En effet, dans la nuit du 22 au 23 mai les garnisons de Kidal sont tombées sans grande résistance aux mains de combattants touaregs qui seraient liés à Hassan ag Fagaga, ex intégré et déserteur de l’armée malienne. Puis, dans la matinée du 23 mai ce fut le tour de Menaka, plus au sud à la frontière ouest de l’Etat nigérien et à l’est du Burkina Faso. Suivront dans la même journée d’autres postes isolés dans la région de Kidal. Dans la soirée du 23 mai, des accrochages entre l’armée malienne venue en renfort et des éléments touaregs ont eu lieu.
Le 24 mai, les combattants touaregs se sont retirés dans les montagnes de l’Adrar en emportant avec eux d’importants lots d’armement y compris des engins blindés.
Le leader de ce groupe est entré en dissidence depuis plus d’une d’année. Toutes les tentatives de médiation ont échoué ; la dernière en date remonte à vendredi 19 mai. C’est cette dernière qui aurait déclenché la "violence". En effet, le président malien, ATT [1], dans un mépris de violence, a déclaré devant les notables de Kidal que "Celui qui peut faire quelque chose n’a qu’à le faire. L’armée est là pour assurer l’intégrité du territoire !!!". Le moins que l’on puisse dire est que de tels propos sont d’une irresponsabilité exemplaire, venus notamment d’un "président" d’un Etat. Mais cela montre également le mépris qu’ont les dirigeants maliens à l’égard des Touaregs.
Selon une dépêche de l’AFP (24 mai 2006), un "porte-parole" des combattants touaregs qui s’est présenté sous le nom d’"Ahmed", joint par téléphone mercredi 24 mai matin depuis Bamako, a déclaré : "Nous nous battons pour les trois régions du nord (Tombouctou, Gao, et Kidal). Parmi nous il y a des ex-militaires de l’armée régulière, il y a des ex-rebelles (de la rébellion touarègue des années 90) et des civils. Nous réclamons une gestion particulière pour ces trois régions". Ce porte parole a affirmé également, selon la même dépêche, que les combattants touaregs ne veulent pas la guerre et que ce qui est important à leurs yeux "c’est que le gouvernement engage tout de suite des négociations". Il précise que leur préoccupation première étant le développement rapide de leur région qui est pauvre.
La même dépêche rajoute que deux autres figures, issues également du MPA (Mouvement populaire de l’Azawad), sont, aux côtés de Fagaga, à la tête de ce mouvement. Il s’agit d’Ibrahim Bahanga et de Bah Moussa.
Aujourd’hui, c’est l’ensemble des Touaregs qui ont ras-le-bol de plus de dix ans de mensonges, de duperies, de corruption et de prébendes qui ont constitué les seuls points tangibles de l’application du Pacte signé entre des combattants touaregs et l’Etat malien le 11 avril 1992.
La situation est donc explosive dans l’Azawad et les Touaregs vivent dans la terreur de la répression.
Le risque majeur à présent est que le gouvernement du Mali décrète l’état d’urgence dans l’Azawad et profite de cette situation pour reporter les échéances électorales de 2007 et, comme à l’accoutumé, mobilise l’aide internationale, destinée à l’aide au développement, pour mater les Touaregs.
Ceux qui ont signé le Pacte sont plus que jamais désabusés et reconnaissent à présent que rien n’a été respecté par l’Etat malien en termes d’engagements. Même ceux parmi eux qui restent attachés au Pacte reconnaissent qu’ils seront rapidement débordés par les populations qui n’ont, de toute façon, plus rien à perdre... Parmi eux Iyad Ag Ghali, ex-chef du Mouvement Populaire de l’Azawad, aujourd’hui responsable militaire au sein de l’Armée malienne, qui aurait tenu des propos allant dans ce sens le 11 avril 2006 date anniversaire de la signature du Pacte.
