&#233; aux calendriers, l&#224; encore sous forme de po&#232;me didactique. Cet ouvrage servira de r&#233;f&#233;rence &#224; tous les savants nord-africains. Le principal successeur d'Abu Miqra apparait au XVII&#232;me si&#232;cle en la personne d'As-Susi, originaire du Maroc et mort en 1679. Son trait&#233; &lt;i&gt;Nazm al Mumti fi Sharh al-Muqni &lt;/i&gt;permet notamment de &lt;i&gt;&#034;d&#233;terminer quel jour tombe le 1er janvier d'une ann&#233;e quelconque&#034;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb33&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid. p. 71. Toutes les autres r&#233;f&#233;rences sont consultables aux pp. 71-72.&#034; id=&#034;nh33&#034;&gt;33&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il est frappant de constater que ces ouvrages (ou des commentaires de ces ouvrages) ont circul&#233; jusqu'&#224; la fin du XIX&#232;me si&#232;cle parmi les lettr&#233;s d'Afrique du Nord. A titre d'exemple, on rel&#232;ve en 1872 la pr&#233;sence de l'ouvrage d'al-Akhdari et d'un commentaire sur As-Susi dans des biblioth&#232;ques de lettr&#233;s religieux de la Kabylie des Babors (A&#239;t Wartilan, A&#239;t Yala)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb34&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. pp. 88-89 A&#207;SSANI Djamil, Djamel-Eddine MECHEHED. &#034;La khizana de Cheik (&#8230;)&#034; id=&#034;nh34&#034;&gt;34&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette connaissance du calendrier Julien de quelques lettr&#233;s nord-africains arabisants et ma&#238;trisant les manuels d'astronomie h&#233;rit&#233;s de la science andalouse m&#233;di&#233;vale est attest&#233; jusqu'au d&#233;but du XX&#232;me si&#232;cle dans les r&#233;gions les plus d&#233;sertiques : durant la colonisation de la Maur&#233;tanie, en 1909, le commandant fran&#231;ais Ganen note que &lt;i&gt;&#034;Les litt&#233;rateurs maures abordent volontiers des sujets astronomiques ou relatifs au comput du temps. L'un d'eux, Ben Abdem, de la tribu nomade des Ideyqob (Ida Yaqoub), Berb&#232;res de l'Ouest, &#233;num&#232;re des constellations qui se l&#232;vent au coucher du soleil, et donne, d'apr&#232;s le calendrier julien, la date o&#249; elles deviennent visibles. (&#8230;) Un autre ouvrage dit le moyen de savoir quel jour tombe le ler janvier d'une ann&#233;e quelconque : il est intitul&#233; As-Sousi&#034;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb35&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#034;Rapport du commandant Ganen&#034;, Paris, Revue du monde musulman, 1909, p. 516.&#034; id=&#034;nh35&#034;&gt;35&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, il faut noter que les mentions de c&#233;l&#233;brations de &lt;i&gt;Yennayer&lt;/i&gt; en Afrique du Nord, absentes des chroniques et des relations de voyages durant plus de quatre si&#232;cles se multiplient apr&#232;s le moment o&#249; al-Azafi, au XII&#232;me si&#232;cle, se lamente de voir la f&#234;te andalouse d'&lt;i&gt;al-Yannayr &lt;/i&gt;s'imposer dans sa r&#233;gion. Au XV&#232;me si&#232;cle, Hassan al-Wazzan (1488-1548), plus connu sous le nom de L&#233;on l'Africain, mentionne qu'il a vu, dans la ville de F&#232;s, &lt;i&gt;&#034;quelques anciennes coutumes des f&#234;tes d&#233;laiss&#233;es par les chr&#233;tiens&#034;&lt;/i&gt;, notamment &lt;i&gt;&#034;le premier jour de l'an, les enfants vont en masque par les maisons des gentilshommes, demandant des fruits, avec chansons de peu de substance&#034;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb36&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. p. 391 de LEON dit l'Africain. Trad. TEMPORAL Jean. Description de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh36&#034;&gt;36&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Moins d'un si&#232;cle plus tard, le g&#233;ographe et historien espagnol Marmol y Carvajal (fait prisonnier &#224; Tunis en 1536 et ayant v&#233;cu huit ann&#233;es en Afrique du Nord) aborde, dans sa description g&#233;n&#233;rale de l'Afrique, la question des calendriers suivis par les populations : &lt;i&gt;&#034;Il y a quantit&#233; de ces peuples, tant Africains qu'Arabes, qui sans savoir lire, ni &#233;crire, rendent des raisons suffisantes touchant le labourage, par les r&#232;gles de l'Astronomie : mais ils tirent ces