Faut-il le rappeler que les candidats à cette épreuve ne bénéficient d’aucune préparation officielle assurée par l’Education nationale. Les candidats sont ainsi livrés à eux-mêmes et ce n’est que le jour de l’épreuve que la plupart d’entre eux découvrent jusqu’à l’alphabet berbère qui est fort heureusement pour eux un alphabet à base latine.
A l’exception de quelques élèves qui ont eu la chance de suivre des cours de langue auprès d’associations berbères, l’ensemble des autres candidats se présentent à l’épreuve sans aucune préparation.
En 2002, Jacques Lang avait adressé une note à l’ensemble des Recteurs des académies pour leur demander de prendre les mesures nécessaires pour assurer la préparation des lycéens candidats à l’épreuve facultative de langue berbère au baccalauréat, mais à ce jour aucune mesure concrète en faveur de la langue berbère n’a été prise dans ce sens par l’Education Nationale.
Rappelons que l’épreuve de berbère au baccalauréat se déroulait à l’oral jusqu’en 1994. En 1995, l’Education nationale décide de dispenser les épreuves de langues dites "rares", parmi lesquelles figure le berbère, à l’écrit. Et depuis, entre 1500 et 2000 candidats s’inscrivent chaque année à l’épreuve de berbère.
En Région Parisienne (Académies de Paris, Créteil et Versailles), le nombre de candidats inscrits à l’épreuve cette année est de 561 répartis comme suit :
Sur l’ensemble du territoire de l’Hexagone, le nombre de candidats, cette année est de 2250. Décidemment, et malgré toutes les difficultés auxquelles sont confrontés les lycéens, leur nombre ne cesse d’augmenter chaque année.
Entre 1995 et 1998, les candidats avaient le choix entre deux sujets seulement ; un en kabyle et un en chleuh. Depuis 1999, les candidats pouvaient choisir, en plus du kabyle et du chleuh, le rifain.
A noter que l’épreuve facultative de langue berbère existe aussi dans d’autres examens que le baccalauréat. C’est le cas du Brevet de technicien supérieur (BTS) et du Baccalauréat professionnel. Pour ces deux examens, l’épreuve est dispensée exclusivement à l’oral.
Le sujet kabyle de la session 2004 :
L’épreuve de kabyle de cette session est un texte tiré de Cours de langue kabyle, par B. Ben Sedira (Jourdan, Alger, 1887). Le texte est intitulé "Tadyant n waggur n Yennayer d waggur n Furar".
Il s’agit de la légende du jour appelé "Amerd’el". Au fait, Yennayer voulant se venger d’une vieille qui a osé le défier, il demanda alors à Furar de lui prêter un jour qui lui permettrait de tuer la vieille. Cela expliquerait aussi, selon la légende, le fait que "Furar" a un jour de moins : au fait il s’agit du jour qu’il a prêté à "Yennayer" et qu’il n’a pas récupéré.
En plus de la traduction d’une partie du texte ainsi que des questions de compréhension, il a été demandé aux candidats de donner les noms des 12 mois et des 4 saisons en berbère. Si les 4 saisons semblent être à leur portée, les noms des mois ne doivent pas être évidents à connaître pour les lycéens kabyles de France.
Le sujet Rifain de la session 2004 :
Le texte intitulé "Aghyul d wuccen" est extrait de "Iles inu" (Syntax, Tilburg, 1998, pp. 57-58).
C’est l’histoire d’un âne qui a pour mission de transporter la nourriture de paysans (ouvriers). Un jour, sur son chemin il rencontre un chacal attiré par sa charge appétissante. Le chacal lui fait croire qu’il ne peut se déplacer à cause d’une bosse qui lui fait très mal et lui demande alors d’avoir la gentillesse de le déposer chez lui. L’âne, tout naïf, accepte de rendre servie au chacal qui, en réalité cherche juste à mettre son museau dans ce que transporte l’âne sur son dos. Chose qu’il fût une fois sur le dos de l’âne. Le chacal trouve une ruse pour quitter le dos de l’âne et rentrer chez lui sur ses pattes, quant à l’âne il fût surpris lorsque les ouvriers lui demandèrent où est la nourriture....