Des sources maliennes, "relayées", entre autre, par des médias français comme Libération ou Le Monde font allusion à un lien entre la visite de Kadhafi au Mali en avril 2006 et les évènements survenus à Kidal ces derniers jours. Selon le quotidien Libération (24 mai 2006), "la presse algérienne met en cause le leader libyen qui a récemment appelé à une union du Sahel". Le quotidien "Le Monde" (25 mai 2006) parle de sources militaires françaises qui "n’excluent pas, de leur côté, l’existence de relations entre les rebelles touaregs luttant pour leur autonomie et les islamistes algériens du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), une émanation du GIA, présents dans cette vaste région du Sahara qui va de la Mauritanie au Tchad, où fleurissent la contrebande et le trafic de clandestins". Et ce même quotidien, dans la même livraison, rapporte que "selon plusieurs sources, des militaires américains feraient partie des troupes solidement armées envoyées depuis Gao, à quelque 300 kilomètres plus au sud, par les autorités maliennes, pour reprendre le contrôle de la ville de Kidal".
Ces "gendarmes du monde" feraient mieux d’inviter les tenants de l’Etat malien, par ailleurs créé par la France coloniale - c’est toujours bien de le rappeler -, à respecter ses engagements consignés dans le Pacte qu’il avait signé en 1992.
L’on sait que Hassan ag Fagaga a quitté l’armée du Mali depuis plus d’un an. En février 2006, deux mois avant la visite du dictateur de Tripoli au Mali, il avait lancé de nouveau un appel aux Touaregs de le rejoindre afin de faire pression pour que le Pacte national soit appliqué... Il est donc difficile de lier ce qui vient de se passer à la visite du "fou" de Tripoli !
Il est évident que le but recherché par l’Etat malien - et qui sera vraisemblablement appuyé et soutenu par ceux qui veulent instaurer une "paix" artificielle dans cette région au détriment des Touaregs - est de diaboliser l’acte de Hassan ag Fagaga et ses fidèles ; faire diversion en faisant croire à un lien avec Kadhafi et les islamistes algériens et procéder ainsi à la répression dans le pays touareg. Par la même occasion l’Etat malien détournera l’opinion du véritable problème qui est celui de l’application effective du Pacte : sous prétexte de lutte contre un "hypothétique" terrorisme, l’Etat malien tentera de faire oublier ses engagements.
Car aujourd’hui le véritable problème réside justement dans cette mauvaise volonté de l’Etat malien qui ne compte pas honorer ses engagements pris en 1992. C’est l’Etat malien, et à sa tête ATT, qui est responsable de tout ce qui risque d’arriver dans les prochains jours dans l’Azawad.
Si le choix de Fagaga de recourir aux armes n’est pas forcément la solution aux problèmes que vit le pays touareg - surtout que ce choix risque d’être lourd de conséquences aux populations civiles de l’Azawad -, ce n’est pas pour autant qu’il faut s’éloigner du cœur du problème qui est la raison du malaise qui ne laisse pas beaucoup de choix à une population désabusée par un Etat irresponsable qui a poussé les Touaregs à perdre tout espoir et à les mettre dans une situation de précarité sans précédent. Alors que l’Etat s’est engagé, à travers le Pacte, à améliorer la situation des populations touarègues, cette dernière se retrouve, 14 ans après, dans une situation plus dramatique.
Face à cette situation, il est plus que jamais nécessaire que les Touaregs gardent leur calme et soient vigilants. La gravité de la situation doit être affrontée avec sagesse et intelligence. Les intérêts de "Temoust" (Pays) doivent primer et il ne faut surtout pas tomber dans les pièges du véritable ennemi. L’Etat malien fera de son mieux pour diviser les rangs touaregs et monter les uns contre les autres ce qui lui faciliterait la répression de la résistance et la fragilisation, encore davantage, du mouvement touareg.
Du côté amachagh, l’heure doit être au rassemblement et à l’intelligence pour défendre le Pays et les intérêts du peuple amachagh. Toutes les composantes du peuple, quelles que soient leurs différences, doivent se retrouver et réfléchir sur les solutions à apporter à la situation qui menace le pays. Les populations civiles ne doivent pas être exposées à une énième répression. L’on se souvient du génocide des années 90 dont les plaies ne sont toujours pas encore refermées.