r&#232;gles du tr&#233;sor de l'Agriculture, qui fut traduit de Latin en Arabe en la ville de Cordoue. (&#8230;) Dans ce livre sont contenus les douze mois de l'ann&#233;e en Latin, et ils les suivent pour ce qui concerne le labourage&#034;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb37&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. p. 15 de MARMOL CARVAJAL Luis. Trad. D'ABLANCOURT Nicolas. Description (&#8230;)&#034; id=&#034;nh37&#034;&gt;37&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il note &#233;galement que &lt;i&gt;&#034;les Africains comptent en l'ann&#233;e quarante jours de froid &#226;pre et quarante jours de chaleur excessive&#034;&lt;/i&gt;, ce qui correspond aux fameuses p&#233;riodes syriaques de &lt;i&gt;lyali&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;smayem &lt;/i&gt;du &lt;i&gt;Kitab al Filaha &lt;/i&gt;andalou. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cet &#233;l&#233;ment suppl&#233;mentaire s'ajoute au faisceau d'indices concordants &#233;num&#233;r&#233;s ci-dessus, montrant que l'Andalousie m&#233;di&#233;vale constitue la source principale de la r&#233;introduction du calendrier julien en Afrique du Nord ainsi que du vocable m&#234;me de &lt;i&gt;Yennayer&lt;/i&gt;. Cependant, le fait que le calendrier agraire nord-africain ait int&#233;gr&#233; au fil du temps ces &#233;l&#233;ments latins revisit&#233;s par les savants andalous n'&#244;te en rien leur caract&#232;re proprement amazigh aux c&#233;l&#233;brations rituelles qui lui sont associ&#233;es. &lt;br /&gt;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.tamazgha.fr/local/cache-vignettes/L420xH475/YPlantade-08d94.jpg?1777934317' width='420' height='475' alt='' /&gt;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://www.tamazgha.fr/IMG/pdf/YPlantade_Yennayer.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 174.4 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://www.tamazgha.fr/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1777930753' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Yennayer en Afrique du Nord : histoire d'un mot.&lt;br class='autobr' /&gt;
Par Yidir Plantade
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&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;DROUIN, Jeannine. &#034;Calendriers berb&#232;res&#034;, &lt;i&gt;Etudes berb&#232;res et chamito-s&#233;mitiques, M&#233;langes offerts &#224; Karl G. Prasse,&lt;/i&gt; Louvain, Peeters, 2000, pp. 113-128.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Par exemple, &lt;i&gt;cf&lt;/i&gt;. p. 922 de DALLET, Jean-Marie. &lt;i&gt;Dictionnaire kabyle-fran&#231;ais : parler des At Mangellat, Alg&#233;rie,&lt;/i&gt; Louvain, Peeters, 1985, 1052 p.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Cf.&lt;/i&gt; p. 43, MARCEL, Jean Joseph. &lt;i&gt;Vocabulaire fran&#231;ais-arabe des dialectes vulgaires africains : d'Alger, de Tunis, de Marok, et d'&#201;gypte,&lt;/i&gt; Paris, C. Hingray, 1837, 574 p.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour de plus amples d&#233;tails sur les computs calendaires, leurs histoires, leurs modes de calculs et leurs correspondances, se reporter &#224; l'ouvrage tr&#232;s complet de DERSHOWITZ Nachum, Edward M. REINGOLD. &lt;i&gt;Calendrical Calculations,&lt;/i&gt; Cambridge, Cambridge University Press, 2007, 479 p.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Cf.&lt;/i&gt; p.9 de GENEVOIS, Henri. &#034;Le calendrier agraire et sa composition&#034;, &lt;i&gt;Le Fichier P&#233;riodique&lt;/i&gt;, Alger, n&#176;125, 1975, pp. 3-87&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On trouve souvent le mois latin &lt;i&gt;Ianiarius&lt;/i&gt; not&#233; &lt;i&gt;Janiarius&lt;/i&gt;, particuli&#232;rement chez les auteurs francophones (Drouin ou Genevois, par exemple). Il s'agit l&#224; d'un anachronisme, la lettre &#034;j&#034; ne faisant pas partie de l'alphabet latin classique (elle a &#233;t&#233; introduite au XVI&#232;me si&#232;cle). Les Romains utilisaient la lettre &#034;i&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Cf.&lt;/i&gt; pp. 40-41, HERODIANUS. Trad. du grec par HALEVY L&#233;on. &lt;i&gt;Histoire romaine depuis la mort de Marc-Aur&#232;le jusqu'&#224; l'av&#232;nement de Gordien III&lt;/i&gt;, Paris, Firmin-Didot, 1860, 327p.