Le sujet chleuh de la session 2004 :
Le texte est intitulé "uzir n ugllid". Il est tiré de An Anthology of Tashelhiyt Foltales,de H. Stroomer, Rüdiger Köppe Verlag, Köln, 2001.
Masin Ferkal.
Corrigés (proposés par Tamazgha)
Le corrigé du sujet rifain sera mis en ligne incessamment.
Partie A. (Traduction)
Ci-dessous est donnée la traduction du texte entier.
Traduction 1 :
Tradition de Janvier et de Février
Il y avait une vieille femme qui possédait une chèvre. A une certaine époque, il y eut, en Janvier, de grands orages accompagnés de neige et de froid. Cette vieille resta enfermée avec sa chèvre pendant tout le mois. Janvier fini, le soleil se montra radieux. La vieille sortit avec sa chèvre et dit à Janvier : Puissent mes cinq doigts te crever les yeux ! Te voilà passé sans m’avoir fait grand mal.
Alors Janvier, s’adressant à son compère Février, lui dit :
Je te prie, compère Février, de me prêter un jour des tiens, pour tuer cette vieille à la langue mauvaise !
Février lui prêté un de ses jours. Aussitôt le ciel se couvrit de nuages et d’éclairs, accompagnés de tonnerre, de pluie, de neige et de vent. La vieille, qui était dehors, fut raidie par le froid et périt, ainsi que sa chèvre.
Voilà pourquoi le dernier jour de Janvier est appelé emprunt (en kabyle), tandis que Février se trouve plus court d’un jour que les autres mois.
Traduction de Belkassem Ben Sedira, in "Cours de langue kabyle, grammaire et versions", Librairie A. Jourdan, Alger, 1887
Traduction 2 : Traduction proposée par Tamazgha.
Histoire du mois de Janvier et du mois de Février
Autrefois, il y avait une vieille qui habitait toute seule dans sa maison en montagne et elle possédait une chèvre.
Une fois, en janvier, il y eut la pluie, la neige et il faisait froid. La vieille resta enfermée dans sa maison, avec sa chèvre, durant tout le mois de Janvier ; elle ne trouva aucun moyen pour sortir. Le mois de Janvier passé, le soleil se montra, la vieille sortit avec sa chèvre ; tout en battant le petit lait, elle se mit à se moquer mois de Janvier et lui dit :
Mes cinq doigts dans tes yeux (Que mes doigts te crèvent les yeux),
Ô oncle Janvier,
T’es passé sans rien me faire !
Lorsque Janvier l’entendit, il fut pris d’une grande colère ; il s’adressa au mois de Février et lui dit :
Je t’en supplie, compère Février,
Prête-moi un de tes jours,
Que je tue la vieille, la mauvaise langue.
Février lui prêta un jour des siens. Aussitôt le ciel fut couvert de nuages, s’abat alors le gel et la neige, s’ensuivit un vent glacial. La maudie vieille fut bloquée par la neige dehors ; elle fut raidie par le froid, elle périt elle et sa chèvre. Ainsi le mois de Janvier se vengea de la vieille.
Depuis, le mois de Janvier a gardé le jour que lui avait prêté le mois de Février, il ne le lui a pas rendu. C’est pourquoi l’on appelle le dernier jour de janvier "l’emprunt". C’est pourquoi également que le mois de Février a un jour en moins que les autres mois : il lui manque le jour qu’il a prêté au mois de Janvier.
Partie B. (compréhension - expression)
Les réponses sont dans le document attaché (format pdf) intitulé "BAC-Kabyle : réponses".
Partie I. (Traduction)
Traduire en français les 10 premières lignes (jusqu’à : "walakin ur ra stt-id-yawi ghir luzir n ljdid lli di-k imunn.")