La Rédaction
[1] Amadou Toumani TOURE
Bonjour a tous,
si quelques touaregs assoufés de pouvoir et voulant gagner de l’argent sans travailler se laissent berner par kadafi de la libye pour prendre des armes pour revandiquer quoi que ce soit,
si vous avez creer des sites internets pour vous reunir et preparer une nouvelle rebellion,
sachez que notre armée si forte vous mattera et ou tuera comme des poules à petit feu. Notre armée fort du soutien international ne mettra pas 10 jours pour finir avec votre race ;
Si vous voulez vivre assez longtemps auprès de vos femmes et enfants, vous ferez mieux d’arreter des idioties et de vous tournez vers des choses interessantes.
Le développement de votre region passe par le travail. Vous, vous etes reconnu par le banditisme, l’aferitisme et la parresse. Fetes comme vos freres integrés qui ont compris que le Mali est pour nous tous et que seul le travail peux le developper.
Dans tous les cas courage dans tous ce que vous faites, car vous serez le sujet des consequences.
a bon entandeur§§§§§§§§§§§§§§
Pourquoi ATT doit-il négocier ?
Les rapports conflictuels entre la région de l’Adagh et le pouvoir central de Bamako datent déjà de la veille de l’indépendance du Mali. Les Kel Adagh étaient le seul groupe touareg du Mali qui a conditionné son adhésion à la nouvelle entité étatique née du nouvel découpage territorial opéré par l’ancienne puissance coloniale. Les prémiers contacts entre les Kel Adagh, à leur tête, l’amanukal Zeid ag Attahir, et les responsables de l’US-RDA, ont porté sur l’avenir de la gestion politique du pays après le départ programmé de l’administration coloniale. Durant ces contacts, les Kel Adagh ont présenté leur vision du future Etat comme suit : -Etant un Etat géré par des musulmans, ils le prèfèrent à une administration des Chrétiens (Francais). -Ils doivent y vivre pleinement leur différence réligieuse, économique et sociale. En un mot, la pleine gestion de leurs affaires internes. -Les responsables de l’US-RDA ont accepté le principe que chacune des communautés qui composaient le Mali avait le droit de gérer ses propres affaires internes sans que l’Etat ne s’y ingère. Mais en 1963, les agissements de la première campagne militaire venue du Sud a révèlé le véritable visage des nouvelles autorités socialistes de l’époque et leurs intentions de soumettre militairement la région de l’Adagh après y avoir opéré un génocide et un carnage qui ont visé les hommes, la flore, la faune et les bétail. Le tout s’est soldé par l’arrestation de Zeid et ses compagnons et leur condamnation à mort. Depuis cette date, la région de l’Adagh a été soumise à une lourde et brutale administration militaire et intérdite aux étrangers jusqu’en 1986. Cela a été la prmière rupture de confiance entre le pouvoir de Bamako et la région de l’Adagh. La rébellion de 1990 à laquelle les Kel Adagh ont réussi à mobiliser les ressortissants d’autres régions touarègues du Mali rencotrés dans l’exil, s’est alimentée du sentiment de vengeance (egha) au sein de la nouvelle génération des Kel Adagh pour les atrocités comises par l’armée envoyée depuis le Sud, en 1963.
Les Kel Adagh ont démontré lors de cette deuxième rébellion, à l’occasion des accords de Tamanrasset en 1991 qu’ils n’ont jamais violé malgré les moments difficiles par lesquels est passée la région et ce jusqu’à la flamme de la paix en 1996, bien qu’ils savent se battre quand il s’agit de leur auto-défense, comme cala a été le cas en 1963, ils savent aussi faire la paix et réspecter leurs engagements. Aujourd’hui, leur mouvement n’a d’autres objectifs que de rappeler au régime de Bamako les engagements qu’il avait lui même pris en signant ces accrds.
Le statut particulier contre l’unité nationale :
Ce bref rappel des difficiles rapports entre la région de l’Adagh et le pouvoir central de Bamako nous montre que dans l’intérêt de l’unité nationale, ce même régime se doit d’octroyer à la région de Kidal, 46 ans après l’avoir revendiqué, (la première fois étant en 1960) son statut particulier.