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Se reporter &#224; la chronologie figurant pp 311-314 de HUGONIOT Christophe. &lt;i&gt;Rome en Afrique&lt;/i&gt;, Paris, Flammarion, 2000, 349 p.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;DROUIN J., &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 114&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Cf.&lt;/i&gt; pp. 234-236 de TERTULLIEN, trad. De GENOUDE Eug&#232;ne Antoine. &lt;i&gt;&#338;uvres de Tertullien&lt;/i&gt;, tome deuxi&#232;me, Paris, Louis Viv&#232;s, 1852, 547 p.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;FOUCHER Louis. &#034;Le calendrier de Thysdrus&#034;, &lt;i&gt;Antiquit&#233;s africaines,&lt;/i&gt; t.36, Paris, CNRS Editions, 2000, pp. 63-108.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid,&lt;/i&gt; p. 72&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;AUGUSTIN d'Hippone, &lt;i&gt;Vingt-six sermons au peuple d'Afrique,&lt;/i&gt; retrouv&#233;s &#224; Mayence, &#233;dit&#233;s et comment&#233;s par Fran&#231;ois DOLBEAU, Paris, Institut d'&#201;tudes Augustiniennes, 1996, 756 p.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Cf.&lt;/i&gt; p. 85 de : BROWN Peter Robert Lamont. &lt;i&gt;The Rise of Western Christendom : Triumph and Diversity,&lt;/i&gt; A.D. 200-1000, Oxford, Blackwell Publishing, 2003, 625 p.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Cf.&lt;/i&gt; pp 290-299 de BIEMON Emile, Jean-Claude PECKER. &lt;i&gt;Rythmes du temps : Astronomie et calendriers&lt;/i&gt;, Louvain-la-Neuve, De Boeck Universit&#233;, 1999, 393 p.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour ces deux r&#233;f&#233;rences, &lt;i&gt;cf.&lt;/i&gt; pp. 445-446 de GIL Moshe. trad. BROIDO Ethel. &lt;i&gt;A History of Palestine,&lt;/i&gt; 634-1099, Cambridge, Cambridge University Press, 1997, 994 p.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Cf.&lt;/i&gt; pp. 139-140 de HALM Heinz. &lt;i&gt;Die Kalifen von Kairo : Die Fatimiden in &#196;gypten 973-1074,&lt;/i&gt; M&#252;nchen, CH Beck, 2003, 508 p.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour tout ce paragraphe, se r&#233;f&#233;rer &#224; IDRIS Hedy Roger, &#034;F&#234;tes chr&#233;tiennes c&#233;l&#233;br&#233;es en Ifr&#238;qiya &#224; l'&#233;poque z&#238;r&#238;de&#034;, &lt;i&gt;Revue Africaine&lt;/i&gt;, N&#176;98, 1954, pp. 261-276.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Cf.&lt;/i&gt; pp. 77-84 de HOUBEN Hubert. trad. LOUD Graham. &lt;i&gt;Roger II of Sicily : a ruler between East and West,&lt;/i&gt; Cambridge, Cambridge University Press, 2002, 231 p.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Cf.&lt;/i&gt; entr&#233;e &#034;Yannayr&#034; p. 525 de CORRIENTE Frederico. &lt;i&gt;A dictionary of Andalusi Arabic,&lt;/i&gt; Leiden, Brill, 1997, 623 p.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Cf.&lt;/i&gt; pp. 49-50 de WAINES David. &lt;i&gt;An introduction to Islam,&lt;/i&gt; Cambridge, Cambridge University Press, 2003, 367 p. A noter que l'ouvrage d'al Qurtubi est encore utilis&#233; de nos jours, notamment par les oul&#233;mas de tendance salafiste.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Annotations PELLAT Charles, &lt;i&gt;Le Calendrier de Cordoue, &lt;/i&gt;Leiden, Brill, 1961.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Cf.&lt;/i&gt; pp. 61-62 de LEVY-PROVENCAL Evariste. &lt;i&gt;Histoire de l'Espagne musulmane,&lt;/i&gt; Paris, Maisonneuve et Larose, 1999, 435 pp. Il s'agit d'une r&#233;&#233;dition, l'original datant de 1944.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Cf.&lt;/i&gt; p. 28 de URVOY Dominique. &lt;i&gt;Pensers d'Al-Andalus, la vie intellectuelle &#224; Cordoue et S&#233;ville au temps des empires berb&#232;res,&lt;/i&gt; Toulouse, Presses Universitaires du Mirail et Editions du CNRS, 1990, 209 p.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt; p. 64&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Cf.&lt;/i&gt; pp. 38-39 de BOLENS Lucie. &lt;i&gt;Agronomes andalous du Moyen-&#194;ge,&lt;/i&gt; Gen&#232;ve, Librairie Droz, 1981, 305 pp.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;GENEVOIS. &lt;i&gt;Op. cit.&lt;/i&gt; pp. 21-22&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Cf.&lt;/i&gt; p. 225 de DE LA GRANJA Fernando. &lt;i&gt;Estudios de historia de Al-andalus,&lt;/i&gt; Madrid, Real Academia de la Historia, 1999, 348 p.