Ci-dessous la traduction :
Il était une fois un roi qui a trois vizirs. Il était d’une grande beauté, mais il n’avait pas d’enfants. Il voyagea dans un pays lointain où il rencontra un riche commerçant célèbre. Le commerçant lui offrit des pierres précieuses, des perles et beaucoup d’argent. Le roi en fit très content. Quand il s’apprêta à retourner dans son pays, il demanda au riche commerçant de l’accompagner. Celui-ci lui répondit : "d’accord, Souverain de l’univers !". Il vendit ses terres, emporta tous ses biens et emmena sa famille. Lorsqu’ils arrivèrent au pays du roi, celui-ci lui donna une très belle maison et le nomma vizir. Grâce à sa générosité et à sa fortune, le roi l’apprécia beaucoup et le préféra à ses trois prédécesseurs.
Un jour, alors que le roi fut en promenade, les trois vizirs se mirent d’accord pour en éloigner le nouveau vizir. L’un d’eux lui dit : "Souverain, le roi de Turquie a une très belle fille dont la beauté et le charment égalent ceux de la lune. Mais, seul le nouveau vizir, pourra l’emmener !"
Partie II. (compréhension - expression)
Les réponses sont dans le document attaché (format pdf) intitulé "BAC-chleuh : réponses".
Je ne sais pas si le 1er message que je viens de vous envoyer un instant est bien parti.
Je me permets donc de vous réécrire. Je disais que j’avais eu que 7 au(Bac 96) car j’étais loin de savoir que l’on pouvait apprendre un système de notation français/berbère. Evidemment je ne m’étais pas renseigner, surtout qu’il est rare de l’écrire dans notre propre pays (Algérie/Béjaia). Heureusement j’ai eu mon Bac. Enfin, je confirme les critiques de vos articles.
Aujourd’hui, je suis contente de pouvoir vous écrire et vous demander s’il existe un site où l’on peut apprendre ce système de notation Français/Berbère. Ainsi, je perdrais moins de temps à traduire mon texte. Je passe un oral en kabyl BTS que j’avais réussit en 98 16/20. Malheureusement, je perds le bénéfice de ma note car je n’ai toujours pas validé mon BTS voilà 5ans cette année (règle qui s’applique à tous et pour toutes les diciplines).
Je vous serais très reconnaissante de bien vouloir m’aider. BTS comptabilité, victoire cette année.
Merci d’avance, Fatima
Salam je mapel kamel et je suis dorigine rifaine
jé passé le bac rifain a lécrit kan jété o licé à montbéliard (ville de lest de la france) et la majorité des éléves réuni pour les langues rares étaient a majorité rifaine (je pense kon était plus de dix)
ce sont de trés bon souvenir jé eu 15 é je mété préparé seul en travaillan des anales
par contre les bac pro é bts le passe a loral é le professeur corecteur né pa rifain ce k je trouv domaj car tou le monde se plin de lui car il ne pose ocune kestion en rif et on se demende sil le parle dailleur il é tunisien
Salam kamel
Moi c’est hakima et je compte passer mon oral riffain le 20 avril Inshallah. Mais tu m’inquiète lorsque tu dis que le correcteur ne pose pas de question en rif. Rassure moi il ne les poses pas en arabe car moi je connais que la langue riffain. Je te souhaite bon courage. hakmora@voila.fr
Bah ne t’inquiete pas Hakima, si le rifain commence par "Salam "et se termine par "Inshallah" tu aura ton bac !
Je te propose meme de ne pas t’y rendre, tu n’a qu’ a prier toute la nuit "Inshallah" et un petit ange avec des ailes sonnera a ta porte avec un 20 sur 20.
Azul ay imazighen inda tellem !
A quand le corrigé du bac KABYLE BERBERE 2006 !! : sa fé plus de 2 semaineeeeeeeeeeeeeeessssssssssss
MERcccccccccii