-Une troisième rébellion dans l’Adagh, à laquelle le pouvoir de Bamako semble vouloir pousser la région, ne fera que répousser cette révendication, qui pourrait évoluer et prendre d’autres formes, dans l’avenir des rapports entre les deux camps. Il ne s’agit donc pas d’une simple mutinerie-désertion à laquelle les médias affiliés au régime d’ATT semblent faire croire à la population, mais d’un problème politique qui puise ses racines dans l’histoire les difficiles rapports de cette région avec le pouvoir central et cela bien avant l’indépendance du Mali.
Les solutions que ce même pouvoir a préconisée depuis qu’il ait pris le rélai de la gestion de cette région de l’arministration coloniale, semblent aujourd’hui montrer leurs limites et pour preuve, le problème pérsiste toujours.
Le régime d’ATT ne peut pas compter sur des milices d’autodéfense qui lui sont fidèles comme il l’a fait avec le Ganda Koy, pour la simble raison que la région de l’Adagh est homogène sociologiquement et culturellement.
Il ne peut, non plus utiliser le problème devenu classique de la libération des esclaves du joug des « Seigneurs féodaux touareg », comme Modibo Keita a tenté de faire en 1963 en manipulant les chiffres donnés par l’administration coloniale en 1956 de 1,2% en supprimant la virgule, et cela pour la simple raison qu’il n y a pas d’esclaves dans l’Adagh, même pas « anciens ».
Il ne peut pas aussi, utiliser le clivage (imghad vs ilallen), comme il tente de le faire actuellement quand il essaye d’utiliser certains anciens chefs rebels touareg étrangers à l’Adagh, pour la simple raison que dans l’Adagh, cette problèmatique est aujourd’hui complètement dépassée grâce à l’évolution interne de la structure sociale des Kel Adagh.
Que se passerait-il si l’on suppose qu’ ATT cèdera à son côté militariste « je suis militaire et je ne cède pas au chantage) et optera pour la manière violente et se décide d’attaque la base des partisans de l’Adagh et qu’il réussisse à les extérminer tous ( on en a t-il les moyens) ?
Mais pour ce faire, ATT doit tenir compte de deux choses : -de l’unité nationale : va t-il prendre le risque de menacer l’unité nationale en créant les conditions pour une autre rébellion dans l’Adagh (la troisième depuis 1963) ? En s’attaquant aux partisans de l’Adagh, ATT va faire d’eux des nouveaux martyres qui s’ajouteront à la longue liste des ceux tombés lors des rébellions passées.
-de la structure sociale des Kel Adagh qui impose à ses segments une solidarité agnatique en périodes de crises : il aura perdu l’argument qu’il a jusqu’à présent utilisé et pour lequel il a eu l’adhésion de certaines puissances étrangères et l’opinion interne à Bamako, qui consiste à isoler les partisans de la population, puisque tout ce beau monde va découvrire, à son ainsu, que les partisans bénéficient de l’adhésion de leurs contribules et ils ne sont que les portes-parôles du malaise que vit leur région.
Contre tous ces risques que fait peser l’intervention militaire sur l’unité nationale et l’octroi d’un simple statut particulier, justifié, du reste, par l’approfondissement de la démocratie, pour une région très particulière, ATT doit réflechir avant d’agir dans un sens ou dans l’autre.
In Allaghen ag Alla
Depuis Kidal
NON ET NON au Mali personne n’est sous le joug de qui que ce soit nous vivons en harmonie, peut être il y a des ambitieux qui au nom de je ne sais quelle idéologie veulent détruire cette harmonie. Vous êtes touagreg, rien ne vous empêche de prétendre à un poste électif quelconque. Aujourd’hui toutes les idées peuvent s’affronter et triompher dans notre pays à condition qu’elles soient constructives. Le Mali est un pays spécifique ou les habitants se partagent tout et cela depuis toujours de kayes à gao de sikasso à tessalit. vous n’avouez pas vos vrais motivations en fait toutes nos langues nationales se valent. Sachez que le peuple malien sera toujours présent pour défendre son unité et son intégrité et cela à tous les prix et consentira tous les sacrifices pour un MALI UNI ET LIBRE.
salutations fraternelles.