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb29&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh29&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 29&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt; p. 253&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb30&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh30&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 30&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le texte arabe int&#233;gral et sa traduction en castillan sont int&#233;gr&#233;s &#224; l'article de DE LA GRANJA Fernando. &lt;i&gt;Festas Cristianas en Al Andalus, &#034;al durr al munazam&#034; de Al &#8216;Azafi,&lt;/i&gt; AL ANDALUS, XXXIV, 1969, pp 1-53.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb31&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh31&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 31&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;31&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour approfondir tous les points &#233;voqu&#233;s dans ce paragraphe, se reporter au Chapitre 4 (particuli&#232;rement aux pp. 81-93) de KAPTEIN N.J.G. &lt;i&gt;Muhammad's Birthday Festival : Early History in the Central Muslim Lands and Development in the Muslim West Until the 10th/16th Century,&lt;/i&gt; Leiden, Brill, 1993, 183 p.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb32&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh32&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 32&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;32&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Toutes les r&#233;f&#233;rences qui vont suivre sont issues de l'inventaire de la biblioth&#232;que de la zaou&#239;a de Chellata (Kabylie) analys&#233; et mis en perspective par A&#207;SSANI Djamil. &#034;Tim&#949;emmert n'Ichellaten&#034;, pp. 59-77 in &lt;i&gt;Les manuscrits berb&#232;res au Maghreb dans les collections europ&#233;ennes,&lt;/i&gt; M&#233;olans-Revel, Atelier Perrousseaux, 2007, 167 p.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb33&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh33&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 33&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;33&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt; p. 71. Toutes les autres r&#233;f&#233;rences sont consultables aux pp. 71-72.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb34&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh34&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 34&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;34&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Cf.&lt;/i&gt; pp. 88-89 A&#207;SSANI Djamil, Djamel-Eddine MECHEHED. &#034;La &lt;i&gt;khizana&lt;/i&gt; de Cheik Lmuhub&#034;, pp. 79-127 in &lt;i&gt;Les manuscrits berb&#232;res au Maghreb dans les collections europ&#233;ennes,&lt;/i&gt; M&#233;olans-Revel, Atelier Perrousseaux, 2007, 167 p.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb35&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh35&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 35&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;35&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#034;Rapport du commandant Ganen&#034;, Paris, &lt;i&gt;Revue du monde musulman,&lt;/i&gt; 1909, p. 516.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb36&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh36&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 36&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;36&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Cf.&lt;/i&gt; p. 391 de LEON dit l'Africain. Trad. TEMPORAL Jean. &lt;i&gt;Description de l'Afrique,&lt;/i&gt; Lyon, Temporal, 1556, 564 p.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb37&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh37&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 37&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;37&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Cf.&lt;/i&gt; p. 15 de MARMOL CARVAJAL Luis. Trad. D'ABLANCOURT Nicolas. &lt;i&gt;Description g&#233;n&#233;rale de l'Afrique&lt;/i&gt;, Paris, Billaine, 1667.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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